Les plus beaux poèmes

Joe_les_Balloches Membre 425 messages
Forumeur survitaminé‚ 63ans
Posté(e)

Juste en passant , un gros classique de base

Le héron - Jean de La Fontaine

Un jour, sur ses longs pieds, allait, je ne sais où,

Le héron au long bec emmanché d'un long cou :

Il côtoyait une rivière.

L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ;

Ma commère la carpe y faisait mille tours

Avec le brochet son compère.

Le héron en eût fait aisément son profit :

Tous approchaient du bord ; l'oiseau n'avait qu'à prendre.

Mais il crut mieux faire d'attendre

Qu'il eût un peu plus d'appétit ;

Il vivait de régime, et mangeait à ses heures.

Après quelques moments, l'appétit vint : l'oiseau

S'approchant du bord, vit sur l'eau

Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures.

Le mets ne lui plut pas ; il s'attendait à mieux,

Et montrait un goût dédaigneux

Comme le rat du bon Horace.

"Moi, des tanches ! dit-il ; moi, héron, que je fasse

Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ?"

La tanche rebutée, il trouva du goujon.

"Du goujon ! c'est bien là le dîner d'un héron !

J'ouvrirais pour si peu le bec ! aux dieux ne plaise !"

Il l'ouvrit pour bien moins : tout alla de façon

Qu'il ne vit plus aucun poisson.

La faim le prit ; il fut tout heureux et tout aise

De rencontrer un limaçon.

Ne soyons pas si difficiles ;

Les plus accommodants, ce sont les plus habiles ;

On hasarde de perdre en voulant trop gagner.

Gardez-vous de rien dédaigner,

Surtout quand vous aurez à peu près votre compte...

Modifié par Joe_les_Balloches

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Messages recommandés

kili Membre 73 259 messages
Forumeur alchimiste‚ 41ans
Posté(e)

Mieux vaut n'penser à rien

Que n'pas penser du tout

Rien c'est déjà

Rien c'est déjà beaucoup

On se souvient de rien

Et puisqu'on oublie tout

Rien c'est bien mieux

Rien c'est bien mieux que tout

Mieux vaut n'penser à rien

Que de penser à vous

éa n'me vaut rien

éa n'me vaut rien du tout

Comme si de rien

N'était je pense à tous

Ces petits riens

Qui me venaient de vous

Si c'était trois fois rien

Trois fois rien entre nous

Evidemment

Cà ne fait pas beaucoup

Ce sont ces petits riens

Que j'ai mis bout à bout

Ces petits riens

Qui me venaient de vous

Mieux vaut pleurer de rien

Que de rire de tout

Pleurer pour un rien

C'est déjà beaucoup

Mais vous vous n'avez rien

Dans le c¿ur et j'avoue

Je vous envie

Je vous en veux beaucoup

Ce sont ces petits riens

Qui me venaient de vous

Les voulez-vous ?

Tenez ! Que voulez-vous ?

Moi je ne veux pour rien

Au monde plus rien de vous

Pour être à vous

Faut être à moitié fou.

Serge Gainsbourg

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Invité kaerlyon
Invité kaerlyon Invités 0 message
Posté(e)

Ozymandias (sonnet 1817)

J'ai rencontré un voyageur venu d'une terre antique qui m'a dit : « deux jambes de pierre vastes et sans tronc se dressent dans le désert. Près d'elle, sur le sable, à moitié enfoncé, git un visage brisé, dont le froncement de sourcil et la lèvre plissée et le ricanement de froid commandement disent que le sculpteur sut bien lire ces passions qui survivent encore, empreintes de ces choses sans vie, à la main qui les imita et au c¿ur qui les nourrit. Et sur le piédestal, apparaissent ses mots : Mon nom est Ozymandias, roi des rois ; regardez mes ¿uvres, é puissants et désespérez ! Il ne reste rien à côté. Autour de la ruine de ce colossal débris, sans limites et nus, les sables étendent au loin leur niveau solitaire. »

Percy Shelley

J'adore ce poème. Que de choses dites en si peu de mots. Je pense de plus en plus que nous sommes des Ozymandias....

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kili Membre 73 259 messages
Forumeur alchimiste‚ 41ans
Posté(e)

é Aurore

La nature est tout ce qu'on voit,

Tout ce qu'on veut, tout ce qu'on aime.

Tout ce qu'on sait, tout ce qu'on croit,

Tout ce que l'on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,

Elle est bonne à celui qui l'aime,

Elle est juste quand on y croit

Et qu'on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,

Embrasse la terre, elle t'aime.

