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Remaniement ministériel : Delphine Batho remplace Nicole Bricq à l'Ecologie


eklipse

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Membre, Dazzling blue², 53ans Posté(e)
eklipse Membre 14 471 messages
53ans‚ Dazzling blue²,
Posté(e)
jeudi 21 juin 2012,

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François Hollande, président de la République et Jean-Marc Ayrault, Premier ministre ont remanié l'équipe gouvernementale. Delphine Batho (PS), précédemment ministre déléguée à la Justice, remplace Nicole Bricq (PS) qui devient ministre du Commerce extérieur.

Le ministère de l'Ecologie perd une spécialiste de la fiscalité environnementale, l'ancienne ministre ayant rédigé en 1998 un rapport d'information parlementaire prônant un renforcement du principe pollueur-payeur. Delphine Batho, proche de Ségolène Royal, à laquelle elle a succédé au siège de député des Deux-Sèvres en 2007, est une spécialiste des questions de sécurité. Elle a notamment été secrétaire nationale chargée des questions de sécurité au PS de 2003 à 2008.

"Le changement… c'est déjà maintenant", ironise Agir pour l'environnement qui estime que "en pleine conférence internationale de Rio+20, ce changement est loin d'être la décision la plus judicieuse qu'ait prise le nouveau premier Ministre français". L'association note que "le remplacement de la ministre de l'écologie ressemble à une valse hésitation [et] s'étonne que le ministère de l'écologie puisse servir de variable d'ajustement dans un jeu de chaise musicale qui n'est pas à la hauteur des crises écologiques".

Le portefeuille élargi de Frédéric Cuvillier

Ce changement intervient alors que huit organisations écologistes, dont Greenpeace, France nature environnement, Guyane nature environnement, le WWF et la Fondation Nicolas Hulot déploraient le même jour l'annonce de la reprise des forages d'exploration pétrolière en Guyane. "Après moult tergiversations la décision calamiteuse est tombée", dénonçaient les ONG.

Par ailleurs, Frédéric Cuvillier, chargé des Transports, voit le périmètre de son ministère élargi. Il est désormais ministre délégué auprès de la ministre de l'Ecologie chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche. De même, Stéphane Le Foll est maintenant chargé de la forêt et devient ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt.

Philippe Collet

Nicole Bricq, victime collatérale des enjeux pétroliers ?

Au lendemain du remaniement ministériel, annonçant le départ de Nicole Bricq du ministère de l'Écologie pour celui du Commerce extérieur, le gouvernement a annoncé la reprise des forages pétroliers au large de la Guyane. Un dossier sensible.

Par FRANCE 24 avec dépêches (texte)

Couac du remaniement ministériel ? Nicole Bricq s’est vu retirer, jeudi 21 juin, son portefeuille ministériel à l’Écologie, et attribuer celui du Commerce extérieur. Même si la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a déclaré que la ministre était "très heureuse de la mission qui lui a été confiée", les critiques n’ont pas manqué de fuser. Car ce remaniement apparaît pour certains comme un désaveu de sa politique.

Le dossier au cœur de la polémique : les forages exploratoires du groupe Shell au large de la Guyane. La semaine dernière, Nicole Bricq avait annoncé la "remise à plat" de l'autorisation accordée au géant pétrolier, afin de réexaminer l'ensemble des permis d'exploration d'hydrocarbures, y compris ceux déjà attribués.

Pourtant, ce vendredi, le gouvernement a annoncé avoir autorisé la reprise des forages. Selon un porte-parole du groupe Shell, le site de Zaedyus, situé à 6 000 mètres de profondeur au nord-est de Cayenne, contiendrait au moins 300 millions de barils de pétrole.

Revirement du gouvernement ?

Interpellés, les défenseurs de l'environnement sont montés au créneau suite à cette annonce, dénonçant un revirement du gouvernement sur ce dossier et une manière d’évincer Nicole Bricq. "On peut se poser la question de savoir si l'arbitrage défavorable à Mme Bricq sur le permis pétrolier de Shell en Guyane n'a pas pu jouer en sa défaveur", a estimé, pour sa part, Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement, joint par l’AFP.

