Début d'une nouvelle


kakucha Membre 15 messages
Forumeur balbutiant‚ 28ans
Posté(e)

Le décor tournait de plus en plus vite, elle était prise dans l'ivresse du désespoir. Pourquoi personne ne réagissait ? L'homme qu'elle aimait était mort. Ils ne regardaient pas. Vivaient-ils dans la même réalité ? Pourquoi personne n'hurlait jusqu'à se déchirer les deux poumons, jusqu'à s'en faire éclater le coeur. Sa chair ne faisait plus qu'un avec la carcasse de l'appareil. Le corps inerte, se vidait de son âme. Ses yeux ne regarderaient plus jamais la jeune femme. Pourquoi le monde existait-il encore? Elle devait être en pleine rêverie, comment pourrait-il en être autrement ? Le corps continuait à se répandre sur le sol. Elle avait les mains pleines de son sang, elle avait sa vie jusqu'au bout des doigts. Elle allait le boire. Elle allait¿Puis elle se reveilla sous le bruit des klaxons du lundi soir. La jeune femme marchait au milieu des gens, la nuit s'emparait petit à petit de la lumière du jour et le halo des automobiles lui donnait ce regard vide. C'était celui du condamné. Elle continuait à avancer, à petit pas, au milieu de cette foule sans visage. Ils ne faisaient plus partie de la même dimension. Elle errait comme une âme qui n'a plus rien à faire. Bizarrement, la vie, le monde et même le temps ne s'étaient toujours pas arrétés. Comme chaques jours certains allaient aimer, d'autres pleurer, la planète continuerait son eternel tour autour du soleil, sans même ralentir. Elle s'y était faite sans pour autant avoir compris comment cela était possible. La jeune femme se dirigeait vers l'église, un peu comme un refuge, c'était le seul endroit où elle se sentait proche de lui. Elle y allait chaque jour après le travail, cela l'aidait à oublier que demain tout recommencerait. C'était son petit plaisir, son réconfort, gai comme un cimetière. Elle avait perdu l'amour, elle avait trouvé la foi. Lorsqu'un homme la bouscula, elle eut tout de même la force de s'écrouler en silence. Demain tout irait mieux, elle l'avait entendu dans ses prières. L'horoscope ne démentait pas non plus. Demain tout irait mieux, elle s'y accrochait comme un enfant s'accroche au père noël. L'homme qu'elle aimait était mort il y a quelques mois, elle n'espérait pas plus qu'une vie sans surprise. Une vie qui se finirait seule dans le lit bien chaud d'une maison de retraite. L'espoir, ça l'avait détruite, un peu comme un vieil ami qui vous aurait trahit.

Tout à coup, une vieille femme, les cheveux gris baignant dans une texture verdâtre, ouvrit de tristes yeux fatigués. Ses larmes, venaient doucement nettoyer son pauvre visage abîmé par la vie. Elle se sentait presque bien, elle ne souriait peut-être pas mais cette fois-ci, elle bougea la lèvre supérieure d'un mouvement épuisant. C'était bob qui l'avait réveillé en plein somnambulisme. Tous les deux passaient toujours la nuit sous la même couverture lorsque l'hiver persistait. Les gens qui passaient, ne voyaient pas plus que deux corps sous un pauvre drap, recouvert comme deux cadavres. Elle s'en fichait, elle n'avait même plus conscience d'être en vie. Il faisait encore nuit mais elle avait rendez vous, rendez vous avec la mort se disait-elle sans un sourire. Elle déambulait dans les rues, sereinement, dans ses petites chaussures à peine trouées, trois pointures trop petites. Comme toujours elle espérait trop, on ne lui avait jamais donné ce qu'elle désirait. Cela faisait des années qu'elle n'était plus qu'un corps, elle s'attendait à tout instant à se faire faucher par une voiture. Du moins, elle l'espérait de tout son c¿ur, de tout ce qu'il en restait. Elle aurait voulu mourir de façon extraordinaire. Pourquoi pas dans un avion pensa t-elle comme si elle faisait un voeux. Non, elle voulait simplement une mort un peu plus digne que sa vie. Elle n'avait pas les moyens pour quelque chose d'aussi grandiose, même pour mourir, il faut de l'argent. Il y a longtemps, elle aurait prié pour qu'on la libère, mais désormais, elle savait que la haut, il n'y a personne, si ce n'est les étoiles. Elle en était la preuve. Alors que tout le monde priait pour vivre, elle demandait simplement la mort. Il n'existe pas, elle le savait, la justice et, peut-être, elle même non plus. Elle vivait dans les méandres d'une illusion, une mauvaise blague. Etait-elle la seule à être au courant ? Elle vivait l'histoire de quelqu'un d'autre, ce n'etait pas la sienne, on avait du l'écrire pour un héros de tragédie.

