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Le Fléau (3)

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Membre 42ans Posté(e)
Maxence22 Membre 8 671 messages
Forumeur alchimiste‚ 42ans
Posté(e)

Ce texte je l'ai écrit vers 2013 et il s'agissait d'une courte nouvelle sur la bataille de Waterloo. Mais avec mon projet de world-building d'un monde de Dark-Fantasy horrifique je l'ai ensuite adapté.

* * *

LA BATAILLE

Autour de lui, c'était le chaos. Il pataugeait dans la boue, le sang et autres substances corporelles évacuées par la terreur. Son visage recouvert de poudre noire, ses oreilles sifflaient. Serrés épaule contre épaule, les hommes ne réagissaient qu'aux ordres répétés des milliers de fois tels des automates. Il s'agrippait fermement à son fusil, tête coincée dans le creux de son coude droit. Le front contre le bois. Il avait l'impression de devenir fou. Il tenta bien, à plusieurs reprises, d'oublier l'horreur de la bataille. En vain. Ce qu'il voyait, sentait ou entendait le ramenait immédiatement à la réalité. Son uniforme sale et en lambeau était couvert de crasse, de poudre noire et de boue. Rien à voir avec celui qu'il avait revêtu il y a trois mois. Il avait l'allure d'un mendiant.
Cette réalité là, elle craignait. D'autant plus qu'il ne savait rien, il ne comprenait rien à ce qu'il se déroulait autour de lui.


— Serrez les rangs ! hurlaient les sergents.


Cet ordre terrifiant signifiait que des camarades venaient de tomber. Sous ce déluge on ne pouvait ressentir que de la peur mais aussi de la surprise de ne pas encore avoir été fauché. Il ne pouvait croire que l'on arrivait à déverser autant de métal en une seule après-midi. Pourtant, le chef de bataillon restait dressé comme un I, proche du porte-drapeau. Il était réputé comme le soldat le plus valeureux de l'armée. Florian voulait bien le croire, un chef de bataillon ou un colonel sont des cibles de choix. Heureusement, il n'avait aucun insigne sur lui. Il était au moins rassuré sur ce point. Mais l'artillerie, elle, ne faisait aucune différence d'autant que ses tirs, guidés par les tirailleurs, devenaient de plus en plus précis. Dangereusement précis.
Un petit moment de calme permit aux tirailleurs locaniens de ressortir chasser leurs vis-à-vis. Les artilleurs les suivirent. Ils coururent vers les batteries déployées sur la crête. Entre temps, la fumée se dissipa. Florian aperçut les bataillons du régiments déployés le long de la contre-pente. Le reste de l'armée se trouvait sur le plateau un peu plus bas. Il supportait très mal le harcèlement des tirailleurs. Avec ce manège incessant il comprit que la crête était l'enjeu des combats les plus intenses. Des échanges de coups de feux se firent entendre entre les tirailleurs des deux armées à l’abri dans les champs, les fossés, les cadavres de chevaux et d'hommes. Un instant plus tard, il vit les artilleurs se débander et pénétrèrent à l'intérieur des carrés. Les tirailleurs ennemis occupèrent la crête. Autour de lui, le feu s'intensifia de nouveau. Et de nouveau, des hommes tombèrent.

  • Serrez les rangs !

La situation se dégrada. La fumée reprit ses droits.
Un son de trompette lointain lui parvint aux oreilles. D'abord distant, il se rapprocha de plus en plus. Il y eu un moment de silence. Plusieurs détonation. Toute proche. Plusieurs flashs jaunâtre. Un massacre.


— Serrez les rangs !


La mitraille ravagea les rangs. Balles de tous calibres, biscaïens, clous, vis et autres projectiles composé de tous métaux provoquèrent mutilations, coupures, décapitations, blessures horribles. Les explosions de sangs et de chair se répandirent sur les survivants et se mélangèrent à la boue. Un biscaïen frappa le fusil de Florian. Projeté en arrière, sa tête frappa lourdement le sol. Il se trouva allongé sur le dos. Ses yeux fixèrent le ciel. Il s'essuya avec nonchalance le visage couvert de sang. Quand il reprit ses esprits, c'était hurlement d'ordre, cris de blessés et gémissement des mourants.

  • Serrez les rangs !


