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Vos Plus Belles Histoires d'Amour


Co_

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Invité australometheque
Invités, Posté(e)
Invité australometheque
Invité australometheque Invités 0 message
Posté(e)

Les plus beaux 4 jours alcoolisés de ma vie :)

Le romantisme à l'état pur, survivant avec éclat au chaos dégueulatoire de l'hyper beuverie, seuls au monde parmi 5000 étudiant revenus à l'état pré cro magnon (la musique techno en plus) ... :coeur:

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Membre+, Amiereuse de Nouille <3 Zalakiss, 32ans Posté(e)
Elsa Membre+ 29 929 messages
32ans‚ Amiereuse de Nouille <3 Zalakiss,
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Membre, 31ans Posté(e)
Co_ Membre 93 messages
Baby Forumeur‚ 31ans‚
Posté(e)

Je pars deux jours, je reviens, et hop ! Plein de réponse ! :D Merci à tous, et ça n'est pas fini ! Aller, aller ! On raconte son histoire (si on le veut bien sur). L'attente d'en avoir une à moi devient interminable.

Calisthée !! :blush:

C'est tellement beau :coeur:.

Je vous souhaite tout plein de bonheur, à vous trois :).

Zala, je suis ravie que tu trouves le sujet mignon. J'avais peur de ne pas avoir de réponse. Et si ! :smile2:

Taka... Zut ! xD

Beachboy, accepterais tu de la raconter ? Simple question, si c'est non, je respecte hein ;)

Eheh Chopin, je suis dans le même cas que toi :smile2:

Pep-psy, j'imagine que l'Amour finit par se consumer. Mais, je sais pas, je ressens le besoin qu'on me raconte de belles histoires... Et, oui, effectivement, la notion de romantisme d'aujourd'hui est très différente de celle d'il y a 50 ans... Étrange. Toujours est il qu'il y a eu une évolution, et que je me considères comme romantique, au sens moderne du terme.

Paillette, j'aime bien ton histoire ! Certes, elle ne finit pas par "Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.", mais elle reste mémorable !

Doctor Mox : triste fin, mais, une belle histoire pour toi. Et puis, si tu t'en ai remis... Tout va bien :smile2:

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  • 2 semaines après...
Membre, Posté(e)
scooby Membre 138 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Je pars deux jours, je reviens, et hop ! Plein de réponse ! :D Merci à tous, et ça n'est pas fini ! Aller, aller ! On raconte son histoire (si on le veut bien sur). L'attente d'en avoir une à moi devient interminable.

C'est tellement beau :coeur:.

oui c'est beau une histoire d'amour, mais une belle histoire d'amour est forcèment triste, que dis je désespérée et faire énormément de dégâts!!!!!

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Membre, 35ans Posté(e)
Atalio Membre 369 messages
Baby Forumeur‚ 35ans‚
Posté(e)

Quelle bonne idée ce sujet :D J'ajoute ma pierre à l'édifice, en espérant que pas sa longueur elle ne soit pas trop lourde à digérer ^^'

-J'ai fait de mon mieux pour vous attirer: il y a de l'action (je voyage beaucoup), de la violence (violence des sentiments <3) et, osons le mot, du sexe.

-Cette histoire se déroule sur 6 années, de la 4ème à la première année de classe Prépa (rassurez-vous je résume un minimum mais peut-être pas assez finalement ^^').

-La fille que j'aime dans cette histoire est surnommée Miss.

Collège, de la 4ème à la 3ème. Jamais je ne remercierai assez ces professeurs qui vous obligent à vous asseoir à côté d'inconnus en début d'année, en fonction du simple ordre alphabétique (béni soit-il), sans qu'il vous soit possible de protester. C'est grâce à cette première intervention divine (rendons grâce à mes ancêtres qui portèrent le nom de H***) qu'Atalio H et Miss H furent pour deux années, voisins.