Tandis que l'association Guyane Nature Environnement s'est déclarée déçue, évoquant les risques de marée noire et l'impact des recherches sur la biodiversité marine, Jean-Vincent Placé, le chef de file d'Europe Écologie-Les Verts au Sénat, s'est lui dit "surpris" du changement de portefeuille. "On sait que Mme Bricq connaît très, très bien les dossiers économiques et écologiques (...), je suis surpris", a-t-il dit, indiquant que ce remaniement constituait le "premier bémol" du gouvernement.

L’écologiste a néanmoins souligné que ses commentaires ne mettaient nullement en cause les compétences de Delphine Batho, la nouvelle ministre en charge de la question.

"Manifestement, il s'est passé quelque chose dont j'ignore les tenants et les aboutissants. La seule chose, je ne voudrais pas que le ministère de l'Écologie soit la variable d'ajustement des déplacements de personnes (...) L'écologie mérite mieux, " a-t-il plaidé.

http://www.france24.com/fr/20120622-france-environnement-politique-nicole-bricq-victime-collaterale-enjeux-petroliers-shell-guyane-ministre-ecologie

ça m'étonnerait pas qu'il y ait eu des pressions de Lobbys puissants ...:mef:

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Invité veau2k
Invités, Posté(e)
Invité veau2k
Invité veau2k Invités 0 message
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Tssss, ils nous mènent en Batho :mef:

:o°

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Membre, Dazzling blue², 53ans Posté(e)
eklipse Membre 14 471 messages
53ans‚ Dazzling blue²,
Posté(e)
ENJEUX ÉCONOMIQUES

2012_06_01_12_47_440.jpg

L'ex-ministre de l'écologie avait-elle aussi mesuré les enjeux économiques du dossier ?

Selon les chiffres de Shell, l'exploitation du bassin pétrolier guyanais, à 6 000 mètres de profondeur, pourrait produire 300 millions de barils. De quoi diminuer en partie la facture énergétique française en diminuant les importations d'or noir. Le coût du projet, de l'exploration à l'exploitation, a été évalué entre 5 et 10 milliards de dollars. Et en cas d'exploitation, si les premiers sondages révèlent un gisement de bonne qualité, les retombées pour le DOM ne sont guère négligeables : plus de 1 000 emplois et une taxe de 12 % sur la production répartie à part égale entre la région et l'Etat, votée fin 2011 par l'Assemblée nationale.

"Le départ de Nicole Bricq du ministère de l'écologie est une surprise pour tout le monde, y compris sans doute pour son cabinet", a estimé, jeudi 21 juin, France Nature Environnement. Au sein d'un large collectif d'associations, l'ONG avait indiqué le même jour que "Mme Bricq avait perdu son premier arbitrage puisque les forages guyanais allaient reprendre". Au Parti socialiste, certains expliquaient que "le dossier Shell a eu la peau de Nicole Bricq".

"Le gouvernement est passé à côté d'une décision courageuse, surtout au moment du sommet Rio + 20", déplore Christian Roudgé, le coordinateur de la fédération Guyane Nature Environnement. "Nous avions identifié plusieurs faiblesses dans le dossier, dont l'absence d'étude d'impact, la superposition de l'exploration avec la période de plus grande présence des cétacés en mer, et l'utilisation d'un procédé de forage polluant - des boues avec des huiles de synthèse - interdit par le Code de l'environnement", résume-t-il, se réservant la possibilité d'attaquer les arrêtés préfectoraux au tribunal administratif.

Le dossier guyanais échoit désormais à Delphine Batho qui succède à Mme Bricq. Une seule question désormais : que va devenir l'indispensable réforme du Code minier ? Ou plus encore, quelle politique environnementale le gouvernement veut-il porter ? Un débat qui ne manquera pas d'avoir lieu, au moins, avec son allié politique d'Europe-Ecologie-Les Verts.

Marie-Béatrice Baudet et Laurent Marot (à Cayenne)

http://www.lemonde.f...23112_3244.html

Un débat qui ne manquera pas d'avoir lieu, au moins, avec son allié politique d'Europe-Ecologie-Les Verts.

