Aller au contenu

Prix Nobel de la Paix : qui sont Nadia Murad et Denis Mukwege, les lauréats 2018 ?


Mórrígan

Messages recommandés

Membre, Cóínnéóídh mé do bhás, Posté(e)
Mórrígan Membre 14 034 messages
Cóínnéóídh mé do bhás,
Posté(e)

Prix Nobel de la Paix : qui sont Nadia Murad et Denis Mukwege, les lauréats 2018 ?

 

Emmanuelle Skyvington 

Publié le 09/12/2018.

 

image.thumb.png.be9b9ac37c52316e36544a85ca52230f.png

Héros modernes, Nadia Murad, 25 ans, et Denis Mukwege, 63 ans, se battent contre une même barbarie : le viol utilisé comme arme de guerre. Arte diffuse dimanche 9 décembre 2018 deux portraits saisissants des lauréats 2018 du prix Nobel de la Paix.

Nadia Murad et Denis Mukwege recevront, lundi 10 décembre à Oslo, le prix Nobel de la Paix. Avant eux, Theodore Roosevelt en 1906, le Comité international de la Croix Rouge à trois reprises (en 1917, 1944 et 1963), le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (en 1954 et 1981), Martin Luther King en 1964, Andrei Sakharov en 1975, Desmond Tutu en 1984, Nelson Mandela en 1993 ou encore Barack Obama en 2009 ont été récompensés pour avoir « le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». Une mission définie par l’initiateur et premier mécène du prix, Alfred Nobel. L’industriel suédois avait acquis sa fortune grâce au dépôt de brevets, dont celui, en 1875, de «la dynamite extra Nobel». L’homme, soucieux à la fin de sa vie de laisser une meilleure image posthume que celle d’un « marchand de canons », avait légué une partie de sa fortune à un fonds chargé de récompenser ceux qui auraient « rendu à l’humanité les plus grands services ». 

Cent dix-sept ans plus tard, les cinq membres du Comité Nobel norvégien ont voulu soutenir un combat commun aux deux lauréats : la lutte contre l’esclavage et les violences sexuelles comme « armes de guerre ». Pour leurs actions, l’un et l’autre avaient par ailleurs reçu une autre récompense éminente : le prix Sakharov, décerné par le Parlement européen (en 2014 pour le Dr Mukwege, en 2016 pour Nadia Murad). Décryptage de leur parcours, alors qu’Arte leur rend hommage avec la diffusion, dimanche soir 9 décembre, des documentaires L’homme qui répare les femmes et Le Combat de Nadia Murad.

Qui est Nadia Murad?

image.png.aa264f258e2ee8604f0efe1f958d2f42.png

Nadia Murad Basee, son nom complet, aujourd’hui âgée de 25 ans, est l’une des seize femmes lauréates du prix Nobel de la Paix – et l’une des plus jeunes (après Malala Yousafzai, militante pakistanaise récompensée à 17 ans pour son combat en faveur de la scolarisation des filles face aux Talibans). Cette jeune Irakienne appartenant à la minorité des Yézidis a pourtant déjà vécu mille vies. Elle a survécu au génocide perpétré par l’Etat islamique en août 2014 dans son village natal de Kosho, dans les montagnes du Sinjar. Le 3 août 2014, les djihadistes ont exécuté tous ceux qui refusaient de se soumettre et de se convertir à l’islam : pour ces fondamentalistes, les Yézidis qui croient en Tawsi Melek, « l’ange-paon », sont des hérétiques. Après avoir assisté à l’assassinat de ses frères, Nadia Murad est emmenée avec d’autres femmes à Mossoul, deuxième ville d’Irak, à 130 kilomètres, où elle devient, durant des mois, une esclave sexuelle, vendue et revendue à différents bourreaux. Grâce à l’aide d’une famille musulmane sunnite de Mossoul, elle parvient à se cacher et à rejoindre au Kurdistan irakien les membres de sa famille qui ont échappé aux massacres. Aujourd’hui, elle se bat pour les 3 000 femmes yézidies toujours captives de Daesh et « pour la dignité des victimes du trafic d’êtres humains ». 

image.png.aa264f258e2ee8604f0efe1f958d2f42.png

Comme le résume Amal Clooney, son avocate, en préface de son livre Pour que je sois la dernière (Fayard, 2018), « Nadia a refusé de se taire. Elle a rejeté toutes les étiquettes que la vie lui a imposées : orpheline, victime de viols, esclave, réfugiée. Et les a remplacées par d’autres : survivante, leader yézidie, défenseure des droits des femmes, écrivain, ambassadeur de bonne volonté aux Nations unies ». Et, désormais, prix Nobel de la Paix. 

