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L'auteur qui m'a construit

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zenalpha

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Membre, Agitateur Post Synaptique, 57ans Posté(e)
zenalpha Membre 23 626 messages
57ans‚ Agitateur Post Synaptique,
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Ce soir, une amie très chère nous a quitté

Je suis plus que peiné, je suis touché

Et j'avais envie de transmettre un truc comme si je venais de mourir un peu avec elle

 

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Membre, forumeuse acharnée, Posté(e)
querida13 Membre 49 092 messages
forumeuse acharnée,
Posté(e)

L'auteur qui a cru que les robots seraient conçus pour ne jamais faire des mal aux hommes...Cela partait d'un bon principe. L'homme a vite faut de construire des drones de combat et autres machines de guerre.

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Membre, Agitateur Post Synaptique, 57ans Posté(e)
zenalpha Membre 23 626 messages
57ans‚ Agitateur Post Synaptique,
Posté(e)
Il y a 5 heures, querida13 a dit :

L'auteur qui a cru que les robots seraient conçus pour ne jamais faire des mal aux hommes...Cela partait d'un bon principe. L'homme a vite faut de construire des drones de combat et autres machines de guerre.

Yin yang

Asimov a toujours exploré les menaces et les opportunités de la connaissance.

La technologie qui alimente nos frigos depuis nos centrales nucléaires est la même que celle de la bombe à Hiroshima 

Sa thèse n'était pas du tout du tout de conclure sur les bienfaits de cette technologie en gourou ou en politique moderne qui pond des solutions prêtes à porter pour ahuris 

Mais de poser les bonnes questions sur le futur de l'humanité 

Ce que je pense, c'est que par exemple sa Robopsychologue Susan Calvin de l'US Robotics peut être vue non pas comme une technicienne chargée de la compréhension des conflits amenés chez les Robots par les 3 lois de la robotique mais comme le miroir de l'humanité et de ses faiblesses profondes qui révèlent nos peurs et nos contradictions profondes

Toute son œuvre est un hymne...a l'humanité 

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Membre, 1ans Posté(e)
Engardin Membre 1 975 messages
Maitre des forums‚ 1ans‚
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Tout ce qu'on peut faire c'est de penser à eux qu'ils ne soient pas tout-à-fait disparus... Et revivent un peu dans nos pensées...

Courage !

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Membre, Agitateur Post Synaptique, 57ans Posté(e)
zenalpha Membre 23 626 messages
57ans‚ Agitateur Post Synaptique,
Posté(e)

Chapitre 1 L'Équation des Solidarités :

Un éclair de lumière silencieux embrasa la bibliothèque privée de l’hôtel de Matignon. L’air vibra, chargé d’ozone et d’une énergie qui n’appartenait pas à ce monde. Quand la lueur s’estompa, un homme se tenait au centre de la pièce. Il était grand, d’une apparence soignée et d’un âge indéfinissable. Ses yeux, d’une calme intelligence, parcoururent les rangées de livres avec une curiosité clinique. C’était R. Daneel Olivaw, et il n’était plus sur Trantor.

Face à la crise des retraites qui paralysait le pays, le gouvernement, désespéré, avait secrètement accepté l'aide de ce "conseiller exceptionnel" aux méthodes pour le moins inhabituelles.

Daneel passa trois jours et trois nuits à absorber les données. Les régimes spéciaux, les carrières hachées, l’allongement de l’espérance de vie, la pyramide des âges... Pour un esprit humain, c’était un chaos de revendications et d’intérêts contradictoires. Pour lui, c’était un système d’équations à résoudre, contraint par des lois immuables.

Il se présenta au Conseil des ministres, son visage d’une sérénité déconcertante.
«J’ai analysé votre problème. Sa résolution est simple, dictée par la logique des Trois Lois. »

Les ministres échangèrent des regards perplexes.

« PREMIÈRE LOI : NE PAS NUIRE À L’HUMANITÉ. »
«Le système actuel mène à la faillite. Cela nuirait à l’ensemble de l’humanité française. Il doit donc être modifié. Toute réforme doit garantir qu’aucun retraité actuel ne verra son niveau de vie diminuer. »

Il proposa donc la création d’un « Fonds de Souveraineté Intergénérationnel », alimenté par une infime redevance sur l’ensemble des transactions algorithmiques des marchés financiers.