Mouais, tu parles z'ont aucun pouvoir pour le moment, face aux Lobbies pétroliers ...:mouai: accrochés comme des moules à leur rocher ( ressource pourtant pas illimitée et polluante...)

La fin du pétrole, c’est la fabuleuse histoire d’une matière première qui, en à peine un siècle, a révolutionné la vie des hommes.

Mais aujourd’hui, les réserves de pétrole s’épuisent. Dans sa course folle à toujours plus de production, l’Homme n’a pas su préserver cette énergie précieuse que la Terre a mis des millions d’années à lui offrir. Pour raconter l’aventure du pétrole, Yann Arthus-Bertrand et son équipe sont partis aux Etats-Unis, pays le plus dépendant à l’or noir. En ce début du XXIe siècle, il est urgent de prendre conscience que les ressources en pétrole sont limitées. C’est aujourd’hui qu’il faut agir et s’organiser, pour préparer la nouvelle ère qui s’annonce.

Alors que toutes nos économies sont basées sur le cours du baril, demain, dans 20, 30 ou 100 ans, il faudra vivre sans pétrole. Quelles en seront les conséquences ? Quelles sont les solutions qui s’offrent à nous ? Ce nouvel épisode inédit de Vu du Ciel tente de répondre à ces questions. De la Chine au Bénin, en passant par l’Azerbaïdjan, la Belgique et le Canada, Vu du Ciel nous entraîne dans un tour du monde inédit, à la rencontre de l’or noir.

http://cdurable.info...nce-3,2137.html

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Membre, Posté(e)
et-oui Membre 362 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Les documents révélateurs de la fourberie de nos dirigeantsde quel bord soient-ils.

Mais il est révoltant déprimant et injuste que tant de gensse gavent avec notre argent en s'octroyant des salaires pharamineux dont la moitié suffirait à réduire,considérablement, le déficit au nom duquel le gouvernement actuel ainsi que leprochain nous rebat les oreilles.

Ainsi ils piochent sans vergogne dans nos poches qui sevident, dans certains cas, de façon dramatique; mais qui s'en préoccupe ?

UNE SEULESOLUTION....................... UN REFERENDUM POUR SUPPRIMER DEFINITIVEMENT LESENAT ??

c' est rageant ............ils n'ont pas travaillé à la mine

La prime de chauffage des sénateurs

Et si on supprimait la prime individuelle de chauffage desfonctionnaires du Sénat pour économiser 3,4 millions d'euros par an ?

Dans la série ""cherchons des économies"", on tombe parfoissur des perles.

Selon le magazine Capital :

""les fonctionnaires du Sénat sont payés troisfois plus cher que leurs collègues de l'État""...

Comment expliquer un tel écart ?

En raison d'une accumulation de primes dont bénéficient ces fonctionnaires bienspécifiques.

Un seul exemple : le versement d'une prime individuelle... de chauffage !

Non seulement l'intitulé prête à sourire (y a-t-il des problèmes de chaudièreau palais du Luxembourg ?),

mais le calcul de cette prime laisse rêveur : elle estindexée sur les cours du pétrole.

Comme ceux-ci sont régulièrement à la hausse, il fallait s'y attendre : laprime a littéralement explosé.

""Elle est passée de 1500 euros par an en 2000 à4035 euros en 2011"", selon Capital.

En la supprimant, l'État économiserait donc 3,4 millions d'euros par an.

Dans la même série, un sénateur touche une prime informatique de 1000 Euros parmois .... une honte .........

ils doivent changer d'ordinateur tous les 15 jours........... ou alors ils les revendent à bas prix .....

Le Sénat c'est aussi: - 6,7 milliards placés en actions, en obligations et dansl'immobilier.

- Une retraite pleine au bout de deux mandats

- Sans compter divers avantages "sociaux".

Ainsi, première aberration, le Sénat récupère la CSG pour enrichir sa proprecaisse sociale !!!

dont les remboursements sont singulièrement généreux pour tous.

Notamment en ce qui concerne les lunettes, les soins dentaires et même lesmédicaments, remboursés,

sans exception, à 90%.