La vérité c'est ce qu'on croit

En la nature c'est toi-même.

George Sand

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Invité kaerlyon
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Posté(e)

Un poète que j'aime particulièrement pour ne pas dire mon préféré :rtfm:

N'entre pas sans violence dans cette bonne nuit (Do not go gentle into that good night, 1951)

N'entre pas sans violence dans cette bonne nuit,

Le vieil âge devrait brûler et s'emporter à la chute du jour ;

Rager, s'enrager contre la mort de la lumière.

Bien que les hommes sages à leur fin sachent que l'obscur est mérité,

Parce que leurs paroles n'ont fourché nul éclair ils

N'entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes bons, passée la dernière vague, criant combien clairs

Leurs actes frêles auraient pu danser en un verre baie

Ragent, s'enragent contre la mort de la lumière.

Les hommes violents qui prient et chantèrent le soleil en plein vol,

Et apprenant, trop tard, qu'ils l'ont affligé dans sa course,

N'entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes graves, près de mourir, qui voient de vue aveuglante

Que leurs yeux aveugles pourraient briller comme météores et s'égayer,

Ragent, s'enragent contre la mort de la lumière.

Et toi, mon père, ici sur la triste élévation

Maudis, bénis-moi à présent avec tes larmes violentes, je t'en prie.

N'entre pas sans violence dans cette bonne nuit.

Rage, enrage contre la mort de la lumière.

Dylan Thomas

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sunvalley_13 Membre 9 messages
Baby Forumeur‚ 22ans
Posté(e)

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

VICTOR HUGO

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sadsky Membre 1 139 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

JE SUIS L'HOMME TOUT PUISSANT (le Pharaon)

pharaon_3.jpg

Je suis l'homme tout puissant

Habillé de son pagne blanc,

Je pars sur mon char en campagne

Je chasse les Envahisseurs tyrans et pilleurs

Le soleil se lève sur Karnak

J'entre dans le temple

me prosterner devant Amon-Râ

pour me préparer mes armes, au combat

Le Fayoum prospère de ses richesses

Mon peuple a de quoi se nourrir

avec pain, bière, poissons, viande et figues

et le Nil en crue les inonde

croyant la fin du monde

Je règne sur mon trône avec la corégence

souvent, parfois, les sentiments sont l'insouciance

Je fais appel à mon vizir pour gérer les conflits

Les récompenses, les cadeaux sont mes pays conquis

les complots, les traîtres, je les punie

je hais ceux qui en veulent à ma vie

Je suis l'homme tout puissant

habillé de son pagne blanc,

je pars sur mon char en campagne

je chasse les Envahisseurs tyrans et pilleurs

Grand bâtisseur, je construis

temples et pyramides pour mon peuple

pour la gloire de mon territoire

pierre par pierre, remontant notre mer

jusqu'au plus profond de nos terres

le peuple dévoué à moi regarde

s'ériger la grandeur de l'Egypte

Le soleil se couche sur la Vallée des Rois

Osiris, Thôt, Anubis sont désormais mon Tribunal

devant l'Ennéade, ils font passer leurs Lois

A travers la voix des dieux,

je continuerais à accomplir leurs v¿ux

Je suis l'homme tout puissant

dans mon linceul embaumé

viendront des millions de gens

effectuer mon dernier voyage

et me donneront l'immortalité

Texte : Claire Dannhauer & Pierre Odier

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Lucy Van Pelt Membre 27 463 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Nous savons peu de choses, mais qu'il faille nous tenir au difficile, c'est là une certitude qui ne doit pas nous quitter. Il est bon d'être seul parce que la solitude est difficile. Qu'une chose soit difficile doit nous être une raison de plus de nous y tenir.

Il est bon aussi d'aimer ; car l'amour est difficile. L'amour d'un être humain pour un autre, c'est peut-être l'épreuve la plus difficile pour chacun de nous, c'est le plus haut témoignage de nous-mêmes ; l'oeuvre suprême dont toutes les autres ne sont que les préparations. C'est pour cela que les êtres jeunes, neufs en toutes choses, ne savent pas encore aimer ; ils doivent apprendre. De toutes les forces de leur être, concentrées dans leur coeur qui bat anxieux et solitaire, ils apprennent à aimer. Tout apprentissage est un temps de clôture. Ainsi pour celui qui aime, l'amour n'est longtemps, et jusqu'au large de la vie, que solitude, solitude toujours plus intense et plus profonde. L'amour, ce n'est pas dés l'abord se donner, s'unir à un autre. Que serait l'union de deux êtres encore imprécis, inachevés, dépendants ?

