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4 avril 1968 : Martin Luther King ne rêvera plus…


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Invité David Web
Invité David Web Invités 0 message
Posté(e)

4 avril 1968 : Martin Luther King ne rêvera plus…

Il savait comme personne marier foi religieuse et ferveur politique. Le prophète de la non-violence, qui voulait conduire les Noirs d'Amérique vers la Terre promise de la dignité, est mort assassiné il y a quarante quatre ans. Mais ses paroles résonnent toujours, syncopées comme un “negro spiritual”.

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Un mur à Kansas City - Photo : Alexander Austin

En ces premiers jours du printemps 1968, Martin Luther King écrit son dernier sermon. On n'en connaît que le titre alarmant : « Pourquoi l'Amérique est promise à l'enfer ». Il n'a pas le temps de le prononcer. Le 4 avril, il est abattu devant la porte de sa chambre, sur la coursive d'un motel de Memphis. Le leader du mouvement des droits civiques, Prix Nobel de la paix en 1964, vient d'avoir 39 ans.

Dans les derniers mois de sa vie, il s'est dit déprimé, insomniaque et souffrant, évoquant de plus en plus souvent l'hypothèse d'une fin brutale. « Je ne verrai jamais mon 40e anniversaire », lâchait-il, en 1963, après la mort de John Fitzgerald Kennedy. Son éloge funèbre du président assassiné portait alors toute l'angoisse des temps à venir : « Nous pleurons un homme qui était l'orgueil de la nation, mais nous pleurons aussi sur nous-mêmes car nous savons à présent que nous sommes malades. »

En 68, il n'y aura pas de joli mois de mai de ce côté de l'Atlantique. A l'heure de la guerre du Vietnam, la nouvelle de la mort de Martin Luther King traumatise l'Amérique et sonne le glas d'une ère de chants et d'espoir. Le pays est au bord du chaos, le bruit des sirènes vrille le coeur des grandes villes, l'Amérique noire réclame vengeance, les ghettos se barricadent, les ponts semblent coupés : « Nous nous sommes sentis loin de tout, dit l'écrivain Peter Guralnick, proche du mouvement des droits civiques. Nous étions bouleversés par la mort d'un homme, et par la mort d'une promesse qui portait autant d'espoir pour nous les Blancs que pour n'importe quel homme noir. »

Dans sa nécrologie, le New Yorker va plus loin dans l'expression du désarroi : « Le plus effrayant, c'est qu'on ne peut plus "imaginer" les contours des solutions à nos problèmes. On ne sait même plus à quoi peut ressembler une solution... » La voix de Martin Luther King devient soudain irremplaçable.

En 1968, le pasteur peine pourtant à rallier les foules autour de ses sermons de non-violence. Son image décline chez les militants noirs, qui critiquent son sens du compromis, raillent ses bontés chrétiennes et ses beaux costumes et le surnomment Da Lawd (« le Seigneur »).

Lors de sa visite d'avril à Memphis pour soutenir la grève des éboueurs, le pasteur se sent débordé par la violence des manifestations. On ne saura jamais quelles forces lui restaient. S'il était aux portes de l'impasse ou s'il avait encore en lui les mots qui font se lever les foules.

La mort a tranché. Martin Luther King est devenu une icône sans pareille dont les sermons résonnent dans l'Amérique d'au­jourd'hui. On les écoute en boucle, en janvier, pour l'anniversaire de sa naissance (le 15 janvier 1929), devenu jour férié.

Martin Luther King a grandi au royaume de l'éloquence, au sein même de l'Eglise noire américaine, où les sermons et les chants rivalisent de prouesses et d'intensité pour élever l'âme des fidèles et toucher le coeur des foules. Son père était pasteur, son grand-père aussi, et il a fait des études de théologie à l'université de Boston.

Il s'est penché avec un intérêt tout particulier sur Marx et Hegel, sur la vie et l'oeuvre de Gandhi et sur l'essai sur la désobéissance civique du philosophe libertaire Henry Thoreau. Ses théories religieuses et politiques sont parfaitement structurées, mais son génie est né du courage et de l'improvisation.

Martin Luther King n'a que 26 ans quand, le premier décembre 1955, à Montgomery, dans l'Alabama, la couturière Rosa Parks refuse de céder sa place à un Blanc dans un des autobus de la ville et sème, dans le Sud raciste, une révolte sans précédent. Pour lancer un boycott des transports publics, un meeting se tient, par commodité, dans l'église de Martin Luther King.

Le maître des lieux n'est pas encore au premier rang des meneurs, mais la force de son discours va lui ouvrir les portes d'une immense carrière politique. L'église est pleine à craquer, l'ambiance électrique, le chant des fidèles se nourrit de celui de la foule qui se masse à l'extérieur et le jeune homme se dit transporté (« on aurait cru entendre résonner avec force l'écho joyeux du ciel lui-même... »).

Il prend la parole « sans texte et sans notes » et invente en direct le lyrisme combatif qui va galvaniser les foules pendant des années. « Il vient un temps, mes amis, où les gens se lassent d'être enfoncés dans les abîmes de l'humiliation... C'est ici à Montgomery que les livres d'histoire s'écrivent pour l'avenir... que vit un peuple "aux cheveux crépus et à la peau noire" qui a eu le courage de se dresser pour revendiquer ses droits... »

source.

http://www.youtube.com/watch?v=0gXwbxE6SgM&feature=fvst

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voilacté Membre 5896 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Cela semble tellement loin, et c'est si proche en fait.

Et dire qu'il y a quelques dizaines d'années seulement, la ségrégation sévissait aux U.S.A.

...Dans les derniers mois de sa vie, il s'est dit déprimé, insomniaque et souffrant, évoquant de plus en plus souvent l'hypothèse d'une fin brutale. « Je ne verrai jamais mon 40e anniversaire », lâchait-il, en 1963, après la mort de John Fitzgerald Kennedy.

J'ignorais ce mal être et cette phrase troublante.

...En 1968, le pasteur peine pourtant à rallier les foules autour de ses sermons de non-violence. Son image décline chez les militants noirs, qui critiquent son sens du compromis ...

Ne pas monter les individus les uns contre les autres, mais se battre pour une légitime égalité.

Il est difficile de rassembler les gens, c'est néanmoins ce qui a fait sa force et rendu son discours éternel et universel.

...mais nous pleurons aussi sur nous-mêmes car nous savons à présent que nous sommes malades. »

Tout est dit je pense.

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pila Membre 18571 messages
Forumeur alchimiste‚ 60ans
Posté(e)

J'avais oublié ! Ma mère a eu 31 ans ce jour-là. Elle en aurait eu 75 aujourd'hui.

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epmd71 Membre 10304 messages
Forumeur alchimiste‚ 41ans
Posté(e)

j'arrives pas a comprendre qu'un homme avec ce discours a été assassiner

dérangeant surement

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voilacté Membre 5896 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

"... En 1999, après une longue bataille juridique de la famille King, un jury de Memphis rend son verdict et admet que le leader des droits civiques a bel et bien été victime d'un complot, et non d'un tueur solitaire. ... Aujourd'hui, la famille King cherche toujours le vrai coupable."

On ne le connaîtra probablement jamais.

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