Le journal de bord de plimsoll

lazy Membre 13 445 messages
ne sait pas sur quel pied danser‚
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c'est toujours aussi agréable de te lire, ô grand zef :o (c'est drôle cette appelation ... un rapport plus ou moins éloigné avec un mouvement atmosphérique ? )

j'ai eu une petite pensée pour toi l'autre jour car à la tv ils parlaient des pirates maritimes suite à la prise d'otages sur le ponant ... je me suis "j'espère que plimsoll a pensé à apporter son sabre mille sabords" :o

petite question quand tu parles des chargements sur les bouées ce sont des plate-formes n'est-ce pas ? sacrées bouées ;)

2è petite question, dans votre équipage il n'y a pas de médecin ou d'infirmier ? que se passe-t-il en cas d'urgence ? je suppose qu'un hélico peut se poser sur le pont mais pour les 1er soins ?

et au fait tu as fait des études dans quel port ?

et t'as vu le prix du baril :snif:

:snif:

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Ocytocine Membre+ 17 768 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
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Hélas, Lazy, il s'est tapé Marseille, je crois, le pauvre. :o

Sinon, je suis d'accord, vu le prix du barrril, bientôt Plimsoll va transporter comme du caviar et aura droit au gilet par balles au-dessus de son bleu blanc noir. ;)

Si tu as besoin de garde du corps, plimsoll, fais-moi signe... euh non, finalement, je crois qu'une certaine personne ne sera pas d'accord. :snif: Mais je me propose au moins comme agent littéraire. :snif: Vivement la suite!

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Plimsoll Membre 4 671 messages
Terrien d'eau douce‚ 32ans
Posté(e)

Et oui j'ai fait trois ans a Marseille, j'avais le choix entre Le Havre et Marseille qui sont les deux seules écoles a former les officier de première classe. J'ai fait un choix météorologique mais point de vue sociabilité je l'ai regreté :snif:

Concernant la bouée c'est une bouée, petit schéma pour expliquer la chose plus en détails :

chargementboueny4.jpg

La fpso (pour Floating Production Storage and Offloading unit) est généralement un pétrolier géant reconverti, connecté au puit de forage il extrait le pétrole, le stocke en le traitant pour le transport puis charge les navires. La bouée (qu'on appelle aussi SBM pour Single Buoy Mooring) sur laquelle nous sommes ammaré par une ou deux chaînes ne sert que de point d'ancrage pour la manche de chargement et le navire.

Pour le prix du barrils il est clair que le pétrole n'a jamais autant mérité son surnom d'or noir, on transporte communément 2 million de barrils soit 280.000.000$ de cargaison a peu près 191 millions d'euros, 8,2 milliards de francs.....

Les pirates cherche de plus en plus les prises d'otages mais des navires disparaissent régulièrement sans donner de nouvelles. Pendant mon embarquement trois navires ont disparus et pas des barques loin de là....

Contre les pirates nos moyen sont dérisoire, nous ne pouvons pas accéllérer pour les distancer et nous ne sommes pas des soldats donc on essaie de les intimider avec les projecteurs et les lances incendie mais si ça suffit pas on se rend immédiatement.

En conséquence j'accepte les cv et lettre de motivation aux candidatures de garde du corps

Concernant les soins médicaux a bord des navires marchands de médecins il n'y a guère. Chaque officier a reçu une formation aux premiers secours avancé, aux piqûres, perfusion et aux consultation télémédicale (donc par radio). Il est clair qu'en cas de blessure nous ne pouvons que maintenir le type en vie jusqu'a son évacuation par hélico, navire suivant les moyens disponibles dans la zone. Autrement on peut envoyer les malades a terre quand nous sommes a quai mais les médecins ne sont pas d'égal compétence a travers le monde. Ainsi le cuisto débarquer en urgence a Antifer avait été consulté un médecin chinois qui lui avait dit qu'il mangeait trop de fruit frais....

13 février

« C'est un jour clair d'un bleu d'acier. Le double firmament de la mer et du ciel se confondait dans cet azur partout répandu ; toutefois, la transparence douce et pure du ciel pensif avait un air féminin, tandis qu'une respiration lente et puissante, [¿.], soulevait la mer robuste et virile.

Ici et là, dans les hauteurs, glissaient les ailes blanches de menus oiseaux immaculés, tendres pensées de ce ciel féminin ; dans l'abîme bleu et sans fond s'agitaient de puissants léviathans, des espadons et des requins, pensées vigoureuses, inquiètes, meurtrières du viril Océan.

Si le contraste existait en profondeur, il n'était extérieurement qu'ombres et nuances, ils semblaient ne faire qu'un, le sexe seul les distinguait l'un de l'autre.

Tel un souverain absolu, le haut soleil semblait marier ce ciel tendre à l'Océan téméraire et mouvant, l'épouse à l'époux ; et à l'horizon une douce palpitation, plus sensible sous les tropiques, révélait la confiance passionnée et frémissante, l'amoureuse inquiétude avec laquelle la pauvre épousée s'abandonnait »

Herman Melville, Moby Dick

C'est en milieu de matinée que nous atteignons captown, nous approchons de la côte dans l'ombre de la montagne de la Table (1 086 m), accompagné par une demi-douzaine d'otaries afin d'effectuer la relève et l'approvisionnement. Sur le pont l'air est a température idoine, la brise est légère, ses caresses douces, le regard plonge dans l'outremer des ondes et les pensées vagabondes. Soudain la forme grise d'une baleine fait surface a une encablure sur tribord, apparition apaisante et brève, de son évent jaillit une colonne d'eau, une fois sa présence ainsi signalée elle s'en retourne comme elle est venu. On en oublierais presque qu'on a deux gars a débarquer et des vivres a prendre. Une fois ceci fait nous repartons, l'escorte de pinnipède a céder sa place aux dauphins, s'il y n'y avait pas la flagrance d'hydrocarbure on se croirait presque sur la calypso.

imag0029cappe7.jpg

Le cap de bonne-espèrance fut franchit peu de temps après que le soleil eut commencé sa course descendante. Une fois ce cap usurpateur franchit (en effet on a tendance a le prendre pour le cap le plus méridional de l'Afrique, il n'en est rien puisque c'est le cap des aiguilles qui est tenant du titre depuis pas mal de temps) le temps changeât du tout au tout, le brise fit place a une bourrasque de force 9 soufflant a 42 noeuds (environ 80km/h) et la mer se forma d'avantage, si bien que l'avant du pont disparaissait par moment dans l'écume. Le soleil continuait son chemin, laissant apparaître des arc-en-ciel dans les embruns qui balayaient le pont.

imag0052arcoh5.jpg

Et nous rechangeons d'heure, tu+2-> +3, midi en france= 14h a bord

15 février

Et un changement de plus, tu+3->tu+4, midi en france=15h a bord.

18 février

Rebelote, tu+4->tu+5, midi en france=16h a bord. Quatre de sommeil en moins en neuf jours, les changements commence a peser, vivement qu'on fasse route a l'ouest pour récupérer...

19 février

éa y est, j'assume un quart sans chaperon ! D'accord pour le moment il ne me laisse pas plus de deux heures et en océan indien on croise pas grand chose mais c'est un début.

Le vent m'a contraint de changer mes habitudes. En effet le soir j'aime a flâner a la proue et ce pour diverses raisons. D'une part parce que nul son de moteur ne parvient jusque là, le silence est uniquement rompu par l'étrave qui vient briser les ondes; en sus l'obscurité n'y recule que devant le scintillement des astres aussi peut-on admirer les étrange jeux de lumière de la vie sous-marine en se penchant légèrement au-dessus de la lisse, là caressé par la brise marine (certain masochiste disent fouetté, chacun ses goûts...) il vous apparaîtra les phosphorescence verte du plancton se mêlant a l'écume. Une fois rassasié de ce spectacle je me pose sur une bitte et tourne mon regard vers l'horizon lunaire en laissant gamberger mes pensées. Certain ne peuvent s'empêcher de s'écrier « je suis le maître du monde » sitôt qu'ils atteignent la proue, on voit comment ils finissent après.... L'immensité océanique a plutôt tendance a vous rappeler que vous étés bien peu de chose, et bien souvent une douche d'embrun vient refroidir vos prétentions impérialiste.

imgp2099xr4.jpg

20 février

« Assise sur une bitte¿d'amarrage, elle pleure

Son homme qui la quitte, la mer c'est son malheur¿ »

Renaud, dès que le vent soufflera

Une petite précision sur la bitte d'amarrage, tout le monde voit a peu près a quoi ça ressemble ? En voici pour ceux qu'y l'ignorent, ceux qui savent peuvent toujours regarder les montagnes de la cote sud-africaine.

imag0032bitenm0.jpg

Le même dispositif situé sur le quai change de nom pour s'appeler bollard, les méandres du vocabulaire maritimes sont ce qu'ils sont... Aussi peut-on noter une erreur dans la chanson Dès que le vent soufflera, dont le couplet aurait du être celui-ci :

« Assise sur un bollard, elle pleure,

Son homme qui la quitte, la mer c'est son malheur. »

Ce qui aurait été juste mais beaucoup moins drôle et point de vue rime bollard c'est pas le top.

J'en profite d'ailleurs pour signaler que la phrase suivante :

« Il l'a tourné sur la bitte avant de garnir la poupée en passant par le bonhomme »

N'a strictement rien de pornographique, malgré les apparences.

Explications :

Tourner une aussière sur une bitte signifie lui faire faire des huits afin de la rendre solidaire des bittes et donc du navire. Garnir la poupée, c'est l'action qui consiste a enrouler l'aussière sur le tambour du guindeau (appelé poupée) afin de la virer, c'est a dire de la tendre (contraire de choquer, donner du mou). Le bonhomme enfin, c'est une poulie a l'horizontale qui permet de changer la direction de l'aussière afin qu'elle ne frotte pas sur des arrêtes saillantes du chaumard (trou dans la lisse prévu pour faire passer l'aussière) et qu'elle se pressente dans l'axe de la poupée.

Simple non ?

La traduction terrestre serait donc celle-ci :

« il a fait des huit sur les pilotis avant de l'enrouler sur le tambour en passant pas l'espèce de poulie horizontale »

Beaucoup moins agréable a l'oreille non ? (ou a la vue pour ceux qui ne lisent pas a voix haute).