Alors au début, on refuse. On ne veut pas tomber amoureux d'une fille au physique commun, à la mine joyeuse, une fille sportive, belle, intelligente, pleine de vie... certes. On ne veut pas perdre sa liberté ni accepter l'idée qu'on ne pourra plus jamais la voir mais toujours l'admirer. Et puis un beau jour, on se demande pourquoi continuer un combat alors que l'issue où vous vous voyiez seul, vainqueur de vos sentiments, triomphant de vos rêves les plus niais, ne vous semble plus heureuse. Le bonheur réside maintenant dans les gestes et paroles que l'être désormais suprême accepte de vous accorder. Qu'il est doux ce bonheur. A chaque sourire, une nouvelle envie de parcourir le monde en chantant, d'embrasser le professeur, de donner à manger aux somaliens. Je l'épiais dans la coure du collège et tentais de capter ses humeurs. Je discutais de tout avec elle en classe. Elle m'appelait parfois «mon ami». Et cela dura 2 ans. Oh j'ai beau avoir eu vent à l'époque de l'idée selon laquelle il fallait avouer sa flamme à celle qui en était l'étincelle, le plaisir de la contemplation était le plus fort. D'autant qu'elle ne semblait pas «sortir avec quelqu'un» (quel intérêt les gens trouvent-ils à sortir ensemble alors qu'on peut tout aussi bien s'aimer à l'intérieur?), elle évoluait tel un animal imperturbable et magnifique. Je me fis un plaisir de l'aimer en secret pendant ces deux années.

Lycée, de la seconde à la terminale. Où le début du drame. Un déménagement qui tourne mal puisque je m'éloigne de Miss de plus de 75 kilomètres et suis donc contraint de ne pas aller au même lycée qu'elle. Je suis condamné à ne plus la voir et déjà, j'imaginais sur moi l'action bienfaisante du temps qui tente de chasser l'amour par l'oubli. Mais c'est sans compter sur l'existence d'internet et de Msn.

C'est elle bien-sûr qui m'avait demandé innocemment mon adresse Msn (encore une mangeuse de pomme pousse-au-vice) sans savoir qu'elle allait s'immiscer dans les quelques moments de paix relative que m'accordait le temps d'après les cours et d'avant mes rêves. L'ordinateur constituait dès lors mon principal lien avec elle. De la seconde à la terminale, outre quelques courtes périodes où son souvenir s'estompait, je me nourrissais des conversations que nous avions. Les yeux en alerte, je guettais chacune de ses connexions et lorsqu'elle daignait faire son apparition, je n'attendais qu'une chose: le petit enchaînement de notes significatif indiquant qu'une personne vous parle. Cette musique prédisait un nouveau dialogue exaltant et je la comparais à l'avènement du Saint Esprit. J'entamais le moins possible les conversations de peur de trop m'imposer et chaque fois qu'elle était la première à parler j'en tirais une gratification extrême, analysant son premier message comme un acte de foi qui justifiait mon attente et mes sentiments.

Même si par enthousiasme, j'étais l'auteur de trois-quarts des phrases que nous échangions, je n'étais pas aveugle et je tentais de décrypter chacun de ses mots. Je faisais particulièrement attention à la fréquence des apparitions de ses «lol», «xD» ou «mdr», signes si utiles pour déterminer le niveau de concentration de la personne à qui vous parlez (j'ai même eu droit une fois à un imposant «MDDDRRRRRR» dont je me souviendrai toute ma vie).

Le temps passait et avec lui toutes les évolutions et les découvertes que des jeunes lycéens sont susceptibles de vivre. Alors que je ne changeais pas de religion, certains de mes amis espions présents dans l'entourage de Miss me racontaient que celle-ci se «dévergondait». Elle aimait disait-on, faire la fête, boire et sortir avec un mec ou deux, histoire de profiter de sa jeunesse. Je me fichais de ces ragots. Avant toute chose, je désirais son bien être et si elle semblait heureuse dans les bras du premier bouche-trou venu, grand bien lui fasse tant que nous avions nos discussions. Mais il faut avouer qu'au fond j'étais contrarié. J'étais jaloux des yeux de ses petits amis. La reconnaitrais-je si je la voyais? Il m'arrivait de retourner dans la ville de mon collège pour de courts instants et j'étais à l'affut de la moindre ressemblance à Miss sur les visages des passantes innocentes.

