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Mathes Membre 27 messages
Forumeur balbutiant‚ 18ans
Posté(e)

Bonsoir à tous

J'ai un petit exercice merci beaucoup d'avance

Extrait de chapitre 48

Trois heures sonnaient, on est venu m’avertir qu’il était temps. J’ai tremblé, comme si j’eusse pensé à autre chose depuis six heures, depuis six semaines, depuis six mois. Cela m’a fait l’effet de quelque chose d’inattendu. Ils m’ont fait traverser leurs corridors et descendre leurs escaliers. Ils m’ont poussé entre deux guichets du rez-de- chaussée, salle sombre, étroite, voûtée, à peine éclairée d’un jour de pluie et de brouillard. Une chaise était au milieu. Ils m’ont dit de m’ asseoir ; je me suis assis. Il y avait près de la porte et le long des murs quelques personnes debout, outre le prêtre et les gendarmes, et il y avait aussi trois hommes. Le premier, le plus grand, le plus vieux, était gras et avait la face rouge. Il portait une redingote et un chapeau à trois cornes déformé. C’était lui. C’était le bourreau, le valet de la guillotine. Les deux autres étaient ses valets, à lui. À peine assis, les deux autres se sont approchés de moi, par derrière, comme des chats ; puis tout à coup j’ai senti un froid d’acier dans mes cheveux, et les ciseaux ont grincé à mes oreilles. Mes cheveux, coupés au hasard, tombaient par mèches sur mes épaules, et l’homme au chapeau à trois cornes les époussetait doucement avec sa grosse main. Autour, on parlait à voix basse. Il y avait un grand bruit au dehors, comme un frémissement qui ondulait dans l’air. J’ai cru d’abord que c’était la rivière ; mais, à des rires qui éclataient, j’ai reconnu que c’était la foule. Un jeune homme, près de la fenêtre, qui écrivait, avec un crayon, sur un portefeuille, a demandé à un des guichetiers comment s’appelait ce qu’on faisait là. – La toilette du condamné, a répondu l’autre. J’ai compris que cela serait demain dans le journal. Tout à coup l’un des valets m’ a enlevé ma veste, et l’autre a pris mes deux mains qui pendaient, les a ramenées derrière mon dos, et j’ai senti les nœuds d’une corde se rouler lentement autour de mes poignets rapprochés. En même temps, l’autre détachait ma cravate. Ma chemise de batiste, seul lambeau qui me restât du moi d’autrefois, l’a fait en quelque sorte hésiter un moment ; puis il s’est mis à en couper le col. À cette précaution horrible, au saisissement de l’acier qui touchait mon cou, mes coudes ont tressailli, et j’ai laissé échapper un rugissement étouffé. La main de l’ exécuteur a tremblé. – Monsieur, m’a-t-il dit, pardon ! Est-ce que je vous ai fait mal ? Ces bourreaux sont des hommes très doux. La foule hurlait plus haut au dehors. Le gros homme au visage bourgeonné m’a offert à respirer un mouchoir imbibé de vinaigre. – Merci, lui ai-je dit de la voix la plus forte que j’ai pu, c’est inutile ; je me trouve bien. Alors l’un d’eux s’est baissé et m’a lié les deux pieds, au moyen d’une corde fine et lâche, qui ne me laissait à faire que de petits pas. Cette corde est venue se rattacher à celle de mes mains. Puis le gros homme a jeté la veste sur mon dos, et a noué les manches ensemble sous mon menton. Ce qu’il y avait à faire là était fait. Alors le prêtre s’est approché avec son crucifix. – Allons, mon fils, m’a-t-il dit. Les valets m’ont pris sous les aisselles. Je me suis levé, j’ai marché. Mes pas étaient mous et fléchissaient comme si j’ avais eu deux genoux à chaque jambe. En ce moment la porte extérieure s’est ouverte à deux battants. Une clameur furieuse et l’air froid et la lumière blanche ont fait irruption jusqu’à moi dans l’ ombre. Du fond du sombre guichet, j’ai vu brusquement tout à la fois, à travers la pluie, les mille têtes hurlantes du peuple entassées pêle-mêle sur la rampe du grand escalier du Palais ; à droite, de plain-pied avec le seuil, un rang de chevaux de gendarmes, dont la porte basse ne me découvrait que les pieds de devant et les poitrails ; en face, un détachement de soldats en bataille ; à gauche, l’arrière d’une charrette, auquel s’appuyait une roide échelle. Tableau hideux, bien encadré dans une porte de prison. C’est pour ce moment redouté que j’avais gardé mon courage. J’ai fait trois pas, et j’ ai paru sur le seuil du guichet. – Le voilà ! le voilà ! a crié la foule. Il sort ! enfin ! Et les plus près de moi battaient des mains. Si fort qu’on aime un roi, ce serait moins de fête. C’était une charrette ordinaire, avec un cheval étique, et un charretier en sarrau bleu à dessins rouges, comme ceux des maraîchers des environs de Bicêtre. Le gros homme en chapeau à trois cornes est monté le premier. – Bonjour, monsieur Samson ! criaient des enfants pendus à des grilles. Un valet l’a suivi. – Bravo, Mardi ! ont crié de nouveau les enfants. Ils se sont assis tous deux sur la banquette de devant. C’était mon tour. J’ai monté d’ une allure assez ferme. – Il va bien ! a dit une femme à côté des gendarmes. Cet atroce éloge m’a donné du courage. Le prêtre est venu se placer auprès de moi. On m’avait assis sur la banquette de derrière, le dos tourné au cheval. J’ai frémi de cette dernière attention. Ils mettent de l’humanité là dedans. J’ai voulu regarder autour de moi. Gendarmes devant, gendarmes derrière ; puis de la foule, de la foule, et de la foule ; une mer de têtes sur la place. Un piquet de gendarmerie à cheval m’attendait à la porte de la grille du Palais. L’officier a donné l’ordre. La charrette et son cortège se sont mis en mouvement, comme poussés en avant par un hurlement de la populace. On a franchi la grille. Au moment où la charrette a tourné vers le Pont-au- Change, la place a éclaté en bruit, du pavé aux toits, et les ponts et les quais ont répondu à faire un tremblement de terre. C’est là que le piquet qui attendait s’est rallié à l’ escorte. – Chapeaux bas ! chapeaux bas ! criaient mille bouches ensemble. – Comme pour le roi. Alors j’ai ri horriblement aussi, moi, et j’ai dit au prêtre : – Eux les chapeaux, moi la tête. On allait au pas. Le quai aux Fleurs embaumait ; c’est jour de marché. Les marchandes ont quitté leurs bouquets pour moi.

1) completez ce tableau

Merci beaucoup d'avance 

 

2020-05-14 18.11.24.jpg

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Talon 1 Membre 13181 messages
Talon 1‚ 74ans
Posté(e)

Il es dominé - Ils obéissent de plein gré.

Il est passif - Ils sont spectateurs.

Il est regardé - Ils attendent de voir.

Il s'apprête à mourir - Ils espèrent vivre.

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Mathes Membre 27 messages
Forumeur balbutiant‚ 18ans
Posté(e)

Bonjour à tous

Je ne sais pas comment vous remercier

Merci beaucoup !

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Talon 1 Membre 13181 messages
Talon 1‚ 74ans
Posté(e)
il y a 30 minutes, Mathes a dit :

Bonjour à tous

Je ne sais pas comment vous remercier

Merci beaucoup !

Au moins, vous êtes poli. C'est rare.

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