Demandons-nous pourquoi nos gouvernants, tout parti politique confondu, neveulent pas appliquer les bonnes solutions pour diminuer la dette .

Plus il y a de déficit et plus les dépenses de nos élus sontindécentes, à croire qu'en désespoir de cause ils veulent mettre le pays aufond du trou .

Il y a un bon coup de balai à donner, de tout bord politique...

Au plan fiscale, l'égalitarisme sociale la gauche s'en donnea cœur joie : Aubry a confirmée le délire :

- 29 milliards d'impôts supplémentaires

- 20 milliards fantômes

La réalité nous devrions être à 50 milliards d'impôts nouveaux, pour 30milliards de dépenses publiques nouvelles

NOUS SOMMES LE PAYS DE L'OCDE LE PLUS TAXE !!!!!!

Nos politiques sont de joyeux utopistes comme d'habitude : retraite à 60 ans,emplois jeunes, retour aux

35 h etc.

ASSISTANAT et FISCALITE RESTENT LES DEUXMAMELLES DU SOCIALISME !!!!!

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Invité centurion
Invités, Posté(e)
Invité centurion
Invité centurion Invités 0 message
Posté(e)

tout ça c,est du vent,completement bidon!!et l,assemblée ce machin bidule,qui ne sert plus a rien puisque c,est Bruxelle qui décide de tout,qui y a t il a l,assemblée ,comme représentant des Français,comme représentant de la république,(rien de rien) qui sont ces gens qui prétendent représenter le peuple de France??(des bourgeois,des patrons,des médecins, des avocats,)) c,est ça la France laborieuse,cette assemblée ressemble comme deux gouttes d,eau a la coure d,un monarque ,que reste t il de républicain,dans cette pauvre France???

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Invité centurion
Invités, Posté(e)
Invité centurion
Invité centurion Invités 0 message
Posté(e)

et bien avec des vert écolos a la solde du gouvernement,c,est pas demain que l,écologie avancera,ungouvernement pro libéral, capitalo-économique,avec des écolos qui se vautrent dans la fangue politicienne,je dirais plutôt vert (cacadoigt)

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Membre, 32ans Posté(e)
economic dream Membre 3 028 messages
Baby Forumeur‚ 32ans‚
Posté(e)

Les Verts sont autant des valets du grand capital que le PS et l'UMP.

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Membre, Dazzling blue², 53ans Posté(e)
eklipse Membre 14 471 messages
53ans‚ Dazzling blue²,
Posté(e)

Les dessous de l'éviction de Nicole Bricq du ministère de l'écologie

LE MONDE | 26.06.2012 à 18h14 • Mis à jour le 26.06.2012 à 18h14

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Tout avait pourtant très bien commencé. Le 16 mai, en annonçant qu'il confiait à Nicole Bricq le portefeuille de l'écologie, Jean-Marc Ayrault faisait ministre une sénatrice estimée de ses pairs pour son sérieux, ancienne strauss-kahnienne ralliée à François Hollande dès 2009 et - ce qui ne gâtait rien - appréciée des milieux de défense de l'environnement pour son combat contre le gaz de schiste. Chargée également du délicat dossier de l'énergie, Mme Bricq avait une autre vertu : sa position, jugée "équilibrée", sur le nucléaire. Assez ouverte et crédible pour discuter avec les "anti", suffisamment pronucléaire pour rassurer un PS majoritairement nucléariste.

Ce que MM. Hollande et Ayrault, séduits par ces qualités, n'avaient peut-être pas mesuré, c'est la très grande détermination de la ministre à modifier en profondeur le système des forages en France. Mme Bricq y avait réfléchi, et elle n'en démordait pas : il fallait obtenir davantage de garanties environnementales et un partage de la rente différent avec les compagnies pétrolières, bref, une remise à plat du fameux "code minier". Le code minier ? Un long texte d'une centaine de pages, extrêmement technique, qui définit ce qu'est une mine, et ce que sont les conditions de son exploitation.