C'est pendant l'hiver de l'année de terminale que les événements s'accélérèrent. Mes amis me conseillaient de mettre un terme à cette histoire en avouant tout à Miss. Je devais selon eux, passer à autre chose (peut-être que je leur en parlais trop, que je leur inspirais trop de pitié à aimer plus une adresse électronique qu'une présence réelle). Je commençais à craindre l'issue. Je ne voulais pas regretter le temps où j'étais amoureux. Je voulais profiter de cette belle existence. Alors j'échafaudais des stratagèmes. Mon humble (et parfois malavisée) logique me dicta la conduite qui m'éviterait d'avoir à agir. Après tout, puisque je parlais à Miss assez souvent à l'époque, que je pouvais tout lui dire et que ses réponses m'enchantaient toujours, je me suis dit que nous vivions une relation comparable à celle qu'entretiennent deux amoureux. Je n'avais que faire des satisfactions physiques et je trouvais que nous profitions une amitié privilégiée. Je me déclarais donc, officiellement et pour la première fois, en couple. C'est le lendemain soir, lorsque Miss fut connectée un bref instant pendant lequel elle ne daigna même pas me parler que je décidai de rompre. Qu'est ce qu'un couple lorsque l'une des deux parties ne raconte pas sa journée à l'autre le soir venu? Après l'échec de ma toute puissante capacité de raisonnement, je sentais que le moment des aveux approchait. Je n'en pouvais plus de renaître chaque fois qu'elle me parlait ou de ressentir une profonde tristesse (et la sensation d'avoir attendu des heures pour rien) chaque fois qu'elle ne se connectait pas.

C'est le premier janvier (ou le deux, je ne sais plus) au soir, que je décidai de lui avouer ma flamme. Mais tout de même, après 5ans de secret, je me conseillai de mettre les formes à ce qui pouvait être la fin d'une amitié sincère, dans le pire des scenarii. Et lorsqu'elle se connecta, voilà ce que je lui dis: «-Bonjour Miss, est-ce que je peux t'expliquer un problème assez idiot mais que je n'arrive pas à résoudre?

-Bien sûr.

-Alors voilà: c'est l'histoire d'un mec (tout parallèle avec le début d'un sketch bien connu d'un humoriste bien connu est très mal venu), d'un pote, qui tout bêtement est amoureux d'une fille mais voilà le truc bateau, il veut pas lui dire qu'il l'aime pour ne pas la perdre si elle réagit mal, enfin tu vois le genre.

-Oui je vois ^^ toujours compliqué ce genre de situation.

-Tu n'aurais pas un ptit conseil perso à donner?

-Euh non je ne suis pas douée sur ces questions là dsl ^^'.

-Ok, maintenant imagine que cet ami, c'est moi.

-Ah tu es amoureux :o tu m'avais pourtant dit que tu n'étais pas très sensible dans ce domaine là!

-Oui j'étais gêné... mais alors, tu ne sais pas comment je pourrais régler la question autre qu'en lui avouant ou en ne lui parlant plus jamais? ^^.

-Euh vraiment je ne sais pas trop, comme je t'ai dit j'ai pas l'habitude de parler de ça : /.

-D'accord. Mais maintenant imagine que la fille que mon pote aime, c'est toi.»

Badaboum bim bam, je ne vous raconte pas combien ce «toi» était chargé d'émotion tant il représentait la divine clé de notre relation. Comme l'on se sent fort lorsqu'on veut amener l'objet de ses désirs à comprendre le sens réel des sentiments que l'on éprouve pour lui. On a l'impression d'avouer quelque chose de très important. J'ai voulu la guider pas à pas pour réduire le plus possible toute intensité dramatique. Apparemment, je me suis complètement gouré. Certains pourraient incriminer la façon dont je lui ai déclarée mes sentiments. Personnellement j'y trouve une dose d'originalité qui n'est pas sans aller avec ma démarche. Bref, pour toute réponse, Miss m'a gratifié d'un «...» suivi d'un «oO» puis d'une phrase écrite rapidement où elle me disait que ce n'était pas le bon moment pour lui avouer ça (elle payait encore les errements bucoliques et alcooliques de la nuit précédente). Je lui proposais d'en parler plus tard, mais elle me bloqua et à partir de ce moment-là nous ne nous nous reparlâmes plus jamais sur Msn.

