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Momo, Farid et Le Grand


Arkon

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Arkon Membre 202 messages
Baby Forumeur‚ 45ans‚
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Dans un autre style, je vous propose cette nouvelle inspirée par une chanson des Garçons Bouchers, qui m'a accompagné pendant mon adolescence. Elle m'a tellement marqué que quelques années plus tard, lors que je l'a réécoutait, j'eus envie d'écrire à ma vision de cette histoire chantée.

C'est un peu long, j'espère que certains auront le courage d'aller jusqu'au bout :yahoo:

Bonne lecture!

Arkon

Momo, Farid et Le Grand

"C'était un peu comme si je planais au dessus de la pièce. Je sentais que mon esprit n'était plus vraiment dans mon corps, tout ce que je ressentais me semblait si lointain. Le mot qui décrirait le mieux ce moment est « paisible », selon moi. On s'en fout de tout ce qu'il peut y avoir aux alentours, rien n'a plus vraiment d'importance. On se sent tellement zen, tellement relax. ça doit pas être possible de ressentir ça sans aucune substance..."

Avec un petit à-coup, je me redressais dans le siège auto qui avait été amélioré et qui désormais occupait une place privilégiée dans le salon du Grand. Faut dire que le reste de son mobilier était principalement constitué de choses récupérées à droite à gauche, voire dans des déchetteries. Personnellement, je choisissais toujours ce siège, l'odeur d'un fauteuil jaune et rouge ne m'inspirait guère confiance, tout comme les taches brunâtres recouvrant une grande partie du canapé.

Momo me regarda avec un sourire en coin.

"Je t'avais dit que c'était sympa! T'as vu, le décollage est immédiat!"

"Ouep, ça traîne pas... T'as dit que ça s'appelait comment?"

"Du protoxyde d'azote. C'est ce que les gens utilisent pour faire leur crème chantilly eux-mêmes. Vendu en grande surface!"

"Sympa le protoxyde... Le retour dans cette piaule pourrie est un peu difficile mais l'expérience était plaisante"

Effectivement, le retour à la réalité était rude. Je me retrouvais de nouveau dans l'appart moisi d'un de mes seuls potes. Momo, le Grand et moi nous connaissions depuis toujours. On habitait dans une banlieue crasseuse qui ne promettait que la prison ou l'usine aux jeunes. Comme beaucoup, nous avions rejeté le système. Nous vivions la nuit et essayons de survivre comme on le pouvait. Le peu d'argent qu'on arrivait à dégotter finissait invariablement dans de l'alcool ou de la drogue.

Nous savions que nous n'avions pas de futur, et que même si avions mis toute notre énergie pour nous en sortir, nous n'aurions réussi sans doute juste à sombrer dans une profonde dépression. La France donne une chance de s'en sortir à certains mais pas à d'autres, ça, nous l'avions accepté depuis bien longtemps. Toutes les journées que l'on passait se ressemblaient. Nous nous levions alors que le soleil était haut dans le ciel puis nous nous retrouvions peu de temps pour tuer le temps ensemble. L'après midi était souvent occupé par une partie de foot ou de basket selon le ballon que nous arrivions à trouver, on traînaient ensuite, à gauche à droite. Puis quand venait la soirée, si c'était le week-end, on allait en boite ou dans un bar, ou selon les finances on tentait de s'incruster dans des soirées perso. Et la semaine, on se retrouvait chez Le Grand et on cherchait à fuir cette société pourrie comme on pouvait.

Mes deux amis venaient très rarement chez moi, car j'habitais encore chez mes parents et ceux-ci étaient plutôt du genre « prise de tête ». Je passais la moitié du temps à m'engueuler avec eux ou avec mon frère. Momo lui habitait avec sa copine, Claire. Ils partageaient un petit studio qu'ils arrivaient à payer grâce au salaire de Claire qui travaillait chez Carrefour. Ils peinaient souvent à joindre les deux bouts¿ Momo avait du mal à ne pas dépenser le peu d'argent qu'il gagnait dans des petits boulots ou en vendant occasionnellement de la drogue mais malgré ça, ils avaient l'air heureux. Enfin, aussi heureux qu'ils pouvaient être dans cette société qui s'acharnait à nous rejeter.