FORME DU CODE MINIER

A l'image de nombreux experts, Mme Bricq et son directeur de cabinet, Géraud Guibert, un magistrat de la Cour des comptes très pointu sur les dossiers, fondateur du pôle écologiste du PS, estiment que le code est par trop favorable aux exploitants, tout simplement parce qu'une compagnie qui découvre un gisement est aujourd'hui quasi certaine de l'exploiter. Mme Bricq, elle, souhaite mettre les compagnies en concurrence pour l'exploitation des gisements. Les forages effectués par Shell en Guyane vont permettre, pense-t-elle, de nouvelles discussions.

Mme Bricq n'est pas seule à souhaiter cette modification du code minier. Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, est sur la même longueur d'onde. Les deux ministres déjeunent ensemble au tout début du mois de juin, avec leurs directeurs de cabinet. Ils définissent une ligne commune : la transparence (les permis seront publiés sur le site Internet du ministère), une réforme du code minier et une révision des permis en cours. Les activités de la compagnie Shell en Guyane sont concernées. Ce qui lie les deux ministres dans cette affaire, c'est la certitude que face aux entreprises, l'Etat n'est pas condamné à sans cesse subir. (perdu, encore une fois l'Etat courbe l'échine !shrunkface.gif)

LE CHOC DES PRÉOCCUPATIONS CONTRAIRES

Tous deux préviennent Matignon de leurs intentions. Réaction de l'équipe du premier ministre : négociez si vraiment vous le souhaitez, mais sans perturber le climat de confiance avec Shell. Toute l'ambiguïté est là. D'un côté, deux ministres soucieux d'un autre rapport de forces, de l'autre un chef de gouvernement et des élus guyanais ayant constamment en tête la défense de l'emploi et le redressement de l'industrie.

Entre M. Ayrault et Mme Bricq, c'est le choc des préoccupations contraires, au moins à ce moment précis, mais aussi de deux tempéraments. M. Ayrault n'aime pas les éclats de voix, mais il se heurte à la rugosité de sa ministre, toute à ses convictions. Il y aura deux échanges très tendus entre eux, les 13 et 17 juin.

Shell et le lobby pétrolier ne sont pas restés inactifs. D'un côté, Shell France accepte, par la voix de son président, Patrick Romeo, de faire de substantielles concessions, qu'il synthétise dans un e-mail envoyé au cabinet de Mme Bricq le 20 juin. En apparence, le document peut faire croire à Mme Bricq qu'elle a eu finalement gain de cause. En apparence seulement. Car, en coulisse, Shell s'agite. Tout le gratin du petit monde pétrolier décroche son téléphone.

DELPHINE BATHO POUR LA REMPLACER

En réalité, dès le 19 juin, le sort de Mme Bricq est scellé. Le jour même, Laurence Parisot se félicite devant l'assemblée permanente du Medef des interventions efficaces de son organisation auprès du gouvernement, pour relayer les doléances de Shell. M. Montebourg, qui a su éviter les affrontements avec M. Ayrault, ne doit qu'à son poids politique de conserver son poste, estime-t-on dans son entourage.

Pour Mme Bricq, le choc est violent. Lors de son voyage à Rio, au Sommet de la Terre, elle discute avec le chef de l'Etat, qui ne lui parle de rien. La ministre de l'écologie n'apprend le sort qui lui est réservé que vers 17 heures, par téléphone, le 21 juin, jour du remaniement. Estomaquée, elle demande cinq minutes de réflexion à M. Ayrault, puis accepte de prendre le poste de ministre du commerce extérieur. Dans son malheur, Mme Bricq a une satisfaction : elle travaillera avec Pierre Moscovici à Bercy, et les deux ministres ont l'un pour l'autre une solide estime.

Delphine Batho prend désormais les rênes du ministère de l'écologie. La nouvelle ministre peut certes arguer d'une certaine sensibilité sur le sujet, puisqu'elle s'est illustrée par la défense du marais poitevin, ainsi que par des prises de position anti-OGM répétées. Mais elle n'a pas l'expérience des dossiers de Mme Bricq. L'affaire laissera suffisamment de traces pour que le très politique sénateur écologiste Jean-Vincent Placé puisse lancer : "C'est quand même un drôle de message."

Anne-Sophie Mercier

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