Une autre détonation. Un Vent de boulet. Nouvelle commotion. Il ne sut combien de temps il resta sans connaissance mais au moment où il se reprit, il vit un boulet fracassé le genoux de Lally, rebondir suffisamment proche pour entraîner quatre soldats au sol, arracher un morceau de la tête de Rollin dans un geyser d'hémoglobine et arrosa les soldats aux alentours. Le boulet finit par arracher le bras de Galvin. Hébété, il s'approcha du capitaine et l'agrippa, inonda de sang l'uniforme avant de s'effondrer. Dans le même temps, les tirailleurs ennemis ne cessaient de tirer. À sa droite, son ami Canville eu le nez arraché par une balle. Cette position devenait intenable et cette satanée fumée empêchait de voir à plus de cinq mètres ce qu'il s'y passait. Mais au bout d'une heure, les tirs cessèrent enfin et le champ de vision s'allongea.
Le voile de fumée se leva. Mais ce qu'il vit le glaça. Là, sur la crête, l'infanterie ennemie apparue. À la vue des bataillons, les Locaniens manœuvrèrent. Les bataillons ennemis passèrent de la colonne d'assaut à la formation en ligne. Les officiers hurlèrent leurs ordres. Les bataillons locaniens avancèrent vers les lignes rohanaises. Pendant quelques secondes, Florian observa les formations comme-ci le temps s'arrêtait. Et le chaos régna à nouveau.

  • Serrez les rangs !

Le bataillon tenta de riposter mais son volume de feu était considérablement réduit. Des corps enchevêtrés s'empilèrent. Ce bastion morbide forma un mur protecteur. L'échange de tir fut bref et les Locaniens reculèrent. Plusieurs détonations résonnèrent au travers de la fumée. Les boulets frappèrent les murs de cadavres dans un bruit écœurant emportant chair et os. Une deuxième, une troisième puis une quatrième détonations pilonnèrent les bataillons à très courtes distances. La cinquième, une charge à mitraille, acheva le mur de cadavre. Florian était un automate. Charger. Viser. Tirer. Sans relâche. Proche de lui, le fusilier Morin n'était plus dans son état normal. Il ne se souciait plus du vacarme effrayant, des hurlements, des gémissements. Il ne cessait d'appuyer sur la gâchette, viser le néant, le regard vide, au travers de la fumée aveuglante. Il ne se rendit pas compte qu'il n'y avait que le clique du percuteur. Aucune détonation. Aucune balle ne sortait de son fusil.
Le sol vibra. Sortie de la fumée, la cavalerie lourde locanienne. Les cuirassiers accompagnés d'escadrons de lanciers poussèrent des cris sauvages, dressés sur les étriers les sabres brandis en avant. Surpris, en plein découvert sur la pente légère de colline. Les hommes du bataillon se débandèrent. Comme tétanisé, l'horreur le submergea quand il fut bousculé et jeté au sol.

  • Reste au sol gamin, chuchota le chef de bataillon, notre seule chance d'en sortir vivant, est de faire le mort.


Inconsciemment, il sourit en constatant l'ironie de la phrase. Il fut témoin, à ce moment, d'une scène d'horreur. Chacun des hommes du bataillon se virent séparé de ses camarades. Il se battait pour lui-même, essaya de préservé sa propre vie. Mais cette position n'était plus tenable pour les fantassins encerclés. Les sabres de cavalerie s'ouvrèrent des passages dans les chairs. Les hommes de son bataillon étaient taillés en pièce. La scène sembla durer une éternité. Les cuirassiers encerclèrent le bataillon et tuaient les uns après les autres les hommes piégés qui tentaient de se protéger avec leurs mains. Ils glissaient dans la boue où se répandaient le sang des blessés et des morts. Ils imploraient pour leur vie. Ils pleuraient, roulé en boule, la tête entre les cuisses. Ils tentaient de fuir. Il essayaient de se frayer un chemin entre les chevaux. Certains restaient debout, tiraient ou chargeaient à la baïonnette. Mais les cuirassiers les transperçaient. Ils resserrèrent leur cercle mortel. L'allonge d'un fusil-baïonnette ne peut rivaliser avec une longue épée de cavalerie lourde. Le tir d'un jeune soldat inexpérimenté, paniqué et encerclé n'aura aucune chance de toucher même un cheval.

  • Reste calme gamin, il ne nous...


Sa phrase s'arrêta nette quand une balle traversa sa joue et ressortit de l'autre côté. Florian, seul au milieu des cavaliers ennemis, jeta son fusil et leva ses mains, prisonnier. Mais bientôt, des sons de trompette et des cris sauvages en même temps qu'une ligne de dragons lourd de la Garde. Les cuirassiers locaniens firent alors face à la cavalerie rohanaise. Ils abandonnèrent leurs prisonniers et s’avancèrent vers ce nouvel ennemi. À ce moment Florian se jeta dans un champ de blé tout près et attendit que l'affrontement cessa. Ils vit le combat de cavalerie, violent. Mais un régiment de lanciers apparut. L'attaque était mené avec une furie rare. Les cuirassiers français sabrèrent et les lanciers jouèrent de la lance avec férocité. Les Rohannais ne purent contenir le choc. Ils s'enfuirent.
Florian sortit le plus discrètement qu'il put. Il se dirigea vers son unité quand il croisa le cadavre d'un officier locanien. Il remarqua une très belle chaîne qui sortait du gousset du mort. C'était une superbe montre en or qu'il s'empara. Une fouille plus minutieuse lui permit de trouver de l'argent. Quelques pas plus loin, il découvrit une gibecière garnie d'un écritoire, de l'argent, une flasque pleine de rhum et du linge. Il ramassa un fusil et fouilla les gibernes qu'il put dans le but de se reconstituer un stock de munition. Il aperçut plus loin quelques-uns de ses camarades vers lequel il se précipita. En leur compagnie, il se dirigea vers la fameuse ferme fortifiée de Higémont à portée de vue. Ils coururent et franchirent une porte cochère non sans s'être identifié avant aux sentinelles. Dans la cour, une foule de soldats se préparaient à une nouvelle attaque. Un officier s'approcha.

