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Quand Clint Eastwood passait pour un fasciste


Yavin

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Quand Clint Eastwood passait pour un fasciste


Dimanche 22 Juin - 16:35

Sortie, en coffret collector, de l'intégrale des cinq volets de la saga de l'inspecteur Harry. Une aubaine pour comprendre pourquoi cet antihéros ultrapopulaire a valu à son interprète, et ce pendant près de dix ans, une sale réputation. Depuis, l'image d'Eastwood a bien changé alors que Harry se révèle beaucoup plus complexe qu'on voudrait bien le croire



Il fut une époque, pas si lointaine, où Clint Eastwood n'était pas encore synonyme de génie du cinéma, mais de gros facho fou de la gâchette.

Cette réputation, qui le suivra pendant plus de dix ans, l'acteur-réalisateur la doit à son personnage le plus célèbre: l'inspecteur Harry, héros de cinq polars réalisés entre 1971 et 1988. Une saga enfin réunie en intégralité dans un coffret somptueux de 7 DVD, remastérisé et truffé de bonus. L'occasion parfaite de vérifier sur pièce si Harry mérite toujours sa réputation.

Naissance d'un antihéros
«A l'époque, les gens trouvaient qu'on mettait tellement l'accent sur les droits des accusés qu'on négligeait les droits de la victime», affirme d'emblée Clint Eastwood dans l'un des nombreux suppléments du coffret. Aux Etats-Unis, l'époque est justement à la désillusion. Le Vietnam et Richard Nixon divisent. Et les hippies commencent à se réveiller avec la gueule de bois, secoués par les meurtres de leur incarnation diabolique, le monstrueux Charles Manson, modèle évident du tueur de «L'inspecteur Harry».

C'est de cette boue de frustration que naît Harry Callahan, antihéros cynique venu répondre aux fantasmes de justice d'une certaine partie du public. Une sorte de shérif solitaire, en marge du système, qui applique sans passion la loi du talion et pour qui la fin justifie les moyens, aussi abjects soient-ils.

Mais alors qu'un John Wayne défendait la justice au nom d'un idéal et de valeurs fondamentales, Harry se contente de faire le sale boulot quand la société et le droit ont failli. Un homme même pas sûr que cette société vaut vraiment la peine d'être sauvée. Le titre français aura d'ailleurs oublié le «Dirty» original qui désigne bien l'essence peu reluisante de sa créature: Harry le charognard, le pourri. Finalement moins inspecteur qu'éboueur.




Rafael Wolf
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Source: Le Matin
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