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Les chemins de halage: Maryline….

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Invité Mobrac

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Invité Mobrac
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Il est des lieux où le monde semble s'arrêter, où le bruit incessant de la vie moderne se fait oublier, et où la nature reprend ses droits. Les chemins de halage en sont un exemple parfait. Ces sentiers discrets, bordés de verdure et de fleurs sauvages, serpentent paisiblement le long des canaux, loin des tumultes de la circulation, invitant à la rêverie. Ils sont des refuges pour l’âme. Ces chemins tranquilles, à l’horizon flou, offrent une pause suspendue, un instant où le temps se dilate, presque suspendu. Le silence qui les habite n'est pas celui de l'isolement, mais de la contemplation. Chaque pas sur ces chemins est une invitation à plonger dans l'introspection, à faire une pause dans le flux perpétuel de l'existence. Les arbres, majestueux, frémissent doucement sous la brise, et les fleurs sauvages murmurent un hymne à la simplicité. La lumière tamisée par les frondaisons apporte une dimension presque magique à chaque instant. Ces lieux, chargés de mémoire, respirent un autre temps, celui des hommes des canaux, les seigneurs des fleuves, qui régnaient sur les eaux sans autre voile que celui des chevaux qui les guidaient. Leurs voix, désormais emportées par les vagues de l’histoire, laissent pourtant une empreinte invisible, un souvenir qui fait naître une douce nostalgie. Les chemins de halage portent en eux une mémoire silencieuse, une sorte de mystère lumineux qui touche à la fois le corps et l’esprit.

Maryline, elle aussi, appréciait ces lieux. Ensemble, nous parcourions à vélo ces sentiers discrets, loin des regards et des bruits du monde. La fin de journée venait avec la douceur d’un vent qui portait l’odeur du bois brûlé, et nous dressions la tente, là, au bord de l’eau. Autour du feu, je prenais ma guitare, et nos voix se mêlaient dans la nuit paisible, créant une mélodie qui semblait s’échapper de l'ombre des arbres. Tout était gratuit, et pourtant chaque geste, chaque mot, chaque moment semblait être un luxe inouï. Nous vivions cette illusion d’une richesse simple, authentique. Loin de tout, mais dans un équilibre parfait avec le monde, nous goûtions à l’extase du présent, celui que seul un instant volé peut offrir.

Un jour, ce rêve que nous caressions depuis si longtemps est devenu réalité. Nous avons loué une penichette pour descendre le Canal du Midi. C’était un vieux rêve, une promesse faite à nos cœurs d’aventuriers, jeunes et insouciants. Le matin de septembre, nous avons pris le large, et le bateau est devenu notre monde. Chaque manœuvre, chaque mouvement, chaque bruit du moteur semblait appartenir à un autre temps. Nous étions les capitaines de notre propre aventure, maîtres du temps et des eaux, un peu plus proches de l’éternité. Le voyage n’était pas seulement celui des paysages qui défilaient devant nous, mais aussi celui de notre âme, qui se libérait des contraintes du quotidien. Les après-midis étaient dédiés à l’insouciance. Nous cueillions des fleurs des champs, décorant notre bateau comme un tableau vivant. Chaque fleur posée semblait témoigner d’une époque révolue, une époque où la beauté naissait du plus simple. Le soir venu, nous nous baignions nus dans les eaux tièdes, enveloppés par l’étreinte douce du crépuscule. Je posais des lignes de fond, espérant qu’une carpe viendrait mordre à l’hameçon, mais même sans prise, le moment semblait déjà une fête. Simple, silencieuse, et pleine de magie.Le matin, le temps suspendu laissait place aux petits villages qui bordaient le canal. Le marché était un lieu de rencontre, un lieu vivant où le monde semblait se fondre dans la simplicité. Les couleurs des étals, les sourires des passants, la chaleur des échanges… Nous achetions des oignons doux et des anguilles, que nous faisions griller sur le feu.

