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Compaoré livre les paysans ouest-africains à Monsanto


existence

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Membre, Posté(e)
existence Membre 5 823 messages
Forumeur activiste‚
Posté(e)

Avec le Burkina et son industrie cotonnière comme cheval de Troie, les industries biotechs mènent une offensive massive pour imposer les OGM en Afrique de l'Ouest. A terme, l'Europe sera encore davantage isolée dans son refus des semences "made in Monsanto". Etat des lieux et des complicités.

L'agriculture du Burkina Faso représente environ 20% du PIB et occupe plus de 80% de la population active. Le coton y a une place primordiale : avec 500 000 tonnes produites par plus de 350 000 cotonculteurs et faisant vivre directement près de 3 millions de personnes, il contribuait pour 60% aux recettes d'exportations du pays jusqu'au boom minier récent sur l'or, matière première qui vient de le détrôner dans les statistiques nationales. Cela ne signifie pas que les cotonculteurs burkinabé partagent cette richesse : la baisse tendancielle et les soubresauts des cours internationaux, couplés aux aléas climatiques locaux et aux scandales récurrents dans la filière (insecticides fournis sans effet, engrais inadaptés, récolte non collectée avant les pluies suivantes, etc.) ont grandement contribué à la paupérisation des paysans. Depuis la vague de privatisation de la plupart des sociétés publiques burkinabé, la production cotonnière est structurée autour de trois sociétés cotonnières du pays (la Sofitex, la Socoma et Fasocoton), qui maintiennent l'approche intégrée selon laquelle cette culture a été développée : elles fournissent ainsi intrants (semences, traitements, engrais) et encadrement technique à crédit, achètent la production cotonnière et commercialisent graines et fibres après la phase d’égrainage.

Après une phase d'expérimentaiont officielle de cinq ans, la Sofitex et la Socoma ont développé depui 2008 la culture commerciale de coton Bt, génétiquement modifié pour produire lui-même un pesticide (la toxine de la bactérie Bacillus thuringiensis) contre certains ravageurs. Ce développement est appuyé par l'Institut national de l'environnement et de la recherche agronomique (ANERA), partenaire de Monsanto dans la conception de la variété génétiquement modifiée utilisée, et de la puissante Union nationale des producteurs du Brukina Faso (UNPCB), créée artificiellement en 1998 à l'initiative des autorités pour disposer d'un interlocuteur censé représenter les producteurs.

Depuis 2008, les producteurs sont donc fortement incités à opter pour des semences de coton GM, qu'on leur présente comme un moyen de réduire fortement leurs coûts de production (la production de pesticide par la plante devant leur permettre de faire des économies de main d’œuvre et de produits phytosanitaires en diminuant les traitements) et d'augmenter leur production. L'information sur les droits de propriété à payer pour ces semences est partielle, et, selon le Syntap, le coût de la semence fournie à crédit atteindrait 54 000 F CFA/ha (deux sacs de semences) contre 1600 F CFA les campagnes précédentes. LE prix de la semence conventionnelle a été considérablement augmenté, sans doute pour réduire l'écart avec celui de la semence OGM.

Les arguments évoqués par les promoteurs du coton Bt sont contredits par l'expérience : d'après les paysans, les récoltes de coton Bt au Burkina ne montrent aucune différence signification de rendement (voire des rendements inférieurs en poids selon de nombreux témoignages : le coton Bt donnerait des fruits avec plus de fibres et des graines plus petites et moins nombreuses, donc un poids inférieur pour une quantité de fibre équivalente ou supérieur - or, les producteurs sont payés au poids) et Monsanto a reconnu récemment l’apparition chez des chenilles de résistances au coton Bt utilisé en Inde. En outre, les témoignages se multiplient sur la défiance des paysans vis-à-vis du coton Bt, qui, outre le prix des semences et ce problème de poids, évoquent des problèmes de santé et d'environnement (dont des intoxications du bétail après consommation de feuilles ou tiges).

Les alternatives et la liberté de choix sont maigres pour les contonculteurs : la production de coton bio, 500 à 1000 tonnes par an au Burkina Faso, est cantonnée à des zones prédéterminées en dehors desquelles il leur est impossible de s'engager dans cette filière, la seule possibilité de refuser les OGM est donc de continuer à réclamer des semences conventionnelles ou d'abandonner cette production.

La production de coton Bt ne cesse de gagner du terrain, au point que l'Agence française de développement table pour cette saison sur un emblavement des 2/3 des surfaces cotonnières. Une telle progression, en seulement quatre campagnes, révèle une forte volonté politique de développer voire imposer cette culture, et laisser imaginer la propagande qui l'accompagne.

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Membre, 37ans Posté(e)
-stephanie- Membre 60 messages
Baby Forumeur‚ 37ans‚
Posté(e)

bonjour,

il me semble que quand un industriel fabrique un OGM il le fait "bretter". cela permet au final de s'approprier le vivant.

les agriculteurs deviennent dépendent des OGM (monssanto les endettes, ils ne peuvent plus acheter des semences "normales", et je crois que tous les OGM sont stériles donc impossible de ressemer, il faut repasser par monssanto).

sur le long terme, si monssanto arrive à s'imposer pour la totalité des semences (je pense surtout aux céréales blé, riz), la planète sera dépendante d'eux : ils fixeront les prix de la nourriture et pourront choisir s'ils ont envie de nous vendre des graine ou pas...

un monopole sur les matières premières alimentaires, youpi!

pour nous convaincre d'acheter leur merde, ils diront qu'il y a beaucoup plus de rendement et que vue qu'on est trop nombreux sur terre, il faut produire plus.....blablabla on connait la chanson.

pour ce qui est de l'Afrique c'est intéressant de voir qu'on investi pour les faire fabriquer du coton au lieu d'investir pour leur permettre de produire de la nourriture...c'est pas comme si il y avait des problèmes de sous alimentation...

ensuite, si on accepte qu'une entreprise puisse s'approprier des organismes vivants, je te laisse imaginer : on commence par les végétaux, puis les animaux et hop les embryons humains....

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