Biographie de Napoléon Bonaparte de 1812 à 1821


Olivier1985 Membre 8 188 messages
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Le tsar campant sur ses positions, Napoléon ordonne le départ de la Grande Armée vers la frontière russe le 8 février 1812. Commence alors, le jeu des alliances et des trahisons. Le 18 février, le maréchal d'Empire, Bernadotte, appelé, avec l'assentiment de Napoléon, à monter sur le trône de Suède, propose une alliance suédo-russe et n'hésitera pas à ordonner le coup de feu sur ses anciens compatriotes le moment venu. La France, quant à elle, s'entend avec la Prusse (24 février) et avec l'Autriche (14 mars). Le 9 avril, l'accord suédo-russe est signé.

Le 18 juin, ce sont les Etats-Unis qui déclarent la guerre à l'Angleterre, refusant de soumettre leur flotte aux injonctions des anglais qui veulent garder la suprématie sur toutes les mers et sur tout ce qui y navigue. Le Conseil britannique n'avait-il pas ordonné depuis le 11 novembre 1807 que tous les navires neutres devaient faire escale en Grande-Bretagne avant d'accoster sur le continent européen ? Le 23 novembre suivant, Napoléon avait alors répliqué en ordonnant la confiscation de tout navire s'étant plié aux exigences britanniques. Par cette déclaration de guerre, l'Amérique reconnaissait ainsi le bien-fondé du combat que mène Napoléon contre l'Angleterre depuis la rupture de la paix d'Amiens.

Mais revenons à la Russie. Napoléon et la Grande Armée franchissent le fleuve Niémen le 24 juin 1812. Après de multiples victoires dont celle de la Moskowa, il entre à Moscou le 14 septembre. Dès le lendemain, les premiers incendies embrasent la ville. Les russes appliquent la politique de la terre brûlée. Moscou flambe ainsi durant quatre jours. Napoléon envoie des émissaires auprès du tsar Alexandre, mais ce dernier refuse tout compromis "tant qu'il restera un soldat français sur le sol russe". C'est alors l'attente.

Le 13 octobre, la neige fait son apparition, bientôt suivi d'un froid glacial auquel nos soldats ne sont point accoutumés. Le 19 octobre, l'Empereur, lassé d'attendre inutilement dans une ville fantôme, ordonne le retour. Les conditions climatiques vont devenir telles, que cette retraite va tourner au cauchemar. Je laisse aux témoins qui ont eu la chance d'en revenir et qui ont laissé quelques témoignages ainsi qu'aux grands auteurs, le soin de vous décrire ces scènes apocalyptiques qui eurent raison de la bravoure de notre Grande Armée, piégée dans les glaces, harcelée par des hordes de cosaques habitués aux grands froids. En l'espace de quelques semaines, la Grande Armée aura cessé d'exister.

Le 5 décembre, Napoléon donne le commandement à Murat et part pour Paris. Dans le bulletin qu'il envoie et qui le précède dans la capitale française, il annonce toute l'étendue du désastre. La nouvelle se répand à travers l'Europe comme une traînée de poudre. L'Aigle est blessé! C'est l'occasion tant attendue par certains pour reformer une sixième coalition contre la France.

Dès le 31 janvier 1812, la Prusse abandonne Napoléon et s'allie avec la Russie. Le 11 janvier, afin de reconstituer sa Grande Armée, il décrète la mobilisation de 350 000 hommes sans expérience, comme on le devine. Le 13 janvier, Murat abandonne son commandement pendant la retraite de Russie et rentre dans son royaume de Naples. Le 26 février, celui que Napoléon a comblé de bienfaits et a fait roi, propose ses services à l'Autriche dans le but de préserver son royaume. Refus autrichien.

Le 3 mars, c'est au tour de Bermadotte qui remet le couvert cette fois, avec l'Angleterre. Le 11 mars les troupes russes sont à Berlin. Le 17, la Prusse nous déclare la guerre. Le 28 mars, l'Empereur nomme un Conseil de régence et place à sa tête l'Impératrice Marie-Louise qui prête serment. Le 3 avril, nouvelle mobilisation de 180 000 hommes. L'Empire vacille, mais Napoléon espère encore. Le 13, l'Autriche lui fait savoir qu'elle est prête à un nouvel affrontement. Le beau-père veut en découdre avec son gendre et peu importe que sa propre fille soit régente de France, impératrice et que son petit-fils soit l'héritier du plus bel empire créé depuis Charlemagne.

Le 15 avril, l'Empereur Napoléon part rejoindre son armée en Allemagne. Il atteint Erfurt le 25. Le 2 mai, il remporte la bataille de Lützen contre les forces russo-prussiennes qui battent en retraite. Il poursuit sa route à l'est vers Dresde qu'il atteint le 8 mai. Le 20 mai, nouvelle victoire à Bautzen, puis à Würchen le lendemain. Néanmoins, ces victoires ne sont pas décisives dans la mesure où par manque de cavalerie, il ne peut poursuivre l'ennemi et l'anéantir définitivement. Ce qui permet à ce dernier de se réorganiser et à repasser à l'attaque les jours suivants. Le 4 juin, Napoléon demande la cessation des hostilités jusqu'au 20 juillet, délai qui sera reconduit jusqu'au 10 août. Ce temps sera mis à profit par toutes les parties pour se renforcer. Le 2 juillet, les troupes françaises entament leur sortie d'Espagne. Ce renoncement est un nouvel aveu de faiblesse de notre armée pour les coalisés et surtout une nouvelle preuve de la non-invincibilité de leur Chef.