Voila comment était mon passé et comment je voyais le futur.

Mais un jour, Momo et Claire reçurent une enveloppe officielle. Cette lettre avait été envoyée par les huissiers mandatés par leur propriétaire. Ils les sommaient de régler très rapidement les trois mois de loyer qu'ils avaient en retard sous peine d'expulsion. C'est la première fois que nous entendions vraiment parler des problèmes financiers de Momo. Il fondit en larmes lorsqu'il raconta toute l'histoire. Claire avait dû passer à mi-temps « de force » pour des raisons de rentabilité de l'entreprise. Elle avait dit à Momo qu'elle ne pouvait plus continuer comme ça et qu'elle songeait à partir refaire sa vie à Montpellier, là où sa soeur habitait.

Nous écoutâmes Momo parler en essayant de le soutenir mais on n'avait pas de solution à lui proposer, ni même de l'argent à lui prêter. Pour l'occasion, j'étais allé emprunter de l'argent à Sophie et avais acheté une grande bouteille d'un whisky bas de gamme. Momo bu beaucoup, Le Grand et moi en fîmes de même car ce n'est pas seulement sa vie qui s'effondrait, c'était tout notre univers qui était menacé. Tous les trois nous nous endormîmes presque simultanément, un goût amer dans la bouche.

Lorsque je me suis réveillé j'ai vu que Momo était déjà parti. Le Grand lui ronflait bruyamment. Il était avachi dans une position qui semblait plutôt inconfortable. L'imaginant se réveillant plié en deux, m'aurait arraché un sourire en temps normal mais là, je n'avais guère le coeur à rire. Je rentrai alors chez moi pour finir ma nuit, en titubant légèrement à cause de l'alcool qui côtoyait mes globules rouges.

Quand nous revîmes Momo, il n'avait plus ce regard désespéré mais, au contraire, une lueur de défi brillait dans ses yeux. Il nous avait appelé quelques minutes plus tôt en nous disant qu'il voulait me voir avec Le Grand urgemment. Il ne nous fallut peu de temps pour nous rejoindre.

C'est là que Momo nous parla de son plan. Un de ses amis, facteur, lui avait parlé un jour de l'argent qu'une Poste brassait. En fin de journée, il pouvait y avoir plusieurs milliers d'euros.

Le plan était simple et nous sembla terriblement efficace. Tous les trois dans une voiture volée, le visage caché par une cagoule, les mains gantées. On avait juste à se garer devant la Poste, sur les places réservées aux fourgons. Armés de répliques de pistolets, les vrais coûtant trop chers, on menaçait les guichetiers qui ne devraient pas avoir besoin de beaucoup d'arguments pour vider leurs tiroirs caisses. Ensuite, on avait plus qu'à partir à une dizaine de kilomètres, on mettait feu à la voiture et on s'évaporait dans la nature. Simple, rapide, efficace. Les chances qu'ils arrivent à nous retrouver étaient infimes.

La seule chose qui me posait problème était le fait qu'on utile des armes en plastique. Les gens allaient-y croire à notre supercherie? Momo attrapa un sac poubelle dans son sac à dos et pose délicatement trois répliques d'armes à feu sur la table. Elles étaient tellement surprenante que je dus en prendre une en main pour être sur qu'elle soit en plastique. L'une d'elle était même un pistolet à eau.

"Si on arrive masqué en brandissant ça, ils n'y verront que du feu. Il faut juste être persuasif et montrer qu'on est prêt à tuer".

Momo n'avait rien à ajouter, il avait tout dit. Il nous regardait d'un air interrogateur.