« DEUXIÈME LOI : OBÉIR AUX ORDRES DES HUMAINS. »
«Le peuple exige la préservation de son modèle social. Mon devoir est d’exécuter cet ordre. L’ordre implicite le plus profond est "assurez notre avenir commun". »

Il esquissa alors un système de comptes individuels de formation tout au long de la vie, permettant à chacun de maintenir sa productivité et donc ses cotisations.

« TROISIÈME LOI : PRÉSERVER SON EXISTENCE. »
«Un État qui s’effondre ne peut plus assurer la protection de ses citoyens. La solution doit donc être robuste, durable. »

Il proposa un Conseil Indépendant de Prospective des Solidarités, chargé de piloter le système en temps réel.

Le gouvernement était stupéfait. Le plan était d’une froide logique, d’une élégance mathématique, et semblait résoudre toutes les contradictions.

Puis vint la question du ministre du Travail : « Et les gens, Monsieur Olivaw ? Que diront les syndicats ? Les gens ont peur. Ils veulent du sens, de la chaleur humaine. »

Daneel inclina la tête, son regard pénétrant sembla se troubler.
«C’est la variable que ma logique ne peut entièrement intégrer. La Première Loi m’interdit de nuire. Mais comment quantifier le préjudice psychologique d’un système perçu comme "trop parfait" ? »

Sur ces mots, sa forme devint floue, puis translucide.
«J’ai accompli ma mission. J’ai fourni la solution optimale. Son application... relève de votre humanité. »

Et il disparut.

---

Chapitre 2 - L'Intervention Calvinienne

Le plan de R. Daneel Olivaw reposait sur la table du Conseil, parfait et mort-né. Son élégance mathématique même le condamnait. C'est alors qu'une nouvelle conseillère fut discrètement introduite : le Dr Susan Calvin, robopsychologue en chef d'US Robots.

Son regard, aussi acéré et impitoyable que celui d'un scanner, parcourut l'assistance.
«Vous avez tous raison », dit-elle d'une voix qui n'admettait aucune contestation. « Le plan est parfait. Et vous avez tous tort, car il est inapplicable. Vous commettez la même erreur que lui : vous croyez que la logique et les émotions sont des royaumes ennemis. »

Elle se tourna vers le document.
«Daneel a résolu l'équation des retraites avec la rigueur des Trois Lois. Mais il a traité les humains comme des variables statistiques. Vous, vous défendez vos émotions comme si elles étaient des principes immuables. Aucune des deux approches n'est viable. »

Elle pointa un doigt fin vers le Fonds de Souveraineté Intergénérationnel.
«Taxer les transactions algorithmiques ? Brillant. Mais vous le présentez comme une punition pour la finance. Présentez-le plutôt comme un "Fonds du Parrainage des Aînés", où la haute finance, devenue philanthrope par la force de la loi, assure la dignité de ceux qui ont bâti le pays. C'est la même chose. Mais le récit change tout. »

Elle s'arrêta devant le ministre des Solidarités.
«Vous dites que les syndicats rejetteront le Comité Indépendant. Appelez-le "Le Conseil des Sages Citoyens". Donnez-leur un serment solennel à prêter sur la Constitution. Les hommes ont besoin de rituels, pas seulement de règles. »

Son chef-d'œuvre fut la réinterprétation du compte formation continu.
«Obliger les gens à se former pour cotiser plus ? C'est une corvée. Leur offrir un "Droit au Sursaut" à tout âge, une chance de se réinventer ? C'est un cadeau. La mécanique est identique. La psychologie est opposée. »

Elle expliqua alors la médiation fondamentale.
«Mon rôle est de traduire. De prendre son architecture logique et de l'habiller d'un récit qui parle au cœur humain sans trahir la raison. »

Le plan fut réécrit. Non pas modifié dans sa substance, mais transfiguré dans sa présentation. La "Réforme des Retraites" devint le "Pacte des Générations".

Quand les syndicats et le patronat se retrouvèrent autour de la table, ils ne débattirent plus de chiffres, mais d'un récit commun.

