Aller au contenu

Le cycle de Fhann -Cyléane (Héroic Fantasy)


robinmasters

Messages recommandés

Posté(e)
robinmasters Membre 10 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)

Bonjour à tous.

Il semble qu'ici un petit mot d'introduction soit de rigueur avant de commencer à poster son texte.

Je ne sais trop que dire, si ce n'est que je me décide à mettre en ligne sur ce forum une histoire que j'ai en tête depuis pas mal de temps.

Il va de soit que si je partage mes écrits avec vous, c'est avant tout dans le but d'être lu et d'avoir vos retours, critiques et pourquoi pas félicitations. icon_e_biggrin.gif

L'histoire se déroule dans un monde médiéval fantastique que j'ai créé de toutes pièces. La première partie du premier chapitre est particulièrement longue car elle sert à introduire le décors et les personnages.

Bonne lecture à tous ! L'aventure commence dans mon prochain post.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Annonces
Maintenant
Posté(e)
robinmasters Membre 10 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)

Chapitre 1

Le grand départ

Partie 1

photo-573454-4544255-220-200.jpg

Un doux soleil d’automne se levait sur l’imposante forteresse de Castel Réal. A des kilomètres à la ronde on pouvait apercevoir l’immense palais de Vardos Rakan, seigneur et roi du pays d’Avrasque. Le château tout de pierres taillées s’étendait sur plus d’un kilomètre et certaines de ses tours s’élevaient à plus de cent mètres. La légende dit que l’édifice n’a pas été fabriqué de la main de l’homme, mais grâce à la magie des prêtres des anciennes religions païennes.

Aussi impressionnante soit la demeure du Roi Vardos, il ne faut pas oublier qu’elle est protégée par trois gigantesques cercles de pierres. Trois épaisses murailles hautes de plusieurs dizaines de mètres. Ces murs ont successivement servis à délimiter et protéger le territoire toujours grandissant des seigneurs de Castel Réal. Si bien qu’aujourd’hui, si un assaillant voulait forcer les portes du palais, il lui faudrait d’abord passer successivement les défenses des murailles sur le chemin.

Malgré l’heure matinale, du bruit se fait déjà entendre entre les murs de protections de la forteresse. A mieux écouter, on réalise qu’il s’agit de rires et de chants de féminin. En effet, sortant d’un bosquet situé à quelques mètres du palais royal, une cinquantaine de femmes toutes de blanc vêtues marchent en direction du château tout en chantonnant. Il s’agit des servantes de la maison Rakan. Elles viennent de finir leur toilette et au levé du soleil, elles se doivent de rejoindre le palais afin de s’atteler à leurs taches quotidiennes.

Pourtant au centre du bois, près de la source d’eau argenté, une jeune servante termine seulement de remettre sa tunique.

Cyléane déteste vraiment cette saison, l’eau qui était si chaude en été se rafraichit vite, tout comme le fond de l’air. Chaque matin se dévêtir malgré le froid est pour elle une épreuve laborieuse. Mais se baigner dans l’onde glacée est encore pire….. « brrrrrrr », la jeune fille en frissonne encore. Il lui a fallut plus de dix minute pour se résoudre à rentrer dans l’eau, si bien que maintenant, elle est retard !

Alors que la Damoiselle fini de se rajuster, elle cesse soudain presque tous mouvements ! Seule sa tête semble bouger presque imperceptiblement. Ses sourcils sont froncés, ses sens aux aguets.

« Il y a quelqu’un ou quelque chose » pense t’elle.

A-t-elle aperçue une ombre furtive ? A-t-elle entendue un bruit à peine audible ? Cyléane elle-même est incapable de répondre à cette question. Mais elle a une certitude, « il y a quelqu’un ou quelque chose ».

La servante sent ses muscles se raidir, un sentiment d’angoisse et de panique l’envahir. « Il faut partir, maintenant ! » pensa t’elle.

Sans autres formes de procès, elle détala tel un lièvre. Elle se mit à courir le long du sentier menant au château aussi vite que ses jambes le lui permettait. Mais cela la poursuivait, on lui courait après ! Cyléane accéléra encore sa course et elle se mit à crier aussi fort qu’elle le pouvait.

« Hiiiii, au secours, au secouuuurs !!!! ».

Le poursuivant de la jeune fille bondit et l’agrippa au niveau de la ceinture. Cette manœuvre eu pour effet de faire tomber Cyléane à terre dans un hurlement de terreur.

Un rire juvénile se mit à retentir. La jeune femme reconnu immédiatement le rire franc et moqueur du son « ami » Calath.

Cyléane se redressa afin de se mettre en position assise. Calath riait tellement qu’il ne parvenait pas à se relever, il se roulait littéralement par terre.

« Hiiiii, au secours, au secouuuurs !!!! » s’écriait le jeune homme en tentant d’imiter la voix fluette de de Cyléane. Le garçon riait d’encore plus belle, à s’en faire pleurer.

« Avait tu peur à ce point de voir le loup ma douce Cyléane ? »

La servante tenta de répondre, mais aucun son ne parvenait à sortir de sa bouche, elle était rouge de colère. Des larmes se mirent à couler le long de ses joues.

A ce moment précis Calath cessa ses moqueries. Il se redressa sans dire un mot et passa la main dans ses cheveux ébouriffés. Puis, Il marcha lentement vers la jeune fille et délicatement l’aida à se relever.

Tandis que la frêle servante séchait ses larmes, le jeune homme, restait debout, la tête basse tout en se frottant la nuque avec la main droite.

Cyléane lui tournant maintenant presque le dos, le regardait néanmoins en coin.

Calath la dépassait en taille de 20 bons centimètres. Il avait beaucoup grandit ces derniers mois, mais ses cheveux bruns toujours en bataille et ses yeux marrons pétillant de malice lui donnaient toujours un coté gamin. Et cet air gêné qu’il prenait à chaque fois qu’il allait trop loin le rendait vraiment craquant.

Comment ne pas tout lui pardonner quant-il avait cet air de chien battu ?

« Non, non et non, pas cette fois, c’est trop facile » se dit Cyléane à elle-même.

La servante prit sa voix la plus sévère :

« Tu n’es qu’un imbécile Calath Remine ! Je savais que tu étais stupide et immature et bien à cela, il faut rajouter le fait que tu es cruel et insensible ! »

Le garçon tenta de s’approcher de sa douce afin de lui faire face, mais cette dernière se déplaçait elle aussi afin de continuer à lui tourner le dos.

« Comment oses-tu t’adonner à tes blagues douteuses un jour aussi triste que celui –ci ? » Demanda Cyléane.

Calath cessa de se déplacer comprenant que la jeune fille ne voulait pas le regarder. Mais il restait muet. Au moment où il tenta de balbutier quelques mots incohérents, la jeune fille se retourna soudainement et lui coupa la parole.

« Comment oses-tu ? Sombre imbécile ! Aujourd’hui est le dernier jour, comprends-tu ? Le dernier jour ! Demain, la maison Rakan sera divisée ! Des familles et des amis seront à jamais séparés ! Demain un convoi quittera ses terres en emportant loin d’ici travailleurs, prêtres et nobles gens ! »

La jeune fille marqua une pause dans son discours afin de lancer un regard de haine à son interlocuteur.

« Demain des centaines de personnes ayant toujours vécu ici partirons pour la lointaine Bermethion ! Sais-tu où se trouve cet endroit mon cher Calath ? »

Cyléane continuait de regarder l’adolescent dans l’attente d’une réponse qui ne vint pas, elle reprit donc :

« Et bien ! Tu ne sais pas ? Bien sur que tu ne sais pas ! Mis à part le seigneur Vardos et quelques grands érudits personne ne sait ou se trouve cet endroit. Mais tout le monde ici sait une chose avec certitude. Bermethion est assez loin d’ici pour que tous ceux qui vont y partir ne reviennent jamais ! »

La jeune fille marqua à nouveau une pause. Simplement le temps de savourer pleinement l’image du visage rougissant de son ami.