C'est Le Grand qui prit la parole en premier, d'une voix hésitante :

"Il me faut un peu de temps pour y réfléchir... C'est pas comme faire ses courses, ça peut être dangereux."

Momo eut une expression déçue, il se dirigea vers la fenêtre et regarda dans la rue. Quand il se retourna, un air de mépris ornait son visage, comme si ce qu'il avait vu dehors ne lui avait pas plu.

"J'ai pas le temps, il me faut l'argent très rapidement". Il sembla hésiter avant de continuer. Son attitude haineuse s'effaça instantanément et j'eus l'impression de revoir l'adolescent trop sensible, perturbé parce qu'il s'était fait attrapé par l'épicier en train de chaparder des chewing-gum. Il soupira avant d'ajouter : "J'ai volé une voiture aujourd'hui, il faut faire le coup demain en fin de journée. éa sera avec vous ou sans vous¿ mais je le ferais."

Je sentis ma cage thoracique se comprimer. Ce vague projet un peu loufoque devenait subitement terriblement réel. Je me levai rapidement et inspirai à grandes bouffées en faisant quelques pas. Un silence pesant se mit à régner sur la pièce. Momo tentait de garder son calme mais il avait beaucoup de mal à empêcher ses jambes de trembler. Le Grand, lui, regardait dans le vide, perdu dans ses pensées.

Conscient de la terrible décision que je devais prendre je demandai un délai à Momo. Nous décidâmes de passer la soirée séparément pour pouvoir réfléchir et de nous contacter le lendemain, tôt, pour donner nos réponses.

Sur ces mots, je quittai la pièce sans rien ajouter. Mon esprit était déjà en train de vagabonder dans des futurs possibles. Je marchai longuement, m'imaginant tour à tour dans un appart avec un vrai boulot et Sophie à mes côtés, heureux, puis je me visualisai seul, dans une prison morne et délabrée. Cet argent pourrait me permettre de prendre un nouveau départ, quelques milliers d'euros, c'est peu mais finalement ça pouvait permettre beaucoup de choses.

Tandis que je parcourais les ruelles désertes et que j'étais sur le point d'abandonner ce plan aux gains peu prometteurs je mis soudainement à imaginer ce que devait être la vie de Momo, et tout ce qu'il endurait chaque jour. Comment arrivait-il à garder de l'espoir pour le futur ? On avait toujours été là les uns pour les autres. C'était beaucoup plus que de l'amitié qui nous unissait. Je ne pouvais pas le laisser seul faire ce plan. A trois c'était risqué mais seul c'était peine perdue.

Une sensation bizarre m'assaillit. Ma gorge était nouée, comme si j'avais peur de quelque chose. Pourtant, je savais que j'avais peu de choses à perdre. Si le plan échouait et qu'on était arrêté, on serait logé et nourri. Peut être était-ce autre chose. N'avais-je tout simplement pas peur de la mort?

Je restais des heures durant assis sur un escalier pour essayer de répondre à cette question mais quand le soleil se leva je dus me résoudre à rejoindre les autres, sans être fixé.

On avait rendez-vous devant le terrain de foot bétonné, celui qui accueillait régulièrement nos matchs contre les autres personnes du quartier. Momo était déjà là, il n'avait visiblement par dormi de la nuit lui non plus. Quand il me vit, il esquissa un sourire et vint à ma rencontre. Une brève embrassade me prouva le soulagement qu'il ressentait de me voir.

Nous attendîmes près d'une heure notre troisième compagnon, et au moment où on était en train d'émettre quelques doutes quant à sa participation, nous vîmes une haute silhouette marcher en se tenant la tête. Le Grand avait du dormir un peu mais sa soirée lui avait laissé des marques. Il grimaça en s'approchant de nous comme pour nous intimer de garder le silence pour épargner son cerveau douloureux.

