Aller au contenu

Réflexions sur les neurones


existence

Messages recommandés

Posté(e)
existence Membre 5 722 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Les neurones sont reliés entre eux et peuvent s'activer et s'inhiber. Un neurone peut-être plus ou moins activé. S'il est inhibé, il n'a aucune activité, mais s'il est activé, des potentiels d'actions (PA) sont émis. Un PA est une tension électrique qui se propage le long de l'axone du neurone. L'axone est donc la "sortie" du neurone. Plus le neurone est activé, plus il y aura de PA émis. L'intensité de l'activité d'un neurone est donc la fréquence des PA qui parcourent son axone. Il y a une fréquence maximale étant donné qu'il y a un espacement minimum entre les PA. Si ce minimum est atteint, le neurone est saturé. Les PA émis à leur tour activent ou inhibent les neurones suivants.

Le neurone ne stocke donc pas une intensité, il ne fait que la transmettre, ou bien il ne transmet rien du tout s'il est inhibé. L'activation ou inhibition d'un neurone dépend des synapses qui lui sont connectées. Elle peut se faire via des neurotransmetteurs ou bien avec des synapses électriques. Bien que diverses molécules puissent servir de neurotransmetteurs, il n'y a que deux effets différents au niveau des synapse : l'activation ou l'inhibition. L'utilité d'avoir différents neurotransmetteurs est de pouvoir moduler sélectivement l'activité de certaines synapses. En effet, certaines molécules, notamment des protéines, ont un effet sur les neurotransmetteurs ou bien les imitent. On utilise cet effet lorsque l'on prend des substances psychotropes comme le chocolat, le café, la cigarette, les antidépresseurs ou d'autres drogues.

Le fonctionnement d'un neurone individuel est à sens unique, c'est-à-dire que l'activation ne peut aller que dans un sens. Cependant, il peut y avoir une rétroaction plus ou moins directe. Un retour négatif aura tendance à empêcher l'activation et un retour positif aura tendance à maintenir une activation. Des neurones peuvent donc se maintenir mutuellement activés, ou au contraire peuvent s'inhiber les uns les autres, ne permettant qu'à un seul d'entre eux d'être activés. On peut faire une analogie avec les rapports sociaux. Si on répond par la sympathie à la sympathie de quelqu'un, et que l'autre fait de même, alors il y a un renforcement des relations d'émulation, tandis que si l'on est désagréable à la sympathie de quelqu'un, et que l'autre fait de même, il y a un éloignement mutuel. Cependant, cette analogie est limitée, parce que les rapports sociaux sont complexes, et parce que les comportements des gens sont basés sur des besoins alors que les neurones n'ont pas de besoins.

Un neurone ou un groupe de neurones A n'est pas toujours directement connecté à un neurone ou groupe de neurones B, mais il peut y avoir un chemin entre les deux, c'est-à-dire une succession d'activations allant de A vers B. Le chemin peut être inhibé ou activé par d'autres neurones alentours, il y a donc un contexte. Il se peut que si le contexte est neutre, l'activation de A n'entraîne pas l'activation de B, mais que si le contexte est positifs, c'est-à-dire que d'autres neurones activent partiellement les neurones du chemin, l'activation de A entraîne l'activation de B. Par exemple, quand on est dans une certaine situation, on se souvient de certaines choses. Il se peut qu'en voyant un objet, on se rappelle qu'on doit faire telle ou telle action. Il se peut aussi qu'avec un contexte neutre, l'activation de A entraîne toujours l'activation de B, mais qu'avec un contexte négatif, cette transmission de l'activation ne se produise plus. Par exemple, on peut être inhibé dans certaines situations, ne pas penser des choses qu’on penserait dans une situation où l’on est plus à l’aise.

On peut schématiser les relations entre deux neurones A et B ainsi. En supposant un certain contexte (positif, neutre, négatif ou complexe), le neurone A a des effets d'activation ou d'inhibition sur B au cours du temps, qu'on peut représenter par une courbe valant au début zéro et étant en positif ou en négatif au cours du temps. S'il n'y a pas d'effet, la courbe est horizontale. Dans ce même contexte, le neurone B a des effets sur A, qu'on peut également représenter par une courbe. Les effets les plus tardifs étant ceux pour lesquels le chemin est long, parce que les axones sont longs ou qu'il passe par de nombreux neurones intermédiaires.

Deux choses viennent compliquer ce tableau. D'une part, le contexte est rarement constant. Il peut être lui-même changé indirectement par A ou par B. D'autre part, si A et B ont un effet réciproque, on peut aboutir à une courbe qui continuera de fluctuer à long terme. Par exemple, l'activation de A pendant 100 millisecondes peut entraîner au bout d'une seconde l'activation de B également pendant 100 millisecondes, qui à son tour entraîne l'activation de A pendant 100 millisecondes. On aboutit alors à une activation alternée de A et de B chaque seconde.