« Nous sommes des privilégiés Calath ! Nous restons tous deux ici, nous ne perdons personne de nos familles ! Je reste avec ma mère et toi au près de ton père. Réalises-tu notre chance ? Combien en comptes-tu comme nous parmi nos connaissances ? »

La servante plaça ses mains sur ses hanches afin de conserver son apparente sévérité. Mais elle ne dit plus un mot afin de forcer Calath à admettre ses tords.

Au bout de quelques secondes le jeune homme malgré la honte fut bien obligé de lui répondre :

« Je… Enfin…. Je…. Ecoute….. Je suis désolé, je ne voulais pas te faire pleurer ou te rendre triste ma douce. Mais… Pourquoi ? Pourquoi céder à la tristesse ? La joyeuseté est ma façon de lutter contre les décisions stupides de ceux d’en haut. Ils estiment que nous leur appartenons, mais je ne me résignerais pas à la morosité, c’est faire trop d’honneur à nos stupides dirigeants. »

L’expression sur le visage de Cyléane passa de la colère à l’indignation.

« Comment oses-tu Calath ? Le seigneur Vardos n’est pas un homme injuste et encore moins cruel ! Ma mère, la mère de ma mère ont été abritées par les murailles de cette forteresse. Ni le seigneur Vardos, ni son père n’ont jamais chassé personne. Si une partie d’entre nous doit quitter Fort Réal c’est dans un but de réconciliation, de paix entre les peuples ! Bermethion est un lieu ou vont cohabiter des délégations envoyées par tous les seigneurs, tous les rois et toutes les nations ! Alors certes c’est un endroit lointain, un endroit qui va forcer nombre d’entre nous au déracinement, mais c’est un endroit ou la guerre n’existe pas, un endroit ou les hommes vont apprendre à cesser de se battre ! »

Calath prit un air dédaigneux et balaya l’air de sa main comme pour montrer qu’il chassait les arguments son amie.

« Ne soit pas si naïve Cyléane. Que connaissons-nous des autres peuplades ? Que connaissons-nous des batailles ? As tu seulement marché au-delà des murs de Castel Réal ? Toutes ses histoires de guerres ne sont que des inventions pour que nous restions dociles, pour que nous continuions de nous tuer à la tache alors que la noblesse paresse dans les hautes tours du château ! »

Cyléane visiblement inquiète fit un signe de la main à Calath pour lui intimer l’ordre de parler moins fort. Puis elle prit la parole d’une voix plus basse que de coutume.

« Modère tes paroles espèce de sot ! Si elles sont entendues par de mauvaises oreilles, elles pourraient bien te couter ta langue ! Tu es toujours et encore un gamin égoïste Calath. Tu te plains à longueurs de temps et refuse de te rendre compte de ta chance ! Comment oses-tu nier l’existence des guerres. Chaque année au printemps, nobles et chevaliers quittent Castel Réal et certains sont au retour éclopés, blessés parfois même amputés ! Et je ne te parle pas de ceux que l’on ne voit pas revenir ! Et la Famille Mauan ? Des menteurs aussi selon toi ? Des fermiers, des travailleurs, des gens de notre classe sociale. Tu te souviens de leur arrivée il y a sept ans ? Ne te l’ont-ils pas raconté moult fois leur histoire, l’histoire de leur vie ? Ne t’ont-ils pas dépeint la situation en Avrasque, hors des murs de Castel Réal ? Te souviens-tu de se qu’ils nous disaient sur la vie dans leur village ? Les chevaliers du royaume venant à chaque printemps pour enrôler des paysans afin de partir sur les champs de batailles, pour emmener avec eux nourritures et ressources. Femmes et enfants laissés seuls aux rudes travaux des champs, espérant le retour de leurs époux et pères avant l’arrivée de l’hiver. Des hivers placés sous le signe du deuil de ceux qui ne sont jamais revenus, mais aussi de la famine ! Les attaques des meutes de bêtes sauvages poussées par la morsure du froid ! Et te souviens-tu de la raison de la venue des Mauan à Castel Réal mon chère Calath ? L’exil ! Les Mauan sont venus demander refuge ici après que leur village est été mit à feu et à sang par des troupes ennemis qui avait fait une percée dans le royaume ! »

Calath interrompit sa jeune compagne tout en continuant lui aussi de parler à voix basse :

« Calme toi Cyléane, ne te fait pas tant de soucis. Les Mauan sont des gens bons, honnêtes, toujours prêts à rendre service. Chacun des membres de cette famille abat autant de travail que 4 hommes réunis. Mais sauf leur respect, ils sont un peu piqués ! Je ne sais exactement ce qui leur est arrivé avant de venir à Castel Réal, mais quelque chose leur a tapé sur la tête ! Leur histoire de sorcier à la tête des troupes ennemies ! Ce gars soit disant capable de faire s’abattre plaies, famines et maladies sur des villages entiers ! Soit raisonnable Cyléane, tu ne peux prendre tout ce qu’ils racontent pour argent comptant ! »

Au fur et à mesure du discours du garçon, la servante devenait de plus en plus pâle ! Les larmes commençaient à nouveau à poindre le long de ses yeux. A la vue de cela Calath cessa de parler et s’approcha de son amie pour la prendre dans ses bras mais la jeune fille le repoussa de la main avant de s’éloigner de quelques pas et de lui tourner à nouveau le dos.

« Alors que veux tu Calath ? Nous avons tout pour être heureux. Nous sommes déjà promis l’un à l’autre. Dans quelques mois, un an tout au plus nous pourrons nous marier, nous vivrons dans un endroit magnifique où nous pourrons à notre tour fonder une famille. Cette perspective ne te plait pas ? Souhaites tu risquer de tout perdre en laissant ta vie dans une guerre ou tu sera enrôlé de force ou préfère tu finir décapité parce que tu médis sur la famille Rakan ? »

Sans dire un mot, le jeune homme s’avança vers Cyléane et posa ses mains sur les hanches de la frêle jeune fille. Puis il se colla à elle et approcha sa bouche de son oreille et lui murmura :

« Je suis désolé, vraiment désolé ma douce. Tu me connais c’est simplement que je ne supporte pas l’injustice. Je me laisse emporter, et j’ai tendance à faire de mauvaises blagues ! Il n’est rien que je souhaite plus que de fonder une famille avec toi. »

Calath se tût et commença à embrasser délicatement le cou Cyléane tout en faisant remonter ses mains le long des hanches de la servante.

Cyléane ne disait rien, elle se laissait embrasser et savourait cet instant, elle ferma les yeux et sentit les douces lèvres de son compagnon sur sa peau. Les mains du garçon remontaient le long de ses hanches, puis commençaient à caresser le haut de son ventre avant de se saisir de ses seins !

Le rouge monta aux joues de la jeune fille. Dans un mouvement de panique, elle se dégageât de l’étreinte de son compagnon.

« Non Calath ! tu sais très bien que le prêtre ne veux pas ! Nous n’avons pas le droit de le faire avant qu’il nous ait unis. »

Calath semblait soudain furieux

« Tu ne vis que pour les autres Cyléane. Vivons notre vie, qu’avons-nous à faire de ce stupide prêtre de cet imbécile de seigneur et sa cour ? »

La servante s’apprêtait à répondre, mais elle réalisa que Calath, ne lui prêtait plus attention. Il était blanc comme un linge et semblait fixer un point situé derrière elle.

Cyléane regarda donc dans la même direction que Calath et vit la silhouette d’une femme imposante qui se tenait au milieu du chemin. Elle portait une tunique blanche et verte et gardait les bras croisés ce qui lui donnait d’un air sévère.

Les deux jeunes gens la reconnurent immédiatement. Il s’agissait de dame Gersandre, cette dame jouait un rôle important dans l’intendance du château, mais elle est surtout l’ancienne nourrice et l’actuelle gouvernante de Ombeline Rakan, la fille de Vardos Rakan. Nul doute qu’elle avait tout vu et tout entendu !