21 février

Mon neveu ne sera pas du beau sexe, telle fut la nouvelle qui débuta ma journée. Il y a peu de chance que je sois la pour sa naissance mais mes voeux l'accompagneront, tonton plim, ça sonne bien non ? Ce sera mon deuxième neveu, le premier je ne l'ai pas vu beaucoup, il est le premier a être né quand j'étais en mer et ce ne sera pas le dernier. Malgrès cet heureux communiqué la journée fut teintée de morosité, jalousie ? Je ne pense pas, j'ai choisi cette vie et ses inconvénients, reste plus qu'a trouver la bien-aimée qui saura en faire fi.

22 février

« Vous avez un message¿ »

Changement d'heure tu+6 -> +7. éa commence a être fatiguant

éa y est le nouveau système d'email est en place; nous jouissons désormais d'adresse personnelle et non plus d'un dossier alimenté par le pacha et visible de tous. Au début la compagnie voulait nous faire payer pour ce nouveau service, autant dire que les bords n'étaient pas enchantés a cette idée. Au final ça reste gratuit, plus simple (plus besoin d'effacer tout derrière soi pour éviter la diffusion des message privé et moins soumis au bon vouloir du singe. Pour une fois qu'il y a du mieux signalons-le.

Dans l'prochain épisode on finira notre traversée indienne par le passage du détroit de la sonde qui nous menera en mer de Chine que nous braverons pour toucher notre port de déchargement.

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lazy Membre 13 445 messages
ne sait pas sur quel pied danser‚
Posté(e)

ton récit se fait plus poétique ... un brin mélancolique :snif: mais c'est toujours agréable de te lire :snif:

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usagi Membre+ 241 210 messages
E-mage‚ 69ans
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:snif: salut matelot :snif:;)

sanstitre1zk2.jpg

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Plimsoll Membre 4 671 messages
Terrien d'eau douce‚ 32ans
Posté(e)
ton récit se fait plus poétique ... un brin mélancolique :snif: mais c'est toujours agréable de te lire ;)

Ah ça m'dame c'est du au fait que ce coup-ci j'avions rédigé plus ou moins au jour le jour, du coup l'humeur est insconstante et transparait parfois pour le pire ou le meilleur.....

23 février

« Sa Prûle »

Aujourd'hui exercice incendie local séparateur, devinez qui on a désigné comme directeur d'exercice..... je n'insulterais pas votre perspicacité en vous donnant la réponse.. Comment ça c'est déroulé ? Disons que le départ n'a pas été terrible, mon talkie walkie est mort dès le début et dans ce genre de cas vu l'importance des communication c'était pas génial. Une fois ce déconvenu réglé j'ai donné mes instruction aux autres équipes pendant que mes deux pompiers mettaient leur tenue. C'est une fois arrivé devant le local supposé en feu que je me suis aperçu que certaine directive avait été oubliées, la lance a mousse n'était pas en position et après l''avoir mandé trois fois auprès de l'équipe de soutien il a fallu que je m'en charge. Il faut dire que pour se faire comprendre a la machine quand le moteur est en route il faut avoir du coffre et surtout une oreille attentive et pas un lobe rattaché a un type qui attends 18h......Enfin tout cela a été signalé au debriefing et l'un dans l'autre ça c'est pas trop mal passé, par rapport a la dernière fois où mon pompier avait refusé d'entrer dans le local incendié. J'avais du lui taper sur le casque pour qu'il réagisse (ma main s'en souviens encore)

25 fevrier

Ultime changement d'heure, tu+8 désormais, quand les miens se couche en picardie je me lève pour prendre mon quart a l'autre bout du monde.

26 fevrier

Le vent a molli, temps de curé aujourd'hui pour passer au large des îles coco.

28 fevrier

Passage du détroit de la sonde, situé entre les iles java et sumatra. Avant d'acceder a ce passage en eaux resserrée et abondament frequentée nous passons devant l'archipelle volcanique du krakatoa

imgp2139wk1.jpg

(je sais j'ai tendance a inserer des phrases pour justifier les photos, des plaintes ?). Ce passage est une epreuve de slalom pour un navire comme le notre car il faut eviter les côtes, les îles, les haut fond, les navires, les bateaux de pêche, ainsi que les pirates. Facile, si bien que le singe m'a reflilé la direction des opérations pendant la moitié de la traversée, l'autre moitié étant a la charge de l'autre élève officier. C'est là qu'on se met a s'agiter en tous sens : la position a pointer toute les dix minutes, un coup d'oeil sur le radar, un coup de jumelle,il fait quoi ce pêcheur ??? et sous la quille comment ça se presente ? La barre dix a gauche.....Bref c'est le coup de bourre, on croise pas un poilu pendant la traversée de l'indien et d'un seul coup on se retrouve tous au même endroit. Un peu comme la ruée des sortie de classe... Dans l'ensemble ça s'est pas mal passé, j'ai pas rayé la peinture de la coque, j'ai pas fait de manoeuvre périlleuse et je me suis pas perdu.

imgp2168cl7.jpg

D'ailleurs comme il me reste un peu de temps, de place et d'energie j'vais vous expliquer comment on se repère a bord. J'vous vois venir vous allez me dire « le gps »; medium, rappelez-vous, pour les heures de consultations nous consulter, tarif attractif. Alors oui nous utilisons le gps mais pas seulement car il ne faut pas lier un navire a une seule ancre (ni une vie a un seul espoir dit-on), le gps c'est simple, précis, rapide mais ça manque d'intégrité.....de quoi???? voir plus haut, il me semble l¿avoir dit. (si c'est pas le cas signalez-le, je n'en prendrais pas ombrage...)

Ainsi nous utilisons toujours les autres moyens de positionnement qui sont :

-Le point astro, que je vous ai brievement expliquer précédament, nous en faisons deux ou trois par jours quand la méteo le permet, pas d'astre ou pas d'horizon, pas de point astro.

-Le radar, on repere trois point qui ressorte bien sur l'image radar, on mesure la distance (le radar est plus fiable en distance qu'en relèvement. Relèvement = angle entre le nord et le point relevé, exprimé en degré de 000° (nord) a 360°), une fois ceci fait on trace les cercles de distance correspondant sur la carte marine et nous trouvons notre position, comme sur le dessin ci dessous :

pointradarun7.jpg

Le triangle bleu correspondant a la position du navire

Là vous allez me dire que les trois cercle ne se coupe pas en un seul point, normal on effectue trois arrondis, plus les écarts de construction et d'observation, aussi obtient-on un « triangle d'incertitude » où l'on se situe.

-Trois relèvements, on choisit trois amers identifiables et identifiés sur la carte, on prend leur relèvements et on reporte tout ça sur la carte avec la règle cras, qui ressemble a ceci :

467ev3.jpg

On obtient alors ceci :

pointrelevementgu6.jpg

Là encore un triangle, pour qu'il est une allure convenable (c'est-à-dire pas trop allongé), il convient de choisir trois amer décalés d'environ 120° entre eux.

Voilà pour les méthodes les plus utilisées, il en existe quelque autre comme par exemple la ligne de sonde, qui consiste a noter la position quand on franchit un isobathe (Isobathe = profondeur remarquable (comme le 50m par exemple), le passage d'alignement, le point par segment capa etc¿.. mais les quatre principaux sont ceux que j'ai expliqué, on peut bien sur mixer, deux relèvement et une distance ¿¿

En cas de question ou de demande d'info supplémentaires, vous savez où me trouver¿.Asile, onzième cellules a gauche dans le sens rétrograde côté moyeu¿.Maintenant vous savez :o

5mars

Exercice incendie, ce coup-ci avec évacuation de robert le mannequin, qui pèse bien ses quatre-vingt kilos. (pour des raisons de droit d'auteur Robert n'apparait pas ici)

Le tout se passant dans la chambre des pompes, donc un local qui s'étend sur plusieurs niveau, avec plein d'échelle a descendre, et optionnellement les lignes cargaisons qui passent dedans donc plutôt inflammable. L'intérêt de l'exercice ici se situé surtout dans l'évacuation de robert, pour le feu dans un tel local on balance le système d'extinction fixe a mousse, ça étouffe le feu et pas de feu sans air¿

Concernant Robert, je pense qu'il a trépassé, il a bien été trouvé, la mise sur civière a du lui broyer le dos mais bon admettons il y avait urgence. Sa remontée lui a occasionnée de nombreuse fractures cérébrales, elle se faisait par les écoutilles a l'aide d'une poulie mais les gars ont pas pensé a guider la civière, donc a chaque coup de roulis, bang un coup dans les batayoles. Enfin ils ne pouvaient pas faire beaucoup mieux, nous ne sommes pas assez nombreux pour conduire une telle opération. On dispose de quatre pompiers avec les bouteilles, donc si on a deux qui protègent du feu et deux en train de remonter pour changer leur bouteille d'air vide, et ben il n'y a plus personne pour s'occuper de robert¿..

De toute façon il été déjà en vrac, quand il a fallu le mettre en place pour l'exercice le second cap et moi-même l'avons fait descendre les échelles cul par-dessus tête, ce qui ne donne pas envie de louper une marche après ça¿..

6 mars

« Je suis toto, je suis total,

Totalement perdu sans étoiles

Comme un oiseau dans le gazole

Un albatros sans idéal¿. »

La tordue, captain Naimo

Sale temps depuis une semaine, le vent dans le nez a décorner les cocus, les embruns qui balayent le pont, le navire heurte les vagues sans grâce, on ne roule pas excessivement mais on cavale (je vous renvois au petit dessin que j'avais fait il y a quelque temps, si vous trouvez pas le cavalement est un mouvement de translation du navire d¿avant en arrière, a ne pas confondre avec le tangage qui est un mouvement de rotation dans l¿axe du navire). L'horizon est pourri, le ciel couvert donc pas de point astro¿¿

imag0075uv5.jpg

(Sur cette photo vous pouvez avoir une vague impression de ce qu'est un grain.... avant il ne se passe rien, pendant c'est le déluge après le calme absolu)

7 mars

« Ils ont hissé la grande voile

Et le bateau¿..coula

Allez au lit¿ »

La grande traversée, les VRP

Que de pêcheur ! Nous sommes au large de Taiwan, le vent a mollit, Neptune est apaisé donc les pêcheurs sont de sortis, et voilà ce que ça donne au radar :

cimag0001azso8.jpg

Et nous devons passé au milieu de cet foultitulde car les pêchous chinois pêchent en masse, tous au même endroit sur leur gabarres. De temps a autre ils vocalisent sur les ondes, nous avons eu le droit a une sérénade d'une bonne demie heure ce matin, tout en chinois donc me demander pas les paroles¿..