Bien entendu, le cas cyclique est un cas particulier. Si on suppose que A correspond à la pensée à une voiture, et que B correspond à la pensée à un radiateur, alors on pensera alternativement à une voiture et à un radiateur. Il peut y avoir davantage de neurones ou groupes de neurones en jeu. Par exemple, il se peut que la pensée d'une personne A nous fasse penser à une personne B qui à son tour nous fait penser à une personne C qui enfin nous fait penser à la personne A.

De manière plus générale, les activations peuvent être un neurone ou un groupe de neurones, et peuvent correspondre à la pensée d'un objet, d'une personne ou un groupe de personnes, d'une émotion, d'une situation, d'un mot, etc. Le langage permet d'exprimer ces activations. Le mot et le symbole étant activés par la perception d'un objet, son imagination ou bien par d'autres symboles. Il se peut aussi que le temps entre les différentes activations soit variable, et qu'on ait une succession qui d'un point de vue symbolique est cyclique (ABCABC...) mais qui en fait correspond à des temps différents entre chaque symbole.

La pensée d'un individu, ou plutôt les activations des neurones d'un individu sont complexes. En effet, il peut y avoir plusieurs cycles en même temps, de longueurs différentes, et aussi des successions d'activations non cycliques. Ensuite, de nombreuses activations sont inconscientes. C'est le cas notamment des neurones de la perception. La perception consciente de notre environnement ne se situe pas aux premiers neurones qui analysent le son, les images, la posture etc. Ces derniers sont complètement à sens unique. Nous ne pouvons que recevoir leur information. Cependant, au niveau de la perception consciente, qui se base sur la perception inconsciente, une rétroaction est possible. Par exemple, on peut imaginer un son, une musique, une forme etc. Le rêve illustre le cas extrême où n'ayant aucune perception venant de l'extérieur, la totalité des sens est générée par l'individu lui-même. Les systèmes visuels et auditifs étant plutôt orientés dans le sens de l'observation, il n'est possible de les utiliser librement comme espace de projection mentale que si les stimulations extérieures sont de faible intensité ou bien constantes.

Une structure symbolique, constituée d’un réseau de neurones, est immergée dans le cerveau, ce qui fait qu’il y a un contexte global d’activation ou d’inhibition. Il peut alors se passer deux choses. D’une part, il peut y avoir des symboles qui sont inhibés, ce qui fait que le fonctionnement est altéré voire bloqué. Par exemple, la peur peut entraîner une inhibition du cortex frontal ce qui empêche de penser. D’autre part, il peut y avoir des symboles qui sont activés, également depuis « l’extérieur » de la structure symbolique, ce qui sature les neurones et empêche également les activations de se transmettre parmi les symboles du réseau. Par exemple, une émotion intense, ou bien une information importante comme le froid ou la faim, font que les activations des symboles ne suivent pas la logique de la structure, mais une autre logique. On aura alors de la difficulté à réfléchir de manière posée et logique selon les circonstances. L’activation perturbatrice peut venir des neurones perceptifs.

Dans notre psychisme, il y a de nombreuses structures différentes, qui ne peuvent pas fonctionner toutes en même temps. Un neurone peut faire partie de plusieurs structures de réflexion, mais dans le cas où il participe à plusieurs structures en même temps, que signifie son activation ? Cela ne peut avoir de sens que s’il représente quelque chose de commun. Certaines situations sont sources de stimulations qui réveillent des façons de pensées ou des souvenirs endormis. On se souvient alors soudainement de quelque chose, ou bien on se souvient qu’on voulait faire quelque chose. Parfois aussi, on apprend quelque chose en étant dans un certain état, et dans une autre situation, on est plus capable de se souvenir de ce qu’on avait appris, parce que le contexte de la structure n’est plus le même.

De manière plus générale, le fonctionnement de notre psychisme à un moment donné masque d’autres structures psychiques, pas seulement parce que certains neurones sont inhibés, mais aussi parce que d’autres sont saturés. Plus l’activation est forte, plus les structures existantes sont emportées comme par une tornade ou masquées, mais elles ne cessent pas d’exister. Sitôt l’activation perturbatrice s’estompe, sitôt le fonctionnement précédent se rétablit. On peut donc avoir l’impression d’avoir tout oublié, ou bien l’impression que l’on ne peut plus faire quelque chose, parce que les neurones qu’on utilisait d’habitude sont perturbés. Mais c’est une illusion, qui se maintien tant que l’activation (ou l’inhibition) perturbatrice est présente.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Annonces
Maintenant
Posté(e)
azad2B Membre 3 589 messages
Le prendre au sérieux, nuit gravement à la santé‚
Posté(e)

Bonjour.

Remarquable

Reste à savoir si une explication aussi "mécanique" du cerveau, ne répond pas avant tout au souhait que l' on a de soutenir une théorie... plutôt q' une autre. Les phénomènes "chimiques' dont le cerveau est le siège permanent, les modes de stockage de l' information sont passés sous silence. Mais honnêtement il serait malhonnête de vous en tenir grief. Et quand je parle de phénomènes chimiques, je vais bien au delà de la bonne vieille chimie de papa avec ses molécules dessinées à plat et ses branches de valence bien nettes. Non, je pense à de la chimie quantique, où par exemple, l' atome d' hydrogène occupe une position bien définie, par rapport aux deux autres atomes de carbone, pas obligatoirement dans le même plan. Bref à une chimie telle que nos plus puissants laboratoires ne seraient à coté que des salles de jeux d' écoles maternelles.