La peur paralysait Calath, C’est donc Cyléane qui prit l’initiative de parler :

« Dame Gersandre, je suis désolée, tout est ma faute, vous savez, il fait tellement froid pour se baigner de si bon matin, enfin je suis terriblement frileuse, alors j’ai pris trop de temps, beaucoup trop de temps. Inquiet de ne pas me voir avec les autres Calath est venu voir si rien de fâcheux ne m’étais.. »

Cyléane ne put terminer ses explications, elle fut coupée par Dame Gersandre lui hurlant :

« Silence ! Silence tout les deux ! »

Les deux jeunes gens restèrent figés aussi terrifiés que s’il faisait face à un loup affamé.

Dame Gersandre jeta un regard noir sur les Cyléane et Calath.

D’un simple signe de la tête, elle intima l’ordre de la suivre à Cyléane.

Puis la grosse bonne femme repartit en direction du château. La servante lui emboita aussitôt le pas tout en jetant un dernier regard inquiet en direction de Calath qui impuissant la regardait partir.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Posté(e)
robinmasters Membre 10 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)

Chapitre 1

Le grand départ

Partie 2

photo-573454-4554075-220-200.jpg

Malgré que l’on fût la veille du grand départ, l’ambiance n’était pourtant pas à la morosité entre les murs du château. Tout le palais était en effervescence. Les hommes s’employaient à déplacer les meubles et porter les bagages, alors que les femmes s’activaient à plier vêtements et linges de maison. Impossible de déambuler dans les couloirs sans croiser une servante entrain de courir ou une noble dame donnant des instructions concernant le déplacement du mobilier à de solides gaillards.

Venant du salon des dames, on pouvait entendre des rires cristallins. Toutes les jeunes filles exclues des préparatifs avaient en effet trouvé refuge en ce lieu. Cette salle était pour elles synonyme de détente et de plaisir, l’endroit ou toutes ensembles, elles brodaient, discutaient, plaisantaient, riaient et même parfois dansaient.

Certes l’endroit était plutôt petit, mais il se voulait agréable et confortable. Les murs étaient recouverts de tentures de couleurs vertes et parsemés de nombreux miroirs de toutes tailles. Dans chaque coin de la pièce,les dites tentures étaient recouvertes de grandes fleurs de couleurs roses,blanches et jaunes qui trouvaient racines dans d’énormes récipients de pierres.Toutes les chaises et fauteuils de l’endroit était occupés par des jeunes filles aux coiffures sophistiquées. A cause du manque de place, certaines d’entre elles étaient assises à même le sol sur de doux tapis de peaux qui recouvraient le planché. Les damoiselles étaient vêtues d’amples robes de soies de couleurs variés, mais toujours dans les tons clairs. Chacune des occupantes du salon affichait un sourire radieux et pour cause, aujourd’hui, elles recevaient la visite de sir Ilarin Preselin. L’un des plus bel homme du palais!

Le chevalier se tenait au milieu de la pièce vêtu de ses habits de cours, un pantalon noir et une chemise blanche. L’homme approchait de la trentaine, sa musculature seyante et ses cheveux blonds qu’il portait mi-longs faisaient de lui la coqueluche de ses dames.

Ilarin était donc en train de narrer ses aventures à son charmant auditoire. Ilen était à son passage préféré, sa rencontre avec le gigantesque troll des bois. Il tenait dans la main gauche le tisonnier de la cheminé comme s’ils’agissait de sa fidèle épée et mimait son combat contre l’horrible monstre.

Le chevalier battait l’air avec son arme improvisée tout en sautant et criant,soudain il se prit les pieds dans un tapis ! Il tomba à la renverse et s’écroula sur une table basse qui céda sous son poids !

Des cris et des éclats de rire résonnèrent. Ilarin se releva péniblement. D’une main il se massait la nuque tout en se remettant debout.

Sans qu’il ne comprenne pourquoi un silence de plomb s’abattit sur la pièce.Les filles ne disaient plus un mot et se tenaient au garde à vous ! Le chevalier entreprit de scruter des yeux le salon.

Dans l’encadrure d’une des portes se tenait dame Gersandre. La grosse femme ne dit pas un mot, son regard balaya la pièce de droite à gauche et s’arrêta net sur le chevalier. Elle le fixa durant quelques secondes, on avait l’impression que des éclairs allaient sortir de ses yeux. Finalement la gouvernante poussa un soupir de dédain et traversa la pièce afin d’emprunter le passage menant dans les quartiers royaux.

Bien qu’il resta silencieux, Ilarin n’était pas impressionné par dameGersandre, sa mauvaise humeur et son tempérament colérique lui était plus quefamilier. Non à cet instant ce qui attirait toute l’attention du chevalierétait la jeune beauté qui suivait la gouvernante. Une ravissante blonde, encoreune adolescente, certes pas très grande, mais qu’importe sa taille lorsque l’onvoit sa longue chevelure, son doux visage et ses proportions parfaites.

Le chevalier restait béat devant les formes généreuses de la jeune fille. Elleportait une longue tunique blanche, la tenue des servantes.

Comment se faisait-il qu’il n’ait jamais remarqué ce joli brin de femmes avant?

Ilarin en était presque contrarié, il pensait connaitre au moins de vue les plus belles femmes du palais. Après une courte réflexion le noble en arrivât àla conclusion qu’en temps normal, la servante ne devait pas côtoyer les nobles gens, elle était surement affectée aux tâches de nettoyage des parties du château les moins fréquentées par le gratin.

Mais alors… Si ce raisonnement était juste, pourquoi suivait-elle l’intendante dans les quartiers royaux ?

Quoi qu’il en soit, elle avait peur. Son port et sa démarche ne trahissait pas cette émotion, mais c’est dans ses yeux que la peur se lisait. Les yeux….Généralement c’est la dernière chose qu’Ilarin regardait chez une femme, mais comment ne pas s’attarder sur ces deux billes vertes comme des émeraudes ?

Ilarin n’eut pas le temps de pousser plus loin sa réflexion, la magnifique nymphette avait à peine quitté son champs de vision que les rires et les discutions reprirent. Son auditoire le pressa de reprendre son histoire.

Ainsi extirpé de ses pensées, le chevalier ramassa le tisonnier resté à terre et demanda à haute voix : « où en étais-je déjà ? Ha oui ! J’étais seul à tenir la position contre le terrible troll des bois afin de laisser le temps à mon unité de se replier… » Tout en reprenant son histoire Ilarin agitait à nouveau le tisonnier dans tous les sens en faisant semblant de se battre sous les applaudissements de ses jeunes spectatrices.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Posté(e)
robinmasters Membre 10 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)

Chapitre 1

Le grand départ

Partie 3

Les hauteurs du palais étaient loin de connaitre la même agitation que le reste du château. Dans les appartements royaux le calme régnait. De fins rideaux blancs avaient été placés devant les ouvertures sur l’extérieur afin d atténuer la lumière du soleil. La pénombre qui régnait en ce lieu ne dénotait pas avec le coté sinistre de l’endroit. Murs et colonnes étaient fait d’une pierre lisse recouverte de gravures représentant des signes et inscriptions d’apparence raffinée, mais dont la signification avait été oubliée depuis longtemps.

L’ensemble des meubles présents dans la pièce de la plus petite des commodes à l’imposant lit à baldaquins étaient faits dans un bois d’un noir d’ébène. Ils avaient été taillés dans des arbres venant de contrées lointaines, des contrées au-delà de la mer, des contrées d’où étaient venus ceux qui ont fondé le royaume d’Avrasque.

Par opposition, tous les tissus étaient d’un blanc immaculé : Rideaux, Nappes, couvertures du lit et même les robes majestueuses de la reine et de la princesse.

Les deux femmes ne pouvaient cacher leur lien de filiation tellement elles étaient ressemblantes.La reine avait une trentaine d’années, elle était pourvue d’une longue chevelure noire qui descendait jusqu’au bas de son dos. La dite chevelure faisait ressortir son fin visage d’un teint blanc pale. La dame avait tout d’une beauté glaciale.

Sa fille était sa copie conforme avec une quinzaine d’années en moins. Même cheveux bien que plus courts, même peau d’une blancheur et d’une pâleur extrême, même beauté.