L'amour, c'est l'occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l'être aimé. C'est une haute exigence, une ambition sans limite, qui fait de celui qui aime un élu qu'appelle le large. Dans l'amour, quand il se présente, ce n'est que l'obligation de travailler à eux-mêmes que les êtres jeunes devraient voir. Se perdre dans un autre, se donner à un autre, toutes les façons de s'unir ne sont pas encore pour eux. Il leur faut d'abord thésauriser longtemps, accumuler beaucoup. Le don de soi-même est un achèvement : l'homme en est peut-être encore incapable."

"Rainer Maria RILKE dans "Lettres à un jeune poète"

a9.jpg

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sadsky Membre 1 139 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Ce texte est magnifique Lucy, et combien vrai ! :rtfm:

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Invité kaerlyon
Invité kaerlyon Invités 0 message
Posté(e)

J'adore Rilke :rtfm:

C'est un des rares auteurs que je lis avec un crayon à la main pour souligner certains passages. Et pourtant, je ne supporte pas d'annoter les livres. J'ai adoré "Lettres à un jeune poète". J'en ai lu plusieurs depuis, tous dans la même veine. Un bémol par contre pour "la chanson d'amour et de la mort du Cornette Christoph Rilke"

Et en ce moment, j'essaie de finir "les carnets de Malte laurids Brigge" Non pas qu'il ne me plait pas mais parce qu'en ce moment, je suis un peu surbookée :o°

Extrait :

"C'est ridicule. Me voilà dans ma petite chambre, moi, Brigge, âgé de vingt-huit ans, que personne ne connaît. Je suis assis ici et je ne suis rien. Et pourtant ce rien se met à réfléchir; il réfléchit dans son cinquième étage, par un maussade après-midi parisien, et voici ce qu'il pense :

Est-il possible, pense-t-il, qu'on n'ait encore rien vu, rien su, rien dit qui soit réel et important ? Est-il possible qu'on ait eu des millénaires pour regarder, pour réfléchir, pour enregistrer et qu'on ait laissé passer des millénaires comme une récréation dans une école, pendant laquelle on mange sa tartine et une pomme ?

Oui, c'est possible.

Est-il possible qu'en dépit des toutes les inventions et de tous les progrès, qu'en dépit de la civilisation, de la religion, de la philosophie, on en soit resté à la surface de la vie ? Est-il possible qu'on ait encore recouvert cette superficie, qui était du moins quelque chose, d'une étoffe incroyablement ennuyeuse, qui la fait ressembler à des meubles de salon pendant les vacances d'été ?

Oui, c'est possible

/.../ "Est-il possible qu'il y ait des gens qui disent "Dieu" en pensant que c'est une chose qu'on possède en commun? /.../

Oui, c'est possible"

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PUNCHETTE Membre 34 164 messages
Au coeur de la Cité des Papes‚
Posté(e)

Je ne suis qu'un homme

Je ne suis qu'un homme

Cherchant à atteindre le dôme

D'un palais érigé dans l'esprit,

En oubliant ce que j'ai appris

J'ai voilé la sagesse par le désir

De voir la vie dans le sourire.

Je ne suis qu'un être humain,

Suivant le chemin du destin

Sous l'éclat d'une lune pâle

Et les envies d'un instinct animal,

Mon esprit cherche un repère,

Qui le console de sa misère.

Je ne suis qu'un rien se mouvant

Dans le vide sur l'aile de l'ambition

Et bradant dans l'amour la trahison

Générant toutes les afflictions

Dans un triste c¿ur aimant,

Devenu pour ces besoins mendiant.

Terrassé par l'envie de tout désirer,

Et l'impuissance de ma volonté

De tout obtenir, je souffre souvent

De mes propres idées, me faisant

Rougir devant ma triste créature,

Qui enfle les peines que j'endure.

Je suis un homme têtu,

Qui refuse d'intégrer la tribu

Dénaturant les personnes,

En les incluant dans l'unité commune

Pour leurs substituer l'existence

Par des multiples ressemblances.

Dad Allaoua

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CoByX Membre 7 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

écoutez !

Puisqu'on allume les étoiles,

c'est qu'elles sont à

quelqu'un nécessaires ?