Concernant le terme foultitude, après vérification dans moult dictionnaire il apparait que ce mot n'existe pas (enfin si vu qu'il existe ici mais disons qu'il n'est pas reconnu par robert et par la rousse...). J'aurais pu le remplacer par "foule" mais deux syllabes me semble bien peu pour qualifier un si grand nombre. D'autre part multitude me gênait par sa consonance donc j'ai improvisé.... :snif:

Comme on approche de la chine il va être temps d'en parler :

*Géographie :

La chine couvre une superficie de 9.560.000 km². La plupart du pays est montagneux, des formations sédimentaires, en particuliers la partie ouest et la côte sud-est.

De nombreuse activité volcanique dans la partie nord, les séismes y sont fréquents

La grande plaine de chine s'étend depuis la côte Est en un large triangle dont un sommet se situe près de Beijing et sa base entre Shanghai et Yichang.

*Politique :

La république populaire de chine fut proclamée le 1er octobre 1949 par Mao Tse-tung suit à la défaite du gouvernement Guomindang (ou Kuomingtan) dirigé par le général Chiang-Kai-Shek qui fuit vers l'île-province de Taiwan.

Beijing (pékin) est restauré capitale, position qu'elle avait perdue de 1928 à 1949 au profit de Nanking. La république populaire de chine fut admis dans l'ONU en octobre 1971.

En janvier 1975 une nouvelle constitution est adoptée, établissant le rôle dirigeant du partie communiste dans tout les aspects de la vie nationale. La fonction de président est abolie et remplacée par le « standing comitee of the national people's congress »

Celui-ci est constitué de 140 membres et agit comme « la tête unique de l'état ». Les 21 provinces chinoises sont dirigées par des « local's people congres and revolutionary comittees »

*Population :

Au recensement de 1990 la chine comptait 1.130.510.638 âmes (ndt : soit 172.345.236 euros ¿¿)

Comme le taux de natalité était sur le déclin ces 12 dernières années la chine fut forcée s'assouplir la loi de l'enfant unique, notamment pour faire baisser le taux d'infanticide dut a la naissance d'une fille.

L'ONU prédit une population de 1366.2 millions en 2010. Elle prédit aussi que la chine perdra son statut de pays le plus peuplé en 2040 au profit de l'inde.

*Langue :

Le dialecte principal du nord de la chine a été adopté comme langue nationale, connu sous le nom de Putonghua (mandarin).

Le langage écrit est idéographique et non phonétique, il est commun a tout les dialectes et les autorités chinoise tendent a introduire des caractère simplifiés.

En 1956 tout les journaux chinois et la plupart des livres commencèrent à apparaître avec les caractères imprimés horizontalement de gauche a droite au lieu de

verticalement de haut en bas.

Depuis le 1 janvier 1979 les autorités chinoises ont adoptée le système Pinyin au lieu du système Wade-Giles pour la romanisation des noms et des lieux. Ce système a été largement utilisé pour aider les écoliers et les autres dans l'apprentissage des caractères Putunghua.

*Commerce et industrie :

La chine est une nation agricole désormais autosuffisante excepté pour le cotton. 11% du pays est cultivé. L'industrie est responsable de 49% du PIB et de nombreuse petite usine subsistent au 21è siècle.

Les investissement extérieur viennent principalement de Taiwan, des USA, du Japon, de la Corée et de la Grande-Bretagne. Ces même pays sont également les principaux pays d'exportation.

Voilà ce qu'en disent les instructions nautiques anglaises, traduit dans la mesure du possible par votre serviteur (ne pensez même pas au fouet¿.). C'est loin d'être complet mais ça donne un rapide aperçu non ? La chine a tout de même trois millénaires d'histoire derrière elle ce qui ne serait pas une mince affaire a apprendre, condenser et retranscrire.. mais je gage qu'il y aura bien un forumeur qui nous en parlera plus en détails et avec une meilleur prose ;-)

Je vous ferez part de ma propre analyse quand j'y aurais mis les pieds.

Mais parlons un peu de notre port de déchargement : Qingdao

C'est l'un des principaux port de commerce international chinois. La ville plutôt moderne abrite deux millions d'âme. C'est un important centre industriel connu également pour ses installations sanitaires et touristiques.

En 2001 le port fut fréquenté par 978 navires, un port en lourd total de 66.133.649tonnes (Le port en lourd c'est quantité de marchandise, le déplacement c'est le poids réel du navire dans les conditions présente et le poids lège c'est le poids du navire sans cargaison mais avec les soutes et caisses a huile et à eau pleines, et tout l'équipement et le personnel. Si vous avez bien suivi vous en déduisez que le poids lège ôté du déplacement vous donne le port en lourd, si vous n¿avez pas suivi n¿en perdez pas le sommeil pour autant¿.)

Le tirant d'eau maximum admissible est de 20,5m (devinez a combien nous sommes arrivé ? ¿¿. Si vous avez répondu 20,5 c'est gagné, quoi ? Euh un coup au bar ?)

Point de vue météo :

Les 19 dernières années les températures du mois de mars se sont situées entre 1 et 10°C, le plus haut observé a été 20°, le plus bas -6°. L'humidité est de 46 à 63%. Les orages et les tempêtes y sont rare. Le vent est habituellement compris entre 8 et 10 n¿uds. De la glace est parfois rencontré de fin janvier à mi février mais ne gêne pas la navigation. En moyenne un jour de brouillard durant le mois de mars.

La fois prochaine :

-Préparez vos aspirines pour l'explication du déchargement (je pourrais la zapper mais ça déséquilibrerait le récit non ?)

-On jettera les amarres avec un zoli dessin (j'espère..)

-On mettra un pied a terre et même deux

-On ira peut etre plus loin car le temps commence a me manquer mais je ne dirais pas jusqu'où nous irons car d'une part je l'ignore (pas vraiment mais ça fait un effet de style non ?) et d'autre part ça gacherait la surprise.

Modifié par Plimsoll

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Plimsoll Membre 4 671 messages
Terrien d'eau douce‚ 32ans
Posté(e)
9 mars

Amarrage Qingdao en 4-4-2, en quoi ?

4 pointes

4 traversières

2 gardes

4 quoi ?

Il s'agit du nom des amarres, petit dessin :

ammaragetu0.jpg

Il me semble que j'en avais déjà parlé, mais l'illustration est plus claire, du moins je l'espère, si ce n'est pas le cas signalez-le¿..

Les pointes sont longues et nous rapproche du quai, leur longueur leur confère une plus grande élasticité donc elles sont moins susceptibles de rompre que les traversières qui ont le même rôle mais sont plus courte.

Les gardes servent a positionner le navire bien en face des bras, le fait de virer sur une garde engendre un déplacement contraire a la position de celle-ci (virer sur une garde avant fait partir en arrière¿.)

Les câbles incendie sont affaler juste au dessus de l'eau, ils servent a remorquer le navire loin du quai en cas d'incendie, tant a terre qu'a bord.

Et début de déchargement, là encore une explication s'impose (vous pouvez toujours la sautez mais j'aurais mauvaise conscience de ne pas avoir expliciter les opérations, j'explique bien une fois comme ça j'évite d'avoir a y revenir a chaque chargement ou déchargement. Néanmoins si vous n'avez pas suivi la première fois et/ou que vous vouliez en savoir davantage n'ayez pas peur de questionner, évitez quand même le fer porté au rouge ¿¿)

On va partir de la situation suivante :

Navire amarré, coupé en place, bras de déchargement pas encore connecté.

L'invasion commence alors, monte a bord :

-L'agent, personne qui représente la compagnie du navire et qui sert d'intermédiaire entre le navire et les autochtones.

-Le « loading master », traduisible par directeur de chargement (dechargement dans notre cas », il est l'intermédiaire entre le navire et le terminal qui reçoit la cargaison

-Les « surveyors », ce qui se traduirait par inspecteur, qui vérifient la quantité a bord.

-Les autorités qui viennent vérifier les papiers ainsi que l'état sanitaire du navire et de ses occupants.

Pendant que le loading master taille la bavette avec le second cap et que le commandant se dépatouille avec l'agent et les autorité, le pompiste emmène les surveyor pour la survey, c'est-à-dire l'inspection. Pour chaque citerne il relève le ullage, l'interface et une ou plusieurs température. Ceci fait on procède au calcul qui transforme tout ça en un volume de cargaison.

A la fin de la survey nous connectons le ou les bras de déchargement au manifold (traverse de chargement) puis nous commençons le déchargement a faible débit grâce a nos turbopompe (turbo car mues par la vapeur rappelons-le, ou pas). A faible débit pour d'une part tester les lignes, mais aussi pour laisser le temps aux chaudières de se régler et également pour « débottomer » les citernes, c'est-à-dire éloigner leur niveau du plafond de citerne afin de réduire les risques d'électricité statique qui pourrait mettre le feu aux hydrocarbures.

Après quelque temps nous augmentons le débit jusqu'au maximum autorisé par le terminal.

Quand les citernes sont a moitié vide (ou a moitié pleine) alors nous pouvons commencer le lavage au brut (COW en anglais pour Crude Oil Washing). Pour se faire l'une de nos pompes aspire dans une citerne spéciale (je simplifie la chose) pour refouler a 12 bars dans la ligne de lavage sur laquelle sont situées tout les canons de lavage de citernes. Après ce n'est plus qu'une histoire de vanne pour diriger le pétrole vers les canons voulu¿. Si vous vous demandez quel est l'intérêt de laver du pétrole avec du pétrole sachez que le but de l'opération n'est pas de pouvoir pique-niquer dans la citerne ensuite mais de décoller les sédiments des parois, d'où les 12 bars¿.

En même temps que l'on vide les citernes nous remplissons les ballasts, là encore en suivant un ordre précis pour ne pas se retrouver avec un navire courbé. Le pétrole des citerne est également remplacé par du gaz inerte (moins de 6% d'oxygène pour rendre la combustion impossible) généré par les gaz d'échappement lavés des chaudières.

La phase délicate du déchargement c'est le stripping (l'assèchement de la citerne), en effet la pompe centrifuge ne peut aspirer jusqu'au fond de la citerne sans désamorcer (je vous fais grâce des explication sur les hauteur d'aspiration, perte de charge, diamètre de collecteur etc ¿.) Donc comment faire pour aspirer le fond ? Plusieurs méthodes existent :

La première est de réduire le diamètre de l'aspiration, explication pratique : la paille, essayez d'aspirer avec une paille de 3 cm de diamètre et avec une de 0,5 vous me direz ce qui est le plus facile. Pour la pompe c'est pareil¿.