La journée passa extrêmement vite. Une fois plusieurs cafés ingurgités au bistrot du coin, nous sommes allés chez Le Grand. Nous avons répété des dizaines de fois le plan, pendant que le post de télé diffusait des jeux télévisés où l'on pouvait voir des gens souriants concourant pour gagner des millions, à dix mille lieues de ce que l'on était en train de vivre.

Puis Momo nous passa quelques extraits de film pour nous montrer la marche à suivre. Bien qu'il s'agissait de fictions, il y avait toujours de bonnes idées à prendre quant à l'attitude à avoir envers les clients et les employés.

Inexorablement, le temps passa. Et alors que l'heure approchait, le silence s'était fait dans la pièce. Chacun était plongé dans ses pensées et combattait mentalement ses peurs. Momo se leva et nous regarda tour à tour. Nous sûmes que le moment était venu. Nous avons échangé qu'un bref regard, et, sans prononcer un mot, chacun de nous pris un manteau sous le bras et fourgua une cagoule et une réplique de pistolet dans sa poche. Momo nous guida alors derrière un immeuble délabré et nous montra la voiture qui devait nous servir de moyen de locomotion.

Il s'agissait d'un ZX blanche qui semblait sur le point de tomber en morceaux, vu la quantité de rouille qui ornait la carrosserie. Devant nos mines un peu déconfites, Momo déclama :

"Si j'avais pris une Porsche, les flics nous auraient déjà arrêtés!"

Tandis que Le Grand soupirait, je faisais le tour de la voiture pour voir si il n'y avait pas un morceau vital qui pourrait se détacher au prochain freinage. Après avoir effectué ma rapide vérification, je rejoins mes deux amis. L'émotion était forte et je crois que pour la première fois depuis bien longtemps des larmes auraient pu couler de mes yeux. Mais il ne fallait pas. Je sais que si je montrai la moindre émotion, cela aurait pu briser mes amis et aurait voué notre plan à l'échec.

C'est Le Grand qui fit le premier un petit geste d'affection. Il nous serra tour à tour et alla s'installer à l'arrière de la voiture. Je fis une tape sur l'épaule de Momo et lui glissai un petit mot d'encouragement : "ça va aller...".

Je pense que ma voix tremblante donnait peu de crédibilité à ces mots mais Momo sembla s'en contenter et m'adressa un sourire crispé. Il monta dans la voiture et glissa la clé dans la fente. Il la tourna et la voiture démarra instantanément, ce qui nous réconforta quant au moteur contenu dans cette poubelle.

Il roula tranquillement jusqu'à la Poste, ce n'était pas le moment de se faire arrêter. Arrivés à une centaine de mètres, Momo nous dit, d'une voix dure "Allez les gars, c'est le moment... Soyons forts. Pour un meilleur avenir !". Il sortit sa cagoule, se la mit sur le visage et prit son arme factice dans la main. Nous l'imitâmes tandis qu'il garait la voiture d'un mouvement brusque à quelques mètres de la Poste. Sans hésiter nous gravîmes les marches et pénétrâmes dans l'agence.

Momo entra le premier et se mit à hurler quelque chose que je n'ai pas compris. Il bouscula quelques personnes en braquant son pistolet sur eux. Les clients, surpris par cette irruption nous regardèrent avec des yeux ébahis. Momo vint se poster, menaçant, devant le premier guichet. La jeune femme qui se trouvait en face pâlit instantanément. Elle se mit en tremblant face contre terre, les mains sur la tête. Le braqueur s'étira pour attraper le tiroir caisse mais celui-ci ne s'ouvrit pas. Il força dessus mais rien à faire, il est verrouillé. Momo se mit à crier sur la guichetière au sol pour que celle-ci lui ouvre. Elle était terrorisée et mis un temps interminable pour se relever sur ses jambes flageolantes. Elle pressa un bouton et le tiroir s'ouvrit, mettant à vue de tous des piles de billets et des tas de pièces.