C'est que quelqu'un désire

qu'elles soient ?

C'est que quelqu'un dit perles

ces crachats ?

Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,

il fonce jusqu'à Dieu,

craint d'arriver trop tard, pleure,

baise sa main noueuse, implore

il lui faut une étoile !

jure qu'il ne peut supporter

son martyre sans étoiles.

Ensuite,

il promène son angoisse,

il fait semblant d'être calme.

Il dit à quelqu'un :

" Maintenant, tu vas mieux,

n'est-ce pas ? T'as plus peur ? Dis ? "

écoutez !

Puisqu'on allume les étoiles,

c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?

c'est qu'il est indispensable,

que tous les soirs

au-dessus des toits

se mette à luire seule au moins

une étoile?

Vladimir Maïakovski

Modifié par CoByX

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ShawnMichaels31 Membre 202 messages
Forumeur activiste‚ 25ans
Posté(e)

Les vents sauvages pleurent

Et de glace est la nuit.

é sommeil, viens ici,

Apaise mes douleurs !

Mais voici que monte l'aurore

Sur les hauteurs de l'orient

Et que loin de la terre essorents

Les oieaux frémissants.

Voyez : jusqu'au sommet

De la voûte des cieux

Les accents douloureux

De mon coeur sont allés

De la nuit ils frappent l'oreille,

Ils font couler les pleurs du jour,

Ils affolent les vents et jouent

Avec l'ouragan qui s'éveille.

Hurlant de douleur je m'en vais,

Comme un démon dans un nuage:

Suivant la nuit dans son voyage,

Avec elle je disparais,

Tournant le dos à l'orient

Qui nous a consolés pourtant

Car la lumière, en mon cerveau,

Met le plus atroce des maux

William Blake

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Invité kaerlyon
Invité kaerlyon Invités 0 message
Posté(e)

Ohhhh, Du Blake :yahoo:

J'adore. J'ai failli ne pas reconnaître "la chanson folle". Je n'ai pas lamême traduction.

Je crois qu'une de mes préférées, c'est celle ci :

Londres :

J'erre sur chaque rue chartrée

Aux bords chartrés de la Tamise,

Et je vois sur chaque visage

Des marques de faiblesse, des marques de malheur.

Dans chaque cri de chaque Homme,

Dans chaque cri d'effroi de chaque petit enfant,

dans chaque voix, chaque interdit,

J'entends les menottes forgées par l'esprit.

J'entends le cri du Ramoneur

Epouvanter chaque Eglise noircie,

Et le soupir du malheureux soldat

Ruisselle en sang sur les murs du Palais.

Mais surtout j'entends par les rues nocturnes

La jeune Prostituée maudissante

Flétrir les pleurs du Nouveau-né

Et infecter le corbillard du Mariage.

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le merle Membre 9 385 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

bonjour . ce ( poème) est de moi . je l ècrit sur une seulement . pour ceux qui ne digèrent pas les fautes hortographe , ne le lisez pas , merci . " m en allant a la fontaine " ji fis rencontre d une aubaine " jeune femme charmante mais puritaine " , " portant je ne sais quoi de laine " , mais , guantèe de mitaines " , "je lui prèsentais mes hommages " , qu elle refusa exprèssèment " , "je fus dèçu mais sage , le regrèttent " , " puis m en allai nonchalament " , "la nature ètait si belle ", " qu elle m èblouie me consolent " . bonne soirèe , ( pitièe pour les fautes et oubli ) .

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Lucy Van Pelt Membre 27 463 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Du fond de mille baisers.

Tu vins et me pris ce matin

Comme une viande sous tes mains

Faut avoir vécu seul pour savoir

Comme c'est bon, comme c'est doux.

Dans mon sommeil, essouflé

Yeux bandés, je t'ai possédé

Puis tous deux enfin réveillés

Du fond de mille baisers. J'aimais quand tu t'ouvrais

Comme un lis au soleil

Mais je n'suis qu'une momie

Dressée sous les flocons, la pluie

Qui t'aima d'un amour glacé

De son corps d'occasion

De son présent, de son passé

Et du fond de mille baisers.

Encore baigné de plaisir

Mais tout prêt d'aborder

Le flot s'est tari

Pour les prédateurs dont je suis.

Nous avons gagné le port

Prié qu'on ne s'évapore

Mais suis résigné à me noyer

Au fond de mille baisers

Tu pouvais me leurrer, c'est vrai

Tu le pouvais, pour tricher

Mais hors la loi tout moyen

N'assure ni la foi ni le bien.