Quelques heures plus tard, elle revint, serra son petit médaillon puis se hissa sous le petit bout de tissus. Bob n'avait pas l'air d'en avoir finit avec son rêve, poussant de petits cris ridicules. Autrefois, ça l'aurait certainement fait rire. Demain, ça n'irait pas mieux, le monde serait toujours la même saloperie, pensa t-elle sans même lacher un soupir. Puis elle se rendormit, pressée de quitter la réalité. Elle préférait la rêver, sa vie. Son existence n'était qu'un long dimanche pluvieux qui ne finirait pas.

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élodie123 Membre 460 messages
Forumeur survitaminé‚ 27ans
Posté(e)

J'ai pas d'expérience en la matière

mais je trouve que c'est assez intéressant

peut-être exprimé ce que la vieille femme (2ème paragraphe) ressent par rapport aux gens qui l'entourent. ( mais bon je dit ça comme ça c'est pas forcément fondé :snif: )

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ASKI Membre+ 9 808 messages
Forumeur alchimiste‚ 62ans
Posté(e)

ça donne envie de lire la suite, vas-y

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Maïwenn Membre+ 16 546 messages
Vache Normande‚ 35ans
Posté(e)

c'est très bien!

il ne faut pas d'expérience pour savoir écrire, juste l'envie et l"imagination :snif:

j'écri aussi mais c'est un peu en dur en ce moment je me bloque moi même :snif:

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E.sense Membre 52 messages
Forumeur en herbe‚ 45ans
Posté(e)
Le décor tournait de plus en plus vite, elle était prise dans l'ivresse du désespoir. Pourquoi personne ne réagissait ? L'homme qu'elle aimait était mort. Ils ne regardaient pas. Vivaient-ils dans la même réalité ? Pourquoi personne n'hurlait jusqu'à se déchirer les deux poumons, jusqu'à s'en faire éclater le coeur. Sa chair ne faisait plus qu'un avec la carcasse de l'appareil. Le corps inerte, se vidait de son âme. Ses yeux ne regarderaient plus jamais la jeune femme. Pourquoi le monde existait-il encore? Elle devait être en pleine rêverie, comment pourrait-il en être autrement ? Le corps continuait à se répandre sur le sol. Elle avait les mains pleines de son sang, elle avait sa vie jusqu'au bout des doigts. Elle allait le boire. Elle allait¿Puis elle se reveilla sous le bruit des klaxons du lundi soir. La jeune femme marchait au milieu des gens, la nuit s'emparait petit à petit de la lumière du jour et le halo des automobiles lui donnait ce regard vide. C'était celui du condamné. Elle continuait à avancer, à petit pas, au milieu de cette foule sans visage. Ils ne faisaient plus partie de la même dimension. Elle errait comme une âme qui n'a plus rien à faire. Bizarrement, la vie, le monde et même le temps ne s'étaient toujours pas arrétés. Comme chaques jours certains allaient aimer, d'autres pleurer, la planète continuerait son eternel tour autour du soleil, sans même ralentir. Elle s'y était faite sans pour autant avoir compris comment cela était possible. La jeune femme se dirigeait vers l'église, un peu comme un refuge, c'était le seul endroit où elle se sentait proche de lui. Elle y allait chaque jour après le travail, cela l'aidait à oublier que demain tout recommencerait. C'était son petit plaisir, son réconfort, gai comme un cimetière. Elle avait perdu l'amour, elle avait trouvé la foi. Lorsqu'un homme la bouscula, elle eut tout de même la force de s'écrouler en silence. Demain tout irait mieux, elle l'avait entendu dans ses prières. L'horoscope ne démentait pas non plus. Demain tout irait mieux, elle s'y accrochait comme un enfant s'accroche au père noël. L'homme qu'elle aimait était mort il y a quelques mois, elle n'espérait pas plus qu'une vie sans surprise. Une vie qui se finirait seule dans le lit bien chaud d'une maison de retraite. L'espoir, ça l'avait détruite, un peu comme un vieil ami qui vous aurait trahit.