La deuxième consiste en un éjecteur¿¿un convergent - divergent¿..selon le principe de venturi¿..mécanique des fluides¿¿bon d'accord dessin :

venturida4.jpg

Qui nécessite tout de même explication : On fait circuler un fluide (à l'aide de notre pompe), celui-ci a une vitesse qui augmente dans l'éjecteur du fait de la réduction de diamètre (pour les matheux Q= S*V, Q débit constant, S section diminue¿¿.), cette augmentation génère une dépression au niveau du col, dépression qui aspire notre fond de citerne¿¿ Après tout est fonction de disposition de vannes¿.

La troisième méthode qui est employée a la fin, quand on n'a plus rien a faire circuler dans l'éjecteur, c'est une pompe alternative, aucun risque de désamorçage, mais très faible débit. Nous ne l'utilisons que pour assécher la dernière citerne ainsi que les lignes cargo¿.

Une fois nos citerne vide on se refait une inspection en prenant les sondes ce coup-ci. On détermine ensuite le ROB (Remaining On Board, c'est-à-dire la quantité impompable restant dans nos citernes). Ceci fait on fait moult papiers (que je vous épargne pour ne pas vous briser les noisettes dirait l'écureuil..) puis on mets les bouts¿.

Certain d'entre vous se demande quelle est la différence entre le ROB du déchargement et l'OBQ du chargement, puisqu¿il semble logique que l¿on ai autant au départ après le déchargement qu¿a l¿arrivée avant chargement¿¿ou alors personne ne se le demandait et je viens de jeter un pavé dans la marre¿¿

Alors explication éthylique, ça paraîtra peut être plus clair que de jongler avec des barils (ce sera du moins plus légers je l'espère¿)

Vous confiez dix bières a lazy (au hasard :snif:) pour les apporter a lili (toujours au hasard bien sur).

Avant que vous ne remettiez ces dix bières, lazy en avait deux en main, vous ne payez donc au barman que les dix bières et non douze (les deux bières que lazy avait corresponde à l'OBQ). Arrivé a la table, lili récupère 11 bières (on ne précisera pas si elle les récupère vide ou pleine pour ne pas compliquer¿.), la bière restante de lazy constitue alors le ROB, et lili réglera 11 bières¿..

On voit ici, du moins je l'espère, que l'intérêt est de trouver un ROB faible mais un OBQ fort ainsi on achète moins cher et on revends plus cher¿..

(Pour luce, il suffit de remplacer le mot « bière » par « danette » pour rendre l'explication plus claire, pour beli ça marche aussi avec la menthe a l¿eau)

A la relecture je me suis aperçu que j'avais usité de moult termes anglosaxon (survey, loading master, stripping) ou barbarisme maritime (debottomage par exemple). J'ai rajouté des traductions et effectué quelque remplacement cependant il est possible que j'en ai oublié, tout comme il est possible que j'en fasse usage de nouveaux. En conséquence n'ayez pas peur de signalez quand un tel cas se présente¿

C'est une déformation professionnelle, a force de travailler en anglais on emplois certains raccourcis linguistique, on agrémente aussi nos bordée d'injure, du français saupoudré d'anglais avec une pincée de bulgare et quelque cris bestiaux¿..pas besoin de connaître le sens de chaque mot pour se faire une idée générale du propos¿..

10mars

En ce jour brumeux je franchis la coupée avec l'autre zef et nos pieds foulent le sol après 50 jours de mer, investis d¿une mission sacré :

Trouver un vélo électrique pour le commandant.

Mais si c'est sacré, c'est le pacha quand même.

A la sortie du terminal nous sommes rattrapés par deux chinoises qui nous proposent de nous guider pour la journée. Méfiant je décline l'offre, je ne connais pas beaucoup de profession autre que péripatéticiennes et douaniers qui font le pied de grue a la sortie des ports¿.. Et elles n'avaient pas de képi¿ C'était sans compter mon collègue et son naturel candide qui accepta la proposition. Nous voilà donc partout dans la camionette-taxi plus haute que large franchement glauque de nos guides, répondant aux noms de Nana et Tiari.

Précision sur le code de la route chinois, il doit y être spécifié quelque part que la priorité est fonction de la taille du véhicule, le piéton occupe la place la plus basse, juste en dessous du cycliste. C'est ainsi que notre taxi renversa un vélo jugeant que son coup de klaxon suffisait comme mesure anti-collision¿ fort heureusement le cycliste a eu le temps de faire un bon de côté. C'est là qu'on a pu se rendre compte de la différence de caractère, plutôt que d'injurier le taxi il s'est contenté de ramasser sa bicyclette d'un air dépité¿ autre pays autre m¿urs.

D'un point de vue véhicule, le parc automobile est constitué de moult camionnette étroite et haute de marque asiatique, les voitures étrangères y sont rare, exceptions faite des volkwagens, j'ignore pourquoi.

Détail a noter également : le chinois crache, énormément là encore pour une raison inconnue. De plus le chinois ne parle que chinois, de l'anglais il ne maîtrise que deux mots : « good » et « money ». C'est là que j'ai dut admettre l'utilité de nos guides, elles parlaient chinois et avait d'assez bon rudiments d'anglais, elles connaissaient aussi la ville et savait lire les panneaux.

Dans celle-ci (la ville pas les chinoises, voyons..) on y trouve des rues (étonnant n'est-ce pas ?) parfois en terre battue (rarement mais il y en a) où s'active la population la plus nombreuse du monde, marchand de légume, brocanteur, cordonnier tous officiant dans la rue. Et au milieu de tout ce monde deux marins. Durant toute la journée nous nous sommes cru des bêtes de foire, la tignasse blonde de mon collègue et ma barbe attiraient les regards et les autochtones ne s'en cachaient pas.

Notre mission fut un échec, et après deux heures de recherche guidée nous décidâmes qu'il y avait bien mieux a faire, et puis on avait l'estomacs dans les talons aussi.

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Le repas fut constitué de brochettes de poulet épicé (je sais, certain vont dire manger épicé, c'est pas hygiénique¿) ainsi que d'un bol de riz avec tout plein de truc coloré dedans qui devait appartenir a la famille des légumes mais ne connaissant pas chaque membre de cette famille je ne peux que vous dire qu'ils s'agissait de « truc coloré ».

D'après mes calculs pour avaler ce dit bol avec les baguettes ils nous auraient fallu entre deux et trois heures. Fort heureusement nos guide nous prirent en pitié et dégotèrent des cuillères. Il est à remarquer que les chinois mangent très près de leur assiette, ça s'explique sûrement par les baguettes, le risque de chute est proportionnel à la distance à parcourir¿.

Une fois les formalités alimentaires accomplie je mes mis à questionner nos guides.

C'est ainsi que je m'aperçu qu'elles n'avaient pas beaucoup de distraction a portée, pas de cinéma, pas de bibliothèque,pas de salle de jeux, pas de musée, d'exposition, leur loisirs se situait autours de la télé et du téléphone, des magasins entiers y étaient consacrés. Le chinois se levait aller à l¿usine, rentrait, se coucher et rebeloter le lendemain, et son salaire était loin d¿être mirobolant. La politique de l'enfant unique avait bel et bien était assouplie mais les enfants étaient rare car ils constituait un signe de richesse, du coup elles regardaient les marmots avec une ferveur que vous voyait rarement dans les yeux d'une européenne. La population chinoise m'a semblé jeune, dans a trentaine pour la plupart, on croise peu de vieillard et de mioches.

Le hasard a voulu qu'on se retrouve en chine au moment du « white day », ce qui correspond a leur fête de Saint-Valentin, sauf que ça dure quatre jours¿. Ne pouvant déjà pas pifrer cette « fête » quand elle ne dure qu'un jours, vous pouvez imaginez ma joie d'apprendre que certain endurait ça quatre jour, soit 96heures, 5760 minutes¿..

En fin de journée nous visitâmes un zoo, qui constituait le seul endroit à visiter dans la ville, (j'avais bien essayé de me rencarder sur les monuments locaux intéressant mais d'après nos guides les monuments locaux n'étaient pas encore construit..). Donc je peux vous dire que le singe de l'empire du milieu ressemble au singe d'Amiens.

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Après ces tribulations nous retournâmes a bord prendre nos quarts respectifs non sans avoir remercier Nana et Tiari.

11 mars

Le déchargement se poursuit. Les citernes sont asséchées en milieu d'après midi, la survey et les papiers suivent. A 18h30 on commence à larguer les amarres et a 19h nous sommes partis.

18 mars

A 2 heures du matin je monte a la passerelle pour le passage du détroit de Malacca, le trafic y est dense.

A l'aube nous récupérons un lieut, un troisième méca et un Stewart a Singapour.

A midi après 10heures de quart, c'est avec la marque des jumelles sur les cernes et la carte en surimpression sur la rétine que je regagne ma banette pour prendre 2heures de sommeil.

19 mars

« La mer, la mer c'est elle qui le hante,

Dans son coeur une antienne,

Ces ondes écumes qui chantent,

Dans le miroir aux étoiles,

Dans l'océan sa planque

L'alouette en cavale il a jeté son ancre.... »

René bouteille, La tordue

Je dois être fou, l'ordre de relève est arrivé pour Fujheira, j'en étais et j'ai demandé a faire un mois de plus¿..

Faut dire qu'autrement ça ne me fera que 66 jours de bord, me donnant droit à 19 jours de congés. En 19 jours je n'aurais jamais eu le temps de faire tout ce que je voulais, rendre visite a la famille, regarnir mes étagères de bibliothèque, ranger mon barda, régler les papiers accumulés depuis mon embarquement¿.. Je ne mets pas boire un verre avec des amis car la plupart sont également embarqué où a l'autre bout de la France.

Pis en restant à bord j'accrois mes chances d'être en congés lors de la naissance de mon neveu.

Autrement phénomène intéressant du jour, a la sortie de Malacca nous croisons des zone où l'eau forme des tourbillons, créé par la rencontre de deux courant opposé.

D'autre part nous entamons les changement d'heure, dans le bon sens cette fois-ci, une heure de plus a dormir, plus que 7 heures de décalage avec la Picardie et le forum (le décalage avec le fofo étant variable suivant le forumeur je m'excuse d'avance de mon erreur auprès des forumeur pianotant hors de l'hexagone).

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21 mars

On continu notre tour d'horloge Tu+7 -> tu+6

22 mars

Un exercice incendie de plus, ce coup-ci l'autre zef en était le directeur, il a mis le feu au local du groupe électrogène de secours (Le groupe qui nous fournit de l'électricité en cas de force majeure, il fonctionne au diesel sur sa propre caisse, peut fonctionner sous une gîte importante et alimente le tableau de secours sur lequel sont situé tout les appareils vitaux (feux de navigation, radio, pompes nécessaires au démarrage d'un groupe électrogène principal, éclairage de secours ¿.))

