Fernando Pessoa


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I. C. Wiener‚ 26ans
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Fernando Pessoa


Dimanche 23 novembre - 16:06

Fernando António Nogueira Pessoa, le grand poète portugais du XXème siècle, est né le 13 juin 1888 à Lisbonne.



Bibliographie en dates :



En 1893, son père, employé à la secrétairerie d'état et critique musical, meurt de la tuberculose, le 13 juillet.

En 1894, il crée son premier hétéronyme : le Chevalier de Pas, peu après la mort de son petit frère, Jorge, à l'âge d'un an.

En 1896, Fernando Pessoa commence à apprendre l'anglais à Durban, en Afrique du Sud, où le second mari de sa mère est consul du Portugal. Il est l'un des meilleurs élèves de la Durban High School.

En 1903, il entre à l'Université du Cap et commence à écrire en anglais, langue dans laquelle il écrira des poèmes jusqu'en 1921.

En 1905, à l'âge de 17 ans, Fernando Pessoa quitte sa famille pour retourner au Portugal.

En 1906, il s'inscrit au cours supérieur de lettres de Lisbonne, qu'il abandonne l'année suivante.

En 1907, grâce à l'héritage de sa grand-mère, il ouvre en 1907 un atelier de typographie qui sera vite un désastre financier.

En 1908, il entre au journal Comércio en tant que « correspondant étranger » et travaile comme traducteur indépendant pour différentes entreprises d'import-export, ce qui sera jusqu'à sa mort sa principale source de revenu.

En 1914, Alberto Caiero, l'un des trois hétéronymes les plus emblématiques de Fernando Pessoa, survient. Le 8 mars, Fernando Pessoa écrit en une seule fois les 49 poèmes qui composent O Guardador de Rebanhos, oeuvre d'Alberto Caeiro.

En 1915, Pessoa crée la revue Orpheu qui marque sa véritable position dans le monde littéraire. Sa liberté de ton choque aussi bien la critique que le public. La revue ne comptera que deux numéros.

En 1916, son ami écrivain Mário de Sá-Carneiro se suicide.

En 1917, il publie Ultimatum, inspiré du Manifeste futuriste de l'Italien Marinetti.

De 1920 à sa mort en 1925, il recueille sa mère veuve et invalide, rentrée au Portugal.

En 1921, Pessoa lance avec quelques amis la maison d'édition librairie Olisipo qui publiera quelques-uns de ses poèmes en anglais. A partir de 1922, il collabore assidûment à la revue littéraire Contemporânea, puis à la revue Atena qu'il a contribué à fonder en 1924.

A partir de 1925, il vit avec sa soeur Henriqueta et son beau-frère le colonel Caetano Dias. Il entretient sa première et unique histoire d'amour pendant quelques années avec une certaine Ophélia Queiroz.

En 1926, Fernando Pessoa dépose un brevet de l'Anuário Indicador Sintético, por Nomes e Outras Classificações, un annuaire consultable en n'importe quelle langue. Il dirige par ailleurs, avec son beau-frère, une revue de commerce et de comptabilité.

En 1927, il participe à la rédaction de la revue Presença.

En 1934, sort Mensagem, son unique livre publié de son vivant, sorte d'épopée d'un patriotisme universaliste pour laquelle Pessoa remporte le prix Antero de Quental. L'année suivante, il refuse cependant d'assister à la cérémonie de remise des prix présidée par Salazar.

En octobre 1935, en guise de protestation contre la censure, il décide de ne plus rien publier au Portugal. Il meurt le 2 décembre, pauvre et méconnu du public.


Quelques-uns de ses 70 hétéronymes :


Alberto Caeiro :


Alberto Caeiro est né le 16 avril 1889, à Lisbonne. Orphelin très jeune de père et de mère, il vit chez une tante. Toute sa vie, il voudra passer pour un paysan primitif et inculte. Poète de la nature, il sera l'incarnation de l'objectivisme sensationniste, toujours en quête des choses telles qu'elles sont. Maître incontesté des autres hétéronymes, Pessoa lui donne un rôle initiatique : « J'ai mis chez Caeiro tout mon pouvoir de dépersonnalisation dramatique. » Plus tard il ajoutera : « Mon Maître Caeiro n'était pas un païen : il était le paganisme même. » Il meurt en 1915 de la tuberculose.