J'avais l'impression que tout se passait au ralenti, chaque seconde semblait s'éterniser pendant des heures. J'étais toujours à l'entrée. Une pression surhumaine m'avait paralysé. Je sentais que des gouttes de sueur commençaient à perler sur mon front. Le Grand était à côté de moi, figé lui aussi, incapable de faire le moindre geste pour aider Momo. La peur était insurmontable, il me semblait que si je m'avançais plus en avant, je ne pourrais jamais ressortir.

Momo, pendant ce temps était passé au deuxième guichet et avais ouvert la caisse. Il laissait les billets en place, je ne sais pas si c'était pour qu'on les récupère ou s'il pensait les prendre en sortant. Il s'approchait du troisième guichet lorsqu'on entendit une sirène provenant de dehors. Les flics avaient été rapides... ou alors c'est nous qui avions été lents, je ne saurais le dire. Tous les trois, nous nous regardâmes, comme si on espérait qu'un d'entre nous ait une idée. Mais personne n'en avait. Momo fut le plus prompt à réagir, il prit une misérable poignée de 50 euros et partit en courant. Je lui emboîtais le pas, suivi de près par Le Grand.

Le gyrophare bleu était en train de tourner et les policiers nous tenaient en joue, à l'abri de leur voiture. Momo n'hésita pas une seconde et continua sa course. Sans prévenir les pistolets firent feu. On entendit les balles filer au dessus de nos têtes, nous incitant à la baisser le temps d'arriver au véhicule. Les portières étaient encore ouvertes et nous nous engouffrâmes dedans le plus rapidement possible. Le moteur avait calé et Momo tourna en vain la clé de contact.

Ne sachant pas ce que je devais faire, partir en courant ou me rendre, je relevai la tête pour voir ce qu'il se passait. Deux policiers, sortis de leur couvert pointaient leurs armes dans notre direction. Un bruit de détonation retentit. Je tendis la main, les doigts écartés, devant moi dans une protection dérisoire.

La balle dessina une toile d'araignée dans le pare brise, qui se teinta une fraction de seconde plus tard d'un rouge écarlate quand le projectile pénétra ma poitrine. Un étrange frisson parcourut mon corps tout entier, mais je ne ressentis aucune douleur. Ne comprenant pas ce qu'il se passait je mis la main sur la blessure et regardai tout ce sang qui se répandait. Je tournai la tête vers Momo qui me regardait incrédule, il semblait vouloir me dire que tout était de sa faute et qu'il était désolé pour ce qu'il s'était passé. Une larme coula sur sa joue. Elle arrivait près du menton lorsque sa portière s'ouvrit brutalement. Plusieurs mains s'engouffrèrent et l'extirpèrent de la voiture. Il ne fallut pas longtemps pour que des menottes vinrent enserrer ses poignets. Il allait, sans doute, prendre dix ans de prison pour braquage à main armée, ruinant, définitivement, tous les espoirs qu'il avait mis dans ce braquage. Pour sa belle, ce sera long... trop long?

Le bruit de son arrestation me sembla bien lointain même si elle se passait à quelques mètres de moi. Ma vision suivit mon audition et commença à son tour à me faire défaut. J'avais de plus en plus de mal à respirer, il fallait que je trouve de l'air libre. Mes jambes ne répondirent pas lorsque je posai le pied dehors et je m'affalai sur le trottoir devant l'épave qui nous avait amenés à la Poste. Un spasme fit bouger mes membres et je ressentis une brève douleur mais cela n'avait aucune importance.

