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21 août 1968. Le "Printemps de Prague"


Invité David Web

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21 août 1968. Le "Printemps de Prague"

Au matin du 21 août 1968, les Européens se réveillent en état de choc. Des troupes blindées d'un total de 300.000 hommes ont envahi dans la nuit la Tchécoslovaquie sur décision de l'autocrate soviétique Leonid Brejnev. Des dizaines de milliers de parachutistes ont aussi atterri sur l'aéroport de Prague.

Les agresseurs appartiennent à cinq pays du pacte de Varsovie, dont fait partie la Tchécoslovaquie elle-même (URSS, Pologne, Bulgarie, Allemagne de l'Est, Hongrie). Ils prétendent intervenir à l'appel de responsables locaux en vue de sauver le socialisme dans ce pays d'Europe centrale où il a été imposé vingt ans plus tôt par l'Union soviétique à la faveur du «coup de Prague».

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Le printemps de Prague

Dubcek.jpg

L'accession le 5 janvier d'Alexandre Dubcek (47 ans) au secrétariat général du Parti communiste tchécoslovaque et l'élection ultérieure du général Lutvik Svoboda (73 ans) à la présidence de la République avaient ouvert la voie à des réformes hardies.

En avril, tandis que la jeunesse d'Occident s'agite et se donne des frissons de Révolution, Alexandre Dubcek supprime la censure, autorise les voyages à l'étranger et fait même arrêter le chef de la police.

Beaucoup de Tchécoslovaques se ruent à la découverte de l'Occident sans prendre garde aux manoeuvres prémonitoires du pacte de Varsovie, en Tchécoslovaquie même.

Le retour à la réalité

Le 3 août 1968, Dubcek est fermement invité à rejoindre les représentants de l'Union soviétique, y compris le secrétaire général Brejnev, à Bratislava, en Slovaquie. Au terme de discussions orageuses, il s'ensuit la signature d'un vague compromis. Dubcek sait qu'il ne sagit que d'un sursis.

Quand les chars du pacte de Varsovie investissent les villes du pays, la population s'abstient de toute résistance armée. Elle tente de dialoguer avec les tankistes soviétiques. Dans un dérisoire effort de résistance passive, elle enlève les plaques des rues pour désorienter l'occupant. En certains endroits, des tankistes perdent leur sang-froid face à l'audace des manifestants et ouvrent le feu. On compte le soir du 21 août quelques poignées de morts.

Le lendemain, de nombreux Praguois manifestent en silence, oriflammes au vent. Sans résultat.

Le PC tchécoslovaque tient un congrès extraordinaire clandestin dans les usines CKD, près de Prague, et reconduit Alexandre Dubcek dans ses fonctions. Pendant ce temps, celui-ci a été jeté manu militari dans un avion et transféré en Union soviétique. Le 23 août, il est fermement convié par ses hôtes soviétiques à signer un texte de capitulation. Après trois jours de pressions et de brutalités, il se résigne enfin.

Le 27 août, de retour à Prague, abattu et défait, il présente ce texte à ses concitoyens. Il y est question pour la première fois de «normalisation». C'en est brutalement fini du «Printemps de Prague» et de l'illusion d'un «socialisme à visage humain». Devenus inutiles à l'occupant, Alexandre Dubcek et les autres responsables du pays sont rapidement isolés et remplacés.

Les Tchèques et les Slovaques se résignent à la «normalisation». La plupart du moins. L'étudiant Jan Palach fait exception. Il s'immole par le feu sur la place Wenceslas, à Prague, le 16 janvier 1969, par défi et par désespoir. Ses compatriotes saluent son geste dans le recueillement. Ils patienteront vingt ans avant le retour de la démocratie.

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Membre, Jedi pas oui, jedi pas no, 32ans Posté(e)
Jedino Membre 48 035 messages
32ans‚ Jedi pas oui, jedi pas no,
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Ca c'est un événement que je connais via les cours...

Mais, toujours bien d'approfondir ;)

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Membre, Forumeur confit, Posté(e)
Enchantant Membre 17 546 messages
Forumeur confit,
Posté(e)

Tout évènement historique s’inscrit dans la succession chronologique d’un climat, c’est ce que je tente de faire avec l’énumération suivante.

Staline le meurtrier de millions de Soviétiques est mort depuis 1953.

Khrouchtchev son successeur intente un procès public retentissant à la mémoire de Staline

Des velléités d’indépendance se manifestent immédiatement dans les pays du bloc communiste.

La Hongrie est le premier pays à exiger son indépendance, l’insurrection des Hongrois à Budapest est contrée immédiatement par le pacte de Varsovie en 1956.

Dans les années 1960, les Soviétiques et les USA sont à deux doigts de se déclarer la guerre, Khrouchtchev ayant installé des missiles à Cuba avec le soutien de Fidel Castro. Sous la menace de Kennedy, Khrouchtchev recule.

En 1967, aux USA voit une révolte estudiantine dans les universités américaines, exacerbées par la guerre du Vietnam et la propagande communiste internationale.

En 1968, en Europe, sous les effets de cette intense propagande communiste, les universités européennes sont le siège de trouble du même ordre qu’aux USA

Le printemps de Prague survient en 1968, les Soviétiques sachant parfaitement que tout État, qui obtiendrait son indépendance, serait le signal annonciateur de la fin du Pacte de Varsovie.

Il faudra attendre 20 ans de plus pour que le mur de Berlin s’écroule de lui-même, sans que personne ne s’y attende ou ne l’anticipe.

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Membre, Qui est là ?, 36ans Posté(e)
tic-tac Membre 4 597 messages
36ans‚ Qui est là ?,
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il y a eu aussi la révolution de velours à Prague ;)

Dans mes souvenirs, tu as un mémorial pour Jan Palach sur cette place ...( pour y être allé il y a quelques années ;))

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