Mais déjà, les colonnes ennemies approchèrent. Balles, boulets et obus frappèrent les murs de la ferme de Higémont. Le combat commença quelques minutes plus tard. Et ce fut un bal de cris, d'insultes, de claquements de balles sur les murs. Maintenant, les Locaniens se trouvaient juste de l'autre côtés du mur. Il pouvaient les entendre crier et insulter. Des boulets frappaient le grand portail de bois. Entre chacun d'eux, des sapeurs tentaient d'abattre la porte à coup de hache. Peu après, un cris résonna depuis la grange.

  • Ils tentent d'entrée par le mur de la grange !


Florian et une dizaine de soldats s'y rendirent. Après quelques échanges de coup de feu, il remarqua de la fumée au travers des solives. Puis le feu s'étendit sur toute la charpente. Il ne pouvait plus rien faire, mais l'ennemi ne pouvait lui non plus plus traverser par la grange en feu. Une décharge de mousqueterie, venue des meurtrières précédemment occupées par Florian et ses camarades était maintenant submergés de soldat ennemis. Il rechargea précipitamment son arme. Il tira. Il n'eut pas le temps de recharger qu'un Locaniens tenta de saisir son fusil mais son camarade fut plus rapide, tira un coup de fusil dans la tête. Au même moment, un ennemi se saisit de son arme. Un de ses camarades planta aussitôt sa baïonnette au travers de la gorge. Tout autours du groupe, les balles claquèrent contre les murs et la charpente en même temps que le feu se répandait à toute la ferme fortifiée. Bientôt, les munitions s'épuisèrent. Des cris s'élevèrent depuis la cour.


— Ils en arrive de partout !


Il était alors temps de fuir. Ils se défendirent comme ils purent mais submerger par le nombre, ils durent fuir à travers les bois. Mais tendit qu'il fuyait, quelque chose le frappa.

Il tomba au sol. Tête la première. Assommé.

 

Modifié par Maxence22
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Membre 50ans Posté(e)
guernica Membre 1 870 messages
Forumeur alchimiste‚ 50ans
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j'ai écrit un livre de SF rapprochée, à un moment, sur un escalier entre autres... Pour oublier ce que je vivais, mais la vie m'a rattrapée, encore et encore plus vache et mon personnage principal est mort... Dans la vraie vie

à l’instant, guernica a dit :

j'ai écrit un livre de SF rapprochée, à un moment, sur un escalier entre autres... Pour oublier ce que je vivais, mais la vie m'a rattrapée, encore et encore plus vache et mon personnage principal est mort... Dans la vraie vie

autant te dire que mon bouquin je l'ai foutu bien au fond du placard... Sans qu'il y ait de fin

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Elfière Membre 365 messages
Forumeur survitaminé‚
Posté(e)
Le 15/05/2021 à 20:03, Maxence22 a dit :

... Mais tandis qu'il fuyait, quelque chose le frappa.

Il tomba au sol. Tête la première. Assommé.

 

Alors, cette bataille adaptée, tu la situes où et quand dans ton intrigue?

Et qui sont les "méchants"? ou bien, cet affrontement n'a-t-il rien à voir avec les deux premières parties?

Et Florian, future victime-recrue d'Odomar?

Ben ouais, hein, moi j'aimerais bien savoir:).

Merci.

  • Haha 1
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Maxence22 Membre 8 671 messages
Forumeur alchimiste‚ 42ans
Posté(e)
Il y a 4 heures, Elfière a dit :

Alors, cette bataille adaptée, tu la situes où et quand dans ton intrigue?

Et qui sont les "méchants"? ou bien, cet affrontement n'a-t-il rien à voir avec les deux premières parties?

Et Florian, future victime-recrue d'Odomar?

Ben ouais, hein, moi j'aimerais bien savoir:).

Merci.

On verra. Mais il n'en sortira pas indemne.... s'il s'en sort :sleep:

Edit: cette bataille se déroule une centaine d'année avant le début de mon (vrai) récit.

Fléau 1: environ 250 ans avant le début du récit (époque similaire au 18e siècle) 

Fléau 2: environ 800 ans avant (à une époque similaire au 15e siècle).

Modifié par Maxence22
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