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Manif anti-traité Européen


eklipse

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Membre, Dazzling blue², 53ans Posté(e)
eklipse Membre 14 471 messages
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Dans la manifestation contre l’austérité ce dimanche à Paris, impossible de rater les drapeaux PCF et Front de gauche. Ils balaient la fumée des merguez dès la place de la Nation, scandent le cortège un peu partout, débordent sur les trottoirs jusqu’aux terrasses des cafés. Ils se déclinent en autocollants sur les poitrines, les vestes en jean, les sacs à dos.

Parfois aussi ils s’associent. Aux badges CGT ou FSU. Doubles casquettes, militants expérimentés, ils sont venus marquer leur opposition au traité européen comme on se balade un dimanche en famille. Ils sont aussi venus compter leurs forces.

Peu de manifestants ne portent pas d’autocollants. Et la moyenne d’âge dépasse les 40 ans. Des routiers des rassemblements. Les jeunes, eux, ont parfois découvert le militantisme avec la présidentielle. Depuis, ils se sont rencardés.

David, Martial et Evan ont 23 ans. Ils débarquent de Châlette-sur-Loing, dans le Loiret. La ville est communiste depuis quarante ans, crânent-ils. Ils n’ont « jamais cru que ce serait différent avec Hollande ». Pour Martial :

« Il faut être plus radical. On associe la révolution au bain de sang. Pas forcément. Une révolution peut se passer dans le calme et la gentillesse. »

Dans la manifestation contre le traité budgétaire européen (Sébastien Leban/Rue89)

Evan en a « marre de se faire avoir ». Loyers, pouvoir d’achat, recherche d’emploi. Les trois jeunes hommes sont au chômage après un BTS dans le tertiaire, un BEP logistique et une licence non terminée. Evan achève une mission de deux mois à 300 kilomètres de chez lui, il ne veut pas recommencer et, dans son coin, on lui dit qu’il manque d’expérience.

Kosta a 30 ans. Il est agent territorial à Dieppe. Il a eu la révélation le 18 mars, en tombant sur la manifestation de « la reprise de la Bastille » : « 120 000 personnes criaient résistance et entraide. »

Ce jour-là, Kosta a entendu « Jean-Luc » :

« Avant, j’étais un jeune branleur. Je croyais savoir tout ça, que c’était injuste et tout, mais les anciens me disaient que c’était le système, qu’on ne pouvait rien changer.

Ce jour-là, j’ai décidé de me bouger. Là, je m’apprête à être père, et je voudrais savoir vers quoi on va. Déjà que moi je galère... Avec le pacte, ça va être encore pire. »

Aujourd’hui, avec son jeune frère, il colle des autocollants « Je référendum » sur les affiches publicitaires du boulevard Diderot. Signés : « PCF / Front de gauche ».

Des manifestants au point sur le traité

« Je ne veux pas me faire enchaîner. Hollande, arrête tes conneries », répète à la cantonade une femme d’une soixantaine d’années, le corps entravé par des chaînes. Et ce n’est pas qu’une formule, pour les manifestants rencontrés.

Romain est adjoint au maire, communiste, à Ivry-sur-Seine, en région parisienne :

« Ce traité fait de l’austérité la règle de la politique publique. Pour nous, il ne faut pas commencer par diminuer la dette – la Grèce en a trop souffert –, mais par relancer l’investissement. Même des économistes non marxistes comme Krugman le disent. »

Pour Adeline, ingénieur, adhérente d’Attac à Orléans :

« La nouvelle règle d’or, c’est le déficit structurel. Il ne doit pas dépasser 0,5%. Or, personne ne le calcule de la même manière ! »

Romain surenchérit :

« Si le déficit structurel d’un pays dépasse ce niveau, il y aura des sanctions automatiques ! L’Etat ne pourra plus décider de son budget, ni de sa répartition. On voit bien le sens du traité : rendre plus difficile, pour les Etats, de dépenser l’argent public. »

Dans la manifestation contre le traité budgétaire européen (Sébastien Leban/Rue89)

Des craintes pour les services publics

Elu dans une mairie, Romain pense aussi que les collectivités sont concernées : s’il y a moins d’argent public, elles devront elles aussi participer à l’effort.

Claire, 28 ans, est sur la même ligne. Adhérente Attac et FSU, elle pense qu’il y a « assez de richesses pour qu’elles soient partagées ». Contractuelle dans une université, elle redoute des réductions d’effectif.