L'exercice c'est bien passé.

23 mars

Une heure de plus à dormir (Tu+6 -> tu+5) presque la grasse matinée¿.

25 mars

Encore une (Tu+5 -> tu+4)

26 mars

C'est au matin que l'ancre file vers les fonds sableux de Fujeyrah, escale de nombreux navires. Pour le côté émotionnel il eut été préférable de mouiller à l'aube, ou au crépuscule, on s'imagine alors un ciel ocre, une mer sans ride, des dauphins sautillant, des jonques voguant a notre rencontre, un cortège de sirène à la proue, leur mélodie s'élevant jusqu'au gaillard « pliiiimmmm, pliimmm¿. » :snif:

Mais le fait était que c'était le matin, pas le petit matin avec les croissants ni même le milieu de matinée et son café, non juste le matin¿. Point de jonques, juste une barge de fuel, une autre d'huile et une troisième avec les vivres et la relève et une palanqué de techniciens pour diverse vérifications. Quant aux sirènes pas même un gargouillis, il est fort probable qu'elles est été chassé par les myriades de méduses qui encerclaient la coque.

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Ci-dessus, navire faisant le "plein" (j'aimerais pas payer la facture, même si notre combustible constitu la lie du raffinage)

La journée fut intense, sitôt le navire stoppé nous sautâmes sur le gouvernail pour l'inspecter, première inspection d'une longue série, compas gyroscopique, radio moyenne et haute fréquence, centrale incendie, centrale d'alarme machine¿.

Nous en profitâmes aussi pour déborder et affaler les embarcation de secours, vide. Pourquoi vide ? Simplement car elles ont la réputation d'avoir mis fin a plus de vie qu'elles n'en ont sauvé¿.. Les accidents sont fréquents et à 20 mètres au dessus de l'eau ils sont rarement bénin, la gravité est une habitude dont on se passe difficilement.

Pour récupérer de cette journée nous rechangeons d'heure (tu+4->tu+3)

27 mars

« Tata yoyo¿. »

Dans la relève nous avons récupéré l'ancien pompiste, surnommé tata.

Pourquoi ? Je pourrais vous donner la réponse tout de go, mais je préfère l'ammener en douceur¿

Il y a de cela quelque mois, à l'époque où je n'avais pas encore foulée le pont de ce navire et où l¿alcool n¿était pas réduit a peau de chagrin, ledit pompiste se trouvait a bord, sur le point de débarquer. Pour fêter cet événement il invita le lieutenant français de l'époque à une « leaving party » après son quart. C'est donc peu après la minuit que le lieut toque à la cabine du pompiste, s'apprêtant à déguster une bière fraîche en compagnie de la bordée débarquant, l¿esprit tout occupée de pensée éthylique il ne remarque pas l¿absence de musique et de conversations. Quand le pompiste ouvre, il est seul, deux bières sont posées sur la tables, là la méfiance du lieut sommeille toujours, contrairement a la votre n¿est-ce pas ? Les deux hommes sirote leur demi, taillant la bavette lorsque tata pompy posa la question suivant avec un air lubrique :

« Mais dis-moi, tu es bien bisexuel ? »

Vous pouvez alors imaginez la tête du lieutenant, bafouillant qu'il n'en est rien, le dos collé à la cloison cherchant la poignée de porte d'une main, l'autre lançant des cacahuètes lacrymogènes¿¿ Bref depuis ce pompiste est surnommé Tata, et on évite toute phrase qui pourrait lui donner des idées. Ainsi le jour où j'ai graisser les manches incendie à la vaseline et qu'il m'a demandé ce que je faisais, je n'ai pas répondu « j'astique les manches », ça aurait été mal interprété; je me suis contenté d¿un vague « nettoyage » prononcé du ton qui n'incite pas à en demander davantage.

D'accord j'avoue que j'ai fait quelques suppositions, pour les cacahuètes je ne suis pas sur, mais le contexte et la question sont exacts.

Enfin je ne vais pas trop le croiser puisque je suis de retour dans les entrailles chaudes, bruyante et odorante du navire, à la machine.

Arrivée Juaymah dans la nuit

L'prochaine fois je vous parlerais de notre voyage retours vers la chine, de la machine (avec pi etre un peu d'explication sur les moteurs si j'ai le temps de l'insérer...) et je vous poserais la question qui me taraude l'esprit depuis septembre...

Les nouvelles sont tombées je prend l'avion le 4juin direction Singapour, du coup je devrais avoirs le temps d'achever ce récit avant de préparer le suivant...

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Plimsoll Membre 4 671 messages
Terrien d'eau douce‚ 32ans
Posté(e)
28 mars

Sitôt le café pris, l'effervescence règne a la machine. Le chargement est l'occasion de travailler sur tout ce qui tourne en mer, comme le moteur principal (que j¿abrége parfois MP).

Nous sautons dans le collecteur de balayage (là où l'air compressé par les turbo entre avant de passer dans les cylindre lorsque le piston découvriras les lumières de balayage, bref l¿entrée d¿air première si je puis dire) pour inspecter les sept pistons du moteurs. Quand nous en ressortons vingt minute plus tard nous sommes noir de la tête au pied, et dégoulinant de sueur. Ce qui me fait dire que les déodorants soit disant « extrême » sont peut être efficace pour courir chercher le gamin a l'école mais ne résiste pas dix minute à la machine.

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Ensuite nous enchaînons avec le nettoyage de la récupératrice (faisceau de tuyau d'eau passant dans la conduite d'échappement du MP afin de récupérer de la chaleur pour produire de la vapeur pour réchauffer ce qui en a besoin), histoire d'uniformiser la teinte du bleu.

Enfin nous effectuons quelque réglage sur le système de lubrification du MP, je ne rentre pas dans la détail car c'est chiadé et je ne comprend pas la totalité du système¿..

29mars

Aujourd'hui c'est au tour du collecteur échappement de se faire visiter, étonnamment il est plus propre que celui de balayage et j'en ressort presque aussi blanc qu'a l'entrée (bon d'accord presque aussi gris et noir qu'a l'entrée serait plus exact..)

On continu sur la lancée pour aller faire un tour dans le carter du mp histoire de se faire enduire d'huile¿

On en profite aussi pour changer quelques injecteurs de mp.

30 mars

Il est 3h du mat quand mon téléphone de cabine sonne, réveillé comme pas deux je me dirige vers le combiné en me prenant la table basse qui traînait sur le chemin. J'échange quelque grognement avec le lieut avant de raccrocher. C'est en me redirigeant vers la bannette que mon cerveau m'informe que la man¿uvre de départ ne devrait pas tarder, aussi mes mains se saisissent d'un bleu et de mes croquenots. C'est en arrivant devant la porte de la machine que la tête reprend les commandes de mes membres et retrouve le semblant de lucidité qui m¿est coutumier. Le temps de préparer un café et le chef arrive, me le ravi et m'informe qu'il y en a pour quatre heure de man¿uvre après avoir larguer la bouée. La confiance légendaire entre service fait que nos camarades du dessus nous on prévenu trois quart d'heure trop tôt. On dispose nos circuits, faisons les essais de rigueurs et passons les commandes de notre moteur a la passerelle. Pendant la man¿uvre nous surveillons les paramètres puis une fois la montée en allure débutée nous mettons les auxiliaires en service. A 7h30 début de route libre, fin du quart obligatoire a la machine mais début de journée de travail. Au repas dominical je somnole devant mes gambas, à 13h je m'abandonne au sommeil sans même une lutte de forme. Quatre heure ont passées et une a disparue lorsque je me réveille. Le nouveau commandant effectue les avances pendant les heures de travail, a 17h il est 18h, nous quittons le fuseau +3 pour le +4.

1 avril

Changement d'heure tu+4->tu+5, encore une heure happée par l'hélice. Un scientifique du sommeil a un jour trouvé (sûrement après une bonne gueule de bois) qu'il fallait trois semaines pour se remettre du passage de l'heure d'hivers à l'heure d'été. En suivant cette théorie ça voudrait dire qu'il va me falloir jusqu'au 6 juin 2009 pour récupérer¿ et ceci rien qu'en comptant les changements de cet embarquement-ci¿¿

3 avril

Changement d'heure tu+5->tu+6, ça me fait penser a la bonne paye, changement d'heure, reculez de trois cases¿..

Bigre en ce moment je vieillis plus vite¿je prend 49h tout les deux jours, bientôt la retraite !

5 avril

Et une heure de plus, tu+6->tu+7

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6 avril

C'est officiel la guerre avec le service rata est ouverte. Jusqu'à présent l'autre zef faisait les crêpes du samedi tandis que je préparais le dessert du dimanche midi, constitué en général de tartes au pommes et flanc au lait. Depuis le départ de mon collègue j'ai repris les crêpes et le prétendu cuisto s'occupe du dessert dominicale. Le problème c'est que sa tarte au pomme plait moins que la mienne, c'est pas que j'en fasse une bonne, mais j'en fait une mangeable avec un goût de pomme, la sienne est couverte de cannelle avec des gros morceau de sucre, et de la pomme écrasée (au singulier sans faute) . Aussi m'a t-on demandé de refaire la mienne juste après avoir fini la sienne. Le cook l'a mal pris. Déjas qu'il était pas jouasse de me voir en cuisine avant, a tel point qu'il planquait le rouleau a pâtisserie en affirmant qu'il n'y en avait pas à bord, sans compter la fois où il a planquer le sucre et les sucriers et celle où il a mis du sel dans le sucre¿.. A tout bien réfléchir je crois que la guerre était déjà en route depuis un petit bout de temps.

J'aurais pu faire directement ma tarte en même temps que les crêpes mais a ce moment là le cuisto se serait tourner les pouces, je l'ai donc laisser besogner en me doutant bien qu'on allait me demander de repasser aux fourneaux. D'accord j'ai un esprit retors et rancunier mais passez deux mois et demi a faire 5 tartes par semaine en étalant la pâte avec une boite de conserve tandis que le coq garde le rouleau planqué et vous me direz si vous ne cherchez pas la vendetta.

7 Avril

Dernier changement d'heure (tu+7->tu+8), nous devrions garder ces 6 heures de décalage avec la France jusqu'à notre prochain passage a Singapour. Nous devrions passer Malacca à partir de demain, les mesures anti-pirates sont en place, j'ignore si un jet d'eau dissuade un pirate de monter à bord ou évite les balles de kalash mais bon.

