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De Empain à Pétronin : le business des enlèvements


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January Animatrice 33 737 messages
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Après 63 jours de séquestration dans des conditions inhumaines, au lendemain de la libération du baron Empain, la presse est dithyrambique sur l’efficacité de la police judiciaire parisienne. C’est le triomphe du commissaire Pierre Ottavioli, le patron de la brigade criminelle, qui a mené cette enquête de main de maître avec le concours de la BRI des commissaires Marcel Leclerc et Robert Broussard.

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Tout a été dit sur cette affaire : le 23 janvier 1978, Édouard-Jean Empain, âgé de 40 ans, PDG du groupe industriel Empain-Schneider, quitte son domicile de l’avenue Foch, à Paris, vers 10 h 30. Son chauffeur l’attend pour le conduire à son bureau situé rue d’Anjou. C’est alors qu’une estafette coince la 604 Peugeot. Cinq individus masqués et armés surgissent et les neutralisent tous les deux. L’homme d’affaires est bâillonné, enchaîné et jeté dans la Peugeot qui démarre avec les ravisseurs, abandonnant le chauffeur ligoté dans la fourgonnette.

[...]

 

Entre 1975 et 1980, on compte une quarantaine d’enlèvements avec demande de rançon. Au début des années 1980, l’Office central pour la répression du banditisme (aujourd’hui Office central contre le crime organisé) dissèque plusieurs affaires pour tenter de dresser un canevas. Un retour d’expériences, en quelque sorte. L’Office retient neuf enlèvements avec demande de rançon comme étant les plus représentatifs : Mérieux, Hazan, Thodoroff, Révelli-Beaumont, Empain, Lelièvre, Pitoun, Maury-Laribière et Galle… Tous perpétrés par des « professionnels » du banditisme.

Dans ces affaires, la rançon a été versée cinq fois. Huit se sont terminées par la libération de l’otage et l’arrestation des auteurs, après une enquête plus ou moins longue. Et, lorsque les rançons ont été versées, elles ont été récupérées en grande partie. Seul l’enlèvement de Bernard Galle a été un échec. Son beau-père, Louis Chaine, notaire à Lyon, et conseiller général du Rhône, ayant fait le choix de payer la rançon à l’insu des enquêteurs. On n’a jamais retrouvé ni l’argent ni l’otage.

[...]

À partir du moment où ils ont préparé leur action, l’enlèvement en soi n’est pas la phase la plus dangereuse pour les kidnappeurs. Après repérages et surveillances, ils vont au plus facile, le plus souvent le trajet entre le domicile et le lieu de travail. Ainsi, le baron Empain aurait été choisi parmi d’autres personnalités, car la contre-allée de l’avenue Foch se prêtait bien à une opération commando.

En fait, dans un enlèvement, les ravisseurs ne prennent réellement des risques qu’en deux occasions : lorsqu’ils récupèrent la rançon et lorsqu’ils la dépensent. 

[...]

Aujourd’hui, les enlèvements crapuleux sont devenus rares. Le dernier a sans doute été celui d’Ilan Halimi, victime du « gang des barbares ». Moins souvent confrontés à ce type d’affaires, les enquêteurs de la brigade criminelle ne l’ont pas gérée au mieux, notamment en pratiquant l’ostracisme à l’égard des autres services : le résultat a été un fiasco. Ilan Halimi est mort dans des conditions atroces.

http://moreas.blog.lemonde.fr/2018/06/25/de-empain-a-petronin-le-business-des-enlevements/

 

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