Je relevai la tête et vis, en bas des escaliers, le corps inanimé du Grand, face contre terre. Je pensais qu'il était dans la voiture mais quelque chose l'avait stoppé avant, sans doute une balle. Son pistolet à eau baignait dans une flaque de sang grandissante. Je fis quelques mouvements pour ramper vers lui et voir comment il allait, mais les forces me quittaient et je me retrouvai bientôt dans l'incapacité d'avancer plus. Je basculai sur le dos et regardai le ciel bleu. Le soleil commençait à décliner mais je sentais toujours ses rayons réchauffant sur mon corps. C'était la seule chose que je pouvais encore ressentir. Une silhouette passa devant la lumière et se pencha sur moi. Il s'agissait sans doute d'un pompier ou d'un quelconque médecin qui venait essayer de me sauver après que les policiers m'aient tiré dessus de sang froid, pour que je puisse purger ma peine.

Je n'en avais que faire. Je savais que pour moi il était trop tard. La balle avait laissé un sillon meurtrier à travers mon corps et il me restait que quelques dizaines de secondes à vivre. Mes pensées allèrent tout d'abord vers Sophie. Je revoyais tout ce que l'on avait vécu, tout ce que l'on avait partagé, tous les projets qu'on avait essayé de construire ensemble, toutes ces promesses que je lui avais faites et que je ne pourrais malheureusement pas tenir. Dans un autre monde, nous aurions pu être tellement heureux ensemble !

Puis mes pensées se dirigèrent vers mon enfance, je me revis avec mes deux camarades, jouant les durs à la sortie de l'école. On se sentait fort tous les trois, on pensait que rien ne pourrait nous arrêter tant que nous resterions ensemble.

Je nous revis à l'adolescence, fumer notre premier joint ensemble et subir nos premiers échecs amoureux. Pis ensuite, je nous revis quelques jours en arrière quand Momo été venu nous voir en pleurant.

J'allais quitter la Terre d'une manière misérable, abattu telle une bête sauvage. Au seuil de la mort, j'avais beau ressassé tout ce qui m'avais amené à ça, je n'arrivai pas à savoir à quel moment nous avions fait le mauvais choix. D'ailleurs, j'en venais à me demander si à un quelconque moment nous avions vraiment eu le choix.

La vie ne m'avait pas laissé beaucoup de chance. Je n'étais simplement pas né au bon endroit ni au bon moment. J'avais connu les meilleurs amis du monde et ensemble nous avions essayé de nous en sortir.

Mais cela n'avait pas marché... tant pis...

le 10/08/08

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Invité château
Invités, Posté(e)
Invité château
Invité château Invités 0 message
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tu sais quoi ? ça manque de sexe... lol

nan sérieux c'est bien, cette fraternité est touchante, rafraichissante, les dialogues sont bien tournés, et à la fin on se demande qui écrit puisqu'il est mort m'enfin ptêtre que c'est ça qui donne une certaine profondeur au texte, après tout ce narrateur ne serait-ce point la voix de la conscience collective des jeunes de cette génération qui ont pour seul point commun avec moi (qui suis milliardaire) de trouver cette société pourrie ; perso j'y ajoute tout ce qui est humain, voire carrément vivant, j'éprouve une fascination sans bornes pour la mort, et donc voila ce texte est ptêtre un peu trop vivant à mon gout mais c'est très subjectif

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Membre, 45ans Posté(e)
Arkon Membre 202 messages
Baby Forumeur‚ 45ans‚
Posté(e)

Ah ok, je mettrai plus de sexe la prochaine fois (faut contenter ses lecteurs)... t'es plutôt grosse ou petite poitrine? Comme y a que toi qui poste des commentaires, t'as le droit de choisir :rtfm:

Donc oui, bon sinon c'est marrant que tu dises que mon texte est trop vivant, étant donné la fin...

J'ai une certaine tendance à écrire des textes qui, tôt ou tard, fleurte avec la mort. Je vais voir si je peux trouver une nouvelle potable dans mes archives qui est bien glauque et du coup moins vivante que ce texte là. :yahoo:

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Invité château
Invités, Posté(e)
Invité château
Invité château Invités 0 message
Posté(e)

une poitrine normale ça suffira je pense :rtfm:

toute façon moi je regarde toujours les hanches en premier :yahoo:

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