Les inculpés de Tarnac : un renversement de l'ordre de droit....


Black Survitual Membre 1 513 messages
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Les inculpés de Tarnac :un renversement de l'ordre de droit

Jean-Claude Paye / Sociologue

L'absence d'éléments matériels permettant de poursuivre les inculpés n'est pas niée, mais la nécessaire prévalence des faits est renversée au profit de la primauté de l'image construite par le pouvoir. La position de la ministre Mme Alliot-Marie est particulièrement intéressante : «Ils ont adopté la méthode de la clandestinité, assure la ministre. Ils n'utilisent jamais de téléphones portables et résident dans des endroits où il est très difficile à la police de mener des inquisitions sans se faire repérer. Ils se sont arrangés pour avoir, dans le village de Tarnac, des relations amicales avec les gens qui pouvaient les prévenir de la présence d'étrangers.» Mais la ministre en convient : «Il n'y a pas de trace d'attentats contre des personnes.» Ces déclarations résument bien l'affaire. Ce qui fait de ces jeunes gens des terroristes, c'est leur mode de vie, le fait qu'ils tentent d'échapper à la machine économique et qu'ils n'adoptent pas un comportement de soumission «proactive» aux procédures de contrôle. Ne pas avoir de téléphone portable devient un indice établissant des intentions terroristes. Rétablir le lien social est également un comportement incriminé, puisque cette pratique permet de poser un cran d'arrêt au déploiement de la toute puissance de l'état. Dans ces déclarations la référence aux faits, en l'absence de tout indice matériel probant, ne peut être intégrée rationnellement et engendre la phase du délire, une reconstruction du réel avec l'image du terrorisme comme support. Ce processus est également visible dans les rapports de police, dans lesquels s'opère, au niveau du langage, toute une reconstruction fantasmatique de la réalité. Ainsi, comme indice matériel prouvant la culpabilité des inculpés, la police parle «de documents précisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d'arrivée dans les gares». Un horaire de la SNCF devient ainsi un document particulièrement inquiétant, dont la possession implique nécessairement la participation à des dégradations contre la compagnie de chemins de fer. La mise en scène de l'arrestation et de l'inculpation des «autonomes de Tarnac» est un phénomène qui révèle non seulement un bouleversement de l'ordre juridique, mais aussi une mutation plus profonde, celle de l'ordre symbolique de la société. Le pouvoir a la possibilité de créer un nouveau réel, une virtualité qui ne supprime pas, mais qui supplante les faits. La faiblesse du mouvement social, la faillite de la fonction symbolique explique l'absence de frein à la toute puissance de l'état qui se montre en tant qu'image englobante, en tant que figure maternelle. é un ordre social névrotique qui se révèle contradictoire, se substitue une structure psychotique, un ordre qui supprime tout conflit, toute possibilité de confrontation avec le réel.

-- Nor zara ? Nondik zatozkigu ? Gure herriko semea naiz.

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Black Survitual Membre 1 513 messages
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Suite à une discussion publique qui s'est déroulée mercredi soir, nous avons écrit les bases du soutien rennais aux 9 inculpés du 11 novembre. Ce texte en appellera bien d'autres.

Ils arrêtent

Nous sommes partout

L'exigence première du comité de soutien rennais est la libération immédiate et l'arrêt des poursuites contre les neuf du 11 novembre, par delà toute question d'innocence ou de culpabilité.

L'antiterrorisme n'a rien à voir avec le terrorisme. L'appellation de terroriste renvoie à une figure de l'inhumain, celle du barbare, afin de produire une société au sein de laquelle il n'existe plus aucune intention de révolte. Alors on construit des sujets terroristes à partir de vies bien réelles, avec leurs particularités, leurs habitudes, leurs liens. C'est ainsi que la police construit une « mouvance », un « réseau » signifiant une appartenance diffuse. On crée un type d'objet qui offre un caractère inépuisable. Les enquêtes n'ont alors plus de fin, elles sont extensibles à volonté, la menace est permanente, omniprésente. La diffusion de la peur fait de la sécurité le centre des relations collectives. Le prétexte antiterroriste a pour but de nous habituer à une présence policière accrue, un climat permettant de porter le soupçon d'ennemi d'Etat sur n'importe qui dès lors qu'il a une intention.

Nous savons que le traitement réservé aux sans-papiers, le fichage des déviants dans Edvige, les procédures antiterroristes sont le sort qui nous attend tous. En France, comme en Italie, en Allemagne, aux Etats-Unis et ailleurs, il est clair que l'antiterrorisme n'est pas un outil que l'Etat agiterait dans une dérive totalitaire, mais bel et bien la base d'un nouveau régime de gouvernement mondial.

Le comité de soutien reconnaît alors le commun qui existe entre tous ceux qui sont sous le joug des lois antiterroristes et prendra part à toutes les tentatives d'organisation pour les saborder.

En ce qui concerne les actes de sabotage, le comité de soutien estime qu'il s'agit d'un geste politique parmi d'autres dans une situation où la politique se résume au dogme de la sécurité. En 2007, la SNCF recensait d'ailleurs vingt sept mille actes de malveillances contre son réseau ferré. Le sabotage à proprement parler n'est donc pas aussi exceptionnel qu'on aimerait nous le faire croire. Historiquement, il est un des moyens d'actions les plus efficaces dont s'est servi tous ceux qui ne se sont pas résignés à l'ordre capitaliste pour tenir pratiquement des rapports de force face aux patronats. Et plus récemment rappelons nous qu'un des mots d'ordre du CPE était « bloquons les flux ».

Nul ne peut nier les conflictualités qui marquent les temps présents. Il n'y a qu'à considérer la multiplication des outrages, les mutineries dans les centres de rétentions, les voitures enflammées le soir de l'élection de Sarkozy, les émeutes de Villiers-le-Bel pour saisir les craintes des pouvoirs quant à une éventuelle contagion de l'embrasement grec. Il n'y a pas de doute, nous sommes sur une poudrière. Rien d'étonnant alors que l'ex-cheminot de Bergerac, accusé de sabotage, se soit déclaré anticapitaliste.

Le comité de soutien assume la conjoncture historique dans laquelle ont eu lieu ces arrestations en posant en son sein la question de l'insurrection. Que ce soit pour parler de la Grèce ou de L'insurrection qui vient, cette question a été criminalisée avec l'affaire du 11 novembre. La meilleure réponse à cette criminalisation est la réaffirmation de l'insurrection comme opposition politique. Les banlieues en novembre 2005, le mouvement CPE ou les lycéens aujourd'hui nous montrent, parmi d'autres événements, qu'il suffit que des actes soient posés à la hauteur de notre révolte pour que s'intensifient les conflits.

Le comité de soutien appelle à la semaine de solidarité, à l'initiative des Bonnets Rouges, du lundi 19 au dimanche 25 janvier. Tout au long de la semaine, des projections suivies de discussions-apéro, des concerts de soutien et des repas seront organisés. L'information circulera sur internet et par affiches.

Nous appelons aussi à se rendre à Paris le 31 janvier pour une manifestation nationale en soutien aux neuf inculpés du 11 novembre.

Le comité de soutien rennais aux neuf inculpés du 11 novembre

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