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Ces politiques qui font parler les chiffres


Invité David Web

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Ces politiques qui font parler les chiffres

Des chercheurs ont étudié la manipulation des données chiffrées dans le discours politique. Instructif.

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Le journaliste économique François Lenglet avec ses graphiques pointilleux est souvent craint des hommes politiques lors des débats. © Capture d'écran/ @rrêt sur image

Que vaut vraiment un chiffre entre les mains d'un politique ? Comment le valoriser, le manipuler, le rendre imparable ? Les chercheurs de la revue Mots. Les langages du politique se sont penchés sur la question dans un excellent numéro dédié aux "chiffres et nombres dans l'argumentation politique". Éléments de réponse.

"L'image de la rigueur"

"Le prestige accordé aux chiffres donne du locuteur l'image de la rigueur, du sérieux, de la maîtrise de soi et du monde", expliquent dans un article commun les professeurs Bacot, Desmarchelier et Rémi-Giraud. Qui n'a, par exemple, jamais entendu un homme politique se cacher derrière des formules du type "Tous les experts indépendants disent que..." ? Lors du débat sur les 35 heures, Martine Aubry avait ainsi affirmé au Sénat : "Les chiffres parlent d'eux-mêmes et ceux que je cite, parce qu'ils émanent de l'OCDE, ne sont pas contestables."

Certains hommes politiques sont devenus experts dans l'art de marteler des chiffres. Objectif : donner de la force au discours. Qu'importe alors si ces chiffres sont exacts ou pas, le tout étant de les asséner avec suffisamment de conviction. "L'accumulation de chiffres impressionne et rend dérisoire toute forme d'argumentation non quantifiée", expliquent les chercheurs. "C'est une mobilisation des nombres qui vise à émouvoir le lecteur", "créer un effet de saturation chiffrée", ajoute pour sa part Lilian Mathieu, chercheur au CNRS. "Le malaise du lecteur ne surgit pas uniquement de l'accumulation (des chiffres), mais aussi de leur diversité. Ce ne sont pas seulement des chiffres colossaux qui sont assénés, mais toutes sortes de chiffres : des effectifs en nombres absolus, des pourcentages, des estimations, des tendances...", poursuit-il.

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Membre, Forumeur confit, Posté(e)
Enchantant Membre 18 120 messages
Forumeur confit,
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Les chiffres doivent être analysés et soumis à critique, c’est incontestable.

Pour affiner cette critique, rien de telle que de faire des comparatifs avec les pays européens qui nous entourent.

La production industrielle soumise à la concurrence, c’est un peu comparable aux courses de chevaux.

Lorsque certains chevaux sont au-dessus du lot par leur performance,la notion d’ augmenter le charge que l’on nomme le handicap, ou la distance au départ, est le moyen de remettre de l’incertitude dans le résultat des courses et des paris

Si les charges des entreprises françaises, en course et en compétition avec leurs homologues européennes, ont un handicap plus lourd que celle de ses compétiteurs, il ne faut pas nécessairement faire de grand calcul pour comprendre le hiatus.

Or, la réaction de l’industrie française à ce handicap, c’est d’augmenter l’automatisation de la production et des services, pour réduire le nombre des salariés.

Ce qui explique le nombre important de sans emploi chez nous.

Paradoxalement, la productivité française est d’autant meilleure que le nombre d’employés est réduit, en effet sur 10 coureurs, si vous ne faites courir que les 5 meilleurs, leur performance moyenne et leur résultat sont bons.

Dans le cas des 35 h, l'erreur de raisonnement économique des socialistes et d' Aubry est de considérer que l'économie est un gâteau à diamètre constant, or diminuer la production nationale se traduit par une part plus petite pour chacun, parce que le diamètre du gâteau a diminué.

Tout ce, qui peut favoriser l’emploi de tous, participent à l’augmentation du diamètre du gâteau, participe à une meilleure redistribution.

il ne faut pas nécessairement faire de grand calcul pour comprendre cela

Il ne faut pas être sorti de l'Ena ou de Saint-Cyr, pour comprendre que nos entreprises productives sont désavantagées et perdent des parts de marché, si leurs charges ou handicap sont plus grands que ceux des pays voisins.

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Invité David Web
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Invité David Web
Invité David Web Invités 0 message
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Puisqu'on parle de chiffres et de "l'erreur des 35 heures" soit disant, faut savoir quand même comparer : et puisqu'il faut comparer avec d'autres pays, on peut le faire : entre 2000 et 2010 c'est 2 millions d'emplois de créés (on a en perdu aussi hein) en France à 35 heures, en Allemagne c'est pratiquement le même chiffre, environ 2 millions, mais pas à 35 heures, à beaucoup moins que ça, l'Allemagne de la précarité a explosé, mais on te dira que le chômage a largement baissé...

Pour l'industrie : L'industrie française a perdu 36% de ses effectifs en 30 ans Oui, mais regarde les chiffres et à quoi ça correspond.

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Membre, Forumeur confit, Posté(e)
Enchantant Membre 18 120 messages
Forumeur confit,
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Les 35 heures, puisque le salaire mensuel ne changeait pas, correspondaient à une augmentation de notre production de plus de 10%, s'est traduit immédiatement par un blocage des salaires sur les années avant l'application de la mesure.Donc, une perte du pouvoir d'achat de l'ensemble des Français

Puis les patrons ont profité de cette exigence pour négocier la flexibilité des heures. Je ne suis pas sûr que cela favorisât les familles ou les femmes ayant de jeunes enfants en bas âge.

Les emplois créés, notamment avec les contrats artificiels dans la fonction publique pour les jeunes, étaient une bonne intention ayant de effets pervers dans le domaine de la précarité de ces emplois sans formation..

Mon propos n’est pas de considérer les 35 heures et d’en faire une limite arbitraire effroyable, mais de faire remarquer que le surcoût salarial qui en résultait fut compensé par la baisse du pouvoir d’achat de tous.

L’idée initiale et fausse des socialistes, avec les 35 heures, c’était d’escompter que la perte de productivité inciterait les patrons à embaucher. Ce ne fut pas le cas.

Mais l'imbécillité suprême, c'est que l'État est aussi patron, et qu'il n'avait pas la possibilité de financer les embauches correspondantes, notamment dans les hôpitaux publics. Alors que le personnel infirmiers et infirmières en sont venus à faire des heures supplémentaires que l’état peut à peine leur payer.

Dans le domaine des employés de l'état et les employés de la fonction publique les 35 heures furent à l'origine d'un sacré merdier, qui perdure encore.

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