Quelques remarques judicieuses sur le « partage en trois tiers »


carnifex Membre 5 527 messages
Forumeur alchimiste‚ 36ans
Posté(e)
Dans son émission télévisée du jeudi 5 février, le président de la République a avancé l'idée de réserver un tiers des profits au salaire, un tiers à l'investissement et un tiers aux actionnaires. [...] Cette idée vise à dissimuler l'opposition du président à la légitime revendication d'une hausse substantielle des salaires. Par cette proposition, il veut en même temps accréditer l'idée selon laquelle, pour sortir de cette crise, il suffirait de « moraliser le système capitaliste ».

[...]

Une présentation simpliste de l'idée de M. Sarkozy pourrait conduire à penser que les « fruits du travail » doivent être partagés à égalité entre salaire, investissement et dividendes. [...] Dire que les salaires doivent constituer un tiers du « fruit du travail » reviendrait à diviser la masse salariale pratiquement par deux. Une aberration, même si le patronat et les libéraux pourraient en rêver.

[...]

la part des salaires dans la valeur ajoutée demeure à un niveau historiquement bas, non seulement par rapport aux années 1980, période souvent citée, mais aussi en comparaison avec les années 1960. Nous sommes devant une régression sociale et c'est bien là une cause profonde de la crise. L'idée des « trois tiers » avalise et perpétue cette déformation injuste et économiquement perverse du partage de la valeur ajoutée ; déformation qui a comme contreparties faiblesse du taux d'emploi, persistance d'un chômage massif, développement de la précarité sous ses diverses formes, dégradation des conditions de travail, insuffisance des salaires eu égard à la productivité du travail¿

[...]

Deuxième remarque : partager les profits en « trois tiers », soi-disant pour augmenter la part des salaires, revient à rendre la rémunération de la force de travail plus dépendante encore de celle du capital. C'est tout le contraire d'une vraie valorisation du travail. Elle ajoute une flexibilité accrue de la rémunération à celle du travail. En d'autres termes, la part variable de la rémunération augmente, ce qui la rend plus aléatoire, accentuant ainsi l'instabilité et l'incertitude dans la vie des salariés.

[...]

Troisième remarque : dire qu'un tiers des profits doit être réservé à l'investissement est totalement arbitraire. Pourquoi pas un quart ou la moitié ?

Nasser Mansouri-Guilani, responsable des activités économiques de la CGT

http://www.humanite.fr/Partage-des-profits...tion-sarkozyste

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Zak B. Membre 586 messages
Forumeur forcené‚
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Bonjour,

Je ne pense pas que la position du président Sarkozy soit à rejeter du revers de la main.

En effet, l'augmentation des salaires dans une situation de crise économique, une récession profonde en fait, n'est pas pertinente. Toute augmentation conséquente des salaires aggraverait la situation des entreprises, surtout en cette ère de mondialisation des marchés.

Faire une petite augmentation du salaire minimum n'ajouterait rien de conséquent aux bas salaires. Les smicards ne représentent, en fait, qu'un pourcentage très minime des salariés.

Par contre, une augmentation de 1 % du SMIG entraîne, selon des études du BIT, une augmentation de 14 à 15 % de la masse salariale.

Une telle augmentation mettrait à terre toute compétitivité de l'entreprise française par rapport à la concurrence étrangère, asiatique surtout.

Aussi, l'idée d'associer les salariés aux bénéfices de l'entreprise à raison du tiers pourrait être intéressante dans la mesure où :

1) on s'entendait, au préalable, sur un plancher d'emploi

2) on s'engageait à orienter vers des tâches et des groupes d'amélioration tout employé dont le poste serait abolit pour des causes de lutte contre la valeur non-ajoutée

3) le syndicat, en tant que représentant du personnel, a un accès libre et total aux livres comptables de l'entreprise.

4) les employés, ou le syndicat, étaient associés à la prise de décision.

5) l'implication des employés (syndicats) n'est pas de nature consultative, mais de nature décisionnelle.

6) les employés(le syndicat) auraient le droit de se prononcer sur la pertinence de leur implication dans les décisions de l'entreprise à partir d'un diagnostic de cette dernière.

Zak B. :smile2:

Modifié par Zak B.

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transporteur Membre 23 297 messages
forumeur révolutionnaire‚ 44ans
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Je pense qu'avant d'ouvrir la bouche il faut avoir les couilles d'imposer des régles au patronat et pas rejetter le travail aux seuls syndicats. :smile2:

De plus ça élude la question de la hausses des salaires.

On attend donc que l'état montre l'exemple dans les entreprises ou il est actinnaire majoritaire tye EDF,la Poste etc..... .

Bizare je doute que ça arrive. ;)

Modifié par transporteur

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carnifex Membre 5 527 messages
Forumeur alchimiste‚ 36ans
Posté(e)
En effet, l'augmentation des salaires dans une situation de crise économique, une récession profonde en fait, n'est pas pertinente.

La crise a pour cause principale la baisse de la part des salaires. La baisse de la part des salaires conduit les salariés pauvres au surendettement. La hausse de la rémunération de la propriété du capital fait gonfler les bulles spéculatives. Enfin et surtout, la baisse de la part des salaires fait progresser la demande moins rapidement que la production.