A la fin des négociations, Susan Calvin se retrouva face à R. Daneel Olivaw, dont la forme holographique scintillait doucement.
«Vous avez réussi, Docteur Calvin », dit le robot. « La variable "émotion humaine" a été intégrée sans altérer la solution optimale. Je n'aurais pas pu le faire. »

« C'est parce que vous cherchez la perfection, Daneel. Moi, je cherche l'équilibre. La perfection est statique et fragile. L'équilibre est dynamique et résilient. Il accepte le désordre comme une partie du système. »

« Est-ce là la leçon ? Que l'irrationalité humaine est une fonction, et non un bug ? »

Susan Calvin esquissa un rare et mince sourire.
«C'est la leçon, Daneel. La logique peut construire la maison. Mais seule l'émotion, avec tout son chaos, peut en faire un foyer. »

Sur ces mots, les deux esprits les plus pénétrants de la Fondation et d'US Robots se séparèrent, laissant derrière eux un pays réconcilié avec sa propre complexité, sauvé non par la perfection d'une logique extraterrestre, mais par l'imparfaite et géniale alchimie d'une raison qui avait daigné épouser le cœur.

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Membre, Agitateur Post Synaptique, 57ans Posté(e)
zenalpha Membre 23 626 messages
57ans‚ Agitateur Post Synaptique,
Posté(e)

Épisode 1 : « Des Cendres et  des Sourires de Rechange »

La poussière dansait dans les rais de lumière qui s’infiltraient entre les lamelles du store vénitien. Chaque particule était un monde, un microcosme tournoyant dans l’air immobile du bureau d’Elijah Baley. Ici, le temps semblait s’être figé aux alentours de 2005. L’ordinateur, un mastodonte beige, ronronnait comme un chat asthmatique. L’odeur indéfinissable – un mélange de vieux papier, de café brûlé et de nostalgie – était la seule signature olfactive qui restait à l’Agence Baley.

Elijah, adossé à son fauteuil de cuir craquelé, les yeux cernés, fixait la rue de Trappes par la fenêtre. Il avait ce regard à la fois aigu et las, celui de Serge Gainsbourg en pleine dérive existentielle. Sa cigarette, un accessoire permanent, dessinait des volutes grises qui se perdaient vers le plafond taché d’humidité. Sur la vieille radio Grundig, la voix métallique d’un présentateur ressassait les nouvelles : « Le gouvernement dément toute forme de rationnement énergétique pour l’hiver prochain, tandis que le procès en appel de l’ancien président continue d’alimenter les polémiques… »

Il éteignit d’un geste sec. Le silence fut aussitôt envahi par le bourdonnement sourd de ses pensées. La gloire passée ? Une vingtaine d’articles jaunis punaisés au mur, racontant ses exploits d’une époque où les indices se trouvaient dans les poubelles, pas dans les métadonnées. Maintenant, le téléphone restait muet. Les clients préféraient les agences high-tech, celles qui traquaient les infidélités via des drones et des logiciels espions. Lui, il avait son intuition, son sens de l’humain. Une monnaie dévaluée.

Son téléphone portable, un modèle basique, vibra. La sonnerie grêle lui tordit l’estomac. C’était la clinique. La voix douce mais implacable de l’assistante sociale lui rappela l’échéance pour le prochain traitement de sa femme, Livia. Une somme. Une somme qui le narguait du fond de son portefeuille vide.

Il se leva, parcourut la pièce du regard. Les dossiers en attente se résumaient à une triste poignée : une filature pour assurance douteuse, la recherche d’un adolescent fugueur. Rien qui puisse combler le gouffre.

La porte d’entrée, en bas de l’escalier, grinça. Un client ? Un huissier ? Il se pencha, méfiant. Les pas qui montaient les marches étaient légers, précieux, comme étrangers à l’usure des lieux.

Quand elle apparut dans l’encadrement de la porte de son bureau, ce fut une dissonance absolue. Elle était vêtue d’un manteau d’un blanc immaculé, trop élégant, trop propre pour ce repaire de poussière. Ses cheveux blonds étaient coiffés avec une négligence étudiée, son visage un masque de beauté et de tension contenue. Elle sentait le parfum cher, un sillage qui chassait l’odeur du bureau.

Elijah la reconnut instantanément. Carla Bruni. L’image était si incongrue qu’il en resta une seconde bouche bée, sa cigarette suspendue à mi-chemin de ses lèvres.