Tout à coup, une vieille femme, les cheveux gris baignant dans une texture verdâtre, ouvrit de tristes yeux fatigués. Ses larmes, venaient doucement nettoyer son pauvre visage abîmé par la vie. Elle se sentait presque bien, elle ne souriait peut-être pas mais cette fois-ci, elle bougea la lèvre supérieure d'un mouvement épuisant. C'était bob qui l'avait réveillé en plein somnambulisme. Tous les deux passaient toujours la nuit sous la même couverture lorsque l'hiver persistait. Les gens qui passaient, ne voyaient pas plus que deux corps sous un pauvre drap, recouvert comme deux cadavres. Elle s'en fichait, elle n'avait même plus conscience d'être en vie. Il faisait encore nuit mais elle avait rendez vous, rendez vous avec la mort se disait-elle sans un sourire. Elle déambulait dans les rues, sereinement, dans ses petites chaussures à peine trouées, trois pointures trop petites. Comme toujours elle espérait trop, on ne lui avait jamais donné ce qu'elle désirait. Cela faisait des années qu'elle n'était plus qu'un corps, elle s'attendait à tout instant à se faire faucher par une voiture. Du moins, elle l'espérait de tout son c¿ur, de tout ce qu'il en restait. Elle aurait voulu mourir de façon extraordinaire. Pourquoi pas dans un avion pensa t-elle comme si elle faisait un voeux. Non, elle voulait simplement une mort un peu plus digne que sa vie. Elle n'avait pas les moyens pour quelque chose d'aussi grandiose, même pour mourir, il faut de l'argent. Il y a longtemps, elle aurait prié pour qu'on la libère, mais désormais, elle savait que la haut, il n'y a personne, si ce n'est les étoiles. Elle en était la preuve. Alors que tout le monde priait pour vivre, elle demandait simplement la mort. Il n'existe pas, elle le savait, la justice et, peut-être, elle même non plus. Elle vivait dans les méandres d'une illusion, une mauvaise blague. Etait-elle la seule à être au courant ? Elle vivait l'histoire de quelqu'un d'autre, ce n'etait pas la sienne, on avait du l'écrire pour un héros de tragédie.

Quelques heures plus tard, elle revint, serra son petit médaillon puis se hissa sous le petit bout de tissus. Bob n'avait pas l'air d'en avoir finit avec son rêve, poussant de petits cris ridicules. Autrefois, ça l'aurait certainement fait rire. Demain, ça n'irait pas mieux, le monde serait toujours la même saloperie, pensa t-elle sans même lacher un soupir. Puis elle se rendormit, pressée de quitter la réalité. Elle préférait la rêver, sa vie. Son existence n'était qu'un long dimanche pluvieux qui ne finirait pas.

Aère ton texte, rends le plus fluide, moins pesant, "horoscope ne demantait pas non plus", génial, il est trop question d'elle, travaille plus ton contexte, l'environement général, la dernière phrase est à chier (trop écrite des milliers de fois), pense plus à ta position en tant que narrateur, réfléchie sur ton role...

ne prends rien de ce que j'ai écrit comme queque chose de négatif, je ne te casse, je t'aide, et pour preuve si cela n'avait pas été le cas, je me serais pas chier à te répondre, allez mon gars au boulot, envoie un petit coucou à l'occasion :snif:

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kakucha Membre 15 messages
Forumeur balbutiant‚ 28ans
Posté(e)

Oh j'avais pas vu que j'avais eut des réponses ;) . Alors comme ça ma phrase est à chier? :snif: c'est vrai je suis d'accord mais je l'aime bien :snif:. Aèrer le texte, peux tu m'expliciter l'idée, me dire ce qui est trop lourd? Pour le tout début je la voulais lourde l'ambiance, après c'est vrai que c'est embettant si c'est pas agréable à lire. En tout cas je vais essayer de poursuivre selon les indications! merci pour vos réactions

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kakucha Membre 15 messages
Forumeur balbutiant‚ 28ans
Posté(e)

Ok ok les amis, je n'ai pour l'instant pas vraiment retouché le début, par contre j'ai un petit bout de suite à vous proposer :snif:

Ca continue directement après ce que j'ai publié l'autre fois.