Dès le 12 août, l'Autriche fait officiellement sa déclaration de guerre à la France. Les hostilités reprennent. Il s'ensuit une succession de combats tantôt favorables à nos armes, tantôt à celles de nos ennemis. Le 23 août, à Gross-Beeren, Bernadotte à la tête d'un corps de 23 000 suédois donne l'ordre d'ouvrir le feu sur les soldats français et bat Oudinot.

Tous ces combats successifs coûtant fort cher en vies humaines, une nouvelle levée de 280 000 hommes est décrétée le 9 octobre. Napoléon, après avoir battu Blücher à Düben le 10 octobre, concentre ses forces à Leipzig le 14. Du 16 au 19, se déroule la bataille de Leipzig appelée plus tard "la bataille des nations" où les 160 000 hommes dont dispose l'Empereur, ne peuvent faire face aux 320 000 hommes des coalisés. Commence alors une nouvelle retraite en direction d'Erfurt.

Le 2 novembre, Napoléon est de retour à Paris. Il se veut rassurant. Tout n'est pas encore perdu, si on en appelle au patriotisme des français. Aussi, le 15, il décrète une nouvelle levée de 180 000 hommes. Le 16, sentant naître la méfiance autour de lui, il propose un congrès de paix. Les coalisés lui font savoir par la déclaration de Francfort que "les Alliés ne font pas la guerre à la France, mais à Napoléon."

Le 29 décembre, le Corps législatif, à travers son rapporteur Laîsné, dénonce "l'activité ambitieuse de Napoléon". L'impression du texte est votée par deux cent vingt-trois voix contre cinquante et une.

Dans le même temps, le futur Louis XVIII appelle les français "à accueillir à bras ouverts les envahisseurs Alliés." Le 24, Napoléon part se replacer à la tête de l'armée, sentant l'invasion imminente de la France par les Alliés. Malgré tout son talent et de nombreux succès, (Brienne le 28 janvier, Champaubert le 10 février, Montmirail le 11, Château-Thierry le 12, Vauchamps le 14, Mormant et Nangis le 17, Montereau le 18, Méry le 23, Craonne le 7 mars) l'Empereur ne peut empêcher les forces coalisées de faire leur entrée dans Paris le 31 mars. Cette fois, l'Aigle est à terre, et si l'une de ses ailes bat encore, le Sénat se charge de la neutraliser en votant le 2 avril la déchéance de l'Empereur Napoléon 1er. A Fontainebleau, le 6 avril, c'est un homme abattu qui signe son abdication sans conditions. Après avoir fait ses adieux à ses soldats, il part rejoindre la dérisoire souveraineté de l'île d'Elbe que les "Alliés" ont consenti à lui octroyer.

Le 3 mai, Louis XVIII rentre à Paris dans les fourgons de l'étranger et s'assoit sur le trône de France. Le 30 mai, le traité de Paris ramène la France à ses frontières de 1792.

Moins d'un an plus tard, ayant appris l'impopularité grandissante dont jouissait le roi d'une part, et le non respect des clauses du traité de Fontainebleau qui lui garantissait le paiement d'une rente d'autre part, Napoléon quitte l'île d'Elbe et revient en France, soutenu par l'armée qui lui est restée fidèle et le peuple qui n'a jamais accepté ce roi imposé par les puissances étrangères. Comme au 18 brumaire, il reprend le pouvoir sans que le moindre coup de feu soit tiré.

L'Europe entière reforme alors une nouvelle coalition qui mettra un terme définitif à la carrière de Napoléon Bonaparte suite à la défaite de notre armée à Waterloo le 18 juin 1815. Face à une force du double de la sienne, la victoire ne pouvait que lui échapper. Il abdique une dernière fois le 22 juin. Ayant projeté de gagner l'Amérique pour s'y établir, il y renonce finalement et vient se placer sous la protection des lois de l'Angleterre qui n'en espérait pas tant ! Elle le retient prisonnier et l'exile dans une petite île de l'Atlantique sud : Saint-hélène.

Il y meurt, vraisemblablement empoisonné, le 5 mai 1821, après avoir subi pendant plus de cinq années humiliations et privations. Après sa mort, le gouverneur de l'île, Hudson Lowe, refusera d'inscrire le nom de "Napoléon" sur sa tombe. Pour lui et l'Angleterre, il n'était que le général Bonaparte. Il ne pouvait deviner alors, que 34 années plus tard, le 24 août 1855, la reine Victoria de Grande-Bretagne viendrait prier sous le dôme des Invalides, au tombeau du Grand Napoléon. En effet, sur la demande du roi Louis-Philippe, les cendres de l'Empereur avaient été restituées à la France en 1840 et déposées aux Invalides. Son fils François-Joseph, dit l'Aiglon, mort en 1832, l'y rejoignit en 1940, Adolf Hitler ayant consenti à rendre sa dépouille mortelle à la France.

Modifié par Olivier1985

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Olivier1985 Membre 8 188 messages
Milk shaker‚ 31ans
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J'espère que vous appréciez cette biographie en 4 parties de ce saint homme qu'est Napoléon lol. Vive la France :smile2:

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grododo Membre 2 344 messages
Forumeur alchimiste‚ 33ans
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c'est excellent!!passionnant! encore une fois felicitation pour ce travail colossal, c'est un regal d'apprendre avec toi! :smile2:

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