Mère et fille étaient assises, la jeune princesse près d’une harpe et la reine sur le plus gros fauteuil de la salle.

La jeune Ombeline commença à pincer les cordes de son instrument. Une douce mélodie envahie le salon, la musique donnait l’impression de rebondir contre les murs et de ne jamais s’échapper parles fenêtres ou les autres ouvertures de l’endroit. La reine ferma les yeux et laissa ses muscles se relâcher, le sonde la harpe lui faisait oublier toutes ses angoisses et ses doutes, elle avait même la propriété de faire disparaître toutes les douleurs physiques qu’elle pouvait ressentir. Comme à chaque fois que la première dame du royaume se laissait emporter par cet air, elle finissait par entendre un chant. Un chant mélancolique venu de nulle part, mais un chant tellement apaisant. Puis, elle voyait toutes ces femmes, nobles et belles mais portant la tristesse et le malheur sur leur frêles épaules. C’était ses ancêtres que la dame voyait, elle ne savait comment elle en arrivait à cette conclusion, mais elle le savait. Puis comme à l’accoutumée, son esprit traversa les mûrs du château pour survoler des terres sombres et arides, mais des terres qu’elle trouvait néanmoins tellement belles, des terres ou elle se sentait chez elle, les terres de ses ancêtres.

Soudain la musique s’interrompit. La reine rouvrit les yeux et se redressa. Deux femmes se tenaient dans l’encadrure de la porte. Dame Gersandre la gouvernante de la princesse et une petite blondinette en tenue des servante.

La princesse visiblement furieuse d’avoir été interrompue jeta un regard noir à sa gouvernante et à la servante. Unregard qui suffit à faire reculer de quelques pas la grosse intendante et quilaissa la petite blonde pétrifiée de peur.

Durant plusieurs secondes, personne ne dit mot. Ombeline continuait de lancer son regard lourd de reproche à l’attention des deux nouvelles arrivées.

Visiblement amusée, la régente afficha un sourire et rompit le silence.

« Hé bien Gersandre ? »

L’intendante tourna son regard vers la reine et commença à balbutier quelques mots.

« Madame…. C’est…. Voici, comme vous le désiriez Cyléane Sibam ! »

Sur ces mots la grosse matrone se précipita sur la jeune servante, l’empoigna pas l’arrière du cou et la poussa violemment à terre. Puis elle cria :

« Incline-toi devant la reine et la princesse ! »

La pauvre Cyléane se retrouva étendue de tout son long sur le sol. Elle se redressa péniblement en poussant un petit soupir de douleur,laissa un genou à terre, regarda la reine et tout en baissant la tête lui dit humblement : « Ma reine ».

Puis elle répéta l’opération avec Ombeline Rakan : « Princesse ».

Après les salutations la jeune fille resta dans la même position.

La régente prit la parole. Sans un regard pour la gouvernante elle dit :

« Très bien Gersandre vous pouvez prendre congé. »

La matrone fit une révérence et quitta promptement la pièce sans dire un mot de plus.

La reine portait maintenant son regard sur Cyléane.

« Mon enfant, si je t’ai fait venir ici, c’est pour te confier une mission de la plus haute importance. A partir de demain matin,tu seras la gouvernante de ma fille unique Ombeline Rakan, futur régente du pays d’Avrasque. »

Les yeux de Cyléane s’écarquillèrent sous la surprise, elle restait bouche bée.

La première dame continua néanmoins de parler :

« La princesse quittant le pays demain afin de se rendre à Bermethion, tu devras toi aussi la suivre dans cet exil. »

La servante devint blanche comme un linge. Des larmes se mirent à couler le long de ses joues.

« Mais, mais….. Dame Gersandre est déjà votre gouvernante » dit-elle en regardant la princesse

« Et…. Je….. Je…… Je ne devais pas quitter Fort Réal,toute ma famille, tous les miens restent ici ! »

Ombeline se leva telle une furie et foudroya la servante du regard avant de se mettre à crier :

« Silence ! Silence ! Comment oses-tu ? ! Ton visage devrait être illuminé par la joie !Pauvre imbécile ! Stupide petite boniche trop gâtée par la vie ! Je suis la princesse du pays d’Avrasque, la future reine ! Je suis le soleil de la nation, l’avenir du pays ! De moi va dépendre l’avenir de millions de personnes ! Je vais diriger des armées, commander à une nation,parlementer et négocier avec des ambassadeurs et des rois ! Tu as l’occasion de pouvoir me toucher, me laver, me coiffer, me soigner ! Chaque matin tu assisteras à mon levé et chaque soir à mon couché ! Tu seras auprès de moi dans les moments les plus durs,mais aussi les plus glorieux ! Que peux-tu demander de plus ? Tu oses hésiter entre ce destin et la vie de femme de ménage ! »

La régente d’un signe de la main intima l’ordre à sa fille de cesser de parler.

« Il suffit Ombeline ! Vous pouvez disposer, allez finir de vous préparer pour le grand départ. Cyléane, vous rejoindra demain. »

La princesse quitta dignement les lieux sans mot dire, elle se contenta de jeter un dernier regard remplit de haine à l’attention de sa future gouvernante.

Une fois sa fille partie, la reine recommença à parler :

« Ma douce enfant, tu as raisons, Gersandre est la gouvernante de Ombeline. Mais elle est aussi l’intendante de notre palais et nous avons besoins qu’elle continue de jouer ce rôle. Dame Gersandre s’occupe de ma fille depuis que cette dernière est bébé, elle lui a même donné le sein ! Mais aujourd’hui Ombeline n’a pas besoin d’être nourrie ou éduquée.Elle a besoin qu’on la soutienne, qu’on la protège et que l’on soit une confidente pour elle. »

La régente marqua un temps d’arrêt, regarda Cyléane et lui demanda :

« Comprends-tu le rôle des prêtres Génétrix dans notre société ? »

La jeune fille sécha ses larmes naissantes et après une hésitation répondit :

« Les prêtres Génétrix sont là pour organiser le royaume, c’est pour cela que leur accord est indispensable avant tous mariages. De plus ce sont des érudits et des guérisseurs, ils guident le peuple, s’assurent de notre santé et aident aux accouchements. »

La régente reprit la parole :

« Ce n’est pas leur fonction exacte Cyléane. Les prêtres Génétrix sont là pour veiller au respect du sang. Dans les veines de chaque noble d’Avrasque coule le sang magique de Vrinrim Le Grand. Il est le fondateur de notre nation. Vrinrim c’est baigné dans la source divine, puis en moins d’une trentaine d’années, il a créé notre peuple. A partir de plusieurs centaines de tribus éparses vivant sur des terres arides, il a unifié une nation. Il a inculqué à nos ancêtres une langue, des valeurs,une politique et une hiérarchie commune. Comprend le bien Cyléane, chaque noble de notre pays est un descendant plus ou moins lointain de Vrinrim Le Grand. »

La reine marqua une pause et prêta plus ample attention à l’attitude de la servante. Les larmes ne coulaient plus sur ses joues, elle était encore très pale, mais elle était concentrée et attendait la suite des explications. La dame esquissa un rapide sourire et continua son discours.

« Le but premier de l’ordre Génétrix est de faire en sorte que le sang magique de Vrinrim ne se perde pas. Ainsi chaque membre de la noblesse voit ses unions charnelles régies par les prêtres afin de préserver au mieux la pureté du sang. Lorsque le roi du pays d’Avrasque décède, c’est au grand oracle de l’ordre Génétrix que revient le devoir d’annoncer qui possède le sang le plus pur, le plus proche de celui de Vrinrim. C’est celui la même qui devient le nouveau régent du royaume. A ce jour, mon époux et moi-même entretenons d’assez bonnes relations avec l’ordre Génétrix pour savoir que la personne qui répond le mieux ce critère n’est autre qu’Ombeline. Elle succédera donc à son père et deviendra la maitresse du pays d’Avrasque ! »

« Excusez-moi ma reine. »

Cyléane ne se tenait plus humblement à genoux mais était maintenant assise par terre en tailleur, elle semblait passionnée. La dame s’étant interrompue, la servante se permit une question.

