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Duval1887

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  1. L'extrême droite se nourrit de la peur, de la haine et de la résignation et il faut dire qu'elle est plutôt bien nourrie en ce moment, particulièrement quand la pseudo-gauche va chercher ses projets de réformes au MEDEF et prend des accents frontistes quand il s'agit des Roms. Certes la force de l'abstention montre qu'une grande partie de la colère ou de la défiance ne s'investit pas dans le FN et ne trouve aucune traduction politique, cependant le fait que l'UMP, le PS et le PC unis ne parviennent pas à battre électoralement le FN en dit long sur le désaveu dont ils font l'objet (et sur la bêtise d'une telle coalition). Tant que les salariés ne seront pas conscients de leurs propres intérêts et ne s'organiseront pas eux-mêmes pour les défendre, les sirènes du FN seront attrayantes et les apprentis notables du FN obtiendront des sièges et détourneront la colère populaire vers les immigrés, les Roms, l'étranger pour que les bons bourgeois français puissent continuer à s'en mettre plein les poches.
  2. Duval1887

    "Libérer les énergies"

    Pour ceux qui dominent (et ceux qui les défendent) il n'y a jamais de domination mais que l'ordre naturel des choses, et il est bien possible qu'ils parviennent à s'en persuader. Tout pouvoir cherche à se légitimer, celui de l'argent n'échappe pas à cette règle. Si je n'invoque pas, comme vous, à tout bout de champ LA VÉRITÉ c'est que je ne suis pas un pasteur qui prêche mais un citoyen conscient que ses idées relèvent de partis pris et d'engagements. Après quoi on peut bien s'illusionner, pensant détenir l'unique vérité sur le monde, je laisse cela aux fanatiques de tous bords. Encore une fois vous êtes dans la fiction d'individus détachés du monde qui négocient à égalité les uns avec les autres. Or la relation d'un patron avec un employé n'est ni une relation d'égalité, ni une relation de producteur à client. Le salariat peut exister historiquement à partir du moment où les terres et moyens de productions sont accaparés (en grande partie par la violence). Dès lors que des hommes concentrent dans leurs mains grandes propriétés foncières et grands outils de production, les autres sont placés dans leur dépendance. Le salariat est une des formes historique de cette dépendance. Certainement le salariés essaye-t-il de vendre sa force de travail au prix le plus élevé, mais le fait qu'il ne puisse attendre bien longtemps sans travailler, que la concurrence soit plus forte entre employés qu'entre employeurs, que les employeurs soient collectivement mieux organisés et plus proche des organes du pouvoir... tout cela fait que le rapport de force est en temps normal à l'avantage des patrons (sinon d'ailleurs les inégalités ne cesseraient de décroitre). Bien sûr des avantages ont été collectivement conquis par les salariés, ils ont permis de réduire ou d'adoucir cette domination (diminution de la durée de travail, reconnaissance du droit de grève, obligation de motiver un licenciement...), mais si comme le patronat l'appelle de ses voeux (et avec lui tous les chantres du libéralisme) tous ces gains sont rabotés, la domination n'en sera que plus âpre et violente et l'accumulation de capital rapide. Après quoi libre à vous de chanter les louanges du capitalisme (c'est parfois bien rémunéré) mais n'allez pas vous étonner que d'autres le contestent.
  3. Duval1887

    "Libérer les énergies"