Comme Katel, 41 ans, qui craint la disparition du dialogue social dans les services publics (« si c’est Bruxelles qui décide désormais »), la diminution du nombre de fonctionnaires et, par là même estime-t-elle, de la qualité des services rendus :

« Je travaille dans la fonction publique territoriale, dans le XIIe arrondissement de Paris. Je vois les hôpitaux de Paris qui commencent à pâtir du manque de moyen. Bientôt, il faudra être riche pour pouvoir se soigner. »

« Pas trop d’illusions » cependant

Romain aimerait un référendum, c’est la demande officielle de la manif’ :

« Pour respecter la démocratie, déjà. Hollande avait promis, pendant sa campagne, de modifier le Pacte. Il ne l’a pas fait. »

Adeline est du même avis. Son amie Mathilde souhaiterait carrément l’abrogation du Traité, comme Alexis, leur compagnon. Il estime, pourtant, que la partie est perdue, que « ça ne sert à rien ». Adeline, elle, pense que « ça peut encore bouger avec Europe Ecologie Les Verts qui dit non ». Mais son ami orléanais lui réplique que les ministres écolo « sont déjà en train de rentrer dans le rang ».

Philippe, 54 ans, professeurs des écoles, syndiqué chez Solidaires, lui non plus ne se fait « pas trop d’illusions » :

« A la base du PS, beaucoup sont opposés au Traité. Mais, plus on monte dans les échelons, moins c’est le cas. Et bientôt, même les députés socialistes qui sont contre le Pacte vont se coucher devant les décisions du parti. »

Dans la manifestation contre le traité budgétaire européen (Sébastien Leban/Rue89)

Marche funèbre ou mise en jambe ?

Certains chantonnent entre eux. Le reste est silencieux. L’ambiance est à la promenade. Pas d’imposants cortèges CGT à la sono « motivés, motivés, il faut rester motivés ». Peu de gros ballons de têtes de cortèges. Quelques-uns pour des CGT départementales, Solidaires, Attac, de loin en loin.

Livio et Raffaëla ont 39 ans. Ils sont italiens et travaillent en France. Ils sont venus voir s’il y avait des « composants européens », une « délégation grecque » par exemple :

« C’est très franco-français. C’est très manif PCF. Il y a peu de publications gauchistes, de petits groupes. C’est comme les manif’ pro-Mélenchon. Il y a des vieux. »

« Ou de jeunes qui semblent un peu vieux », intervient Raffaëla :

« Ça manque d’enthousiasme, de force, d’énergie. »

Martial, le révolutionnaire lyrique, parle d’une « marche silencieuse », « comme pour un deuil, celui de la France, qui suivra bientôt la Grèce et l’Espagne. »

Pour Jean-Luc Mélenchon pourtant, s’il s’agit de compter ses forces, le pari est gagné. Le PCF, et le Front de gauche dans son ensemble, se sont remis en ordre de marche. La police ne communique pas de chiffres, « conformément à la pratique, s’agissant d’une manifestation à l’initiative d’un parti politique », mais, selon les organisateurs, 80 000 personnes ont défilé ce dimanche 30 septembre.

http://www.rue89.com/rue89-politique/2012/09/30/manif-contre-le-traite-une-revolution-peut-se-passer-dans-le-calme-et-la

Sénatrice PS, j'estime qu'il ne faut pas ratifier mais renégocier le traité européen

Modifié le 24-09-2012 à 20h24

Europe Ecologie-les Verts s'oppose à la ratification du traité budgétaire européen. Le parti écologiste n'est pas le seul à dénoncer un texte proposé par Sarkozy. Au sein du PS, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris et ancienne ministre, envisage des alternatives.

Édité par Mélissa Bounoua

UNION EUROPÉENNE. Il n’y a aucune urgence à ce que la France ratifie le traité de pacte budgétaire. Les critiques qui lui sont faites sont légions et justifiées. Mais l’essentiel est et demeure qu’il soit renégocié pour répondre à la crise monétaire actuelle, pour relancer la croissance et pour réorienter en profondeur la construction européenne.

Ne pas renoncer à une vision de l'Europe

Car, il ne faut, en aucune mesure, renoncer à ce beau projet d’Europe politique, espace de solidarité, de progrès et de dynamisme partagés que nous sommes nombreux à espérer, au motif que la déferlante libérale l’a brisé net. Mais, force est de constater que poursuivre sur la voie qui a prévalue depuis près d’un quart de siècle et amplifier encore cette logique de concurrence exacerbée, de désengagement public, de malthusianisme budgétaire affiché et de déficits accumulés discréditerait l’Europe aux yeux des peuples et l’affaiblirait davantage dans le Monde.

La France et la gauche doivent par la non-ratification refuser le "There is no alternative" (TINA) des libéraux et montrer qu’une autre voie est possible, en exigeant la renégociation du traité. La plupart des pays du Sud voient tous les jours l’abîme dramatique dans laquelle les politiques austéritaires les plongent. Ils peuvent entendre nos contrepropositions et peser pour qu’elles soient réellement rediscutées. Le véto allemand ne saurait être accepté d’autant qu’il pourrait tout autant s’y voir opposer un véto français !