L'augmentation des salaires est plus que jamais pertinente en période de crise.

La proposition de M. Sarkozy vise à étouffer cette évidence car elle est contraire aux intérêts qu'il défend.

Une telle augmentation mettrait à terre toute compétitivité de l'entreprise française par rapport à la concurrence étrangère, asiatique surtout.

Aussi, l'idée d'associer les salariés aux bénéfices de l'entreprise à raison du tiers pourrait être intéressante

Donner 15% de revenu en plus aux salariés, que ce soit en hausse de salaire ou en participation aux bénéfices, affecte de la même manière les prix et la compétitivité, si la baisse de la rémunération du capital est égale dans les deux options.

Les prix ne dépendent pas des parts relatives des rémunérations du capital et du travail, mais de la valeur brute de leur somme.

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Zak B. Membre 586 messages
Forumeur forcené‚
Posté(e)

Carniflex,

La crise a pour cause principale la baisse de la part des salaires. La baisse de la part des salaires conduit les salariés pauvres au surendettement. La hausse de la rémunération de la propriété du capital fait gonfler les bulles spéculatives. Enfin et surtout, la baisse de la part des salaires fait progresser la demande moins rapidement que la production.

La crise n'a pas pour cause principale la baisse de la part des salaires, mais l'augmentation indue des dividendes et des revenus des hauts dirigeants. Ces derniers, pour augmenter leurs revenus, ont distribué à gauche et à droite des prêts à des taux usuriers. Ce sont les charges induites par ces prêts qui ont grugé le pouvoir d'achat des salariés et contribués à bloquer le système. Une lourde part des responsabilités de ces crimes, car il s'agit bien là de crime économique, est à porter par les dirigeants politiques et financiers des grands pays occidentaux (déréglementation sauvage et absence de l'état).

L'augmentation des salaires est plus que jamais pertinente en période de crise.

Non, l'augmentation des salaires n'est pas pertinente en période de crise, à moins que nous soyons dans un pays vivant en autarcie. L'augmentation des salaires alourdit les coûts de production, ce qui diminue la compétitivité.

La proposition de M. Sarkozy vise à étouffer cette évidence car elle est contraire aux intérêts qu'il défend.

La proposition de Sarkozy vise à empêcher l'augmentation des salaires par une diversion. Elle n'est certainement pas innocente.

Cependant, elle pourrait être récupérée par les syndicats dans le cadre d'une entente globale qui s'inspire des recommandations du Livre jaune de la CSN au Québec, un syndicat d'obédience socialiste.

Donner 15% de revenu en plus aux salariés, que ce soit en hausse de salaire ou en participation aux bénéfices, affecte de la même manière les prix et la compétitivité, si la baisse de la rémunération du capital est égale dans les deux options.

Les prix ne dépendent pas des parts relatives des rémunérations du capital et du travail, mais de la valeur brute de leur somme.

Vous posez là un autre problème. C'est celui de l'équité dans la répartition des revenus. Vous demandez à ce que l'augmentation des salaires se fasse avec une diminution de la rémunération du capital. Vous posez là un problème de nature idéologique. Vous réclamez une humanisation et socialisation du capital ou une remise en cause totale de l'organisation actuelle.

Modifié par Zak B.

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saint thomas Membre 17 547 messages
Forumeur alchimiste‚
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La répartition des bénéfs en 3 serait une bonne chose , actuellement il n'y a que les actionnaires , les dirigeants et l'investissement qui en récoltent les fruits.

Parisot est viscéralement contre la répartition en 3 et pour cause !

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carnifex Membre 5 527 messages
Forumeur alchimiste‚ 36ans
Posté(e)
La répartition des bénéfs en 3 serait une bonne chose, actuellement il n'y a que les actionnaires , les dirigeants et l'investissement qui en récoltent les fruits.

Réduire la rémunération des actionnaires et dirigeants, et accroitre celle des salariés est souhaitable. Néanmoins, la répartition en trois tiers n'est ni la seule, ni la plus probable, encore moins la plus juste des manières d'obtenir un tel résultat.

Les profits ne sont pas également répartis entre les secteurs de la production. Les grandes entreprises en accaparent la quasi totalité. Les salariés de Total méritent-il plus que les autres, et mille fois plus que les autres salariés, une augmentation de leur revenu ? Je ne le crois pas. Les superprofits des grandes entreprises doivent revenir à la collectivité et non aux seuls salariés de ces entreprises.

La répartition en trois tiers est de plus hautement improbable. Imposer à la classe possédante une réduction de son train de vie est en soi difficile. Le faire dans le cadre du capitalisme l'est encore plus. Le faire de cette façon : imposer un partage des profits, lesquels appartiennent de droit à l'entreprise capitaliste et aux actionnaires, encore plus.

Une solution plus cohérente et plus juste consisterait à :

- augmenter les salaires de façon dégressive (cad en réduisant l'échelle des salaires)

- nationaliser les grandes entreprises. Leurs profits devant être partagés entre hausse des salaires et investissement public.

Ainsi, la part de la rémunération du capital dans la VA nationale serait quasiment réduite à néant, et son montant partagé entre hausse des salaires et investissement public.

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