Vérité foulée, beauté fanée

Ces façons surrannées

Quand l'Esprit Saint fut arrivé

Du fond de mille baisers.

(Et si je parlais de l'unique

Immense, intime Foyer?

Je me répands une autre nuit

Sur fond de mille baisers.)

Dans la Tour, je fais mes passes

J'en tire mes doses.

Si j'ai voulu décrocher

Restaient ma paresse, ma faiblesse.

Mais les nuits qui s'éternisent,

Nous, les doux, les pauvres

Unissons nos coeurs et plongeons

Au fond de mille baisers.

(Penser à toi laisse exhaler,

Notre défense est scellée-

Sans nos oublis,nos regrets

Qui montent de mille baisers.)

Poneys au galop, filles en fleur

Le sort en est jeté

Tu gagnes un peu et puis c'est l'heure

Ta baraka s'en va.

Contraint à pactiser

Avec ton inexpiable passé

Tu vis, Ta vie n'est plus un songe

Noyée dans mille baisers.

(Tout blotti sous Dante, Dizzie-

De souffle fus démuni-

Mais me laissèrent parfois jouer

"Au fond de mille baisers".)

Je carbure toujours au vin rouge

J'ne fais toujours que les slows.

Quand sonne la "Chanson de l'au-revoir"

Mon coeur n'est pas à son dernier soir.

Et si j'ai tant de route à parcourir

Et de promesses à tenir

Tu as su toutes les gommer

Sur fond de mille baisers

Tour à tour tu es l'Ange de la Mort

Puis le Paraclét;

Enfin le Souffle du Sauveur

Puis de Belsen l'Horreur.

Pas d'acrobatie, pas de détour

Face à l'amour qui rôde

Que témoignent en temps et en sang

Ce fond de mille baisers.

Léonard Cohen.

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sadsky Membre 1 139 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Donne moi du bonheur...

D
onne-moi du bonheur s'il faut que je le chante,

De quoi juste entrevoir ce que chacun en sait,

Juste de quoi rendre ma voix assez touchante,

Rien qu'un peu, presque rien, pour savoir ce que c'est.
U
n peu - si peu - ce qui demeure d'or en poudre

Ou de fleur de farine au bout du petit doigt,

Rien, pas même de quoi remplir mon dé à coudre...

Pourtant de quoi remplir le monde par surcroît.

C
ar pour moi qui n'en ai jamais eu l'habitude,

Un semblant de bonheur au bonheur est pareil,

Sa trace au loin éclairera ma solitude

Et je prendrai son ombre en moi pour le soleil.

D
onne-m'en ! Ce n'est pas, mon Dieu, pour être heureuse,

Que je demande ainsi de la joie à goûter,

C'est que pour bercer l'homme en la cité nombreuse,

La nourrice qu'il faut doit savoir tout chanter.

P
rête-m'en... Ne crains rien, à l'heure de le rendre,

Mes mains pour le garder ne le serreront pas,

Et je te laisserai, Seigneur, me le reprendre

Demain, ce soir, tout de suite, quand tu voudras...

Marie Rouget

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Invité SAVANNA
Invité SAVANNA Invités 0 message
Posté(e)

élévation

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,

Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,

Par delà le soleil, par delà les éthers,

Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,

Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,

Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde

Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;

Va te purifier dans l'air supérieur,

Et bois, comme une pure et divine liqueur,

Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins

Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,

Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse

S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,

Vers les cieux le matin prennent un libre essor,

- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort

Le langage des fleurs et des choses muettes !

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

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Lucy Van Pelt Membre 27 463 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

BUKOWSKI : vies de merde

"le vent souffle fort ce soir

un vent glacial

et je pense aux

copains à la rue.

j'espère que quelques-uns ont une bouteille

de rouge.

c'est quand on est à la rue

qu'on remarque que

tout

est propriété de quelqu'un

et qu'il y a des serrures sur

tout.

c'est comme ça qu'une démocratie

fonctionne :

on prend ce qu'on peut,

on essaie de le garder

et d'ajouter d'autres biens

si possible.

c'est comme ça qu'une dictature

aussi fonctionne

seulement elle a soit asservi soit

détuit ses

rebuts.

nous on se contente d'oublier

les nôtres.

dans les deux cas

le vent

est fort

et glacial."

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Invité SAVANNA
Invité SAVANNA Invités 0 message
Posté(e)

:yahoo:

Modifié par SAVANNA

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