Bon. Ca aurait pu être pire. Elle aurait pu m'insulter aussi. L'espoir de lui reparler s'estompait à mesure que les jours passaient et que je restais collé à mon écran sans que son pseudo n'apparaisse connecté. Mes espions m'apprirent qu'elle était en ligne sans que je puisse le voir, comble de désillusion. Je lui ai envoyée un mail puant d'excuses, tentant de relativiser les choses mais elle n'y a pas répondu. Au début, je me sentais abandonné. J'en voulais au moment où j'avais pris la décision de lui parler. J'étais bien mieux l'aimant en cachette. Je voulais ne jamais avoir connu cette nouvelle sensation, l'impression d'être rentré dans son intimité par effraction, moi qui pourtant adorais collectionner et garder en mémoire chacun de ses mouvements au collège, chacun de ses mots au lycée. Je n'ai sans doute pas supporté de la surprendre, moi qui l'aimais dans son rôle. Je l'avais assez vue pour m'imaginer ce qu'elle écrivait sortir de sa bouche dans un tourbillon de rictus faciaux. Quelle idée de faire apparaître quelque chose de blessant dans le monde du paraître. J'ai eu l'impression de vivre un désenchantement alors même que mes sentiments envers elle étaient toujours aussi vivaces. Ce devait être ça la tristesse.

Classe Prépa, première année, dernière de l'histoire.

Oublie-la. C'est le conseil plein de raison qui revenait dans la bouche de mes amis. Eux avaient beau changer de visage au fil du temps, ce conseil m'était toujours opposé autant que le souvenir de Miss se rappelait à moi. J'avais l'impression que l'histoire n'était pas finie. A la fin du collège, j'avais quitté non sans mal ce sourire qui ornait un visage si expressif mais je devais oublier Miss et la pleurer devant mon ordinateur (que je salue au passage)? Je décidais d'espérer, au moins jusqu'à la première année d'après bac. Je m'étais fixé cette échéance comme pour mettre un terme moins immatériel à cette relation.

Je devais aller en Prépa à quelques 25 kilomètres de chez moi ce qui m'éloignait du collège d'environ 100 kilomètres. Le premier jour de classe, un jeudi, je passais un rapide coup d'oeil à ceux qui devaient être mes futurs camarades de classe. Pas un visage familier. Nous n'étions pas assis par ordre alphabétique et je me promis de ne plus repenser à Miss. J'avais à mes cotés une voisine non pas désagréable d'aspect mais avec un visage trop maquillé et l'air de s'ennuyer par avance du travail à fournir pour l'année. Le professeur titulaire fit alors l'appel puis lu les listes des classes de langue qui regroupaient des élèves des 3 classes de Prépa de notre année. Classe d'Espagnol: -Julie A -Thomas B -Thibault C....... -Atalio H -Miss H.

Dire que j'ai explosé intérieurement c'est manier l'euphémisme avec l'intention de me provoquer. Il me fallut toute la relativisation du monde pour que ma réaction ne se voit pas trop. J'ai dû d'ailleurs avoir quelques tics de circonstance pour que ma voisine prenne peur de moi pour le reste de l'année. Entendre son nom fut un brusque rappel à la réalité d'une part mais aussi à des sentiments et des sensations qui accusaient le poids du temps d'autre part. Une excitation, un stress à vous faire trembler. L'envie de lui parler. C'était la seule personne bien connue au collège que je retrouvais en Prépa. Et c'était celle que j'aimais. Oh il y aurait une période de timidité et d'approche subtile avant de lui parler mais j'avais pour objectif de comprendre pourquoi elle avait eu cette réaction sur Msn, pourquoi elle m'avait bloqué comme on oublie de dire au revoir à un ami qu'on ne reverra plus.