« Cela veut dire que si par malheur votre époux le roi Vardos venait à décéder, une femme deviendrait la dirigeante de notre pays ? Je ne me souviens pas que notre nation n’ait jamais été dirigée par une reine. »

La servante semblait avoir oublié sa tristesse et ses doutes. Dans ses grands yeux verts, la régente pouvait maintenant voir une forme d’émerveillement.

« En effet, ce n’est jamais arrivé, Ombeline sera la première femme à obtenir le titre de souveraine. Mais jusqu’au décès de mon mari, elle reste la princesse et depuis quelques jours, elle a été nommée par le roi son père, ambassadrice du pays d’Avrasque détachée auprès de la cité état de Bermethion. »

« Bermethion la lointaine » dit Cyléane coupant ainsi la parole à la reine.

Se rendant compte du manquement à l’étiquette que cela constituait, la servante se mit à rougir. Mais la régente ne semblait pas en prendre ombrage, au contraire, elle semblait attendre que la jeune fille continue de parler.

Cyléane reprit donc la parole avec enthousiasme.

« On dit que cette ville fait la taille d’un royaume.Elle se situerait sur les rivages de la mer intérieure, le seul accès en son sein car les extrémités de la ville qui ne sont pas face à la mer seraient cernées de hautes montagnes. Il se dit également que toutes les nations de l’ile de Fhann font converger d’importantes délégations vers Bermethion. Je pense que cet endroit est une sorte de terrain neutre, une gigantesque ambassade ou nobles et notables vont régler les problèmes par la parole et non par la guerre. Peut-être même que des royaumes aujourd’hui ennemis se rapprocheront,peut-être que des accords marchands verront le jour ! »

La servante stoppa net son discourt et rougit de plus belle.Elle avait été trop loin, oser exposer ses opinions et qui plus est des opinions politiques devant la première dame du royaume. Oser imposer ses suppositions à la reine alors qu’elle n’est qu’une servante illettrée.

La reine semblait pourtant écouter avec intérêt.

« Par les anciens ! L’ordre Génétrix avait raison sur elle ! » Pensa t’elle.

Comment une aussi jeune fille sans aucune instruction et destinée aux basses œuvres pouvait-elle être aussi vive d’esprit ? Comment savait-elle tant de choses sur Bermetion ? Elle avait même comprit la raison d’être de la cité état. Elle n’avait pu connaitre et comprendre tout cela qu’en écoutant les conversations. Les conversations de ceux dont elle nettoyait le sol et les vêtements, de ceux devant qui elle devait s’incliner.

Remarquant la gêne de son interlocutrice, la reine repris la parole.

« Le seigneur Vardos est encore jeune et en pleine santé. Le jour ou Ombeline devra lui succéder est loin d’être arrivé. Et en effet la princesse Ombeline et moi-même croyons que ce qui va se passer à Bermethion peut changer à jamais la face de Fahnn. Sache que Daullan JamenGrand Théocrate et dirigeant de la cité état œuvre depuis des années dans le but que Bermethion soit reconnue comme terrain neutre par toutes les nations qui constituent l’ile de Fahnn. Et sache encore qu’il est sur le point d’y parvenir. Les rues de la ville sont déjà foulées par des délégations entières appartenant pourtant à des nations ennemies. Cependant le sang ne recouvre pas le sol de la cité, non, les gens ne guerroient pas, ils parlent, ils négocient,ils commercent ! »

La reine marqua une pause pour regarder Cyléane , la servante était très attentive, mais surtout et c’est bien là le plus important semblait saisir chacune des paroles qui étaient prononcées.

« Le grand Théocrate a prit une nouvelle initiative. Afin de tenter d’officialiser le statut de neutralité de Bermethion , il a fait transformer une partie du palais des dieux, le siège du pouvoir de la ville en une ambassade ou chaque pays est invité à envoyer une délégation permanente. Cette ambassade sera un lieu de rencontre et de négociation ou chaque nation sera représentée. »

Cyléane interrompit à nouveau la souveraine.

« Je comprend ma reine ! Avrasque notre pays envoie aussi sa délégation ! Ce sont tous ceux qui quittent Fort Réal demain. Tous les nobles qui vont partir sont ceux que vous avez nommé ambassadeurs permanents.Ils vont résider à Bermethion, c’est pour cette raison qu’autant de gens partent avec eux. La cité état sera leur nouvelle demeure, ils leurs faudra donc à disposition gardes, servants, médecins, érudits…… . A notre arrivé,lorsque les autres ambassadeurs vont voir l’importance de notre délégation menée par la future reine d’Avrasque , ils seront forcés de comprendre le sérieux que notre nation accorde à ce projet d’ambassade ainsi qu’aux négociations. »

La petite blonde affichait maintenant un visage souriant et satisfait. La reine ne reprit pas la parole tout de suite. Elle mit sa main devant sa bouche et détourna son regard de Cyléane quelques instants. Ses yeux étaient dans le vague comme si elle était perdue dans ses pensées.

En réalité, la dame tentait de cacher le fait qu’elle était touchée par l’expression de joie de la servante. Ce sourire était le même que celui que faisait Ombeline durant ses jeunes années. Le visage de la petite princesse s’illuminait à chaque fois qu’elle apprenait de nouvelles choses, réussissait à jouer un nouvelle accord avec sa harpe ou encore lorsqu’elle se rendait compte qu’elle faisait la joie de sa mère.

Comment ne pas s’attendrir devant Cyléane réagissant comme sa fille,exprimant la satisfaction d’avoir compris les rudiments de la diplomatie.

« Cette jeune servante est étonnante » pensa la reine. « Elle ne sait pas lire,surement à peine compter, elle n’a jamais mis les pieds en dehors des murailles de la forteresse, mais elle comprend et devine les enjeux du départ pour Bermethion. Quel gâchis de ne pas lui avoir donné d’instruction. »

La dame semblant rester dans ses pensées et n’affichant apparemment pas l’intention de reprendre la parole, Cyléane recommença à parler.

« Ma reine puis-je me permettre une question ? »

La régente fixa à nouveau son interlocutrice :

« Je t’écoute Cyléane . »

La servante prit à nouveau un air sombre et triste.

« Pourquoi moi ? Ombeline Rakan est une jeune fille exceptionnelle, elle sera appelée à régner et dans quelques jours, elle jouera le rôle d’un ambassadeur devant mener à bien des négociations qui pourrait changer l’avenir de peuples entiers. Parmi ceux qui vont l’accompagner vers la lointaine Bermethion se trouve les nobles les plus prévenants, les chevaliers les plus protecteurs, les dames les plus distinguées, les érudits les plus cultivés, il y aura même des servantes exerçant depuis des décennies auprès de la plus haute noblesse de Fort Réal. Qui suis-je pour devenir la gouvernante de la princesse ? Une servante de bas étages sans aucune instruction, sans aucun sens de l’étiquette, je ne connais rien du monde.Depuis l’âge de quatre ans, je ne fais que nettoyer et parfois aider pour les récoltes. Je ne suis pas digne de partir pour Bermethion. »

La reine prit une profonde inspiration.

« Cyléane, tu te souviens des explications que je t’ai donné sur l’ordre Génétrix ? »

La jeune fille fit un signe de tête indiquant une réponse positive. La dame reprit donc :

« Veiller au respect du sang par la noblesse est certes l’objectif prioritaire des prêtres, mais au fils des siècles, ils ont développé d’autres talents. Ils se sont intéressés au peuple, ceux qui ne possède pas en eux le sang de Vrinrim. Ainsi aujourd’hui un prêtre peut déterminer quelles seront les qualités et les défauts d’un enfant qui pourrait naître de l’union entre deux mortels avant même que ces derniers ne se soient enlacés. C’est pour cette raison que la loi exige que tout projet de mariage entre gens du peuple soit validé par l’ordre Génétrix. »

A l’évocation des projets de mariage Cyléane sembla défaillir,elle baissa la tête et tenta de retenir ses larmes. Elle venait de réaliser que son mariage avec Calath n’aurait surement jamais lieu. Néanmoins elle lutta contre le chagrin et continua d’écouter la reine.

