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Angle mort : pourquoi il est absurde de croire que le niveau de violence d'une société s'explique uniquement par la pauvreté


latin-boy30

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Membre+, Jeteur de pavés dans les mares, Posté(e)
latin-boy30 Membre+ 9 575 messages
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http://www.atlantico.fr/decryptage/angle-mort-pourquoi-est-absurde-croire-que-niveau-violence-societe-explique-uniquement-pauvrete-christophe-soullez-jean-claude-b-503666.html

Angle mort : pourquoi il est absurde de croire que le niveau de violence d'une société s'explique uniquement par la pauvreté

Alors que la France est toujours sous le choc une semaine après le lynchage de Kevin et Sofiane, les vieilles excuses sociologiques de la pauvreté et de l'influence de la télévision sont ressorties des placards. Et si elles n'étaient que des paravents ?

Atlantico : Pour expliquer le meurtre de Kevin et Sofiane, tués à l'arme blanche le 28 septembre dernier à Echirolles, une banlieue sensible de Grenoble, certains spécialistes incriminent la misère sociale ou encore l'influence des séries télévisées américaines. Deux fausses excuses sociologiques ?

Christophe Soullez : Les origines de la violence sont multiples et la criminalité dans son ensemble est un phénomène extrêmement complexe. Il est impossible de plaquer une règle stricte sur ce genre d’actes. Il faut plutôt voir la chose comme une conjonction de facteurs qui, en se rencontrant, finissent par déclencher ce genre d’actes. Surtout, il est absurde de chercher en permanence une forme de rationalité dans les comportements humains et plus particulièrement dans les phénomènes de violence. Cependant, il est quand même possible d’identifier un certain nombre de facteurs qui favorisent ces dérives criminelles. La précarité n’arrange évidemment rien, mais il est impossible de faire de la misère sociale une excuse absolue. La plupart des gens qui manquent de moyens vivent paisiblement, sans que la violence fasse partie de leur vie.

Jean-Paul Borrelly : Il existe un malaise dans ces quartiers, c'est une évidence. Mais cela n’excuse pas tout. 80% des citoyens qui habitent dans ce que l’on appelle "des quartiers difficiles" ne sont pas plus violents que ceux qui habitent dans des zones plus favorisées.

Cela fait des années que les municipalités, qu’elles soient de gauche ou de droite, font de vrais efforts pour "déghettoïser" ces quartiers. Le cliché des barres d'immeubles gris sans la moindre vie sociale, sans commerce ni sans terrain de sport est aujourd’hui totalement dépassé. Il y a eu énormément d’initiatives prises pour que cela change.

Il ne faut pas que la violence d’un très petit nombre rejaillisse sur ceux qui aspirent à une vie tranquille. La véritable source de la plupart des violences est toujours liée à ce que les criminels eux-mêmes appellent "le business", ce n’est pas moi qui le dis. Ces criminels sont à peine quelques-uns dans chaque quartier. Ils font régner la peur sur les autres habitants, en les empêchant par exemple de porter plainte auprès de la police.

Xavier Raufer : Nous sommes à côté du problème. Les actes comme ceux qui se sont déroulés à Echirolles n’arrivent en France que dans 26 départements précis qui sont clairement identifiés. Les zones dites "sensibles", au nombre d’à peu près 750, sont à 90% situées dans ces départements. Au sein de chacune de ces zones, il n’y a que quelques dizaines d’individus violents qui terrorisent des quartiers entiers.

L’affaire d’Echirolles en est la démonstration. Il s’agissait d’individus parfaitement connus des services de police et des habitants. Ils se font appeler "la bande du 60". Ils sont même célèbres, mais leur célébrité s’arrête aux murs du commissariat du coin. C’est ça le drame. Ils peuvent s’engager dans l’armée sans que personne ne fasse la moindre vérification et sans que personne ne sache qu'il s'agit de prédateurs mortellement dangereux. Ce genre d’individus ne représente probablement pas plus de 3 000 ou 4 000 personnes en France qui sont déjà parfaitement identifiés. Si les propositions des criminologues faites depuis dix ans avaient été appliquées, Sofiane et Kevin ne seraient pas morts. Ils ont été tués autant par des brutes sanguinaires que par la culture de l’excuse.

On évoque souvent la déconnexion entre les jeunes et leurs parents, qui n’ont pas connaissance de la déperdition de leurs enfants. La bande violente se substitue-t-elle à une cellule familiale éclatée ?

Christophe Soullez : Il faut comprendre que ces jeunes vivent dans un environnement fermé. Ce qui crée une culture, des règles et un système de valeurs propres à ce groupe. Cela peut paraître fou vu de l’extérieur, mais il existe une certaine logique dans ce genre d’acte, quand un groupe de jeunes se venge pour des motifs qui apparaissent futiles. Il y a une forme de solidarité territoriale qui pousse les individus à se soutenir les uns les autres et à prendre pour eux l’offense qui est faite à un autre. Bien souvent, il y a une fusion des personnalités individuelles dans une personnalité collective. Cette organisation grégaire se substitue parfois à une cellule familiale éclatée.

La perception des agresseurs est bien souvent complètement faussée. Cela ne veut pas dire qu’ils ne différencient pas le bien du mal, simplement qu’ils ne prennent pas en compte les conséquences potentielles de leurs actes.

Autre problème : bien souvent les parents n’ont plus le rôle de modèle qu’ils avaient dans une construction familiale classique. Bien souvent, les enfants se détournent de leurs parents et n'aspirent pas à leur ressembler car ils ont des emplois peu rémunérés. Par ailleurs, la société de consommation fait la promotion d’une réussite sociale basée sur la possession, dans ce cas la télévision est facteur de frustration et donc de déconnexion.