Mais attention, n' allez pas vous méprendre sur le sens de mon intervention. En aucun cas je n' essaie de faire croire que le principe de fonctionnement de notre cerveau pourrait avoir une origine autre que celle dictée par les lois de l' évolution. Donc pas de relents mystiques plus ou moins nauséabonds. Je reste matérialiste. Tout en gardant ma faculté d' émerveillement. Lequel émerveillement n' en est que plus respectable.

Merci, donc pour ce schéma.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Posté(e)
existence Membre 5 722 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

 

Reste à savoir si une explication aussi "mécanique" du cerveau, ne répond pas avant tout au souhait que l' on a de soutenir une théorie... plutôt q' une autre.

Ben l'explication en question répond aux désirs d'arriver à expliquer quelque chose à partir du constat du fonctionnement des neurones. En quelque sorte de relier la nature des neurones et la nature de l'esprit. Alors bien entendu, il y a des développements que je n'ai pas fait, comme par exemple la mécanique des fluides si on l'applique à la propagation de l'activité des neurones. Mais je crains que cela ne deviennent rapidement très compliqué. Le côté schématique est à prendre plutôt d'un point de vue pédagogique, et non comme une explication stricte. Je pense qu'on peut faire appel à sa sensibilité pour mettre en perspective chaque affirmation que j'énonce.

Les phénomènes "chimiques' dont le cerveau est le siège permanent, les modes de stockage de l' information sont passés sous silence.

Pas tout à fait, je les mentionne en tant qu'ils affectent l'activité des neurones pour ceux qui ont des récepteurs qui sont concernées par les molécules ayant un effet sur l'esprit. Je n'ai pas parlé non plus des mécanismes d'apprentissages qui sont très importants, et qui sortent du simple fonctionnement d'activation/inhibition. Cela nécessite des molécules, notamment des protéines, qui vont renforcer les connexions qui produisent l'activation correspondant à ce qui est appris.

Non, je pense à de la chimie quantique, où par exemple, l' atome d' hydrogène occupe une position bien définie, par rapport aux deux autres atomes de carbone, pas obligatoirement dans le même plan.

J'ai l'impression que vous confondez la chimie quantique et la structure tridimensionnelle des molécules.

Mais attention, n' allez pas vous méprendre sur le sens de mon intervention. En aucun cas je n' essaie de faire croire que le principe de fonctionnement de notre cerveau pourrait avoir une origine autre que celle dictée par les lois de l' évolution.

Je comprends et je partage votre point de vue. Cependant, de là à dire que le mysticisme est nauséabond, je ne me permettrais pas d'aller jusque là.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Posté(e)
azad2B Membre 3 589 messages
Le prendre au sérieux, nuit gravement à la santé‚
Posté(e)
J'ai l'impression que vous confondez la chimie quantique et la structure tridimensionnelle des molécules.

En première analyse, oui. Mais à la réflexion ? Parce que les propriétés de la molécule complexe, ne sont elles pas issues de l' état de chacune des molécules "simples" ? Lesquelles de celles des atomes qui la composent ?

Cependant, de là à dire que le mysticisme est nauséabond, je ne me permettrais pas d'aller jusque là.

C'est vrai, que c' est probablement un peu extrémiste. Mais au vu du peu de cas que les mystiques, font d' individus, tels que moi, et à l' évocation de ce qui pourrait bien arriver, à moi et à mes semblables, s' ils obtenaient les coudées franches, je persiste à .... me boucher le nez en leur présence.

Mais tout ceci nous écarte du sujet qui reste le cerveau. Et du mode analogique qui semble être son grand principe de fonctionnement et dont on peut se demander comment il a pu me conduire à ressentir des impressions olfactives. :blush:

Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Posté(e)
existence Membre 5 722 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
En première analyse, oui. Mais à la réflexion ? Parce que les propriétés de la molécule complexe, ne sont elles pas issues de l' état de chacune des molécules "simples" ? Lesquelles de celles des atomes qui la composent ?

Certes. Mais encore ?

C'est vrai, que c' est probablement un peu extrémiste. Mais au vu du peu de cas que les mystiques, font d' individus, tels que moi

Alors tu te sens mis en danger par les mystiques ? Qu'entends-tu par mystique précisément ?

Mais tout ceci nous écarte du sujet qui reste le cerveau. Et du mode analogique qui semble être son grand principe de fonctionnement et dont on peut se demander comment il a pu me conduire à ressentir des impressions olfactives.  :blush:

Un branchement inattendu entre les neurones olfactifs et d'autres neurones ?  :coeur:

Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Annonces
Maintenant

Archivé

Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.

×