Le peuple de Mavole - Totem du Serpent


Mavole Membre 260 messages
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Chronologie

An 0 :

-Quatre chasseurs du village sont tués, emportés par les Pères des créatures au cours de la Chasse.

-La nouvelle est apportée au village, et les Anciens l'interprètent comme le signal du départ vers une autre contrée.

Age primitif - an 0.

La chaîne de montagnes arides que l'on appelle "Le Serpent" est nommée ainsi pour deux raisons.

La première, parce qu'on y trouve en abondance de minuscules serpents, inoffensifs pour l'homme et pour la plupart des animaux. En réalité, il ne s'agit pas de reptiles, mais de longs vers sifflants, recouverts d'une chitine aux éclats de vermillon. Cette couleur, très vive dans leur jeunesse s'altère peu à peu avec les années d'exposition au soleil, à ramper sur un sol de poussière. Ils déposent ainsi sur le sol de minuscules particules d'un rouge éclatant, et la terre de ces montagnes, aperçue de loin par quelque visiteur, lance des reflets ocres le jour, et renvoie les rayons de lune par les sentiers constellés. Craintifs, ils s'enfuient rapidement aux vibrations menaçantes du sol, et ont appris à reconnaître les battements de coeur de leurs ennemis par une sensibilité extraordinaire. Ces vers se nourrissent de plantes et des dépouilles d'animaux morts ; ils ne disposent pas de bouche, mais se plaquent à leur repas et assimilent les éléments nécessaires à leur survie. Les quelques habitants des basses collines ont très tôt conclu, à tort, que leur couleur rouge provenait du sang qu'ils aspiraient, et que ces animaux étaient gorgés du sang des morts : alors, ils avaient appris à brûler leurs défunts, afin de ne pas permettre à ces vers d'amener sans cesse sous leurs yeux le sang sacré de leurs cadavres.

La seconde raison est liée à la morphologie même du paysage : la plus haute de ces montagnes est recouverte d'écailles. Les élytres ne sont que de roche, par une extraordinaire érosion de l'eau et du vent qui ruisselle sur ses versants. Mais pour ces hommes et ces femmes qui ont appris depuis si peu de temps la maîtrise du feu, la présence d'un Dieu formidable endormi au creux des montagnes ne fait aucun doute. Et chaque colline, chaque sommet, représente pour ce peuple qu'un des oeufs du Dieu Serpent, prêt à éclore à tout moment dans une explosion de lave et de fumée. Alors, le Fils du Serpent s'envole vers le ciel, répand son venin brûlant sur la région, et disparaît après quelques jours pour de lointaines contrées.

Pour empêcher que les oeufs n'éclosent, le peuple des basses collines pratique des rituels à chaque pleine lune, c'est à dire lorsque l'astre est si brillant qu'il risque d'empêcher de dormir les Fils du Serpent. Chaque membre, des deux sexes, enfant ou vieillard, portent alors des masques colorés et larges, aux rictus déformés et aux yeux terribles, censés effrayer l'Oeil du ciel, celui du Dieu qui souhaite réveiller ses enfants. Composés de morceaux de bois et taillés grossièrement, ornés de plumes, ils sont conservés pieusement dans la hutte la plus éloignée du village, et gardée par les plus forts des chasseurs. A la naissance d'un individu, c'est le rôle de la femme du chasseur et des parents de confectionner le masque du Nouveau-Né : qu'un seul membre n'ait pas son masque, et l'"éclosion volcanique" aura lieu, précédée des battements de coeur du Serpent qui font trembler la terre.

Le peuple des basses collines célèbre aujourd'hui sa nouvelle victoire sur l'Oeil, à l'aube d'un jour de pluie. Les masques terribles ont repoussé une nouvelle fois l'éclosion, et les chasseurs ont quitté le village pour rapporter assez de viande pour un grand festin : douze d'entre eux descendent jusqu'à la plaine afin de traquer leur gibier, et se séparent.

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Invité Elerion
Invité Elerion Invités 0 message
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L'herbe est haute, un petite groupes de 4 chasseurs décident de continuer seul. Le groupe restant, constitué des 8 chasseurs a la prétention de ramener une proie imposante: Le village compte de plus en plus d'habitants, et le froid piquant de l'hiver est proche. L'air est humide, les nuages sont près à déverser leur flots de précipitations. Le groupe de 4 continue vers le nord, il traque un paire de gibier. Les traces se précisent de plus en plus et l'odeur est de plus en plus présente.

Nos 8 chasseurs sont inquiets. Les traces laissées par l'immense proie sont énormes. La plaine se voit souillée par d'immense trace de pas et le paysage est complètement dévasté. De nombreux arbres sont brisés et reposent tristement sur le sol. Talouk , l'un des chasseurs regarde ses frères. Il est inquiet. Il pose sa main dans l'une traces laissée par la mystérieuse proie. Elle est énorme. Talouk est perplexe quant à cette chasse mais les autres sont tout excités par la révélation.

