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Bric à brac : atelier poétique


Messages recommandés

Loufiat Membre 1007 messages
Forumeur alchimiste‚ 29ans
Posté(e)

J'aimerais apprendre à mieux écrire.
Je sais mon inculture crasse en matière de poésie.
Mais j'ai découvert durant le confinement que passé un certain degré d' 'inspiration', c'est cette forme que cherche mon expression.
J'ai alors ici même couché mon tout premier 'poème' (depuis les exercices quand j'étais tout petiot à l'école). Ce fut très étonnant, il est venu tout seul (puis je l'ai trituré, pas forcément en mieux).
Je ne me fais pas d'illusion sur la qualité de ce que j'écris.
Mais je ne sais pas vraiment en juger et surtout, j'y ai pris un authentique plaisir. (Puis me suis senti coupable et impudique, donc l'ai caché entre "spoiler").
Réflexion faîte et malgré cette gêne, je veux apprendre et cultiver ce plaisir.

Il y a toutes sortes de choses sur internet, mais ce n'est pas vivant. Et ça n'apaise pas le besoin d'écrire ni la multitude de questions que la poésie pose maintenant.

Qu'est-ce que la poésie ?  voilà, je vous demande, moins pour clôturer la question qu'essayer de l'ouvrir correctement.

On a le droit de se moquer ! Évidemment "publier", c'est accepter la critique. On a aussi le droit d'être sérieux.
Bref vous ferez comme bon vous semble et j'invite chaudement quiconque veut s'essayer.

A ce sujet, @Blaquière je suis curieux de savoir si, à ton avis, le poème que je re-poste ci-dessous (mon premier :wub:) épuise en quelque sorte sa signification dans une lecture psy ?
Je précise pour décomplexer : j'ai moi-même été pris d'un fou rire en réalisant qu'on pourrait croire que ce 'poème' parle d'éjaculation précoce (cf. la troisième strophe), mais c'est dans un esprit très différent qu'il est venu. C'est aussi cette surabondance de sens qui m’interpelle, alors qu'il s'agit d'un essai hasardeux : mais les sens entrecroisés, les niveaux de lecture possibles, etc., sans compter le rythme, le son et la forme ! Jusqu'à la forme visuelle, la disposition des vers en strophes qui elle aussi participe du petit tout que forme ou vise à former le poème.)

Autre question : dans quelle mesure est-ce un défaut ou une corruption pour la poésie d'être une distraction, un détournement du réel ? Et si, dans cet esprit, elle a une 'fonction' particulière, que la poésie remplirait en atteignant son optimum : quelle est-elle ?

Il faudra interroger les poètes eux-mêmes et je poursuivrai (plus ou moins vite) toutes les pistes, références, textes que vous daignerez soumettre.

 

Bref....

SHOOT !

*La belle étoile*

 

Aux marins revenant

Du fracas des abysses

Aux amants soupirant

Sous la voute endormie

ému, le dieu consent

diamants

rubis

et perles d’or

 

Mais pas un mot, regrette le prêtre

Pas un seul mot

Ses doigts sont gras,

Son nez est sec

Sous son dos rond

Sa bile est noire

Viens, viens dit la nuit

Mais il s’obstine

« Ce n'est pas ça ! Ce n'est pas ça ! »

 

Et toi condamné, Frère,

Innocent, malheureux

Nulle bougie pour ta flamme

Quand l’arc rouge écarte

La nuit sauvage,

Déjà

Le lourd tombeau des Lois

Est gorgé de ton sang.

 

D’immortelles lumières

Passent si vite, si loin

Et nul ne sait jamais

Qui peut les voir.

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Blaquière Membre 10592 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
il y a 19 minutes, Loufiat a dit :

J'aimerais apprendre à mieux écrire.
Je sais mon inculture crasse en matière de poésie.
Mais j'ai découvert durant le confinement que passé un certain degré d' 'inspiration', c'est cette forme que cherche mon expression.
J'ai alors ici même couché mon tout premier 'poème' (depuis les exercices quand j'étais tout petiot à l'école). Ce fut très étonnant, il est venu tout seul (puis je l'ai trituré, pas forcément en mieux).
Je ne me fais pas d'illusion sur la qualité de ce que j'écris.
Mais je ne sais pas vraiment en juger et surtout, j'y ai pris un authentique plaisir. (Puis me suis senti coupable et impudique, donc l'ai caché entre "spoiler").
Réflexion faîte et malgré cette gêne, je veux apprendre et cultiver ce plaisir.

Il y a toutes sortes de choses sur internet, mais ce n'est pas vivant. Et ça n'apaise pas le besoin d'écrire ni la multitude de questions que la poésie pose maintenant.

Qu'est-ce que la poésie ?  voilà, je vous demande, moins pour clôturer la question qu'essayer de l'ouvrir correctement.

On a le droit de se moquer ! Évidemment "publier", c'est accepter la critique. On a aussi le droit d'être sérieux.
Bref vous ferez comme bon vous semble et j'invite chaudement quiconque veut s'essayer.

A ce sujet, @Blaquière je suis curieux de savoir si, à ton avis, le poème que je re-poste ci-dessous (mon premier :wub:) épuise en quelque sorte sa signification dans une lecture psy ?
Je précise pour décomplexer : j'ai moi-même été pris d'un fou rire en réalisant qu'on pourrait croire que ce 'poème' parle d'éjaculation précoce (cf. la troisième strophe), mais c'est dans un esprit très différent qu'il est venu. C'est aussi cette surabondance de sens qui m’interpelle, alors qu'il s'agit d'un essai hasardeux : mais les sens entrecroisés, les niveaux de lecture possibles, etc., sans compter le rythme, le son et la forme ! Jusqu'à la forme visuelle, la disposition des vers en strophes qui elle aussi participe du petit tout que forme ou vise à former le poème.)

