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Terrorisme : aux Etats-Unis, l'armée pourrait emprisonner sans procès


eklipse

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Membre, Dazzling blue², 53ans Posté(e)
eklipse Membre 14 471 messages
53ans‚ Dazzling blue²,
Posté(e)

Terrorisme : aux Etats-Unis, l'armée pourrait emprisonner sans procès

Martin Untersinger

Des militaires américains assistent à un discours de Barack Obama sur l'Irak à Fort Bragg (Caroline du Nord), le 14 décembre 2011 (CHRIS KEANE/Reuters)

Barack Obama avait fait planer la menace d'un veto sur une proposition loi très controversée, qui fait partie de la série annuelle des lois sur le financement de la Défense. Finalement, il signera bien ce texte qui comporte un article permettant à l'armée américaine d'arrêter n'importe quel citoyen soupçonné de terrorisme et de le détenir, en dehors de tout processus judiciaire et pour une durée indéterminée. :mef:

L'opposition à cette loi ne manquait pas de voix prestigieuses : David Petraeus (chef de la CIA), le secrétaire à la Défense Leon Panetta, James Clapper (directeur du renseignement national) et Robert Mueller (directeur du FBI) se sont tous prononcés contre son adoption.

« Tais-toi, tu n'auras pas d'avocat »

Le sénateur républicain de la Caroline du Sud Lindsey Graham était l'un de ses défenseurs. Cité par le Guardian, il explique, avec une rhétorique qui n'est pas sans rappeler la croisade des « néocons » pour le Patriot Act :

« Nous affrontons un ennemi qui fera tout son possible pour détruire notre mode de vie. Il n'est pas injuste de rendre un Américain responsable du fait qu'il a décidé d'aider Al-Qaeda à tous nous tuer [...]. Et quand ils disent “je veux mon avocat”, on leur dit : “Tais-toi. Tu n'auras pas d'avocat.” »

Cette loi a divisé les élus, jusqu'au sein-même du camp des républicains. Rand Paul, sénateur du Kentucky – premier élu de la mouvance du Tea Party – y était très hostile :

« Détenir des citoyens sans procès n'est pas américain. Cela met tous les citoyens en danger potentiel. Quelle sécurité nous donne cette détention indéfinie ? »

« Une tragédie historique »

Les ONG américaines de défense des droits de l'homme étaient évidemment mobilisées contre cette mesure. Human Right Watch a qualifié le refus d'Obama d'opposer un veto à la loi de « tragédie historique pour les droits [de l'homme] » :

« Dans le passé, Obama a souligné l'importance d'être du bon côté de l'Histoire. Aujourd'hui, il est définitivement du mauvais côté. »

L'Aclu (L'Union américaine des libertés civiles, équivalent américain de la Ligue des droits de l'homme en France) fustige le fait que cette loi ait été élaborée « à huis-clos » au Sénat. Elle avertit :

« Aucun endroit au monde, pas même votre propre maison, ne serait hors de portée des militaires. Il n'y aucune exception. »

Les Anonymous s'en mêlent

Sensibles aux questions des libertés, les Anonymous se sont emparés du sujet en publiant l'identité des 86 sénateurs – démocrates et républicains – qui ont voté en faveur de la loi, vidéo à l'appui.

ENCORE UN COUP D'ÉCLAT DES ANONYMOUS

« Nos pères fondateurs doivent être en train de se retourner dans leurs tombes. [...] Nous devons faire ce que les Egyptiens ont déjà fait. Mais à une plus grande échelle. »

Une loi pas si neuve que ça

Pour Glenn Greenwald, journaliste et éditorialiste à Salon, cette loi ne fait que « codifier et clarifier » des pouvoirs que le Président a déjà « exercés ».