Soudain, un cri déchire subitement la plaine, Talouk est effrayé, mais il est déjà trop tard ....

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Mavole Membre 260 messages
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Les chasseurs accourent dans la direction du hurlement, qui n'avait rien de celui d'un homme. Les buissons d'épines entravent leur course, griffent leurs jambes et leur arrachent des plaintes, contenues derrière un visage de pierre sculpté par des années à affronter les rudesses de la vie de chasseur. Au sol, des traces nombreuses de pieds, de l'herbe battue, des morceaux de vêtements arrachés. Et au milieu du chaos de la bataille, les lances des vaincus, leurs propres frères, plantées ici et là, brisées en deux telles de simples brindilles par des mâchoires improbables. Au centre de la scène funeste, un arbre courts et rachitique n'offre plus que d'horribles baies infectes au bout de ses branches tordues.

Quatre de leurs frères ont répandu leur sang, pour la première fois. Les huit hommes du village des basses collines ne manifestent pourtant aucune rancoeur, et la tristesse n'attise pas la colère. La vengeance n'est pas dans leur nature : depuis de longs hivers, ils ont pourchassé les créatures de toutes espèces, volantes, rampantes, ou recouvertes d'une fourrure si épaisse qu'ils en ont créé des vêtements. Aujourd'hui, les Dieux protecteurs de ces créatures ont repris leur droit, avec l'accord de la Mère Fertile et Nourricière. Le message est clair pour eux : le temps est venu de partir vers les contrées voisines, plus propices à leur survie, là où les Pères de leurs proies ne sont pas réveillés, avides de la chair des hommes. Talouk et ses frères s'en vont porter les auspices au village, en silence.

Leur retour, qui aurait dû être un moment de grande fête, n'apporte que de l'inquiétude au peuple du Serpent. Les quatre veuves sont isolées trois jours, le temps du deuil, pendant lequel elles jeûnent et se livrent à des scarifications sur le visage. Au terme de ce temps de douleur, chaque habitant leur apporte de multiples marques d'affections ou des présents symboliques, des bijoux ou de la nourriture. Car, ainsi marquées par la fatalité, elles deviennent des Mères du village, et s'occuperont désormais de la communauté. Les secrets de la guérison leur seront révélées, comme ceux de l'accouchement, et elles se consacreront à soulager les douleurs de la tribu autant qu'aux menus travaux. Leurs orphelins sont aussitôt replacés dans des familles voisines ou amies, tandis que les plus âgés passent ainsi à l'âge adulte, et revêtent les atours de chef de famille. Il leur faudra trouver une femme au plus tôt, et déjà les anciennes du village préparent leurs filles et les parent d'élégantes peintures.

Le temps est pourtant aux préparatifs de voyage : cette terre, habitée depuis les pères de leurs pères, leur a offert tout ce qu'elle avait. Ils préparent des cérémonies pour la remercier, avant de devoir la quitter, car tel est l'ordre des choses. Quelques très vieux hommes pratiquent l'extaspicine, mais aucun signe néfaste n'est reconnu à l'unanimité. Le peuple des basses collines fixe la date du départ à dix lunes, pendant lesquels ils ne conserveront que le strict nécessaire et brûleront leurs anciennes cahutes. Les poteries de céladon sont minutieusement enroulées dans les fourrures, comme des trésors inestimables. Les techniques de cuisson de la céramique sont la grande fierté de ces familles, qui n'ont de cesse de les perfectionner. Afin de déterminer leur nouveau domaine, des éclaireurs sont envoyés dans plusieurs directions afin de trouver d'autres collines, plus hautes que la vaste plaine et protégées par la chaleur des oeufs du Grand Serpent. Il n'est pas question de quitter la montagne d'écailles, mais il s'agit de trouver un versant plus favorable.

L'échéance arrivée, l'incendie est déclenché par les enfants des quatre chasseurs disparus. Ce geste symbolise le rejet de l'ancienne peau, afin de renaître plus jeune. Le renouveau du clan viendra de ces jeunes guerriers marqués par l'implacable autorité de la Mère Fertile et Nourricière. Quelques éclaireurs sont revenus déjà, porteurs de bonnes nouvelles. Trois manquent encore à l'appel, qui rejoindront ; la colonne de femmes et de vieillards se met en route, les enfants déjà se racontent des histoires sur leur nouvelle vie. Les hommes jettent un dernier regard en arrière, et cherchent un peu d'assurance dans les yeux des Anciens.

Fin du récit de l'an 0

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