Qui est Denis Mukwege ?

Agé de 63 ans, ce chirurgien gynécologue se bat depuis vingt ans pour réparer le corps de femmes, d’adolescentes et, même, de petites filles de 5 ans brisées dans leur intimité sexuelle et leur intégrité psychique par des actes de torture, des viols et des mutilations atroces (dont les détails dépassent les sommets de la barbarie qu’« aucun chirurgien ne verra ailleurs dans sa carrière », explique un confrère dans Paris Match). Ces crimes sont commis par des soldats de milices locales (parfois enrôlés dans l’armée régulière), dans la région du Kivu en République démocratique du Congo (RDC). Ces corps mutilés, ces anatomies brisées qu’il répare, Denis Mukwege les décrit comme d’authentiques « terrains de guerre ». Pour soigner, guérir et sauver les 50 000 femmes que lui et son équipe médicale ont opérées, le militant des droits de l’homme a créé un hôpital à Panzi en 1999. Une enclave protectrice où les femmes peuvent ensuite se poser, durant de longs mois, le temps de se reconstituer physiquement et psychiquement. De réapprendre à communiquer, de ne plus craindre l’extérieur, d’apprendre un métier. Malgré les menaces (en 2012, il a échappé à une tentative d’assassinat à son domicile), le chirurgien continue d’opérer sans relâche toutes celles qui se présentent dans son hôpital.

La suite de l'article se trouve ici :

https://www.telerama.fr/television/prix-nobel-de-la-paix-qui-sont-nadia-murad-et-denis-mukwege,-les-laureats-2018,n5925146.php

Les reportages sont disponibles en Replay sur Arte.

 

Vous en avez sûrement RAF, mais je voulais vous le dire quand même. 

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant
Membre, 75ans Posté(e)
boeingue Membre 23 346 messages
Maitre des forums‚ 75ans‚
Posté(e)

2 prix Nobel bien mérités !!

pour une fois !

dommage que les bourreaux cours toujours , pour la plupart en tout cas !

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Modérateur, ©, 108ans Posté(e)
January Modérateur 62 118 messages
108ans‚ ©,
Posté(e)
il y a 16 minutes, Léna-Postrof a dit :

Vous en avez sûrement RAF, mais je voulais vous le dire quand même. 

Merci, je visionnerai les reportages sur le replay d'Arte. 

Deux personnes bien choisies je trouve, surtout Mukwege. Ca fait longtemps qu'on entend parler de lui, je trouve ce prix très bien attribué. Non que l'autre prix ne le soit pas, mais ce n'est pas la même chose :) 

 

 

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Cóínnéóídh mé do bhás, Posté(e)
Mórrígan Membre 14 034 messages
Cóínnéóídh mé do bhás,
Posté(e)
il y a une heure, January a dit :

Merci, je visionnerai les reportages sur le replay d'Arte. 

Deux personnes bien choisies je trouve, surtout Mukwege. Ca fait longtemps qu'on entend parler de lui, je trouve ce prix très bien attribué. Non que l'autre prix ne le soit pas, mais ce n'est pas la même chose :) 

 

 

Je comprends l'idée.

Mukwege oeuvre pour ces femmes victimes des pires abjections depuis une vingtaine d'années. Il me semble qu'il a fait ses classes à Angers. C'est un sacré engagement et il faudrait d'autant plus d'altruistes comme lui.

Une femme au Yémen, médecin, et d'un âge certain, et dont je ne me souviens plus le nom, répare ces femmes abusées, battues et est toute aussi méritante, à mon sens. Elle gagne à être connue, également, et sera sûrement primée un jour. 

Nadia Murad est une survivante, elle a vécu l'horreur et aujourd'hui est une militante. 

Ce sont toutes des belles personnes, avec chacun un parcours très différent. 

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Archivé

Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.

×