Je l'ai d'abord devinée dans les couloirs, aux inter-cours. Je tentais de vivre pleinement ce rebondissement heureux (quand je vous parlais de sexe) qu'un auteur accorde à son personnage de roman. Regard après regard je la redécouvrais, aussi belle qu'elle l'était à la grande époque, peut-être un peu plus coquette puisqu'elle portait une écharpe bleue ciel et un sac que les filles aimaient alors porter pour se sentir à la mode. Elle souriait et riait toujours autant mais avec la mesure qu'il convient en ces jours de rentrée où les affinités entre personnes ne sont pas encore dévoilées.

Elle était interne et je n'eus de cesse dans les premiers jours de scruter les allers et venus dans les internats de la Prépa. Toujours je la cherchais. Comme nous étions proches! Je devais perdre toute notion d'espace. Peut-être que lorsque nous parlions sur Msn, il suffisait que je sorte pour l'apercevoir et la saluer au loin? Quel gâchis de temps pour finir par se revoir après 3 ans.

Le lundi après-midi, c'était le jour de l'espagnol. Je ne vous raconte pas le week end d'après la rentrée où d'apparence je pouvais faire office de figurant pour un film à petit budget alors qu'intérieurement se jouait une comédie musicale dont Miss et moi étions les principaux chanteurs. Oh je savais que le temps était compté avant un nouveau désenchantement car c'était une joie teintée de sombres nuages. Mais j'espérais encore de cette maladie qu'elle réalise un nouveau miracle et que je me réconcilie avec Miss, voire qu'elle s'explique, voire...

La première fois qu'elle m'aperçut, c'était lundi midi à la cafétéria. Je mangeais seul à une table faisant face à un mur (j'ai toujours été très sociable) et lorsque je tournais mes yeux vers la droite suivant l'habitude que j'avais prise de sonder comme un radar chaque endroit où je me trouvais, je la vis, tenant son plateau-repas, avançant sûre d'elle vers une table plus éloignée avec l'attitude d'une jeune fille confiante en l'avenir et fière de convenir en apparence à son nouveau statut d'étudiante. Elle tourna les yeux et croisa les miens. Elle me sourit d'un sourire qui valait tous les smileys du monde. Je lui rendit son sourire, certes d'une façon moins assurée, avant de fondre sur ma chaise pour la deuxième fois de l'année. Ce n'est que plus tard que nous témoignâmes du respect mutuel que deux anciens camarades de classe sont en droit d'attendre l'un envers l'autre.

Elle agissait comme si les trois années de lycée n'avaient jamais existé. Cela me rendait fou. Comment pouvait-elle faire semblant de ne pas se souvenir de la dernière conversation que nous avions eue? Je décidai d'attendre le bon moment pour tirer les choses au clair, pour lui parler de ce sujet qui me tenait à cœur depuis ces quelques 6 mois. Le lundi était devenu mon jour préféré de la semaine. Je commençais à la redécouvrir et à ajouter aux souvenirs que j'avais d'elle les quelques changements visibles qui parfois m'enchantaient, parfois me dérangeaient. Outre l'intérêt qu'elle portait désormais à sa tenue vestimentaire, elle marchait en compagnie d'une chose plutôt déplaisante à regarder, une camarade femelle qui se voulait «gothique» au vu des nombreux piercing qui poussaient sur son visage, de ses vêtements noirs et de ses cheveux... noirs. Cette jeune harpie respirait la joie de vivre et sentait bon la crise d'adolescence inachevée. Il me fallait trouver un moment où je puisse avoir toute l'attention de Miss et rouvrir avec elle le vieux dossier de nos conversations en ligne. Chose d'autant plus délicate qu'elle s'était apparemment trouvé un copain. Je les observais parfois quand ils s'embrassaient longuement. On aurait dit qu'ils mâchaient chacun le chewing gum de l'autre tant leurs lèvres soudées formaient des vagues agitées par on ne sait quel effet lunaire. Cette image avait malgré tout tendance à m'apaiser car Miss semblait dans ces moments là heureuse et sereine.