Autre question : dans quelle mesure est-ce un défaut ou une corruption pour la poésie d'être une distraction, un détournement du réel ? Et si, dans cet esprit, elle a une 'fonction' particulière, que la poésie remplirait en atteignant son optimum : quelle est-elle ?

Il faudra interroger les poètes eux-mêmes et je poursuivrai (plus ou moins vite) toutes les pistes, références, textes que vous daignerez soumettre.

 

Bref....

SHOOT !

*La belle étoile*

 

Aux marins revenant

Du fracas des abysses

Aux amants soupirant

Sous la voute endormie

ému, le dieu consent

diamants

rubis

et perles d’or

 

Mais pas un mot, regrette le prêtre

Pas un seul mot

Ses doigts sont gras,

Son nez est sec

Sous son dos rond

Sa bile est noire

Viens, viens dit la nuit

Mais il s’obstine

« Ce n'est pas ça ! Ce n'est pas ça ! »

 

Et toi condamné, Frère,

Innocent, malheureux

Nulle bougie pour ta flamme

Quand l’arc rouge écarte

La nuit sauvage,

Déjà

Le lourd tombeau des Lois

Est gorgé de ton sang.

 

D’immortelles lumières

Passent si vite, si loin

Et nul ne sait jamais

Qui peut les voir.

Je ne peux rien dire : je le lis, je le relis et il devient petit à petit

comme une évidence par delà toute logique. (tout raisonnement)

Un sens qui se concrétise, se cristallise peu à peu.

 C'est très fort...

à mon avis.

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Loufiat Membre 1007 messages
Forumeur alchimiste‚ 29ans
Posté(e)
il y a 6 minutes, Blaquière a dit :

Je ne peux rien dire : je le lis, je le relis et il devient petit à petit

comme une évidence par delà toute logique. (tout raisonnement)

Un sens qui se concrétise, se cristallise peu à peu.

 C'est très fort...

à mon avis.

Oh ça fait plaisir pour lui, merci.

Oui c'est extraordinaire cette évidence ! Evidence pourtant.. non évidente. "Parvenue", dirais-je ? Car si je refais le chemin, c'est d'abord une atmosphère, une image, une évocation et un sentiment concentrés comme dans un point et qui vont en se posant, dans l'écriture aller plus loin. Le poème est-il maîtrisé ou emporté ? Je suppose que c'est à voir, selon les cas ; mais ne doit-il pas toujours osciller entre une inspiration "incandescente" et une froide maîtrise ?

Et peut-on balayer sans regret tous les impératifs de formes, les règles de l'art ?

Quel est le sens de ces règles ? Quel est le sens des "canons" ? Il serait en tout cas aberrant de faire de l'absence de règle une nouvelle règle, celle-ci serait forcément arbitraire et absurde, même théorisée pour incarner la réalité d'individus morcelés, sans unité.

Pour le moment, je pense devoir envisager ces canons comme des montagnes à gravir... 

Oui, la chose est apparue très évidente hier soir quand j'ai à nouveau tenté l'essai. Je le note ici comme témoin et matière à travailler...

pouet.

 

*En montagne - L'intrépide*

 

L'air soudain se raréfie,
Son pied agile perd un appui,
La roche humide est arrondie,
A sa main seule suspend sa vie.

Partout autour l'eau dégringole,
Une riche cascade, divers rigoles,
Convergent ensemble et caracolent,
Épousent le vide, fracassent le sol.

Avec ses forces, les choix s'épuisent,
Renoncer maintenant et lâcher prise,
Ou surmonter sans autre assise,
Que cette poignée même pas bien mise.

Le sang glacé tombe dans ses os,
Mais elle contracte, se hisse haut,
Jette loin sa main, tâte par là-haut,
C'est sa seule chance, ça ou bien l'eau.

Que Dieu soit loué, lui tend la main,
La roche présente un corps saillant,
L'espoir renaît un bref instant,
Qu'elle vive encore jusqu'au matin.

Hélas, hélas... c'est trois fois rien :
La prise s'effrite, son poids l'emporte,
Bientôt elle ripe et se déporte,
Bascule, et chute enfin !


Son corps tournoie comme un pantin.

Une, deux, trois, quatre secondes,
Elle fend les flots en masse bien ronde,
S'écoulent encore dix bonnes secondes,
Quand elle émerge parmi les ondes.

La rive gagnée, terrorisée,
Elle se croit morte, toute disloquée,
Mais elle n'a rien, elle est sauvée,
Et songe bientôt y retourner !

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Blaquière Membre 10592 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

"Et peut-on balayer sans regret tous les impératifs de formes, les règles de l'art ?"

Certainement !

Mis à part un certain rythme voulu, décidé, "minimum"  (que l'on peu choisir et par forcément régulier)

Et les sonorités qui au minimum aussi ne vont pas trop s'entrechoquer de façon comique (s'il ne s'agit pas de faire rire) ou trop rudes pour dire la douceur ou douces pour dire l'aigreur...

Ton poème du dessus raconte une vraie histoire. Précise.

C'est exactement dit....

Est-ce que la poésie ne perd pas dans ce cas à trop "dire" ? On y aimerait plus d'incertitude? Mais c'est à la marge. Dire plus l'angoisse du vertige par exemple ?

Je réfléchis...

J’éteins : l'orage, j'arrête tout !

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Loufiat Membre 1007 messages
Forumeur alchimiste‚ 29ans
Posté(e)

Oui je vois ce que tu veux dire. En dire trop c'est risquer d'étouffer la lecture. J'ai autre chose en préparation, dans ce thème de la montagne on verra si ça sonne mieux, si ça aboutit.

 

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