Alvaro de Campos :


Alvaro de Campos est né à Tariva en Algarve, au sud du Portugal, le 15 octobre 1890. D'ascendance juive, il devient ingénieur naval à Glasgow. Il est partisan d'un esthétique non aristotélicien qu'il voit incarné par trois poètes : Walt Whitman, Alberto Caeiro et,¿lui-même. Il utilise un monocle et s'est forgé une solide réputation d'homme irascible et impassible. Il aime les falsifications et ses masques sont autant de contradictions. Auteur, entre autres, du très célèbre Bureau de Tabac « qui ouvre l'ère de l'absurde, de l'humour triste, d'un existentialisme penché sur son narcissique miroir où il pressent le plissement des premières rides » (Armand Guibert) et du sulfureux Ultimatum. Fernando Pessoa l'appelle "son fils".

Ricardo Reis :


Ricardo Reis est né à Porto en 1887. Elevé dans un collège de jésuites, il est latiniste par devoir et semi-helléniste par goût. Il devient médecin et vit au Brésil depuis 1919, où il est peut-être mort. « Reis est un ermite au même titre que Campos était un vagabond » (Octavio Paz).

« Alberto Caeiro à peine né, je m'employai aussitôt (¿) à lui trouver des disciples. J'arrachai Ricardo Reis, encore latent, à son faux paganisme. Je lui trouvais un nom et l'ajustai à lui-même, car à ce moment je le voyais déjà. Et voici que soudain, par une dérivation complètement opposée à celle dont était né Ricardo reis, apparut impétueusement un nouvel individu. D'un seul trait, à la machine à écrire, sans pause ni rature, jaillit l'Ode triomphale d'Alvaro de Campos ¿ l'ode avec son titre et l'homme avec le nom qu'il porte. » (Fernando Pessoa)


Fernando Pessoa le sédentaire :



« Après son retour définitif d'Afrique du Sud en 1905, à l'âge de 17 ans, Pessoa n'a plus jamais voyagé. Il n'a pratiquement plus quitté Lisbonne; et l'on peut même dire qu'il a passé tout le reste de sa vie, c'est-à-dire trente ans, dans un espace assez restreint pour qu'on puisse le parcourir à pied. Entre la place São Carlos, où il est né, et l'hôpital Saint-Louis des Français, où il est mort, il y a à peine un kilomètre. Entre la ville basse (la Baixa), où il travaillait, et le Campo de Ourique, où il a résidé de 1920 à sa mort, il y a environ trois kilomètres. Dans cette bande étroite de tissu urbain, le long du fleuve, il n'a guère cessé de déambuler, du château São Jorge et de la place du Figuier, à l'est, au port d'Alcantara, à l'ouest. Les deux lieux à mon sens les plus chargés de poésie, les plus magiques, sont ceux où l'on peut encore aujourd'hui le retrouver dans les cafés qu'il fréquentait ; la place du Commerce, appelée autrefois Terreiro de Paço (esplanade du Palais), où la ville s'ouvre sur le Tage, et où la table du poète, au café Martinho da Arcada, est restée telle quelle; et le Chiado, à la jointure entre la ville basse et le quartier haut, le Bairro Alto ; là, à la terrasse de la Brasileira, le café qu'il aimait, la statue du poète, grandeur nature, est aujourd'hui assise, pour l'éternité, et n'importe quel consommateur peut s'attabler avec lui pour ce pèlerinage qui ne ressemble à aucun autre. » (Bobert Bréchon, extrait de Paysage de Fernando Pessoa, L'Archipel)

Fernando Pessoa et sa malle aux trésors :


Durant toute sa vie, Fernando Pessoa range ses nombreux textes dans une malle fermée à clé. Ce n'est qu'à sa mort que ces centaines de poèmes sortent de l'ombre, pour le plus grand bien de la littérature !
Ses textes demeurent méconnus du public jusque dans les années 1980, époque à laquelle son chef-d' oeuvre, Le Livre de l'intranquillité est publié. Journal tenu par Bernardo Soares, que Pessoa considère comme son double, cette ode à la ville de Lisbonne, évoque la dissolution de l'être et la suprématie de l'art. Auteur d'une oeuvre magistrale, Fernando Pessoa, dont le nom signifie 'personne', est désormais reconnu et admiré bien au-delà des frontières de son pays.

