Aller au contenu

Des réfugiés libyens espionnés à Paris accusent la France


eklipse

Messages recommandés

Membre, Dazzling blue², 53ans Posté(e)
eklipse Membre 14 471 messages
53ans‚ Dazzling blue²,
Posté(e)

1293013981-bashir.jpg

10 AVRIL 2012 | PAR FABRICE ARFI ET KARL LASKE

Le régime libyen a impunément surveillé des réfugiés politiques à Paris, à l’époque du rapprochement Sarkozy/Kadhafi. Victime de cet espionnage, un réfugié toubou, originaire du Sud libyen, Jomode Elie Getty Doby My, longtemps résidant à Toulouse et à Paris, s’apprête à déposer plainte contre Bachir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi, aujourd’hui protégé par la France, et contre Claude Guéant et Nicolas Sarkozy qu’il soupçonne de complicité.

Il s’appuie sur des rapports officiels des services de renseignements, récemment retrouvés en Libye : 5 600 pages de notes d’enquête sur lui et son entourage. Dans un entretien, Jomode Elie Getty assure que plusieurs militants ont été enlevés et tués à la suite de cette surveillance, qui a duré plusieurs années à compter de 2007.

Mediapart s’est procuré plusieurs notes des services secrets libyens qui prouvent l’espionnage de l’opposant toubou. Dans un rapport du 13 juin 2007 (voir ci-dessous), à en-tête de la direction des renseignements, des informations sont transmises sur « de jeunes Libyens, parmi lesquels Jomode Elie Getty, qui habite en France » et qui « exerce des activités contre la Jamahiriya de Libye en utilisant des technologies de communication qu’il est difficile de surveiller ».

Espionnage Libyen

« Nous pensons qu’il faut demander à Bachir Saleh d’acheter des systèmes d’écoutes sophistiqués afin de les surveiller, étant donné qu’il a des relations en France », peut-on encore lire dans cette note.

Alors directeur de cabinet de Kadhafi et son homme de l’ombre, Bachir Saleh gérait les contacts de la Libye avec la France par l’intermédiaire de Claude Guéant, d’abord au ministère de l’intérieur puis à l’Elysée. Le Canard enchaîné a révélé cette semaine que celui qu’il présente comme le « caissier de Kadhafi », exfiltré de Libye par les Français pendant la guerre, dispose aujourd’hui d’une autorisation de séjour sur le territoire de trois mois et d’une protection policière.

Dans un autre rapport des services de renseignements libyens, daté du 20 novembre 2007, deux semaines avant la venue en grande pompe de Kadhafi à Paris, il est indiqué au sujet de l’espionnage de Jomode Elie Getty : « Nous croyons qu’il faut demander à nos délégués par le bureau populaire en France de le surveiller et de mettre ses contacts sur écoute, de les identifier et de les suivre, et de surveiller aussi ses mouvements afin d’empêcher les actes anti-libyens. » La note signale également : « Vu la difficulté, nous demandons la possibilité d’avoir recours à des sociétés européennes qui sont spécialisées dans ce genre d’affaires. »

Dans une note suivante du 16 janvier 2008, les services libyens soulignent que Jomode Elie Getty « continue ses actes hostiles à travers la communication et l’Internet, mais aussi qu’il s’adresse à certaines chaînes de télévision satellitaires étrangères et qu’il essaie de se procurer une radio pour diffuser vers la Libye à partir de la France en langue touboue ». « Il prétend notamment que l’armée libyenne a posé des mines anti-personnel (sic) après son retrait à la fin de l’intervention libyenne au Tchad. Ces informations nuisent à l’image de la Jamahiriya auprès de l’Union africaine », poursuit le document.

5 600 pages de documents secrets

Dans cette même note, il est une nouvelle fois suggéré que Bachir Saleh « qui a de très bonnes relations avec les sociétés françaises et allemandes paye ou couvre les dépenses financières de ces sociétés afin qu’elles lui coupent ses communications et qu’elles empêchent son apparition dans les médias occidentaux ». Selon Jomode Elie Getty, les services libyens envisageaient ni plus ni moins de l’éliminer.

Fondateur du Conseil national toubou et de l’ONG Tibesti, Jomode Elie Getty avait porté plainte, en 2009, devant la Cour pénale internationale (CPI) contre le colonel Kadhafi pour sa responsabilité dans la dissémination de mines anti-personnel dans le Sud libyen. Alors qu’il organisait une exposition photo baptisée « Kûrru Bugidi, le vieux désert », en mars et avril 2010, à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), les autorités libyennes ont étendu leur surveillance aux professeurs de cette institution, affirme-t-il aujourd’hui. Entretien.

Vous êtes entré en possession d’archives du régime libyen qui révèlent l’espionnage dont vous avez été victime en France…

Oui. En novembre, j’ai pris le risque de rentrer en Libye en pleine guerre. À Sabah (ville du Sud libyen – ndlr), nous sommes allés directement aux archives, où l’on a saisi l’équivalent de ce qu’avait pu faire la Stasi en Allemagne de l’Est. J’y ai trouvé mon dossier.