« Si les prêtres Génétrix peuvent deviner les capacités et le caractère d’un enfant avant même sa conception, c’est parce que leur don permet de tout savoir des futurs géniteurs qui sont eux déjà bien de ce monde. Ainsi j’ai demandé à l’ordre de se mettre en quête de la meilleure gouvernante potentielle parmi la population de Fort Réal. »

La dame regarda fixement Cyléane :

« J’ai eu le résultat des recherches hier soir et c’est ton identité qui m’a été donné par l’ordre Cyléane ! Selon eux, tu es assez forte et robuste pour résister à la fatigue qu’engendre cette mission, tues résistante à la maladie, intelligente, observatrice et fidèle. Te voir et parler avec toi me montre à quel point les prêtres ont raison à ton sujet. Tuas tout de suite compris et pris conscience de l’importance de Ombeline quant à l’avenir du pays, tu es jolie, douce, intelligente. Tu seras d’excellente compagnie pour la princesse et une parfaite nourrice pour la fille qu’elle mettra au monde. »

A ces mots les yeux de Cyléane s’écarquillèrent et la mâchoire lui tomba !

« La princesse….. Elle…. La princesse est enceinte ! » Balbutia la jeune fille.

« Non » Répondit la reine. « Ombeline n’est pas encore enceinte. Mais elle est dors et déjà promise au jeune seigneur Jartis Leoden fils de Palis Leoden, maître de Machefer, une province du pays de Jorn. »

La reine s’apprêtait à continuer son discourt, surement en donnant à Cyléane des explications supplémentaires sur le pays de Jorn, mais elle remarqua que la servante ne l’écoutait plus. Elle restait ébahie, les yeux ronds, la bouche bée. La jeune fille semblait en état de choc. La dame cessa donc de parler et laissa à son interlocutrice quelques secondes pour reprendre ses esprits.

C’était plus de temps qu’il n’en fallait pour que Cyléane se ressaisisse. Elle regarda la reine et reprit la parole :

« Comment savez-vous que la princesse aura une fille comme premier né ? Et quoi qu’il en soit comment voulez vous que j’allaite ce bébé ? Il faudrait que j’ai moi-même un enfant pour pouvoir donner le sein à un nourrisson. »

La régente regarda la blondinette avec un air interloqué :

« Mais Cyléane, pour être la gouvernante de ma fille tu dois être une noble dame. Je vais te donner en mariage au chevalier Ilarin Preselin. Par ce mariage tu acquerras la noblesse. Quand au chevalier, je vais lui donner ordre de t’engrosser dans les plus brefs délais. Bien sur, vous ne pourrez vous marier qu’à votre arrivée à Bermethion, mais si sir Preselin désire t’entreprendre avant, je te conseille de ne pas refuser. Il faut impérativement que tu sois enceinte avant Ombeline….. »

Une sorte de râlement interrompit la reine. Cyléane s’étouffait ! Elle prenait de rapides inspirations et expulsait bruyamment l’air de ses poumons comme si elles’asphyxiait. !

La régente se leva et tendit sa main doucement en direction de la jeune fille afin qu’elle l’a saisisse.

Mais la servante au contraire fut prit de terreur, paniquée elle essaya de reculer loin de sa reine. Elle partie d’abord littéralement à quatre pattes pour s’éloigner suffisamment avant de tenter de se redresser, mais à ce moment, elle chutât ! Plutôt que d’essayer de se relever une nouvelle fois elle se roula à terre jusque dans un coin de la pièce puis se recroquevilla en position fœtal !

Devant ce spectacle la reine ne pouvait que constater l’étatproche de l’hystérie dans lequel la jeune fille se trouvait. Elle s’approcha dequelques pas, mais stoppa sa progression à bonne distance de la servante.

Elle restait debout sans mot dire et se contentait deregarder calmement. Cette situation dura quelques minutes. Cyléane restait prostrée ettremblante dans l’angle de la pièce. Plus le temps passait, plus elle semblaitse calmer.

Soudain, elle jeta à sa reine un regard de haine, de colère et de peur :

« Pourquoi !? Pourquoi moi !? Jeune, Jolie,intelligente, douce, en bonne santé ! Il y a des dizaines de jeunes nobles qui correspondent à ces critères ! Qui y correspondent bien mieuxque moi ! Et au moins ces demoiselles sont du même monde que la princesse ! Ma reine, votre fille me déteste et à juste titre ! Pourquoi lui imposer ma présence à ses cotés ? »

Les yeux toujours chargés de colère, la servante attendait une réponse qui ne tarda pas à venir.

« Tu te sous-estime Cyléane, Tu vaux autant que bien des nobles dames, Crois-en ta reine et crois-en le conseil Génétrix. Puis tu as un talent que les autres n’ont pas, même les plus nobles d’entre nous.L’alchimie ! Tu sais la pratiquer ! »

« NON !!!!!! » hurla Cyléane.

La jeune fille se recroquevilla encore plus, prit sa tête entre ses mains et se mit à pleurer à chaudes larmes.

« Pitié ma reine ! Pitié ! Je ne voulais pas désobéir à la loi. Je sais que pratiquer cette sorcellerie est punie de mort ! S’il vous plait ! J’avoue ! Cette magie abjecte se transmet dans ma famille de mère en fille, mais s’il vous plait,punissez-moi ! Tuez-moi si je le mérite ! Mais pas ma mère ! Elle est aveugle, elle n’a que cela pour subsister. Je vous jure sur ce que j’ai de plus sacré que nous n’avons utilisé l’alchimie que pour de bonnes causes,guérir des maladies, des rhumatismes ou encore pour conserver un peu la viande.C’est la seule manière pour ma mère de subvenir aux besoins de notre famille,ma condition de servante ne me permet pas d’assurer notre survie à toutes les deux. »

Devant le désarroi de la petite servante, la dame décida de continuer d’approcher d’elle. Elle l’a saisit par les épaules afin de l’aider à se relever, puis elle l’a prit dans ses bras.

Cyléane n’en revenait pas, elle touchait la reine ! De par son allure et son attitude la dame semblait glaciale, mais en réalité lecontact de son corps contre le sien produisait une douce chaleur. La jeune fille se calma immédiatement.

Tout en continuant détenir la servante, la reine l’a fit avancer vers le fauteuil qu’elle avait quitté quelques minutes plus tôt.

La dame fit asseoir Cyléane puis prit place à ses cotés avant de reprendre la parole.

« Je suis désolé mon enfant. Je suis un peu brusque dans mes explications. Si seulement le temps avant le grand départ ne nous était pas compté. N’ai aucune crainte ma petite Cyléane. Aucun mal ne te sera fait à toi ou à ta famille. Le conseil Génétrix gardera le secret ainsi que moi-même. »

La servante semblait soulagée, la dame continua donc :

« Quitter les tiens du jour au lendemain, Partir définitivement pour l’inconnu, épouser un homme que tu n’as jamais ne serait-ce qu’aperçu. J’ai conscience que se sont des sacrifices énormes que je te demande-là.Mais les refuser revient à refuser ton avenir, car c’est bien à Bermethion qu’il se trouve. Il est évident que ton destin n’est pas de nettoyer les sols et les couverts de tes maîtres. De par ta fonction tu seras surement la personne la plus proche de notre princesse et ambassadrice, mais aussi de sa fille à naître. De par ton mariage, tu entreras dans le monde de la noblesse. Te rends- tu compte de la vie qui t’es proposées là ? Réalises-tu que sur le long terme tu pourras participer à changer le monde ? Changer le monde pour l’enfant que tu auras, l’enfant qui pourra hériter de ce que tu auras construit ! »

Ces paroles semblaient réconforter Cyléane, néanmoins, elle restait toujours aussi livide. Elle ravala ses larmes avant de parler.

« L’ampleur des sacrifices qui m’incombent est une chose, mais les miens….. Je devrais les quitter définitivement dans moins d’une journée et ils ne sont toujours pas au courant ! Comment ma mère va-t-elle faire sans moi ? Et ….. Calath ….. ? »

La servante éclata à nouveau en sanglot.