Bibliographie (non exhaustive) :


De Fernando Pessoa, orthonyme :

Message (la seule ¿uvre publiée en portugais de son vivant)


"Faust, une tragédie subjective" (traduction Pierre Léglise-Costa et André Velter)
"Poèmes paülistes, sensationnistes et intersectionnistes
Pour un « Cancioneiro »
Sonnets - Quatrains - Rubayat
Poèmes politiques
Poèmes ésotériques et métaphysiques
Praça da Figueira - Un soir à Lima

De Bernardo Soares, semi-hétéronyme :

Le Livre de l'intranquillité (1982, posthume)



D'Alberto Caeiro, hétéronyme :

Le Gardeur de troupeaux


Le Berger amoureux
Poèmes non assemblés

D'Alvaro de Campos, hétéronyme :

Premiers poèmes


Les Grandes Odes
Autour des Grandes Odes
Derniers poèmes

De Ricardo Reis, hétéronyme :

Odes, livre premier


Odes publiées dans la revue Presença
Odes éparses

Poésie anglaise :

épithalame


Antinous
Trente-cinq Sonnets
Inscriptions
Le Violoneux fou
Poèmes d'Alexander Search - Poèmes épars



Source: Divers

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Mua Membre 9 648 messages
Tigresse Therese‚ 26ans
Posté(e)

Un très grand poète en effet :smile2:

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Yiauthli VIP 4 197 messages
Forumeur alchimiste‚ 34ans
Posté(e)

Je confesse une admiration éperdue pour cet auteur... Un auteur à ne pas mettre entre toutes les mains, beaucoup seraient incapables de comprendre...

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konvicted Membre+ 26 419 messages
I. C. Wiener‚ 26ans
Posté(e)
MosteiroJeronimos.png

Le tombeau de Fernando Pessoa


Jeudi 27 novembre - 21:45

Le tombeau de F. Pessoa se trouve au monastère des Hiéronymites (Mosteiro dos Jerónimos ; en photo ci-contre) à Lisbonne (Portugal) - ainsi que ceux de Vasco de Gama et de Luis Vaz de Camões.



Sur le tombeau de Fernando Pessoa sont gravées trois strophes de différents poèmes de chacun de ses trois hétéronymes principaux, dans leur langue originelle. Les voici, uniquement traduites en français (le portugais est considéré comme de l'écriture sms ; je mettrai cependant des photos de chaque gravure présente sur le tombeau prochainement).

Pour être grand :

Pour être grand, sois entier : rien
De toi n'exagère ou n'exclus.
Sois tout en chaque chose. Mets tout ce que tu es
Dans la moindre de tes actions.
Ainsi en chaque lieu la lune entière
Brille, parce qu'elle vit haut.


14.2.1933 Ricardo Reis



Il ne suffit pas d'ouvrir la fenêtre :


Il ne suffit pas d'ouvrir la fenêtre


Pour voir les champs et le fleuve.
Ce n'est pas aseez de ne pas être aveugle
Pour voir les arbres et fleurs.


20.4.1919 Alberto Caeiro



Lisbonne revisitée :


Non : je ne veux rien.


J'ai déjà dit que je ne veux rien.
Ne m'infligez pas vos conclusion !
La seule conclusion est la mort.


1923 Álvaro de Campos



Photographie du tombeau de F. Pessoa :

tomb-fernando-pessoa-cc-peter-gasston.jpg

Modifié par konvicted

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konvicted Membre+ 26 419 messages
I. C. Wiener‚ 26ans
Posté(e)
Un très grand poète en effet :smile2:

L'un des plus grands ! ;)

Je confesse une admiration éperdue pour cet auteur... Un auteur à ne pas mettre entre toutes les mains, beaucoup seraient incapables de comprendre...

Ca se comprend. :D

Merci de votre participation ! :o

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