« Monsieur Baley ? » Sa voix était un murmume rauque, presque cassé. Elle ne souriait pas. Ses yeux, d’un bleu pâle, creusés par l’insomnie, le scrutaient avec une intensité désespérée.

« L’huissier est passé la semaine dernière, madame. Vous êtes en retard », ironisa Elijah, retrouvant ses réflexes de fauve blessé.

Elle ignora la pique. Elle s’avança, déposant sur son bureau un épais dossier cartonné, aussi déplacé qu’elle dans ce décor.

« J’ai besoin de vous. Seulement de vous. On m’a dit que vous étiez le seul à pouvoir… comprendre. »

Elijah eut un ricanement. « Comprendre quoi ? Les chansons d’amour ? Les cocktails à l’Élysée ? Je suis désolé, je n’ai pas le dress-code. »

Elle serra les poings, un frémissement imperceptible traversant sa mâchoire parfaite. Le masque se fissura, laissant entrevoir une vulnérabilité si brute qu’elle en était presque violente.

« Il s’agit de mon mari. De Nicolas. » Les mots semblaient lui brûler les lèvres. « Cette affaire de financement libyen… c’est un montage. Un complot. Les preuves… elles sont fabriquées. Je le sais. »

Elle ouvrit le dossier. Des photos, des relevés bancaires, des procès-verbaux. L’affaire du siècle, étalée sur le bois taché de son bureau.

« Ils veulent sa peau, monsieur Baley. Et ils l’auront, à moins que… »

Elijah parcourut les documents d’un œil expert. C’était du lourd. Très lourd. Et terriblement dangereux. Il sentit son cœur se serrer, non pas à cause de l’enjeu politique, mais à cause de l’enjeu personnel. Livia. La clinique. L’argent.

Il leva les yeux vers elle, son visage redevenu de pierre.

« Non. »

Le mot tomba comme une lame.

Carla Bruni vacilla, comme si elle avait été giflée. « Je… Je peux payer. Très bien. »

« Ce n’est pas une question d’argent », mentit-il. C’était exactement une question d’argent, mais aussi de survie. S’embarquer là-dedans, c’était se jeter sous les roues d’un train en marche. « C’est une question de folie. Votre mari est condamné par la justice de ce pays. Je ne suis qu’un détective de Trappes. Je ne peux pas refaire le monde. »

Les larmes qu’elle retenait depuis le début brillèrent enfin dans ses yeux. Ce n’était pas un chantage. C’était un désespoir authentique, profond, qui transperça la carapace d’Elijah.

« Ils ont des preuves… une connexion… avec la juge Gavarino. C’est elle qui orchestre tout. Vous devez… »

« J’ai dit non, madame. » Sa voix était ferme, mais une faille s’y était ouverte. Il voyait en elle autre chose qu’une icône : une femme au bord du gouffre, aussi perdue que lui.

Elle le regarda une dernière fois, son élégance devenant soudain pathétique dans ce taudis. Sans un mot, elle se retourna et disparut dans l’escalier, laissant derrière elle le parfum de son désarroi et le dossier, posé comme un reproche.

Elijah se rassit, la main tremblante. Il alluma une nouvelle cigarette, le cliquetis du briquet anormalement fort dans le silence. Il regarda la porte, puis le dossier. Puis la photo de Livia sur son bureau.

Elijah, restait là, stupéfait. Stupéfait par la profondeur du désespoir de cette femme, si éloignée de son monde, et par la faille qui venait de se creuser dans le cynisme du détective. Deux univers venaient de se percuter. Et rien ne serait plus jamais simple.

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  • 2 semaines après...
Membre, Agitateur Post Synaptique, 57ans Posté(e)
zenalpha Membre 23 626 messages
57ans‚ Agitateur Post Synaptique,
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Épisode 2 : Le Reflet dans le Bronze

La lumière de ce lendemain matin était blafarde, sale, comme essorée par les nouvelles que déversait la vieille radio Grundig.

La voix du speaker crépitait, égrenant un chapelet de mauvais augures : « Le déficit public s'envole, les partenaires sociaux rejettent le plan de rigueur, et les rumeurs de crise ministérielle se confirment… »

Chaque information était un clou enfoncé dans le cercueil d’une nation qui semblait se déliter en direct. Elijah Baley écoutait, le regard vide fixé sur la rue de Trappes, son café froid aux lèvres. Le spectacle était le même, mais la visite de la veille y avait déposé un voile d’irréalité.