 

La sauce, une crème fraîche réduite à l’estragon, était un luxe qui n'en était pas un. C'était la simplicité même, mais c'était suffisant. C'était le véritable luxe. Maryline était toujours vêtue de longs vêtements légers qui flottaient au vent. De ces jolies robes entrouvertes que Flore prêtait aux pavots des campagnes.  Elle était, en quelque sorte, l’incarnation même de cette nature généreuse, sauvage, sans fard. Chaque mouvement, chaque sourire était un hommage à la beauté du monde, à cette simplicité qui rendait tout exceptionnel.Nous avons continué notre périple jusqu’à l’étang de Thau. Là, nous avons observé les oiseaux, puis navigué sur l’eau salée. La mer nous offrait ses trésors : dorades et coquillages, et même le poisson que nous avons pêché, nous l’avons vendu à la sauvette, à moitié prix. Peu importe. Ce n'était pas l’argent qui comptait, mais l’expérience de la vie elle-même. Le soir, après avoir marché sur la plage, nous écoutions la mer dans les coquillages, laissant l’écho des vagues nous bercer. Une chapelle résistait aux vents et au temps, et nous y entrions, humbles et silencieux, pour nous imprégner de la chaleur des pierres anciennes et de la douceur des peintures fanées. L’automne est arrivé, avec ses couleurs dorées et orangées. Le soleil, plus doux, plus calme, baignait le Canal du Midi dans une lumière chaleureuse. C’était l’automne d’un autre temps, un automne qui semblait éternel. Les feuilles tourbillonnaient autour de nous, comme si chaque instant, chaque souffle, chaque souvenir se mélangeait à ce passage tranquille du temps. Un automne fait de promesses murmurées, de silences partagés, et d’une beauté indéfinissable qui flotte encore dans l’air. Il y a si longtemps maintenant, et pourtant tout semble si proche.

 

 

 

 

 

Modifié par Mobrac
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Membre, Forumeur confit, Posté(e)
Enchantant Membre 18 663 messages
Forumeur confit,
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il y a 17 minutes, Mobrac a dit :

Il y a si longtemps maintenant, et pourtant tout semble si proche.

Certains, certaines, sont des artistes incontestablement…

Lorsque je lis votre description de paysage, de lieu, d’instant, votre texte Mobrac m’évoque en image, les détails précis d’une peinture…bravo l’artiste !

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Invité Mobrac
Invités, Posté(e)
Invité Mobrac
Invité Mobrac Invités 0 message
Posté(e)
il y a 29 minutes, Enchantant a dit :

Certains, certaines, sont des artistes incontestablement…

Lorsque je lis votre description de paysage, de lieu, d’instant, votre texte Mobrac m’évoque en image, les détails précis d’une peinture…bravo l’artiste !

Merci à toi. Vu la canicule j'ai proposé un instant de douceur. Les anciens appelaient cela le remémoré;  c'était souvent des histoires de soldats que des instituteurs écrivaient au front car ils écrivaient le Français alors que d'autres ne parlaient que leurs langues régionales. Cette nouvelle abrégée volontairement fait suite à Louis et ses boeufs mort à Verdun. J'ai rencontré un vif succès avec ces nouvelles. Tout simplement parce qu'elle sont vraies. Il me semble mais pas certain que c'est Hugo qui disait : le roman c'est la vie privée des nations . Tu as vu juste avec la peinture car j'écris par touches. 

F.C.H

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Membre, 69ans Posté(e)
pic et repic Membre 19 632 messages
Maitre des forums‚ 69ans‚
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Il y a 17 heures, Mobrac a dit :

Les chemins de halage en sont un exemple parfait.

re bonjour, 

je suis tout à fait d'accord .

on pourrait rester ds heures à contempler le lent mouvement de l'onde et écouter le doux bruissement du vent dans les arbres ...

un "havre de paix" dans un monde de brutes ...

bonne journée.

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Invité Mobrac
Invités, Posté(e)
Invité Mobrac
Invité Mobrac Invités 0 message
Posté(e)
il y a 5 minutes, pic et repic a dit :

re bonjour, 

je suis tout à fait d'accord .

on pourrait rester ds heures à contempler le lent mouvement de l'onde et écouter le doux bruissement du vent dans les arbres ...

un "havre de paix" dans un monde de brutes ...

bonne journée.

Oui, je pense que nous avons tous, où que nous vivons tous ces instants, ( la grâce ).C'est aussi que fera de nous ce que nous sommes, ( ce qui n'est pas le propre de tous..).

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