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« Une vie manifeste » de J.-G. Périot : l’imbrication du cinéma et de la politique

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Marcuse

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Avec Une vie manifeste, sélectionné cette année à Cannes Classics, le cinéaste et monteur Jean-Gabriel Périot retrace la vie de Michèle Firk, critique, cinéaste et militante révolutionnaire qui prit part à tous les combats anti-impérialistes de la fin du siècle dernier. Un hommage, mais aussi une invitation à assumer l’indissociabilité du cinéma et de la politique.

Connu notamment pour Retour à Reims (Fragments) et Une jeunesse allemande, César du meilleur film documentaire en 2016, Jean-Gabriel Périot est aussi l’auteur d’une myriade de courts métrages explorant la possibilité d’un cinéma politique contemporain. En 2018 dans un ouvrage co-écrit avec le philosophe Alain Brossat, il revendiquait « un cinéma politique qui interroge de manière critique le monde tout en restant dans une inventivité formelle. » Habitué au montage d’archives, le documentariste s’intéresse cette fois-ci à Michèle Firk dont il dresse le portrait politique et cinéphilique à partir de photographies, d’archives journalistiques, d’extraits de films et de textes de la militante et critique, lus hors champ par Alice Diop et Nadia Tereszkiewicz. Difficile alors de ne pas voir en Michèle Firk le double inversé du cinéaste : Périot explique faire des films pour militer, tout en ayant conscience de la faible efficacité politique du cinéma ; Firk, à qui Godard avait dédié le chapitre « 2b Fatale Beauté » de ses Histoire(s) du cinéma, n’aura eu de cesse de lutter aux quatre coins du monde sans jamais parvenir véritablement à devenir la cinéaste qu’elle espérait.

Une approche cinématographique matérialiste

Le premier constat que fait Michèle Firk dans Une vie manifeste est d’ordre matérialiste : les conditions matérielles de production conditionnent l’accès à la pratique cinématographique et, in fine, déterminent au moins en partie les formes des films produits. S’il y a moins de femmes cinéastes, c’est parce qu’on leur assigne dès le départ le rôle de scripte ou de monteuse — Firk en fera l’expérience personnelle en entrant à l’Institut des hautes études cinématographiques, Institut dont elle sera par la suite renvoyée à cause de ses prises de position. Si les films qui sortent lorsqu’elle débute sa carrière de critique lui paraissent fort éloignés des préoccupations des spectateurs c’est, écrit-elle, parce qu’ils sont réalisés par des cinéastes bourgeois qui ignorent les masses populaires (paysans, ouvriers, jeunes) et sont incapables de comprendre les questions matérielles qui rythment leur quotidien.

https://lvsl.fr/une-vie-manifeste-periot-imbrication-cinema-politique/

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