C'est une fois de plus et pour la dernière fois un coup du sort, certes moins remarquable que celui qui nous avait réuni dans cette Prépa, qui me permit d'aborder Miss, sans que le monde en soit mêlé. Je prenais le train tous les jours pour aller en cours tandis qu'elle ne le prenait que pour rentrer le week end. Nous n'avions pas les mêmes horaires de train et je n'arrivais pas à la croiser à la gare. Un mercredi matin, alors que je descendais du train pour prendre le chemin habituel vers la prépa, je me suis souvenu que Miss avait été absente le lundi pour cause de maladie. Elle était restée chez elle et devait donc à un moment dans la semaine prendre le train pour se rendre ensuite à l'internat. C'est suite à cette réflexion, que machinalement et comme poussé par une alarme interne inexplicable, je me retournai sur le quais de la gare pour voir si par hasard elle ne se trouvait pas dans le flot des voyageurs qui sortaient encore du train que j'avais pris. Elle était là, tirant d'une main sa valise d'interne, faisant aller son bras d'avant en arrière ou peut-être était-il dans sa poche je me m'en souviens plus. Je l'admirais.

Grâce à Dieu, je ne suis pas croyant et n'interprète en aucune façon cet enchaînement de hasards, aussi plaisant soit-il, comme le signe d'une intervention divine. Mais tout de même, parfois on se dit qu'on est vraiment verni. Certains scientifiques évoqueraient sans doute les effets d'hormones, de phéromones et d'autres substances que je devais sécréter à en inonder la gare. En tout cas j'avais devant moi, sans compter le métro et le vacarme qui l'accompagne, une bonne quinzaine de minutes pour lui parler. Nous échangions alors des banalités qui me faisaient regretter le temps de nos discussions sur internet. Se pouvait-il qu'elle soit devenue si ennuyeuse? Elle devait penser que sa façon de profiter de la vie mélangeant soirées festives, beuveries et chaudes rencontres la faisait déjà se sentir hors norme et au delà de toute critique liée à un quelconque conformisme. Elle semblait sûre d'elle-même, de ses envies pas toujours sérieuses et j'avais du mal à discerner en elle cette paix intérieure que l'on peut trouver chez les personnes «entières». Excepté comme je l'ai dis, quand elle s'abandonnait dans les bras de son beau gosse de copain. Quelle tête de mannequin il avait celui là... un corps d'athlète, des cheveux frisés et un humour qui sentait bon le narcissisme. Il n'en était pas à sa première copine, ni certainement à sa dernière. Mais je m'égare et j'aurais pu vous raconter nombre de détails que je vous épargne pour en finir avec cette histoire d'amour déçu.

C'est profitant du passage d'un énième ange pendant notre conversation que je décidai de lui poser brutalement mes questions. En tout cas c'est ce que mon esprit avait décidé mais il semble que ma bouche ait voulu faire grève pile au moment fatidique vu la façon dont je bégayais. «Au sujet de nos discussions sur Msn...» ma gène n'avait alors d'égale que mes sentiments pour Miss mais ma volonté l'emportait sur ma timidité au point d'avoir été, je crois, compréhensible. Elle se sentit soudain mal à l'aise et j'étais pour la première fois assuré de ressentir la même chose qu'elle, ce qui nous rapprochait l'un de l'autre au delà de mes espérances. Même si ce sentiment correspondait à une gène intense.

Comment décrire le désastre qui suivit? En racontant brièvement qu'elle tenta de se dérober, affirmant d'abord que tout ce que j'évoquais était du passé, qu'elle avait changé depuis le collège et qu'il fallait passer à autre chose et bla bla bla. Elle m'affirmait ne pas m'avoir bloqué sur Msn avant de changer de sujet maladroitement. Je rendis les armes. Plus jamais je n'aurais de discussion sincère avec elle. Je mis un certain temps à lui en vouloir. Lui en vouloir non pas parce qu'elle ne m'aimait pas, ni même parce qu'elle a réagi dans cette histoire d'une manière que je considère peu futée. Lui en vouloir d'être devenue ce qu'elle est devenue. C'est quand je la vis fumer dans la coure qu'un sentiment de colère naquit en moi et chassa les quelques restes de tendresse que j'avais pour elle. Entendons-nous bien, mes parents fument, mes ami fument, je fume et mon chien fume lorsque nous sommes dans la même pièce qu'un fumeur. Mais venant de sa part, c'était comme l'ultime manifestation de son désir d'être en conflit avec le monde. Même s'il est possible que cette idée ne décrivait pas la réalité, le simple fait d'y penser dépassa ce que j'étais capable de supporter et je me promis de ne plus confondre la collégienne avec la jeune femme qu'elle était devenue. Je garderai néanmoins en mémoire pour longtemps l'image de Miss façonnée par mes rêves et par mes souvenirs.