La dame saisie délicatement le menton de la jeune fille afin de lui faire relevé la tête et lui chuchota :

« Chut. Calme-toi Cyléane. Ce n’est pas encore le moment de craquer. »

Puis elle sortie d’une boite à proximité de son siège un mouchoir de tissus blanc et essuya doucement les yeux de la servante.

« Écoute-moi bien. J’arrangerais moi-même un mariage entre ta mère et Pibrur Remine le père de Calath. Ne t’inquiète pas ! Ils’agira juste d’un mariage d’arrangement. Ils ne seront pas obligés de partager la même couche ! Je mettrais à leur disposition une demeure plus grande qu’ils n’auraient jamais pu avoir. Ta mère, Pibrur et Calath sauront prendre soin les uns des autres. De plus, je veillerais à ce que le conseil Génétrix ne s’oppose pas à cette union. »

« Ma reine ? » dit timidement Cyléane.

« Oui ? »

« Je me permet de vous demander humblement un service concernant Calath. » dit la jeune fille d’une voix à peine audible.

« Je t’écoute. »

« Forcez cette tête de mule à refaire sa vie sans moi.Il y a cette fille Tumisse Grescer. Je ne l’ai jamais aimé car elle tentait sans cesse de me dérober l’amour de Calath ! Je ne sais pourquoi, mais bien qu’il fut également attiré par elle, il m’a toujours préféré ! »

La servante fut à nouveau prit de sanglot. Tout en laissant ses larmes coulées, elle continua de parler :

« Au début Calath sera accablé de chagrin. Mais Tumisse est belle, intelligente et douce. Elle saura le réconforter et apaiser sa peine. Calath refusera cette solution, mais s’il vous plait ma reine exigez leur union ! »

La régente continuait d’afficher un air attentif, au moment de la demande de Cyléane. Aucune expression sur son visage ou dans son comportement ne vint trahir ce qu’elle pouvait penser. Elle dit d’une voix posée mais déterminée.

« Cyléane Sibam, je te jure sur ma famille qu’il en sera fait ainsi. »

Puis elle afficha un sourire triste et ouvrit ces bras comme si elle invitait la servante à venir se blottir contre elle.

Cyléane acceptant l’invitation, posa sa tête contre l’épaule de la régente et se mit instantanément à pleurer.

La dame sans mot dire serrait contre elle la jeune fille dont les pleures résonnaient dans tout l’étage.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites
  • 2 semaines après...
Posté(e)
robinmasters Membre 10 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)

Chapitre 1

Le grand départ

Partie 4

Le soleil de midi brillait au dessus de Fort Réal. C’était l’heure ou les hautes tours du palais royal projetaient leurs ombres sur toute la forteresse. Ce n’était que le début de l’automne. Les arbres ne perdaient pas encore leurs feuilles, celles-ci n’avaient d’ailleurs même pas encore commencé à jaunir. Partout sur le territoire du seigneur Rakan la verdure s’étendait.

Tumisse marchait sur une longue route pavée. Cette dernière partait du château de Vardos Rakan et traversait les trois murailles de protections pour mener à la sortie du fort. Ce long serpent de pierre ne s’arrêtait d’ailleurs pas aux limites de la forteresse. Non, il continuait à perte de vue, sur des lieues et des lieues.

La servante n’avait pas la moindre idée de l’endroit ou la route pouvait mener. Même en montant sur le mur d’enceinte elle n’avait pas réussi à apercevoir le bout du chemin !

Et puis soyons francs, la jeune fille ne s’intéressait pas vraiment à ce qu’il pouvait y avoir au-delà des murs de Fort Réal. Pourquoi s’en inquiéter après tout ? Il y avait déjà tout ici !

Tumisse cessa d’avancer, elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration. La chaleur sur sa peau, la douce odeur des herbes vertes autour du chemin, le chant des oiseaux. Quel bonheur ! La servante rouvrit les yeux et regarda autour d’elle. Derrière se trouvait le palais, non loin de l’imposant édifice elle voyait le ravissant bosquet cachant la source d’eau ou les femmes venaient se baigner. Sur ses cotés la servante pouvait apercevoir les grandes étendues d’herbes parsemées de petits jardins. Devant elle, prêt du mur de protection il y avait son village.

Un amoncèlement de petites maisons aux murs de bois ou de pierres dont la jeune fille apercevait pour l’instant uniquement les toits le plus souvent constitués de chaumes, mais aussi parfois de tuiles en pierres.

Rentrer chez elle aussi tôt n’était pas habituel pour Tumisse, mais nous étions à la veille du grand départ. Presque tous les servants du château avaient été autorisés à cesser le travail à la mi-journée afin de rejoindre leurs familles et amis.

Pour nombre de gens du village, cet après-midi de libre serait consacré aux derniers préparatifs pour le voyage, mais aussi aux adieux.

Tout Fort Réal était touché par l’exode. Du plus modeste des paysans au plus puissants des seigneurs, il n’est pas un habitant de la forteresse qui ne verrait pas partir un ami proche voir même une partie de sa famille. D’ailleurs, il était de notoriété publique que le seigneur Vardos Rakan laissait partir sa fille unique pour la lointaine Bermethion. Très certainement pour donner l’exemple, pour montrer à son peuple que lui aussi consentait à ce sacrifice pensa la servante.

Tumisse se perdit dans ses pensées. A quel point cette Bermethion pouvait-elle être lointaine ? Combien de temps fallait-il marcher avant de l’atteindre ? Fallait-il suivre la grande route de pierre afin de s’y rendre ?

Dans le fond quelle importance ? La servante ne l’aurait jamais avoué à qui que ce soit, mais la situation ne la touchait pas plus qu’elle ne l’attristait. Elle se fichait des amis qu’elle allait perdre. Tumisse était une solitaire et n’attachait que peut d’importance à son entourage. Son père, sa mère et ses grands parents restaient ici et c’était tout ce qui comptait à ses yeux.

Ho ! Il y avait bien une autre personne qui intéressait la jeune beauté : Calath Rémine !

Tumisse était belle et elle le savait ! Ses longs cheveux bruns légèrement ondulés, son regard enjôleur, ses longues jambes, sa peau naturellement bronzée faisait d’elle l’une des jeunes filles les plus courtisée de Castel Réal.

Même Calath n’était pas insensible à son charme. Mais cet idiot lui avait toujours préféré Cyléane Sibam !

Qu’est ce que cette petite pimbêche pouvait bien avoir de plus qu’elle ? Tumisse se savait en tous points supérieure à sa rivale. Sa chevelure Brune était plus belle que l’espèce de crinière de Cyléane. Ses beaux yeux marron étaient bien plus attirants que les yeux de vipère de cette petite prétentieuse.

C’était grâce à son opulente poitrine que cette aguicheuse avait hypnotisé le pauvre Calath ! Aucun doute la dessus ! Alors oui la petite peste avait des formes plus généreuses que celle de Tumisse, mais le corps de cette dernière était bien mieux proportionné.

De toute façon Calath n’avait aucun goût, si seulement il avait pu partir lui aussi……

La servante sortie de ses pensés au moment de son entrée dans le village. Comme à l’accoutumé, les enfants riaient et criaient en courant entre les maisons. Les femmes s’activaient à étendre le linge ou à faire bouillir des bassines d’eau et les quelques hommes présents s’occupaient de la basse cour. Cependant, il y avait quelque chose d’inhabituel. Au milieu du hameau se tenait un homme richement habillé ! A coup sur un noble ou un riche marchand ! Mais qu’attendait-il ici ?

Tumisse le regarda de bas en haut. Ses bottes de cuir en apparence neuves étaient du même noir que son pantalon. Sa chemise blanche qui lui recouvrait le corps et les bras était parfaitement boutonnée et sans le moindre faux pli apparent. Sur ses épaules reposait une cape qui descendait jusqu'à ses pieds.

Le noble sir devait approcher de la trentaine. Il avait des cheveux blonds qu’il portait mi-longs et de magnifiques yeux bleus. La jeune fille était sous le charme.