Des notes à en-tête de l’administration du renseignement signalent qu’étant « basé en France », je me livrerais à des opérations contre la Jamahiriya. Il est précisé que j’utiliserais des « techniques électroniques » difficiles à surveiller – j’avais créé un site, tibesti.org. Et l’on donne l’ordre à M. Bachir Saleh (le directeur de cabinet de Kadhafi – ndlr) d’utiliser « ses relations amicales en France » pour m’espionner, puis pour m’empêcher de communiquer.

Avez-vous des indications sur la collaboration des Français ?

J’ai trouvé un dossier de 5 600 pages. Et les Libyens notent plusieurs fois « les Français nous répondent… ». Dès le mois de novembre 2007, il apparaît que les services libyens obtiennent des renseignements sur moi qui ne peuvent parvenir que des Français. Ils ont identifié mon pseudonyme dans ma correspondance avec d’autres militants – « Docteur » –, mon adresse à Toulouse, puis celle à Angers. Ils connaissent mes revenus. Ils s’aperçoivent que j’ai des problèmes d’argent et ils ne comprennent pas ma détermination.

Mais ils élargissent leur enquête à mon entourage. Ils fouillent dans la vie d’un ami photographe. En mars et avril 2010, j’ai réalisé une exposition photo sur la culture touboue à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) à Paris. Et dans les archives des services libyens, j’ai retrouvé des enquêtes sur tous les professeurs du département Afrique de l’Inalco.

Trente-sept personnes ont été espionnées sur leurs habitudes, cherchant à déterminer si elles étaient pro ou anti-Kadhafi. Les rapports vont jusqu’à évoquer leurs problèmes conjugaux quand elles en ont. Là encore, les Libyens n’étaient pas en mesure de recueillir seuls ce type de renseignements en France. Voilà pourquoi je pose aujourd’hui la question de la complicité de Claude Guéant et Nicolas Sarkozy.

Quelles ont été les conséquences de cet espionnage ?

J’ai été cambriolé plusieurs fois et je découvre dans les dossiers qu’il est indiqué « avons envoyé une équipe sur le terrain ». Après l’exposition de l’Inalco, j’ai été contacté par une journaliste, au nom d’un média africain, et j’ai découvert dans les archives qu’elle avait été envoyée pour m’interviewer. Après m’avoir vu, les services précisent que je cherche à « brouiller les pistes ». En août et en septembre 2010, mon organisation a perdu plusieurs militants au Niger, neuf en tout, et j’ai lu dans les archives cette phrase, sans ambiguïté, « avons neutralisé certains amis du docteur ».

Envisagez-vous de porter plainte à Paris ?

Oui. Après l’intervention de Bachir Saleh, dont les contacts avec Claude Guéant sont notoires, des moyens ont été déployés en France contre nous qui n’étaient pas légitimes. Je ne suis qu’un militant : j’ai créé un site d’information, organisé des expositions, j’ai cherché à faire connaître la culture touboue. J’ai été surveillé illégalement et des amis ont disparu à la suite de ces surveillances.

http://www.mediapart.fr/journal/international/090412/des-refugies-libyens-espionnes-paris-accusent-la-france?page_article=2

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant
Invité brindorge
Invités, Posté(e)
Invité brindorge
Invité brindorge Invités 0 message
Posté(e)

médiapart ,celui par qui le scandal arrive

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Dazzling blue², 53ans Posté(e)
eklipse Membre 14 471 messages
53ans‚ Dazzling blue²,
Posté(e)

je dirais plutôt, Journalistes qui divulguent des informations d'intérêt public et nous dévoilent les sombres rouages du Pouvoir, ainsi que la facilité qu'ont certains dirigeants à tourner leurs vestes !

liberté de la presse, contre pouvoir indispensable aux Démocraties!

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Forumeur problématique, Posté(e)
Vasily Membre 1 920 messages
Forumeur problématique,
Posté(e)

Le régime libyen a impunément surveillé des réfugiés politiques à Paris, à l’époque du rapprochement Sarkozy/Kadhafi. Victime de cet espionnage, un réfugié toubou, originaire du Sud libyen, Jomode Elie Getty Doby My, longtemps résidant à Toulouse et à Paris, s’apprête à déposer plainte contre Bachir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi, aujourd’hui protégé par la France, et contre Claude Guéant et Nicolas Sarkozy qu’il soupçonne de complicité.

Il s’appuie sur des rapports officiels des services de renseignements, récemment retrouvés en Libye : 5 600 pages de notes d’enquête sur lui et son entourage. Dans un entretien, Jomode Elie Getty assure que plusieurs militants ont été enlevés et tués à la suite de cette surveillance, qui a duré plusieurs années à compter de 2007.

Merci pour l'info :plus:

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Surhomme Nietzschéen, 50ans Posté(e)
Zarathoustra2 Membre 8 656 messages
50ans‚ Surhomme Nietzschéen,
Posté(e)

La collusion Sarkozy--Kadhafi est inquiétante. Rappelons que Sarkozy souhaita, en 2010, nucléariser la Libye !

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant

Archivé

Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.

×