Aujourd'hui c'était samedi, son jour préféré. Le samedi, la jeune femme passait sa journée à arpenter le marché de son enfance, comme un fantôme . C'était sans plaisir, mais peu importe puisqu'elle ne sentait plus le monstre se débattre à l'interieur. Elle oubliait les coups griffes qui l'écorchaient, le goût du sang dans la bouche. Il dormait. Autrefois elle y allait avec son père, c'était ça son petit réconfort à l'époque. Il lui achetait sa barquette de framboise , toujours la même, celle avec la petite étiquette verte que le marchand lui mettait de côté. En retour, elle l'éclaboussait de ses grands rires de petite fille. Puis elle rentrait sa main d'enfant dans la sienne. Elle vivait simplement, elle aimait même un garçon bizarre qui s'appellait hugo. C'est vrai qu'à cette époque, elle aimait allégrement, et l'amour ce n'était pas encore de la souffrance. Depuis quelques temps, ce qui était vraiment beau, c'est qu'elle commençait à pardonner aux autres d'être vivant. Pas que physiquement, à l'interieur surtout. Ce qu'elle aimait, c'était croiser des sourires; surtout ceux des vieillards, ils sont toujours gratuits et tellement doux . Biensûr elle ne les rendait jamais, elle ne savait plus que les prendre comme une voleuse. Ce n'était pas du mépris, c'est simplement qu'elle n'avait plus rien à donner, absolument plus rien. Mais elle se sentait aller mieux, la foule, elle ne l'évitait plus. Le temps où elle l'injuriait du haut de sa douleur s'était presque envolé. Et c'était de si haut mais désormais, on allait bientôt casser le mur. Alors, elle les regardait vivre, sans bienveillance aucune c'est sûr mais avec interêt. Elle étudiait avec l'assiduité d'un premier de la classe, elle avait soif d'apprendre. Elle prenait des notes pleines de ratûres, elle tentait de découvrir ce qui les differenciaient. Il fallait qu'elle trouve comment faire pour le retrouver, le monde des vivants.

Contre toute attente, une nouvelle semaine s'aprêtait à redémarrer. Elle aurait voulu la tuer dans l'oeuf, elle ne lui aurait laissé aucune chance si elle avait put. Mais bientôt elle allait retrouver son bureau froid et humide qui avait toujours eut cette désagréable odeur de solitude. La première fois qu'elle était venue, elle avait tout de suite pensé à l'odeur de vieux mégots froid qui habitait la voiture de son enfance. Pourtant depuis, elle avait tout mit en oeuvre pour la faire disparaître. Elle avait déposé quelques fleurs dans un pot a crayon , puis elle avait minutieusement placé des photos de ses parents, des photos de gens morts. Ca puait toujours autant, peut être même un peu plus. Elle n'avait jamais arrosé les fleurs, elles étaitent fânées, les photos aussi. Chaque matin, elle trouvait un pauvre cendrier noircit de la veille qu'on avait dû vouloir étouffer avec des cendres. Chaque matin, pourtant ce n'était pas le sien. Elle ne fumait pas, elle ne fumerait jamais, c'était un peu la seule certitude qu'il lui restait. Un peu triste, pensa t-elle. Elle n'avait jamais compris d'où il venait, un peu comme cette abominable odeur de café froid que suintait les murs . Ils étaient deux dans le bureau, et aucun n'en buvait. Ca allait beaucoup mieux, elle irait travailler.

Aujourd'hui c'était samedi, le jour préféré de Bob. C'était le jour où ils allaient jouer des numéros hasardeusement chez le buraliste d'à côté. Ca faisait toujours plaisir à Bob et elle avait droit à son ridicule sourire édenté, à chaque fois. Ils jouaient souvent, regardaient peu les résultats et ne gagnaient jamais, mais finalement elle aimait plutôt ça. Peut-être même qu'ils allaient gagner cette fois, elle s'en foutait. Finalement, ce qui etonnait le plus les autres clients, ce n'était pas que des sdf jouent au loto, c'était plus qu'on les laisse rentrer à l'interieur. Ce n'était pas des gens intolérants, oh ça non! Simplement, ils trouvaient que "ça puait le clodo", rien de plus. Ils étaient beaucoup d'ailleurs à penser ça, ce n'était pas écrit sur la porte, mais ils n'avaient accès au magasin que vers 7h, juste avant qu'il ferme. Le proprietaire, ce n'était pas un mauvais mec non plus, simplement le business c'est le business voila tout.

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Amnesiac Membre 267 messages
Forumeur activiste‚ 31ans
Posté(e)
c'est très bien!

il ne faut pas d'expérience pour savoir écrire, juste l'envie et l"imagination :snif:

Et du talent.

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