11 Avril

Voilà deux jour que nous travaillons dans le local séparateur dont la température atteint les 54 degrés. Les neufs litres d'eau absorbés quotidiennement partent en sueur, transformant nos bleus en éponges, ruisselant en une véritable pluie. Si l'enfer existe, soyez certain qu'on y fait fonctionner des séparateurs¿..

12 Avril

« Pigeons, oiseaux a la grise robe,

Dans l'enfer des villes,

A mon regard tu te dérobe,

Tu es vraiment le plus agile. »

C'est arrivé près de chez vous.

Clandestins a bord !

Des pigeons voyageurs ont élu domicile sur la plage arrière¿ Comme nous ne sommes pas des bêtes nous les nourrissons. Le recensement est vague, le chef en compte 14, le second méca 21, le second cap 15, le tonton 8. De mon côté je dénombre 16 volatiles. Bref entre 8 et 21 a vous de choisir.

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15 Avril

Les pigeons ont été rappelé a l'ordre suite a leur incursion dans la machine, grande battue organisée pour les reléguer sur le pont. éa pas eu l'air de les traumatiser ils continuent de venir réclamer la bectance.

Arrivé au mouillage devant Zoushan. Nous devrions passer la barre, constitué principalement de vase, demain avec la marée.

16 Avril

La barre est franchie et nous voilà de nouveau au mouillage, pas de nouvelle concernant notre mise a quai¿.

18 avril

A 7heures du matin nous commençons a virer l'ancre, 45 minutes plus tard les 180 mètres de chaîne de nouveau a bord nous embarquons le pilote. C'est seulement a onze heures que la première amarre est saisie a terre et deux heures de plus sont nécessaire pour achever l'amarrage. Commence alors l'attente¿.. Contrairement a d'habitude point de myriade de chinois assaillant le navire. Il faudra patienter durant trois heures avant que n'arrive les autorités, les agents du navire et de la compagnie etc etc¿

Cette fois-ci le service d'immigration a été particulièrement pointilleux, d'habitude ils se contentent de jeter un ¿il sur les passeports, taxer quelque cigarettes et basta. Là nous avons dut montrer nos trombines une à une, ayant vieilli depuis la photo ils ne me reconnaissait pas et il a fallu que le second cap intervienne pour que je puisse prendre un peu de repos avant de prendre mon quart (le 8-12, 20-00)¿. En sus de cela nous avons eu a remplir une fiche médicale individuel certifiant que nous étions en bonne santé, que nous n'avions ni maux de tête, vomissement, maladie vénérienne, MST, carcasse d'animaux, et ainsi de suite. Le tonton a mis les olas quand ils ont demandé a prendre la température de chacun. Usuellement le commandant fait une déclaration de santé pour tout l'équipage et ça suffit¿ Aucune remarque de faite sur nos pigeons¿

La terre nous a donné les débits pour les trois produits transporter, une cadence ridicule, nous allons mettre trois a quatre jours a décharger. C'est bonnard pour nous nous allons pouvoir faire une virée a terre.

Et bonne nouvelle les techniciens coréens ont réussi a réparer l'ascenseur (les chinois, singapouriens, arabe, et belge n'y était pas arrivé ces dernier 22mois). Par contre on ne peut toujours pas l'utiliser car le certificat a expiré et celui qui le délivre n'est pas le même que celui qui le répare¿.. Vérole !

19 Avril

Je quitte le bord en début d'après-midi en compagnie du troisième méca. Après quarante minutes de taxi nous atteignons la ville. A Zoushan comme a Qingdao les vendeurs de rue sont légions, fruits de mer, viande, pain, fruit, on peut tout acheter dans la rue, n'en déduisez pas pour autant que les magasins n'existent pas¿.

Le taxi nous dépose près d'un temple bouddhiste, nous le visitons avec les explications de l'agent. Les Bouddhistes ne manquent pas de dieux, ils doivent avoir du mal a ne pas s'en mettre un a dos. Ils en ont un pour la moindre chose, la chance, la connaissance, la justice etc¿ Je suis sur qu'ils en ont un pour les séparateurs¿

Y'a pas a dire ils sont quand même fortiche en toiture¿

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Mais tout les toits ne sont pas ainsi.

Nous avons été dévisagés d'avantage, ce qui n'est guère étonnant, Zoushan étant situé sur une île je doute qu'ils voient des occidentaux tout les jours. D'ailleurs durant nos six heures de déambulations nous ne vîmes qu'un occidental.

Cette virée m'a permis de m'abreuver de la vie environnante, revoir des gens vaquant a leurs activité, manger autre chose que la tambouille du bord, fouler l'herbe du pieds, voir les arbres en fleur après les avoir quitté a nu. Bref retrouver la civilisation, fussent-elle étrangère c'est se sentir de nouveau vivant. A bord nous vivons selon une autre horloge dont l'hélice égrène les heures, nous ne sommes pas coupé du monde mais nous regardons celui-ci du large, les contours en sont plus flou, les couleurs plus ternes.

21 Avril

Amassés dans le carré équipage soumis aux fantaisies des autorités nous attendons que celles-ci aient finit de fouiller le navire avant de pouvoir reprendre la mer. Le militaire chargé de fouiller la machine ne fut pas déçu du voyage, le chef la lui a montré de la cale jusqu'au haut de la cheminé. Il est revendu ruisselant et crotté. Enfin après avoir de nouveau défilé un par un sous leur regards inquisiteurs nous pûmes nous mettre en place pour larguer les amarres. Direction le golfe persique. Au fait les pigeons se sont fait la malle, l'escale leur a paru trop longue sans doute¿.

25 Avril

Il est arrivé !

Mon ordre de relève, celle-ci devrait s'effectuer a Fujairah vers le 5 mai après 105jours de bord. Il me reste donc neuf jours pour graisser mes roulettes de valoche.

Autrement nous commençons a rincer les ballast pour evacuer la boue que nous avons embarqué au port. Pour se faire on les fait dégueuler sur le pont par les évents et les écoutilles

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26 Avril

Bunker Singapour,

On soute a peine 200tonnes, enfin vu la qualité c'est préférable, plus ça aurait conchié tout notre système fuel et mon enthousiasme ne va pas jusqu'a faire des filtres jusqu'a la fin...

27 Avril

Tu+8->+7

29 Avril

Tu+7->+6

1 Mai

Tu+6->+5

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5 Mai

Journée longue que celle du débarquement, les autres débarquant effectuent leur passations mais quand nul ne vous relève vous tuez le temps... C'est seulement vers 21h que nous quittons le bord en barcasse, une heure après nous touchons terre, une heure s'écoule encore pour les controles douaniers et trois sont nécesaires pour rejoindre Dubaï.

Je m'écroule sur le lit de ma chambre d'hotel, "débarqué" fut mon dernier soupir avant de sombrer dans les bras de morphée.

6 Mai

Nous flanons dans les rues de Dubaï, après avoir effectué quelque achats nous jettons l'ancre dans le bar de l'hotel, seul bar que nous ayons trouvé. Le soir venu nous prenons notre vol et après une sieste ethylique nous foulons le sol français

Voilà qui clôt ce voyage (la fin est un peu baclée, je ferais mieux la prochaine fois, du moins j'essaierais :snif: )

Pour toute questions/remarques/insulte/apéro... je serais disponible jusque vendredi 6 (ou en 6 et non plus le 4 le navire ayant pris du retard).

J'espère que la lecture vous a plu et pour finir je vous pose l'égnime artistique du carré :

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Quel est le sens caché de ce tableau (j'ai essayé de le regarder sous différent angles, de chercher une contrepéterie ou une figure cachée mais a part un torticoli et une migraine ophtalmique je n'ai rien vu d'autre qu'une pipe.... et vous ?)

Modifié par Plimsoll

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sam-one Membre 1 message
Baby Forumeur‚
Posté(e)

:snif:

je pense que c'est une méga pipe vu sa taille initiale :snif: XD.

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lazy Membre 13 445 messages
ne sait pas sur quel pied danser‚
Posté(e)
Alors explication éthylique, ça paraîtra peut être plus clair que de jongler avec des barils (ce sera du moins plus légers je l'espère¿)

Vous confiez dix bières a lazy (au hasard ;) ) pour les apporter a lili (toujours au hasard bien sur).

et lili réglera 11 bières¿..

c'est effectivement plus clair quand c'est imagé :snif:

ceci dit l'exemple me parait un peu ... comment dire ... 10 bières :coeur: mais bon puisque c'est lili qui rince ;)

je connaissais les pigeons voyageurs mais je ne pensais pas qu'ils se payaient aussi le luxe d'une croisière :snif:

on peut penser qu'embarquer si longtemps sur un bateau peut être ennuyeux mais j'ai l'impression qu'entre l'entretien et les divers exercices de sécurité tu n'as pas beaucoup de temps à toi.

d'ailleurs tu as fait un peu l'impasse sur les activités extra boulot ... à part tes soirées pommes crêpes qui m'ont l'air assez ... passionnées :o y'a pas un club karaoké ? :snif:

et pour la pipe ... :o j'vois pas non plus :snif:

et aussi très zolies photos comme toujours :o

à bientôt ;)

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Plimsoll Membre 4 671 messages
Terrien d'eau douce‚ 32ans
Posté(e)

Point de club karaoké, de temps à autre je vocalisais sous la douche mais ça compte pas....

Hors du boulot voici a peu près comment ça se passait :

Pendant midi c'était la sieste, pas tellement pour diggérer mais plutot pour pouvoir tenir la semaine...

Après la journée de travail (et la douche nécessaire après avoir passé 4heures a 45-50degrés) je m'installais au carré avec un bon bouquin. Ceci dit ça m'ai déjà arriver de le faire avec un mauvais, dans ce cas je méditais sur la pipe...:snif:

Après les merveilleux repas du soir, pour digérer la sempiternelle salade j'allais flaner sur le pont de la proue a la poupe avec de longue pause aux extrémités.

Une fois ce rituel accompli je me replongais dans mes lectures ou m'installer devant un des nombreux dvd du bord (ceci dit quand on enlève les film coréen sous-titré chinois, les films volés, rayés et ceux qu'on a déjà vu il en reste beaucoup moins ) Il arrivait aussi que j'aille tailler une bavette avec le lieut de quart, juste une heure ou deux..

Le dimanche après midi, après la sieste dominicale au soleil (glander sur une chaise longue en février c'est jouissif), c'était tarot, échec ou tournoi de worms.

On fait aussi des apéros, mais depuis qu'on a le choix qu'entre orangina et coca ils se font plus rare.