Mais…. Il approchait d’elle ! Il venait la voir !

L’homme fit une révérence.

« Mademoiselle, je suis sir Ilarin Preselin, chevalier au service de sa majesté Vardos Rakan. Je suis à la recherche de Tumisse Grescer. L’on m’a dit qu’elle était la plus jolie damoiselle de ce village, je suppose donc que vous êtes cette personne. En effet qui pourrait surpasser votre beauté ? »

Le chevalier posa un genou à terre et lui baisât la main ! La jeune fille rougit jusqu’aux oreilles. Elle vivait un rêve éveillé !

Il ne fallait pas perdre ses moyens. Tumisse entreprit donc de répondre au chevalier :

« Monsieur, je vous remercie pour le compliment. Je suis bien Tumisse Grescer. »

Le chevalier se redressa :

« Je dois m’entretenir avec vous mademoiselle, la conversation risque d’être longue, peut-être pourrions nous nous promener en même temps que nous discutons ? »

« Bien sur » répondit Tumisse qui ne parvenait pas à cacher son étonnement.

Le noble et la servante commencèrent donc à marcher cote à cote. Le chevalier prit la parole d’un air gêné.

« J’ose à peine vous le demandez mademoiselle Grescer…. Mais…. Ce serait un honneur pour moi si nous pouvions nous prendre par la main. »

Tumisse n’en revenait pas ! Mais il ne fallait pas qu’elle se laisse décontenancer.

Elle prit un air aussi assuré que possible et s’empara de la main du gentilhomme en lui disant :

« Ne soyez pas gêné chevalier, c’est un honneur pour moi. »

Sous le regard médusé des habitants du village, le couple continua son chemin main dans la main alors que le chevalier entamait la discussion.

« Il me faut vous parler de Calath Remine, vous le connaissez n’est-ce pas….. »

………………

Nous entamions l’après midi. Il devait être treize ou quatorze heures. Ransonde en était persuadée car c’est à ce moment de la journée qu’elle commençait à avoir faim. Son corps était pour elle l’horloge la plus fiable. Voilà plus de vingt ans qu’elle avait totalement perdu l’usage de la vue. Son appétit et sa fatigue lui permettaient de se situer dans ses journées et dans ses nuits.

Cependant pas question de commencer à manger sans Cyléane. Pour une fois, elle allait rentrer très tôt du palais. Mère et fille avaient donc décidé de partager le déjeuner avant d’aller dire un ultime au revoir à leurs amis.

Ransonde entendit la porte s’ouvrir. C’était Cyléane, elle en était certaine. Mais quelque chose n’allait pas. Même après une exténuante journée de travail sa fille avait pour habitude d’ouvrir la porte énergiquement, d’annoncer qu’elle était rentrée avant de se mettre à ranger la maison tout en racontant sa journée.

Cette fois, la petite était entrée sans entrain et avait doucement refermé la porte. Pas le moindre bruit de pas. Seulement la voix triste de la pauvre Cyléane, une voix chargée d’un chagrin qu’elle devait porter depuis de nombreuses heures.

« Maman….. Il faut qu’on parle….. »

……….

Bien que l’on fût seulement au milieu de l’après midi et que le soleil soit encore haut dans le ciel, la carrière était déserte. Les ouvriers avaient délaissé les travaux de rénovations propres à la saison automnale afin de se consacrer aux derniers préparatifs pour le grand départ. Seul un garçon d’une quinzaine d’années continuait de transporter des pierres dans un chariot afin que tout soit prêt pour la reprise des travaux.

Calath était épuisé, certes il était déjà aussi grand et fort qu’un adulte mais cela faisait des heures qu’il était seul à travailler. La poussière le recouvrait tellement que ces cheveux brun semblait être gris.

Le jeune homme n’était pas du genre à besogner plus que de raison, bien au contraire. Mais ce matin il était arrivé très en retard au travail ce qui avait déplu au contremaître. Si l’on ajoute à cela le fait que dame Gersandre l’avait surpris près de la source ou se baignent les servantes, Calath avait tout intérêt à faire profil bas.

Il avait donc décidé de faire quelques heures de plus et de ne rentrer au village qu’au moment ou tout le monde serait trop occupé par les adieux pour s’occuper de lui.

C’est donc satisfait de son travail que le jeune ouvrier quitta son chantier et ce n’est pas sans surprise qu’il vit sur le chemin du retour un groupe d’hommes se diriger vers la carrière.

« Qui sont ces gens ? Qu’est-ce qu’ils viennent faire ici à cette heure ? » S’interrogea Calath

Au fur et à mesure qu’ils approchaient l’adolescent les distinguait de mieux en mieux. Ils étaient quatre. Trois d’entre eux portaient une longue tunique blanche sur laquelle étaient brodées les armoiries de Fort Réal, la tenue de la garde de la forteresse ! Le quatrième semblait richement vêtu, il portait pantalon et chemise ainsi qu’une cape. Si l’on ajoutait à cela ses cheveux bonds impeccablement coiffés, impossible de ne pas réaliser qu’il appartenait à la noblesse.

Au moment ou le chemin des marcheurs croisa celui de Calath, tous marquèrent une pause.

Le noble sir toisa Calath avec dédain.

« Jeune homme, serais-tu Calath Remine ? »

« C’est bien moi messire. » répondit Calath.

L’interlocuteur de l’adolescent se tint droit comme un I, puis il pointa le jeune homme du doigt.

« Je suis le chevalier Ilarin Presselin ! Je te défie dans combat singulier ayant pour enjeu la possession de Cyléane Sibam ! Tu n’es pas digne de l’épouser ! L’amour que je lui porte est bien plus véritable, noble et sincère que le tiens ! »

« Quoi ! » S’écria Calath tout en reculant de quelques pas alors que les gardes commençaient à l’encercler.

« Il y a forcément une erreur noble chevalier ! Cyléane ma promise n’est qu’une servante et moi un humble serviteur de sa majesté Vardos Rakan. Je travail aux champs durant la période estivale et dans cette carrière durant l’hiver. Nous avons obtenus l’autorisation du prêtre pour un mariage à venir. Ça ne peut-être ma Cyléane que vous convoitez ! Nous sommes bien loin des affaires des nobles gens ! »

Le chevalier approcha l’air furieux.

« C’est bien de celle que tu oses considérer comme ta promise dont je parle ! Tu es indigne d’une aussi belle créature ! »

Soudain Calath reçu un coup à l’arrière de la tête qui le mis à terre ! Un garde l’avait attaqué par derrière ! Les trois soldats se précipitèrent sur l’adolescent et le ruèrent de coups de pieds l’empêchant ainsi de se relever.

Le garçon était impuissant, il se recroquevilla et encaissa les coups.

Quand il fût suffisamment affaibli, les trois hommes le saisirent et le ligotèrent.

Illarin lança une outre à l’un des garde et tout en faisant un signe de tête en direction de Calath il dit :

« Vide lui cela dans le gosier. »

Alors que deux des compères du chevalier tenait le jeune homme ligoté, le troisième lui basculait la tête en arrière et le forçait à boire le contenu du récipient.

Pendant ce temps le chevalier lui parlait :

« Je t’ai vaincu loyalement ! Dans ma grande mansuétude j’ai décidé de ne pas t’achever ! Une nouvelle promise t’a déjà été trouvée ! Cyléane partira avec moi dés demain pour la lointaine Bermethion. »

Calath ne répondit pas. On avait fini de lui faire ingurgiter le liquide. Il dodelinait de la tête et tentait de regarder le chevalier d’un regard vitreux. Ses lèvres bougeaient mais aucun son audible n’en sortait.

« Parfait » dit le chevalier

Puis s’adressant à nouveau aux gardes :

« Portez-le jusqu'à la ferme des Grescer. Sa nouvelle promise se chargera de le laver et le soigner. »

L’un des hommes chargeât l’adolescent sur son épaule puis se dirigeât avec les deux autres soldats en direction de la ferme.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Annonces
Maintenant

Archivé

Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.

×