Jean-Paul Borrelly : Non, je crois qu’il faut à tout prix dire stop à ce genre de propos. En tant que père, pas en tant que policier, il est impossible de croire à ça. Si mon fils de 15 ans était déjà un errant qui rentre tard et qui découche, ça m’inquièterait suffisamment pour que ça ne se produise qu’une fois. Je ne peux pas croire qu’une famille à peu près équilibrée qui voit un enfant rentrer avec des fringues neuves et le dernier iPhone, ne s’aperçoive de rien. Il n’y pas de complicité mais il y a clairement une latence de la part des parents.

Les séries télévisées sont-elles réellement un facteur de violence ?

Christophe Soullez : Les séries, les jeux vidéo et les films ne servent pas à construire un état d’esprit de violence. Il y a d’autres éléments intrinsèques à la personne qui déclenchent le comportement violent. Cependant, il est évident que la proportion de contenus violents qui sont diffusés chaque jour sans le moindre contrôle ne peut que faciliter le passage à l’acte. Cela a tendance à faire perdre le sens de la réalité. Cela ne veut pas dire qu’ils se prennent pour des héros de jeux vidéo, mais que les limites de ce qui se fait et ne se fait pas sont déformées.

Jean-Paul Borrelly : Evidemment, l’un des facteurs est la violence télévisée. La violence est présente dans presque tous les programmes et surtout sur toutes les chaînes. Le service public est encore à peu près épargné, mais quand on voit 300 morts en 4h de programme, les conséquences sont évidentes. Sans parler des jeux vidéo dont certains prônent l’activité criminelle ou le combat de rue.

Il ne faut pas oublier non plus que la consommation de produits stupéfiants ou d’alcool décuple les instincts violents. Surtout, il semble que la notion de violence ne soit plus la même que celle que l’on connaissait en France. Autrefois, la violence, c’était les bagarres à mains nues à la fin des soirées et dans le pire des cas ça finissait avec des tessons de bouteille. Les comportements de représailles aussi violentes n’ont pas toujours existé.

Certains types d’agressions semblent pouvoir être géographiquement et socialement localisés, notamment les violences en bande. Etes-vous d'accord avec cela ?

Christophe Soullez : Les phénomènes de déstructuration familiale et de mauvaise intégration professionnelle ou scolaire sont évidemment plus présents dans les zones défavorisées. La démission des parents n’est cependant pas liée à une classe sociale particulière. Il faut malheureusement constater qu'il y a une augmentation de la violence dans notre société en général. Il n’est pas rare de voir des quadragénaires, bien intégrés professionnellement et socialement, se battre à cause d’une histoire de circulation...

Jean-Paul Borrelly : Je pense au contraire que ce genre de violence existe partout. L’un des exemples les plus frappants a été celui des émeutes étudiantes il y a quelques années. Dans plusieurs villes, notamment à Lyon, la police a été confrontée à certains groupes de jeunes venant des beaux quartiers qui étaient là pour en découdre sans la moindre opinion politique ou la moindre revendication. Ils étaient là pour affronter la police, rien d’autre. Le phénomène de violence en bande n’est pas l’apanage des quartiers défavorisés.

Xavier Raufer : Tout le monde regarde des séries télévisées, des films, va sur Internet, et pourtant nous ne sommes pas tous des assassins en puissance. Le ministre de l’Intérieur a parlé de "massacre" et il a raison. Mais cartographier la violence n’a aucun intérêt. En tout cas, ce n’est pas la question qui doit être résolue en priorité. Un médecin face à un cancer du poumon ne se demande pas d’où il vient, il essaie de le soigner.

Pour mettre fin à ce genre d’acte il faut que les préfets demandent des listes de gens identifiés comme très dangereux grâce au retour des policiers de terrain. A chaque fois que l’on voit ce genre de groupe sortir, les poches pleines de couteaux, il faut les arrêter ; ensuite tout cela prendra rapidement fin. Mais c’est l’inverse que font les différents gouvernements depuis plus de 30 ans. Pire, on leur envoie des signaux d’impunité notamment lorsqu’on dit que l’on va vider les prisons. Les politiques font toujours la même chose, ils vont sur place, se contentent de pleurer avec les mères des victimes en promettant que ça ne recommencera pas, alors que ça recommencera de toute évidence.

Etre mal intégré, que ce soit de la faute de l’Etat ou pas, avoir eu une vie difficile, une famille massacrée ou n’importe quoi d’autre n’est pas une licence pour avoir le droit de tuer. Sinon il n’y a plus de vie en société.

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Maintenant
Membre, Posté(e)
vesto Membre 1 578 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Beaucoup de docteurs depuis 40 ans proposent des remèdes…. tous inefficaces .

Comment pourrions nous trouver le bon remède puisque le diagnostique est faussé dès le départ.

On devient malade, bien souvent ,à cause de mauvaises habitudes que l’on a négligées de corriger en temps voulu. Les causes avancent tout doucement… mais surement.. comme la cirrhose chez les alcooliques ; et lorsqu’on voit se manifester les effets on en cherche l’origine alors qu’il faudrait en chercher les origines..multiples elles le sont ! .Mais on refuse de les voir pour des raisons idéologiques: la pensée unique règne ..silence dans les rangs. Mondialisme..affairisme, sont les deux mamelles de nos sociétés techniquement performantes mais moralement décadentes

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