Je me demande encore à ce jour ce qui l'empêchait de parler de mes sentiments de façon amicale, épurée de toute tension dramatique. Peut-être l'ennuie. Après tout, je ne désirais pas la lune: rester ami avec Miss mais l'avoir avertie de ce que je ressentais. Est-ce si terrible de supporter un ami (une connaissance) qui vous aime? Je l'aurais aimée comme un moine aime Dieu, sans pouvoir l'atteindre jusqu'à ce que mes sentiments s'essoufflent. J'espère qu'elle gagnera en maturité avec le temps et qu'elle cessera notamment d'enchainer les histoires d'un jour car il me semble que ce n'est pas le meilleur moyen d'être heureux. Ni ça ni se saouler la gueule. J'ai de mon coté était heureux d'avoir vécu une telle histoire et j'espère que votre lecture ne fut pas trop déplaisante.

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Membre+, Amiereuse de Nouille <3 Zalakiss, 32ans Posté(e)
Elsa Membre+ 29 929 messages
32ans‚ Amiereuse de Nouille <3 Zalakiss,
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Wow... Ton histoire, tu l'as écrite comme un livre.. Je suis bluffée par la profondeur, mais aussi par l'écriture, merci du témoignage.. J'ai tout lu, et meme rien que le fait que t'y mettes autant de détail prouve qu'elle ne t'es pas indifférente, .. Mais c'est plus de l'amour c'est certain.. J'en suis bouleversée

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Membre, 31ans Posté(e)
Co_ Membre 93 messages
Baby Forumeur‚ 31ans‚
Posté(e)

Wow. Quelle histoire ! Finalement triste. Mais, on sent qu'il y avait un amour sincère de ta part. C'est tellement frustrant. Je suis droguée aux comédies romantiques, et, dès le début de ton histoire, et ce jusqu'au "Classe d'Espagnol: -Julie A -Thomas B -Thibault C....... -Atalio H -Miss H.", je m'imaginais une fin heureuse. Mais non... :(

Qu'en est t-il désormais ? As-tu tourné la page ?

P.S : Ton histoire n'a été en aucun cas déplaisante à lire. Tu as un talent d'écriture énorme !

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Membre, 35ans Posté(e)
Atalio Membre 369 messages
Baby Forumeur‚ 35ans‚
Posté(e)

Merci pour vos compliments!! :D J'ai tourné la page au moment où je l'ai vu fumer sa cigarette, parce que cette image, peut-être plus qu'une autre, ne correspondait vraiment plus à l'image que j'avais d'elle. J'adore me souvenir de certains temps forts même si ça s'accompagne d'un certain stress. Maintenant je suis libre de retomber amoureux, fort de l'expérience acquise. Et j'ai hâte ^^

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Membre+, Amiereuse de Nouille <3 Zalakiss, 32ans Posté(e)
Elsa Membre+ 29 929 messages
32ans‚ Amiereuse de Nouille <3 Zalakiss,
Posté(e)
:bo: :)
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  • 3 semaines après...
Membre, 37ans Posté(e)
bestMuse Membre 3 060 messages
Baby Forumeur‚ 37ans‚
Posté(e)

au début c'est beau ç fait tout chaud au ventre,tu as l'impression de te réveiller au paradis et t'endormir au paradis,tu es toujours sur ton nuage,avec un air niais.....puis après l'histoire d'amour devient plus un casse tête qu'autres choses et tu redescends sur terre de force....après le rêve c'est le cauchemar qui prends place...et ensuite tout est une question de temps pour oublier,et ce temps parait si long....voilà un an....et j'y pense encore malgré le fait que je n'ai plus vraiment de sentiment......et toujours pas prête à donner ni recevoir.....ne garder que les bons souvenirs,c'est ça le plus important!!!

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