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La métapolitique est-elle l'avenir ?


Savonarol

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Membre, Esprit de contradiction, 48ans Posté(e)
Savonarol Membre 10 346 messages
48ans‚ Esprit de contradiction,
Posté(e)

Métapolitique, terme composé des racines "meta" ("au-delà" en grec) et "politique", du grec "polis" (la cité, les affaires publiques) signifie littéralement : « ce qui se situe au-delà des affaires publiques ». À la différence du terme « métaphysique » en usage depuis l'époque d'Aristote (IVe siècle avant notre ère), il n'est apparu qu'à la fin du XVIIIe siècle chez quelques philosophes allemands et français. Mais sa signification actuelle, comme étant le domaine d'action et de réflexion qui se situe au-delà du politique tout en restant concerné par les affaires publiques, voire en cherchant à les influencer sur le long terme, lui a été attribuée dans la deuxième moitié du XXe siècle, sur la base des travaux du penseur marxiste italien Antonio Gramsci (infra).

Sommaire

Origine du concept moderne

Le concept de métapolitique est apparu pour la première fois en France sous la plume de Joseph de Maistre qui le reprenait lui-même des philosophes allemands Christoph Wilhelm Hufeland (1762-1836) et August Ludwig Schlözer (1735-1809) en ces termes :

« J'entends dire que les philosophes allemands ont inventé le mot métapolitique, pour être à celui de politique ce que le mot métaphysique est à celui de physique. Il semble que cette nouvelle expression est fort bien inventée pour exprimer la métaphysique de la politique, car il y en a une, et cette science mérite toute l'attention des observateurs1 ».

Dans cette acception traditionaliste, reprise en partie par la vision ésotérique d'un Raymond Abellio, entre autres, les développements politiques internationaux sont la traduction d'un plan archétypal divin, supra-politique, qu'il s'agit de comprendre et d'interpréter pour en saisir la signification, pour enfin l'implémenter concrètement et en prédire le déploiement à venir. Seule la métapolitique permet à l'Homme de conformer la société au logos universel (impliquant une économie écologique), pour le bénéfice de tous et de chacun, vivant ainsi, si ce n'est en harmonie durable avec le monde, en bonne intelligence avec celui-ci.

Tout comme le concept de métaphysique renvoie à Platon, celui de métapolitique renvoie à Socrate, qui a déterminé le premier les principe de bonne gouvernance de l'individu au sein d'une démocratie véritable, constituée de citoyens éduqués et éveillés.

Métapolitique et gramscisme de droite

Dans un tout autre ordre d'idées, à partir d'une réflexion du dissident communiste italien Antonio Gramsci (années 1920-1930), le concept de métapolitique fut principalement développé durant les années 1970 par le courant de pensée dit de la « Nouvelle Droite ». C'est une stratégie qui « consiste à agir dans le champ idéologique et culturel, préalablement à la prise du pouvoir effectif (politique)2 ».

Cette stratégie consiste en une diffusion dans la collectivité et dans la société civile de valeurs et d'idées (ou d'« idéologèmes ») en excluant tout moyen ou toute visée politicienne, comme toute étiquette politique, mais dans l'optique d'une « grande politique » (Nietzsche), c'est-à-dire orientée vers la recherche d'un impact historique.

La métapolitique se situe en dehors et au-dessus (meta) de la politique « politicienne », laquelle – aux yeux de ses promoteurs – serait devenue théâtrale et ne constituerait plus le lieu de la politique. La stratégie métapolitique diffuse une conception-du-monde (Weltanschauung) de sorte que les valeurs de cette dernière acquièrent une portée historique et produisent un résultat à long terme. Cette stratégie est incompatible avec l'ambition de détenir le pouvoir, d'« être dans » le pouvoir à court terme. La métapolitique n'est donc pas, par définition, quelles que soient par ailleurs ses motivations idéologiques, supposée s'intéresser à l'actualité politique, si ce n'est comme le symptôme d'un esprit du temps qu'elle cherche à transformer.

La théorisation de la métapolitique en France a surtout été l'objet du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne, avec les travaux d'Alain de Benoist, Jacques Marlaud ou Pierre Le Vigan.

Elle s'inspire notamment de la réflexion du penseur communiste italien Antonio Gramsci qui fit de la guerre culturelle menée par des « intellectuels organiques » une précondition du succès de l'action politique sur le long terme.

« La théorie gramscienne diverge fondamentalement du marxisme classique qui réduit la société civile à l'état de simple infrastructure économique. Pour elle, c'est l'ensemble de la culture, dont l'économie n'est qu'un secteur, qui est en jeu dans la lutte pour le pouvoir. La culture constitue l'infrastructure qu'il faut investir ou subvertir par des moyens intellectuels avant même de s'attaquer au pouvoir politique3. » Sans renoncer à la métapolitique, Alain de Benoist relativise aujourd'hui l'importance du pouvoir intellectuel et du combat des idées face à d'autres facteurs de changements contemporains tels que les progrès de la technique :

« Bien entendu, on peut se demander si, dans le monde où nous sommes, les idées peuvent encore jouer un rôle comparable à celui qu’elles ont eu dans le passé. Le temps où les intellectuels détenaient, au moins dans certains pays dont la France, une véritable autorité morale est visiblement passé. L’Université elle-même a beaucoup perdu de son prestige, au profit du système médiatique. Or, les grands médias, à commencer par la télévision, ne sont guère aptes à faire passer une pensée complexe. Dans le même temps, il est clair que les transformations sociales les plus décisives sont aujourd’hui induites, non par les instances politiques classiques, mais par l’évolution des technologies. Il n’en reste pas moins que les idées ont toujours de l’importance, car elles influent sur les valeurs et les systèmes de valeurs auxquels se réfère la société globale. La multiplication des réseaux, qui est un des phénomènes les plus caractéristiques de notre époque, peut contribuer à leur diffusion4. »http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tapolitique#M.C3.A9tapolitique_et_gramscisme_de_droite

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Je réfléchissais à ouvrir un topic sur Gramsci, initialement mais je trouve l'approche métapolitique plus large ( et ne nécessite pas qu'on connaisse le parcours de Gramsci )

Pensez-vous que la métapolitique soit l'avenir de la politique ?

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Maintenant
Membre, Posté(e)
Vivolta Membre 666 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

L'avenir, le présent, le passé ?

Le mouvement "international" communiste du XIX et XXème ou bien "la mondialisation" sont de parfaits avatars passés et présents de métapolitique.

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