« Depuis trois ans, Obama a défendu et consolidé les droits de détention que cette loi confère. Il n'est pas un opposant à la détention indéterminée, il en est un ardent défenseur. »:mef:

Après un passage en commission, le texte de loi doit être à nouveau présenté au Congrès pour adoption définitive.

http://www.rue89.com...s-proces-227550

Loi inquiétante et non démocratique, liberticide, annihilant les droits pour tout citoyen d'avoir la possibilité de se défendre, de prouver son innocence, pendant un temps indéterminé >>>inquiétant :snif:

par trouble fêtes

Lorsque le langage est de plus en plus intoxiqué par des disqualification de l'homme par l'emploi en masse distillé, via les médias collabos volontaires ou par conformistes inconscients, de nombreux qualificatifs déshumanisant tel « délinquants prédateurs » voire « monstres » et autres, je me pose la question sur ce « non nécessairement contradictoire ».

« Prédateur : “se dit des espèces animales qui se nourrissent de proies vivantes”. Telle est pourtant la dénomination dont on affuble nombre de délinquants et notamment les délinquants sexuels. L'expression “prédateur d'enfant” fait désormais partie du vocabulaire juridique au Canada tout comme aux US. Monstre : être difforme qui ne fait pas partie de l'humanité ordinaire. Tel est pourtant le qualificatif qui revient régulièrement dans le discours politique. “Je dis monstre parce que je crois qu'il y a un moment où il faut employer les mots qui correspondent aux situations et ne pas se voiler la réalité” : propos public d'un président de la République français au sujet d'une personne qui venait d » être arrêtée pour meurtre. (Ne pas voiler la réalité ose-t-il ! )

La diabolisation du délinquant est une constante ; se développe ainsi tout un vocabulaire ciblé l'éloignant ou l'excluant du monde des hommes et laissant la place une réaction violente. Nous ne sommes plus au stade des images ou des métaphores. Il ne s'agit plus de dire, différemment, l'effroi ou l'indignation devant des actes criminels. Les mots traduisent et construisent en même temps une idéologie de la répression et de l'exclusion qui peut justifier toute sorte de violence d'État (nécessaire ? ). Quand le mot d'ordre est de nettoyer un quartier « au Kärcher » pour en exterminer la « racaille », il n'est plus question d'hommes mais d'objets. Le nouveau langage a préparé le terrain.

Réification et déshumanisation

Ce langage sécuritaire est la clé d'un monde différent où disparaissent les mots « propres », les termes ordinaires. Dans ce monde « moderne » (depuis la gauche : contemporain ! ) surgissent des sciences, des institutions et des mots nouveaux adaptés l'idéologie du moment.

Une science de la « dangerosité » se développe ainsi, empruntant la psychiatrie et la criminologie, mais aussi la morale ordinaire et au simple bon sens. Les experts habituels sont sommés de s'y rallier ; elle permet, nous assure-t-on, de savoir avec la plus grande précision, partir de grilles « actuarielles » infaillibles, qui récidivera ou pas, qui est dangereux ou non. Ces "monstres" et " prédateurs" de demain, ainsi démasqués, n'iront plus dans des « prisons » mais dans des « centres socio-médico-judiciaires ».

Ils ne subiront pas des peines mais des « rétentions de sûreté ». Ils pourront être gardés indéfiniment dès lors qu'ils n'auront pas apporté la preuve qu'ils ne sont plus dangereux. Mais s'il est déjà difficile de prouver son innocence, la preuve de sa non-dangerosité relève de l'exploit. De mesure de sûreté en peine plancher, de fichier en fichier, se construit ainsi une société de surveillance au maillage extrêmement serré où les libertés peinent à passer et s'étiolent.

Le danger est d'autant plus aigu que la sécuritarisme prend son essor en même temps qu'une autre novlangue technicienne et managériale. Le souci apparent de la gestion, de la performance, l'obsession du chiffre, permet de valider n'importe quelle politique puisqu'il n'est plus question de valeur mais de rentabilité, qu'on juge moins des individus qu'on ne gère des flux, les acteurs de cette nouvelle justice n'étant plus des hommes ou des femmes mais des ETPT (Équivalent Temps Plein annuel Travaillé). Le mot d'ordre est au « traitement en temps réel » (TTR) qui privilégie des procédures judiciaires expéditives.

