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De la nécessité de la métaphysique


Invité Quasi-Modo

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Bonjour,

La métaphysique, dont il est assez à la mode de prétendre qu'elle a été dépassée et que l'humanité pourrait aisément s'en passer, se révèle à l'analyse nécessaire, car non seulement nous en faisons tous, mais la pensée métaphysique est impliquée dans de nombreuses mises en place de lois et autres règlements, dont notamment certaines lois promues par les partis de gauche, tandis que le système, sous les coups de boutoir du libéralisme politique, va systématiquement niveler par le bas.

Par exemple, la loi sur l'IVG est obligée de se fonder sur un raisonnement métaphysique : la question étant de savoir à partir de quand il est permis de considérer que l'enfant ou le foetus devient un sujet juridique, c'est-à-dire un être humain à part entière bénéficiant de droits. La réponse classique est que le critère doit être celui du développement du système nerveux, et donc la perception de la douleur. Mais ceci est une position métaphysique, et d'autres conceptions pourraient tout aussi bien s'y opposer, et de considérer que la vie d'un être humain débute dès la fusion des deux gamètes, ou uniquement au terme du développement donc après l'accouchement, etc.

La question suivante : " A partir de quel stade peut-on parler d'être humain et donc d'un sujet doté de droits ? " est une question métaphysique.

Tout le problème étant que la civilisation libérale faisant complètement fi des valeurs, et mettant l'accent de manière inconditionnelle sur la liberté individuelle de façon systématique, nous sommes constamment écartelés entre les principes auxquels nous croyons, et les évolutions sociales possibles, le nivellement moral constant par le bas faisant que, s'appuyant sur la notion biaisée de consentement et les évolutions techniques aidant, nous finissons toujours dans un grand mouvement majoritaire de fond qui ne dit pas son nom, par donner foi à la vision la plus minimaliste et donc la moins respectueuse.

Il suffit de tenir à certains principes fondamentaux de façon vive pour glisser de la gauche (qui fonctionne comme une religion qui dicterait autoritairement la bonne parole progressiste et transgresse de manière systématique) vers la droite, donc vers l'extrême-droite, donc vers la réaction, donc vers Pétain et Hitler, etc. etc. et de devenir un vilain petit canard infréquentable aux yeux de la gauche. Comment une telle rhétorique est-elle seulement possible, alors que même ceux qui pratiquaient cette stratégie électoraliste aux premières heures ont depuis le temps avoué (cf. Lionel Jospin) que l'antifascisme à notre époque n'était qu'un théâtre ? Ce faisant, être de gauche est un véritable confort moral, mais rester de gauche est la chose la plus difficile qui soit pour ceux qui ont un minimum de plomb dans la tête et qui sont structurés.

Les questionnements métaphysiques sont donc omniprésents pour notre société, et dans beaucoup d'autres aspects des lois, par exemple sur la question du droit des animaux (" Quelle est la différence entre l'Homme et l'animal ? ", " Quels sont les critères pour bénéficier de droits ? ", etc. ) , ou sur la question de l'euthanasie (" Tout être humain a-t-il une dignité et peut-il la perdre ? ", " Qu'est-ce qu'une vie qui mérite d'être vécue ? " etc.), ou de la peine de mort ( " Un être humain est-il libre et peut-il toujours changer ? ", " Peut-on mériter la mort ? ", etc.) et sur la plupart des sujets d'actualité politique finalement.

D'où l'on voit bien non seulement que par un processus de nivellement systématique par le bas, c'est souvent la conception utilitariste de la morale qui domine, donc l'idée selon laquelle seuls les ressentis de plaisir et de douleur seraient les critères ultimes du moral ou du bien, l'être humain étant alors réduit à une machine à calculer des intérêts, peser les pour et les contre, et à décider selon ces seuls critères, ce qui est psychologiquement et anthropologiquement complètement faux et fait complètement fi des valeurs morales les plus nobles au sein de notre espèce.

Cela rejoint la vision Nietzschéenne qui soulignait que le dernier homme, dernier type d'Homme qui peuplera la planète selon lui, ne regarderait jamais plus que sur son bien-être et sa sécurité, sans plus être capable défendre aucune valeur, tandis que nous dériverions inlassablement vers cet état. Voyez-vous donc bien que la métaphysique est omniprésente et nécessaire, y compris au moment de voter des lois, et que nous dérivons inlassablement vers plus de permissivité, donc vers moins de respect envers les plus démunis (c'est le mouvement même du libéralisme progressiste) qui deviendront de plus en plus nombreux, ne serait-ce que par la paupérisation ? Allons-nous devenir semblables au dernier Homme de Nietzsche ?

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Membre, Talon 1, 80ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 521 messages
80ans‚ Talon 1,
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La métaphysique, comme son nom l'indique, vient après la physique. La science explique comment les choses adviennent, la métaphysique explique pourquoi elles adviennent.

Le 15/11/2021 à 14:12, Quasi-Modo a dit :

es questionnements métaphysiques sont donc omniprésents pour notre société, et dans beaucoup d'autres aspects des lois, par exemple sur la question du droit des animaux (" Quelle est la différence entre l'Homme et l'animal ? ", " Quels sont les critères pour bénéficier de droits ? ", etc. ) , ou sur la question de l'euthanasie (" Tout être humain a-t-il une dignité et peut-il la perdre ? ", " Qu'est-ce qu'une vie qui mérite d'être vécue ? " etc.), ou de la peine de mort ( " Un être humain est-il libre et peut-il toujours changer ? ", " Peut-on mériter la mort ? ", etc.) et sur la plupart des sujets d'actualité politique finalement.

Tout cela est problème philosophique.

L'homme est un animal. Ca c'est de la physique.

 

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 588 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
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Le 15/11/2021 à 16:47, Talon 1 a dit :

La métaphysique, comme son nom l'indique, vient après la physique. La science explique comment les choses adviennent, la métaphysique explique pourquoi elles adviennent.

 

Je dirais plutôt : la métaphysique tente d'expliquer ce que la science n'explique pas encore... et n'expliquera peut-être jamais.

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Invité Quasi-Modo
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Invité Quasi-Modo
Invité Quasi-Modo Invités 0 message
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Il faut obligatoirement, d'une façon ou d'une autre, pour voter la plupart des lois, et en particulier celles que j'évoque, répondre à la question : " Qu'est-ce que l'Homme ? " et prendre parti sur les concepts de liberté, de raison, de nature humaine, de dignité humaine. Ce sont bien des questions métaphysiques, celle-ci étant définie par le problème de la connaissance des objets intelligibles tels que ceux que je viens d'évoquer.

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Invité hell-spawn
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Invité hell-spawn
Invité hell-spawn Invités 0 message
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Le 15/11/2021 à 14:12, Quasi-Modo a dit :

Cela rejoint la vision Nietzschéenne qui soulignait que le dernier homme, dernier type d'Homme qui peuplera la planète selon lui, ne regarderait jamais plus que sur son bien-être et sa sécurité, sans plus être capable défendre aucune valeur, tandis que nous dériverions inlassablement vers cet état. Voyez-vous donc bien que la métaphysique est omniprésente et nécessaire, y compris au moment de voter des lois, et que nous dérivons inlassablement vers plus de permissivité, donc vers moins de respect envers les plus démunis (c'est le mouvement même du libéralisme progressiste) qui deviendront de plus en plus nombreux, ne serait-ce que par la paupérisation ? Allons-nous devenir semblables au dernier Homme de Nietzsche ?

N'est ce pas exactement ce a quoi nous assistons en ce moment ?

Le dernier homme n'en est plus un.

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