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Dimanche familial.

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Membre 73ans Posté(e)
Fanch-Yann Membre 15 messages
Forumeur balbutiant‚ 73ans
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Le dimanche matin c'était mon père qui nous préparait le petit déjeuner, il était absent toute la semaine, rentrait le samedi soir et repartait le dimanche en fin d'après midi. Bien sûr lorsqu'il y avait un week-end prolongé comme à Pâques on le voyait deux jours et nous étions très contents. Il nous apportait toujours une petite friandise ça pouvait être un petit paquet de bonbons mais je me souviens d'un œuf de Pâque en sucre. Il était énorme et tellement beau qu'on osait pas le manger. On aimait beaucoup notre père, il s'occupait bien de nous, nous servait notre café au lait, beurrait nos tartines.

Après le petit déjeuner on se préparait pour la messe, on y allait tous les dimanches, c'était obligatoire. On avait une carte de présence qu'on remettait je ne sais plus à qui à la fin de la messe et qui nous était rendue le mardi soir lorsqu'on allait au catéchisme. C'était un double contrôle, pas moyen de sécher ni la messe ni le cathé. Après avoir passé dans la salle de bain on sortait nos "habits du dimanche". Ma mère nous répétait plusieurs fois de faire attention et de
ne pas nous salir. Mon père une brosse à habit à la main inspectait notre tenue, vérifiait que nos chaussures avait été bien cirées, refaisait un lacet qu'il jugeait mal fait puis en se penchant vers nous nous donnait discrètement, presque secrètement une petite pièce de monnaie pour qu'on puisse aller s'acheter quelques bonbons à la fin de l'office. C'était le signal que tout était OK et que l'on pouvait partir. Ma mère nous refaisait le mêmes recommandations que d'habitude, de ne pas marcher dans les flaques d'eau, de dire bonjour aux voisins, de ne pas chahuter dans l'église etc...etc. Je crois qu'on était heureux mon frère ma sœur et moi, on se donnait la main, ma sœur treize mois plus vieille que moi assurait son rôle d'aînée, elle en faisait même des fois un peu
trop. Elle avait un chapeau que je trouvais ridicule, j'ai revu dernièrement un photo d'elle avec ce chapeau et bien je l'ai trouvé très jolie. Elle est toujours très jolie, très fine mais ne porte plus de chapeau, d'ailleurs elle ne va plus à la messe.

Pendant ce temps mes parents s'occupaient activement, mon père au jardin ma mère dans les chambres pour faire le ménage puis ensemble dans la cuisine pour le repas du dimanche. Lorsqu'on rentrait c'était prêt, en semaine on mangeait dans la cuisine mais le dimanche lorsque la famille était au complet on prenait nos repas dans la salle à manger. Le repas était copieux mais sans surprise, souvent un plat de crudités et un plat de charcuterie. Je voyait quand mon
père avait préparé un plat, il rajoutait toujours sur la charcuterie des petits brins de persil pour décorer ou des cornichons coupés en deux dans le sens de la longueur. Le plat de résistance était soit une volaille ou un rôti de porc et comme tous les dimanches, frites à volonté ce qui faisait faire à ma mère de nombreux aller retour entre la cuisine et la salle à manger. Mon père se servait toujours le dernier, ça mettait ma mère un peu en colère. Je crois qu'il se serait passé de manger s'il n'y avait pas eu assez, mais ce n'était pas le cas et il voulait que ses enfants aient les plus beaux morceaux. Après la salade il n'y avait que rarement du fromage, parfois du camembert ou du St Paulin. Je me demande si j'ai remangé du St Paulin depuis mon enfance, il faudra que j'en parle à ma crémière. Les desserts étaient souvent préparés par mon père. Il faisait de très bonnes tartes aux fruits. Là il se servait le premier, prenait une toute petite part, la portait à sa bouche puis faisait quelques commentaires sur le temps de cuisson, sur la composition de la pâte (feuilletée ou brisée) sur la composition de la crème pâtissière qu'il rajoutait parfois mais nous on les trouvait toujours excellentes. Il n'y avait pas que des tartes ma mère faisait parfois une grande jatte de mousse au chocolat ou de très bonnes salades de fruits et bien d'autres choses encore.

Pendant le repas bien sûr tout le monde s'exprimait, ensemble parfois, mon père ne disait pas grand chose, il avait l'air heureux, il nous regardait l'un après l'autre je crois qu'il était content d'être avec nous. J'ai revu ce même regard bien des années plus tard lorsque toute la famille était réunie lorsqu'il contemplait ses enfants, ses gendres, ses belles filles, ses petits enfants. Je n'ai qu'un seul regret, de n'avoir jamais pensé lui dire que nous aussi on était contents d'être
avec lui et qu'on était fier de lui.

 

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Modifié par Fanch-Yann
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