Des fois aussi on fait des soirées déguisées...

cimag00011aon4.jpg

Oups j'ai confondu avec un exercice :snif:

Les moments de détente ne sont pas rare mais ils ont toujours une durée très limitée que les alarmes machines viennent souvent écourter.

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Plimsoll Membre 4 671 messages
Terrien d'eau douce‚ 32ans
Posté(e)

C'est avec un peu de retard et beaucoup de flou que je vais vous conter mon dernier embarquement.

Retard ? Flou ? Mais qu'es ce que c'est que ce travail de sagouin ? :snif: Direz-vous (Et oui parfois le troisième oeil est un fardeau :snif:)

Deux cause pour une même conséquence : un plantage informatique qui m'a fait perdre d'une part mes écrits et de l'autre mes photos. Ainsi je vais utiliser des photos ne correspondant pas a la bonne période, je vous prie donc d'excuser cette supercherie mais il n'y a pas d'autre solution (je suis nul en dessin et la télépathie me colle la migraine :snif: )

Début juin, alors que les jours rallongeaient, et que les jupes raccourcissaient, je préparais une fois de plus ma valise pour renquiller sur le même pétrolier, encore..... Le moral n'était pas mauvais, je devais faire un embarquement plus court que d'habitude, 40 jours, juste le temps de finir mes temps d'élève officier.

Luxembourg.jpg

C'est la veille de mon départ pour singapour que le plan fut mis a mal..... Le quatrième mécanicien devait débarquer en urgence médicale et sa relève n'était pas prévus. Aussi mon armateur (celui qui arme le navire en homme, vivre et matériel) me demanda mon accord pour me bombarder 4è méca avant l'heure... dure hésitation, économiser un mois d'élève, avoir trois fois plus de congès en gagnant trois fois plus.... autant dire que le choix fut vite fait.

Le lendemain donc (le 8juin me semble-t-il) je décollais dans le soleil couché (je vous avez prévenu sur la précision temporelle non?) vers la cité du merlion où j'atteris avec 13 heures de vol et 7 heures de décalage.

themerlionandpinkcloudsia7.jpg

Ce coup-ci pas eu le temps de faire de tourisme, nous somme arrivés à l'hotel vers 21h et vers 21h10 ma tête percutait l'oreiller.

5 heures plus tard nous étions debout, aussi réveillé qu'après un épisode de Derrick. L'éveil suivit son cours laborieux durant le trajet jusqu'au port et arriva a terme lors du trajet en barcasse qui nous amena le long du navire.

Joseph Conrad a écrit ceci dans le miroir de la mer : "L'amour qu'inspirent les navires diffère profondément de celui que les hommes ressentent pour toute autre oeuvre de leur mains en ce qu'il n'est pas entaché par l'orgueil de la possesion."

Et il est vrai que en remontant la coupée on est emporté par un flot d'émotion, on estime le navire tout en redoutant cette incarcération qu'il représente, il est notre employeur, notre foyer, l'abri qui nous protège des flots et il nous revient d'en prendre soin pour l'emmener d'un point A à B, on apprécie de retrouver les compagnons de bordée tout en s'habituant à l'idée de ne plus voir nos famille trois mois durant...

A peine a bord et déjà dans le feu de l'action, mon prédécesseur débarque et nous n'avons qu'une heure pour se passer le service quatrième. On essais d'en savoir le plus possible mais tout ce que je parvins a obtenir fut un "tout va bien, voilà les clefs de la cabine, aurevoir", comme suite il y a mieux, petite précision qui aura son importance dans la suite du récit : je remplacais un bulgare dans une fonction où les bulgares se sont succéder 4 ans durant.

Le reste de la journée, après avoir fait la tournée des équipements de sécurité, je pris connaissance avec mon service qui englobait :

-Les deux chaudières productrice de vapeur (qui sert a chauffer où le besoin s'en fait sentir et à entrainer les turbine des pompes de déchargement)

-Le bouilleur qui produit l'eau douce a partir de l'eau de mer

-L'incinérateur où l'on brule les résidus de fuel, les chiffons gras etc....

-Le séparateur a eaux de cale qui permet de faire des rejets propres

-Tout ce qu'il y a entre les cuvettes de wc et la vanne de coque (ce qu'il y a avant c'est l'affaire du lieutenant hospital :snif:)

Et bien sur les circuits et pompes associés a tout ça, de quoi s'occuper.

Le soir venu j'enclenchait pour la première fois la touche "4th eng on duty" sur la centrale d'alarme, ce qui signifie que si ça sonne pendant la nuit t'es bon pour descendre/identifier/réparer. Fort heureusement ma première nuit de service fut calme....

Voilà pour le premier jet, la prochaine fois je vous conterais ma première journée de travail, et bien sur je vous parlerais du nouveau cuisto.....

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lazy Membre 13 445 messages
ne sait pas sur quel pied danser‚
Posté(e)

enfin !

je me demandais quand allait paraitre les nouvelles aventures trépidantes de notre matelot préféré enfin 4è mécanicien s'cusez du peu :snif:

bon j'attends la suite avec impatience (c'est con pour le plantage :snif: ) et je ne sais pas pourquoi mais je sens que le cuisto va être un personnage haut en couleur :snif:

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usagi Membre+ 241 210 messages
E-mage‚ 69ans
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:snif: salut matelot :snif:

:snif: ton cuisto y sait faire les Moukraines à la glaviouse façon Zeitoun :snif:

145aa38b5ddc14036589c8bda693f.jpg

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Plimsoll Membre 4 671 messages
Terrien d'eau douce‚ 32ans
Posté(e)

6h50, le réveil m'arrache du sommeil, la nuit a été calme, point d'alarme, un doux roulis. Mais le matin est là aussi mes arpions commencèrent la descente vers les entrailles de la machine, le reste du corps suivi docilement.

Aussitôt, des profondeurs du navire, le bruit sourd des machines monta en vibration amorties comme une énorme armée qui se mettrait sans cesse en marche. Il aimait aussi ce bruit des grand paquebots, jour et nuit et la sensation de marcher sur un volcan, pendant que tout autour la mer immense offrait ses étendues libres au regard

Albert Camus, Le premier homme

La machine on ne peut ignorer ça présence, la coque vibre au rythme des moteurs de la proue a la poupe mais ce n'est qu'en passant la porte ordinaire qu'on en prend tout la mesure. Après avoir descendu deux volées d'échelle vous vous retrouvez face aux deux chaudières qui vous domine de deux bons étages tandis qu'en contrebas s'aligne les sept culasses du moteur principal et au fond on discerne les groupes électrogènes, et tout ce joli monde y va de sa symphonie. A l'instar d'Ulysse ou plutôt de son équipage, vous êtes protégé par votre casque qui filtre plus ou moins cette cacophonie. Une échelle de plus et on se retrouve au pc machine pour le briefing du matin. On fait le point sur les travaux en cours, ceux qui sont a faire et ceux qui sont a prévoir. La planche de relevé en main c'est parti pour la tournée du matin, j'ai mis une semaine a trouver le parcours optimum pour celle-ci. J'ai pitié de vous aussi je vous épargne la balade d'une heure a la chasse aux thermomètre, manomètre, jauge de niveau et autre compteurs disséminés dans tout la machine, de la cheminée a la cale. Une fois la feuille remplie on pouvait aller nourrir l'incinérateur qui suivait un régime stricte constitué a 50% des déchet de combustible qui avait été séparé par les centrifugeuses et de 50% de "waste oil", therme générique qui comprenait aussi bien les diverse fuite naturelle d'huile et de fuel que de la flotte trop polluée pour être rejeté a la baille même après traitement. En attendant que ce mélange raffiné arrive a température (85°C pour être précis) j'étais libre d'aller analyser l'eau de mes chaudières. Vingt bonnes minutes de petit chimiste plus tard je remontais vers mon incinérateur pour lancer la chauffe (Marcel....)

Après cela...ben c'était l'heure de la pause café.

Pendant ce temps-là a la cuisine...... le cuisinier se demandait ce qu'il allait faire a midi.....

Après un café et quelques gateaux sec il était temps de se mettre a la maintenance, jusqu'a la cloche de midi.

Alors nous remontions vers les zones habitées du chateau afin de passer a la douche puis a table voir a quelle sauce nous allions etre mangés.....

Point de moukraines à la glaviouse ni de sfinktouzes à la crème.. Par contre le coq se rapprochait de l'objectif nul jour après jour. Mais la première semaine ne fut pas mauvaise, selon les critères de bord, Il y avait un vague effort culinaire sous la forme d'une quiche/flanc aux lardons reposant sur deux bons centimètres de pate.

L'après midi rien de spéciale, de la maintenance jusqu'a 17h40 où je faisais la tournée de mon service pour éviter la sortie d'alarme prévisible (comme le niveau haut des puisards de cale par exemple). A 18h,la douche, la bière suivi du repas et bas les feux aux alentours de 22h.

C'est quelque part dans cette première journée que je me mis le chef a dos. Comment ? C'est ce que je me suis demandé un mois durant, certe en officier débutant j'ai fais quelque gaffes, mais aucune n'a eu de conséquences matérielle, humaine ou financière. J'en suis arrivé a la conclusion que je devais pas lui revenir et qu'il devait appliquer une devise shaddock :

shadokmarinegr6.jpg

Mais avant d'en arriver là le mois fut sombre, quand on vous gueule dessus dès le réveil pour tout et rien, vous commencez a douter de vos compétences et vous en venez a ne plus poser de question et à ne plus partager vos doutes sur un sujet

Bref, une huitaine de jours après le détroit de malacca nous accostions a Kahrg island pour charger deux millions de barrels a destination de l'europe.

khargislandpersiangulfla1.jpg

C'est en repassant Ormuz que nous embarquâmes un zef et une zeffette venu accomplir leur stage de deuxième année en notre compagnie. Une femme a bord ! Ca change l'ambiance, on affine un peu notre humour, mais on ne quitte pas nos tongues pour autant. La gent féminine (sans e, j'ai bien retiendu ma leçon....) n'est pas rare dans la marine puisque il y en avait a peu près 10% à l'école, cependant il est rare d'en trouver au long cours pétrolier pour diverse raisons. On effectue de long embarquement, sans toucher terre avec peu de moyen de communication et on a une mauvaise réputation. Aussi la plupart des femmes se tourne vers le ferry et les remorqueurs où elles peuvent plus aisément concillier vie famillialle et vie professionnelle.