Aujourd'hui, le langage de la violence d'État : le danger sécuritaire !

Notre époque ne présente aucune originalité. La torture est toujours présente. Tous les facteurs qui peuvent y contribuer d'habitude (facteurs historiques, politiques, idéologiques...) sont plus que jamais présents. La violence ne faiblit pas. Les « ennemis » foisonnent. La parole, comme d'habitude, est mise contribution pour justifier toutes les violences, celle de la torture et bien d'autres.

Si les dangers d'un langage totalitaire ont été analysés et dénoncés en leur temps, de nouveaux périls surgissent, porteurs d'autres cauchemars. D'autres noires utopies apparaissent, très différentes dans leur forme et dans leur contenu, mais tout aussi dangereuses, terme, pour la démocratie. L'une des plus puissantes est celle d'une société de « sécurité absolue », de « tolérance zéro », de « prévention radicale », d'« enfermement préventif », de « méfiance systématique de l'étranger », de « surveillance et de contrôle généralisés » : elle s'écrit et s'énonce chaque jour dans certains discours politiques mais s'infiltre aussi dans le langage commun. Une lente subversion des sens nous habitue lentement parler puis penser ainsi.

Partant d'un légitime souci de paix et de tranquillité, cette théorie sécuritaire exacerbe et détourne le principe de précaution jusqu'alors utilisé en matière d'environnement.

S'appuyant sur la réalité indiscutable de la délinquance, de la criminalité et du terrorisme, le sécuritarisme se propose d'installer peu peu une société préventive dont sont éliminées progressivement toute « déviance » et toute « dangerosité ». Un tel programme d'éradication du risque et de la criminalité nécessite d'abord des mots nouveaux ou légèrement déformés. Monstres, prédateurs, racailles... tout un dictionnaire s'étoffe régulièrement et s'articule en un discours juridique, gestionnaire, technocratique et banalisant. Des figures ennemies apparaissent, porteuses de discriminations et grosses de persécutions.

Les mots, première dérive, premier combat

Un nouveau Goulag se profile...sous forme de camisole psychique ...et fichage d'individus et d'ADN soi disant pathogènes donc à écarter de la société, une société de plus en plus sécuritaire et "eugénique" se profile t'elle ? :snif:

prison_adn-a9f33.jpg

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Membre+, Jeteur de pavés dans les mares, Posté(e)
latin-boy30 Membre+ 9 575 messages
Jeteur de pavés dans les mares,
Posté(e)

Cette loi est dangereuse. Elle a une dimension autoritariste.

En France, on a certaines lois qui font que nous n'avons pas trop de leçons à leur donner, je pense. :sleep:

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Invité Grenadine33
Invités, Posté(e)
Invité Grenadine33
Invité Grenadine33 Invités 0 message
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Pourquoi ne pas autoriser l'exécution sans procès, ça ira encore plus vite. Faut pas s'emmerder avec la paperasse.

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Invité Long Nao
Invités, Posté(e)
Invité Long Nao
Invité Long Nao Invités 0 message
Posté(e)

En France, on a certaines lois qui font que nous n'avons pas trop de leçons à leur donner, je pense. :sleep:

Ou comment fermer les yeux sans avoir mauvaise conscience :sleep:

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Membre, Posté(e)
Sudiste13 Membre 893 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Les Etats-Unis ont toujours fait ce qu'ils voulaient partout dans le monde, ce n'a jamais été une démocratie, c'est un empire impérialiste, arrogant, moralisateur et qui croit toujours avoir raison pour tout. Cet Etat est dangeureux pour tout ceux qui ne sont pas pro-américains...

En gros cet Etat est démocratique avec ceux qui soutiennent l'Amérique et Israel, par contre pour le reste, et surtout les musulmans de nos jours, ils sont traités comme des animaux (voir Guantanamo, Abu-graib...). Cette lois n'a été votée que pour arrêter de façon arbitraire tout ceux qui "dérangent" et de les éliminer purement et simplement... Bref rien à envier à certains pays dictatoriaux...

God Damn America !

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