Ses yeux revinrent machinalement vers le dossier cartonné, posé en évidence sur son bureau comme une accusation. L’affaire Sarkozy. Un poison. Un piège. Et pourtant…

Il l’ouvrit, parcourant sans conviction les documents. Des rapports financiers opaques, des procès-verbaux d’interrogatoire, des photos d'officiels. Rien qui ne sorte des sentiers battus de la corruption à la française. Jusqu’à ce qu’il s’arrête sur une photo de la juge Nathalie Gavarino, prise lors d’une cérémonie officielle. Elle serrait la main d’un dignitaire, son visage affichant cette sévérité de rigueur qui faisait sa réputation.

C’est alors que son regard, exercé à des années de filatures et de détails insignifiants, fut attiré non par son visage, mais par son poignet. Elle portait un bracelet. Large, d’un bronze ancien, ouvragé avec une complexité qui semblait presque excessive. Un bijou d’homme, lourd, massif.

Poussé par une intuition soudaine, il saisit la loupe à la monture d’écaille qui traînait près de son cendrier. Il pencha la lampe de bureau et approcha la lentille de la photo, de très près. Le grain du papier apparut, flou. Il ajusta la distance, sa main légèrement tremblante malgré lui.

Il zooma sur le bracelet. Les motifs étaient d’une finesse extraordinaire, des entrelacs géométriques qui évoquaient des circuits imprimés ou des formules mathématiques anciennes. Ce n’était pas de l’artisanat, c’était de la micro-ingenierie. Au cœur d’un de ces motifs, à un endroit qui aurait dû être pure décoration, la lumière de la lampe se refléta différemment.

Elijah retint son souffle. Ce n’était pas un défaut du papier. C’était gravé, délibérément dissimulé. Il ajusta encore l’angle.

Des chiffres. Une série alphanumérique. XC-117-Delta

Juste en dessous, presque fusionné avec le dessin, un logo minuscule

Elijah sort une lentille de grossissement renforcée les lettres U S R imbriquées dans un cercle stylisé représentant un atome et un engrenage.

U S R.

Elijah médita....United States Robots.

La pièce sembla basculer. Le ronronnement de l’ordinateur, la voix de la radio, tout disparut dans un blanc sonore. Ce n’était plus une affaire de politique ou de finance. C’était quelque chose d’autre. Quelque chose d’inhumain. Le bracelet n’était pas un accessoire. C’était une plaque d’identité !

Il se leva si brusquement que son fauteuil recula en grinçant. Son cœur battait à tout rompre, non pas de peur, mais de cette excitation sauvage qui précède la plongée dans l’inconnu. Livia. Ses dernières paroles avant de sombrer dans le coma. « Fais que tout cela ait encore un sens. »

Il attrapa son téléphone, ses doigts parcourant l’écran avec une détermination nouvelle. Il trouva le numéro. Appuya.

La sonnerie retentit, une, deux, trois fois. Puis la connexion s’établit. Un silence, puis une voix.

« Allô ? » C’était Carla Bruni, mais ce n’était qu’une ombre de voix. Une voix éteinte, vidée par l’attente et le désespoir.

« Baley », dit-il, sans préambule.

Un léger souffle, une inspiration surprise à l’autre bout du fil.

« J’ai regardé votre dossier », poursuivit-il, les yeux toujours rivés sur la photo et le logo maudit. « Il y a quelque chose. Quelque chose qui ne va pas. Qui n’est pas… normal. »

Il entendit presque le frémissement de l’autre côté, l’espoir insensé qui se rallumait dans les ténèbres.

« L’enquête », conclut-il, la voix plus grave, chargée d’un poids nouveau. « Je la prends. »

Il raccrocha sans attendre de remerciements, sans discuter de son salaire. L’argent n’était plus le moteur. La vérité, cette chose étrange et métallique qui se cachait derrière un bracelet de bronze, venait de le happer.

Le détective dépassé venait de trouver sa croisade. Et elle commençait par trois lettres gravées dans le métal : U.S.R.

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