Alors fixons quelques balises sur le contenu d’une renégociation.

Il y a d’abord l’urgence de la crise monétaire. Chacun voit bien qu’il est essentiel que la Banque centrale européenne (BCE) puisse intervenir pour prêter directement aux États, avec des taux d’intérêt réalistes qui ne creusent pas davantage les déficits des pays. Il faut cesser cette mécanique où la BCE prête de l’argent aux banques qui prêtent aux États, faisant au passage de substantiels bénéfices, coûtant cher aux budgets des pays. Le rachat de dettes souveraines par la banque centrale stopperait la spéculation et permettrait de redéfinir sérieusement une politique d’avenir.

Modifier les missions de la BCE

Les récentes annonces de la BCE sur le rachat illimité de certaines obligations est en trompe l’œil car il s’agit de prêts de très courte durée sous condition d’austérité. Mais déjà sur ce point, l’avis de l’Allemagne s’est trouvé totalement isolé. Modifier les missions de la BCE constitue l’un des changements structurels majeurs qui s’impose en Europe. Il suffit de prendre la mesure de l’intervention actuelle de la banque fédérale américaine pour comprendre l’enjeu pour notre avenir et notre croissance.

Le second point est la question posée par la France dès le traité de Maastricht, à savoir la nécessité d’un gouvernement économique de la zone euro. Après le départ de François Mitterrand, les présidents de la République ont abandonné ce terrain en acceptant d’inscrire un cadre macro-économique contraint et gravé dans le marbre des traités en lieu et place d’une instance commune chargée de fixer, en accord avec les États membres et les parlements une stratégie économique et financière pluriannuelle.

Il faut donc substituer à la règle d’or et aux sanctions automatiques, la création d’un conseil macro-économique de l’Euro, qui doit, tous les 3 ou 5 ans, fixer le cadre des déficits à ne pas dépasser pour chaque État, en tenant compte de la situation mondiale, du soutien nécessaire à la croissance, aux efforts à mettre en place, en en répartissant la charge et fixant à chacun des objectifs atteignables.

Les parlements nationaux seraient consultés et voteraient une loi pluriannuelle de mise en œuvre. Cette idée du gouvernement économique est donc tout le contraire de la règle dogmatique aveugle. Rien n’est pire que des objectifs annoncés et jamais atteints, car irréalistes. C’est, de surcroît, déresponsabilisant. L’assainissement budgétaire, par ailleurs nécessaire, peut être progressif, inscrit dans la durée pour être solide et structurel. Il faut aussi veiller à ce qu’en cas de croissance soutenue, la résorption des déficits soit bel et bien effective.

Les fondements libéraux de l'Europe en cause

Mais il faut aller plus loin. La crise trouve ses racines dans un constat plus fondamental : il ne peut y avoir une monnaie commune avec des écarts économiques et sociaux aussi considérables entre pays, et qui, de surcroît, s’accroissent de plus en plus. Mais là, ce sont bel et bien les fondements libéraux de l’actuelle construction européenne qui sont en cause.

Le système libéral met les peuples en concurrence et non en coopération solidaire, il renforce le fort et écrase le faible, il accroît les inégalités entre et au sein des pays et il affaiblit la puissance publique, les outils de redistribution et les capacités d’arbitrage démocratique des citoyens. Voilà ce qui s’est passé et s’opère encore sous nos yeux, voilà ce qui a guidé les choix européens depuis plus de vingt ans et qu’il faut résolument changer.

On doit, dès à présent, faire de nouvelles propositions :

- faire converger progressivement les politiques sociales : instauration partout de Smic nationaux, qui année après année, devront être augmentés en vue d’atteindre, à une date butoir, un Smic européen ; des règles communes antidumping social.

- harmonisation fiscale et véritable lutte contre les paradis fiscaux et autres méthodes d’évasion fiscale en Europe.

- taxer les transactions financières, les transports poids lourds… pour constituer une ressource propre de l’UE afin de financer des politiques d’investissements de modernisation des régions européennes.

- instaurer des politiques industrielles communes, par exemple dans le secteur des énergies renouvelables, des technologies du vivant et rétablir les aides publiques pour soutenir les filières industrielles, la recherche.

Les principes de coopération européenne, de juste échange, de lutte contre les inégalités doivent se substituer à la concurrence libre et non faussée.

Notre continent ne sortira pas d’une crise aussi profonde par des mesures d’ajustements techniques imposés par les événements et qui ne s’attaque pas aux vrais problèmes, qui confortent les pires travers de l’actuelle construction européenne. La stratégie des petits pas n’est plus de mise. Il faut un acte politique fort. Exiger la renégociation du traité. Il faut changer !

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/631415-senatrice-ps-j-estime-qu-il-ne-faut-pas-ratifier-mais-renegocier-le-traite-europeen.html

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