Le 18 juin mon neveu vint au monde (techniquement il y était déjà donc on pourrait dire qu'il s'est contenter de sortir de la salle d'attente.. mais avec une telle expression je risque de me faire echarper par ses parents. :snif: )

p1010542gl9.jpg

3,25 kg et 49cm :snif:

Cette photo je l'ai reçu un mois plus tard.

En attendant nous remontions la mer rouge.

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lazy Membre 13 445 messages
ne sait pas sur quel pied danser‚
Posté(e)

:snif: aïe une promo mais qui commence mal ... ben j'espère que ça c'est arrangé par la suite !

adorable ton neveu :snif:

Une femme a bord ! Ca change l'ambiance, on affine un peu notre humour

ben si tu as le même sur ton rafiot qu'ici, ce dont je ne doute pas, elle a du tomber sous le charme :snif:

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Plimsoll Membre 4 671 messages
Terrien d'eau douce‚ 32ans
Posté(e)
adorable ton neveu :coeur:

Merci pour lui, je lui transmettrai

ben si tu as le même sur ton rafiot qu'ici, ce dont je ne doute pas, elle a du tomber sous le charme :)

Merki aussi :snif: , même si je n'ai pas du etre de compagnie très agréable les premiers temps, peu bavard de nature (dur a croire n'est-ce pas ?), mes embrouilles hiérarchique m'avait enfermé dans un mutisme profond. Au fil du temps ma langue s'est déliée et au final je ne pense pas qu'elle ou l'autre zef ai passé un mauvais embarquement.

C'est lors de la remontée de la mer rouge que l'enfer se déchaina, les nuits se réduisait a 3 ou 4 heures de sommeil entrecoupée par des kyrielles d'alarmes aux origines diverses. L'eau de mer était monté au delà des 35°, le vent charriait le sable qui empéguait toute la machine dont la température frisait les 50°c. La seule fraicheur était celle de mes relations avec le chef :snif:. C'est dans cet atmosphère dantesque que j'eus la responsabilité de la zefette. Une première, un mois avant j'occupais sa position et maintenant il fallait que je la forme. Dure responsabilité, pour cela je repris une méthode qu'avait eu un chef méca lors de mon premier embarquement : On aiguise la curiosité du disciple tout en maintenant un climat détendu afin qu'il ne craigne pas de poser des questions. Pour le climat détendu je suis pas sur d'y etre arrivé....

Au cours de cette remontée j'effectuais mon premier exercice incendie en tant que...pompier de l'équipe machine :snif: .

Avant de parler de l'exercice une explication s'impose, en cas d'urgence a bord (incendie, homme a la mer, abandon, blessé...) que se passe-t-il ?

Pour chaque membre de l'équipage un role spécifique est attribué (ce que l'on appelle le "role d'équipage") suivant l'urgence.

A chaque urgence correspond un signal d'alarme et une répartition spécifique.

Dans le cas présent l'incendie nous nous répartissons ainsi :

-Le commandant va a la passerelle est chapotera l'ensemble de l'opération a partir de là. Il serat rejoint par le lieutenant en charge des communications qui se chargera justement des com' justement. C'est ce que l'on appelle l'équipe passerelle

-Le chef mécanicien assisté du 3ème méca et de l'électricien s'occupe de la machine, isolant ce qui doit l'être et fournissant la puissance électrique nécessaire aux pompes incendie

Voilà donc l'équipe machine

-Le pompiste, le bosco un matelot et un ouvrier machine constituant l'équipe de soutien est en charge du déploiement des manches incendie, de la préparation d'extincteur, de la fermeture des aération du local en feu......

-Le lieutenant hopital, le cuisiner et les 2 garçons forme l'équipe médicale en charge des premiers soins et du rapatriement des blessés vers l'hopital.

-Le lieut sécu est en charge de la reharge des bouteilles d'oxygènes, il forme une équipe sans nom a lui tout seul. (Ca me fait toujours marrer quand au début de l'exercice il reporte que "son équipe est complète" :han: )

-Le second capitaine dirige les pompiers "pont", une paire de matelots avec des un appareil respiratoire (chacun) et un troisème larron qui tient la "ligne de vie" (bout rattaché aux pompiers qui doit leur servir a retrouver la sortie le moment venu, dans la pratique je peux vous dire que c'est galère, on s'emmèle dedans, on a trop ou pas assez de mou, bref pas top.)

-Le second mécanicien dirige les pompiers de l'équipe "machine", votre humble serviteur et un ouvrier machine porte l'attirail de guerrier du feu tandis que le nettoyeur tient la laisse.

L'exercice se déroule ainsi :

-Dans la matinée le second capitaine met une note sur le tableau de service pour signaler qu'un exercice précédé d'un briefing aura lieu l'après midi (souvent a 17h15)

-A 17h15 tout le monde est réunis dans le gymnase pour écouter les instructions du second, tout le monde ?, non car quelques mécaniciens (souvent le 3è et le 4è :coeur:) ont toujours les mains dans le fuel a cette heure là, donc ils arrivent a la bourre et sale, si bien que leur entrée est suivie d'un regard aussi noir que leur mains et qu'ils doivent rester debout pour ne pas tout salir... Fut un teps où l'on faisait l'exercie sans explication préalable, s'ensuivait un grand n'importe quoi que l'on critiquait au "débriefing". Les explications portent sur le lieu de l'incendie, les dangers avoisinants, les chemins d'accès, moyens d'extinctions, position et longueur des manches, conséquences......

-A 17h30 l'alarme résonne et tout le monde rejoint son point de rendez-vous, les dirigeant de chaque équipe font l'appel et reporte si tout le monde est là au tonton. Pendant ce temps les pompiers s'équipent, ils sautent dans les bottes (je reviendrais sur ces bottes plus tard :snif: ) aux pieds desquelle la salopette en cuir est déjà enroulé, ensuite ils enfilent la cagoule puis leur élégante veste jaune poussin. La bouteille d'oxygène vient épouser leur dos, le masque embrasse leur visage, on rabat la cagoule par dessus, harnache le casque, enfile les gants et nous voilà fin prêt. Ceci aura durer une trentaine de seconde a peu près.

-Si le feu est a la machine, le second méca dirige les opérations, si c'est au pont c'est le second cap qui s'y colle.

-Après avoir simulé l'extinction du feu, le sauvetage des blessés etc... on regagne le gymnase pour le débriefing où l'on dissèque les problème rencontré (et non les blessés :coeur:)

-A 18h tout le monde rejoint ses pénattes, tout le monde ? et non un irréductible mécanicien (le 3è ou le 4è encore) est obligé de redescendre a la machine pour passer les alarmes et faire une petite ronde.

Ca c'est les exercices incendie en général, mon tout premier en tant que pompier c'était ça a quelque problèmes près, le premier fut les bottes, deux pointures seulement de disponible : le 38 et le 44 :coeur: Dans l'une je ne rentre pas, dans l'autre je nage. Monter des échelles avec deux pointures de trop c'est dur et dangereux. Le second fut mon masque qui pissait l'air, des mauvaises langues ont alors accusé ma pilosité :snif:

Parmis les photos que j'ai pu récupéré des élèves il y a celle-ci où vous pouvait me voir en tenue (je suis sur la droite de la photo, reconnaissable non ?)

imgp0214ce5.jpg

C'est également en mer rouge qu'une nouvelle qui allait secouer l'équipage tomba : "les bul seront remplacer par des pinpins avant la fin de l'année", traduction l'équipage bulgare serait remplacé par des philipins.. Travailler avec des gens qui savent qu'ils sont bientot virer c'est pas facile, quel interer de garder un navire sur lequel on ne va pas revenir en bon état ? La conséquence la plus désastreuse fut pour la cuisine, c'était moyen jusque là, mais a partir de ce jour ça baissa graduellement.

Vint un jour (ou peut etre etait-ce une nuit :snif: ) où nous arrivâmes a Ain sukhna pour décharger une partie de la cargaison afin de transiter par le canal de suez. Pour les déchargement a la machine nous sommes deux a nous repasser le quart toute les six heures. Notre tâche consiste a fournir la vapeur à l'aide des chaudières pour les turbines entrainant les pompes de déchargement et aussi l'électricité pour les pompes de ballastage/déballastage. Pour mon premier déchargement ça s'est pas mal passé, le chef m'a bien gueuler dessus a plusieures reprises mais j'y étais désormais habitué, de plus étant de quart de minuit à 6 et de 12 à 18 je ne le voyais plus que 4h par jour, le pied.

C'est dans le petit matin du lendemain que nous nous engageâmes dans le canal.....dont je n'ai rien vu puisque hors quart je dormais (le 6/6 est très éprouvant) et pendant mon quart j'étais dans l'incinérateur en train de refaire du ciment réfractaire. Six heures dans l'incinérateur, courbé en deux dans un m² à 55-60°C a manier une truelle, je vous ferais grace des différente malédiction que j'ai lancé ce jour là quand je pensais a un de mes frangins qui m'avait dit un jour "les officiers c'est des ouvriers sans bras". C'est après 4h dans ce sauna individuel pour pygmé que se déclara la pire migraine que j'ai subi a ce jour, l'impression qu'on vous griffe la cervelle tout en vous la serrant dans un étau rouillé. Pour comble le lieut hopital était de quart a la passerelle à ce moment là. Comment ça un comble ? il suffit de monter et c'est réglé.... seulement cela faisait près de trois semaines que j'étais embarqué

et la seule lumière que j'avais vu était celle des néons. Dire que mes retrouvailles avec le soleil furent douloureuses serait un euphémisme, même avec les paupières fermées une multitude d'aiguillons mettait ma cornée au supplice. Vous avez peut etre déjà eu cette sensation d'acupuncture oculaire après un tunnel particulièrement long, et bien là imaginez un tunnel de trois semaines que vous auriez pris avec une migraine carabinée :snif: . Si mes souvenirs sont bon on m'a filé les cachets sans même que je les demande..... Après une pause d'une demie heure et avec une dose de cheval dans le sang je reprenais ma truelle.... Dans les 6 heures de repos qui suivirent ce fut le néant, pas le sommeil, pas de rêve, pas l'obscurité ni même le silence, non juste le néant.

A mon réveil les eaux de la méditérranée léchait la coque....

Modifié par Plimsoll

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usagi Membre+ 241 210 messages
E-mage‚ 69ans
Posté(e)
:snif: etre en bateau sans voir la mer c'est pas top :snif:

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generallee Membre 63 001 messages
Forumeur alchimiste‚ 77ans
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Super récit comme d'habitude :snif:

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Invité philippe du web
Invité philippe du web Invités 0 message
Posté(e)

la prochaine fois appelle moi et je te vendrais très cher une poupée d'amour pour égayer tes longues soirées

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