    On sort sans doute du cadre du sujet initial, et cela mériterait d'autres sujets. Au moins notre opposition est-elle quelque peu clarifiée. Quelques rapides remarques: - Le droit de propriété il n’est pas naturel, il est régi par des lois politiques, c’est bien une construction humaine. Tout comme les statuts de l'ancien régime étaient défini par le droit. Les attributs physiques sont en revanche naturels, cela dit si le hasard fait que vous naissez handicapé je trouve que c'est être juste que ce handicap soit collectivement prise en charge (soins gratuits, postes de travail adapté) plutôt que de vous livrer à la charité. Sur la beauté, outre qu'elle est hautement relative, elle gouverne bien moins le monde que l'argent. Maintenant mieux vaut des systèmes qui favorisent la compétence que la couleur des yeux. - "La démocratie, c'est la tyrannie de la foule contre l'individu", c'est bien ce que je dis sur votre tendance aristocratique (ce qui n'est pas une insulte en soi). Si les décisions sont prises par quelques individus pour tous les autres, j'ai tendance à trouver ça pire. Et comme les individus vivent dans une même société il faut bien décider de règles communes. - Le lien de subordination dans le salariat, il est inscrit dans la loi et régulièrement invoqué par les patrons aux prudhommes. Maintenant si liberté et subordination sont une seule et même chose alors on ne s'accorde pas sur le sens des mots. - Si les syndicats de salariés organisent un racket (et je suis loin d'être un adorateurs des bureaucratie syndicale) alors que dire des syndicats patronaux (tout aussi bureaucratiques d'ailleurs)? Par ailleurs si les salariés ne s'étaient pas organisés (avec les syndicats ou en dehors) on aurait certainement des conditions de travail bien pire et je ne connais pas beaucoup de salariés par exemple qui refusent leurs congés payés par haine des syndicats. Car si la productivité a permis d'augmenter la taille du gâteau le partage lui est toujours l'objet d'un conflit. - Sur l'état quand il met sa violence au service des patrons pour virer manu militari des salariés qui occupent une entreprise, pour défendre à l'étranger des investisseurs français ou sa puissance financière pour sauver les banques, subventionner telle ou telle entreprise, c'est peut-être contradictoire avec le libéralisme pur mais c'est la pratique la plus commune du capitalisme réel. Le capitalisme est étatiste, en revanche les capitalistes voudraient aujourd'hui rogner sur toutes les dépensent de type social, car ne se sentant plus particulièrement menacés ils trouvent que c'est trop cher payé pour la paix sociale. A bon entendeur...
  4. Tant qu'un pays parvient à accroitre sa puissance et donc ses ressources, il arrive en général à maintenir une certaine stabilité (les conflits n'y aboutissent pas à la destruction du régime). ex: tant que l'Empire romains s'étendaient Rome pouvait faire payer sa stabilité aux peuples des territoires conquis La stabilité des USA repose sur sa capacité à exercer un pouvoir de domination sur d'autres pays (Amérique du sud traditionnellement...) et elle se fait souvent au détriment de la stabilités d'autres territoires. Un pouvoir se maintient sur 2 piliers: la répression mais ça ne suffit pas et sa capacité à susciter l'adhésion (notamment en redistribuant des ressources). Le bénéfice de la position de super-puissance qu'occupe les USA leur permet d'être un pays de grandes inégalités et en même temps jusqu'ici d'avoir pu maintenir une assez forte continuité du pouvoir. Si demain le rôle du dollar est remis en cause, que les intérêts américains sont remis en question dans nombre de pays, que d'autres grandes puissances disputent le leadership mondial on pourrait voir apparaite des troubles beaucoup plus graves. Le prix de l'appareil militaire par exemple n'est possible à payer et acceptable que si les USA en retire suffisamment de bénéfices, les inégalités colossales ne peuvent se maintenir (sans vaste répression) que si les travailleurs ont de raisonnables chances de voir leur pouvoir d'achat augmenter. On est donc à mon sens dans un modèle de développement parfaitement déséquilibré puisqu'il repose sur l'exercice d'une domination (comme bien d'autres puissances l'ont fait avant).
  5. Duval1887

    "Libérer les énergies"

    Ce qu'on peut constater à chaque fois que l'on discute avec des partisans du libéralisme économique (ou de l'économie néoclassique pour être plus juste): - au nom du droit de propriété ils défendent l'héritage, donc une valeur aristocratique. L'héritier certes acquiert légalement sa fortune, maintenant si vous considérez qu'il est juste que certains naissent riches et d'autres pauvres ce n'est évidemment pas le travail que vous défendez, encore moins la concurrence libre et non faussée. Un acquis transmis sans nul mérite autre que de naitre, cela porte un nom: c'est un privilège! - ils défendent la liberté, sauf que la subordination à l'intérieur du salariat ne les dérange nullement (c'est à dire pour la majorité des personnes). Il est normal que celui qui détient le capital ou l'administre décide. Lorsqu'ils défendent cette position en général les libéraux disent alors que tout capital est issu du travail de celui qui le détient (tiens donc l'héritage disparait). Désolé mais quand dans un collectif le pouvoir est proportionnel à la taille du portefeuille je n'appelle pas ça un système démocratique. - Évidemment l'absence de démocratie dans les processus de production au profit des capitalistes ne créerait aucune distorsion dans les rapports entre les individus. Ceux qui détiennent les moyens de production ne sont pas dans un rapport de force favorable vis à vis de ceux qui vendent leur force de travail. Niez cette dissymétrie permet d'affirmer que l'exploitation n'existe pas puisque patron et salarié ne sont plus que deux individus libre et égaux qui signent un contrat. Si le partage de la richesse favorise l'accumulation chez les plus riches c'est juste qu'ils créeraient plus de valeur (encore l'aristocratie!). - Évidemment les capitalistes qui ont beaucoup d'intérêt à défendre ne les défendraient pas collectivement car les classes sociales n'existent pas. Il serait donc pleinement illégitime que les salariés tentent d'inverser la tendance en s'organisant. - De plus l'état est considéré commodément comme un élément extérieur et perturbateur du capitalisme. Cela permet de dire que toute crise, toute violence est due à l'action de l'état qui vient troubler le bon fonctionnement du capitalisme. Le problème c'est qu'il n'y a pas de capitalisme sans état, que l'état est garant du capitalisme et que la collusion des capitalistes avec l'appareil d'état leur a permis souvent dans l'histoire de défendre leurs intérêt, de mettre à leur service la violence de l'état. L'accumulation du capital se fait de bien des façons différentes: 1° en détenant déjà du capital qui permet d'en obtenir davantage (mécanisme essentiel du capitalisme où les capitalistes au nom de leur propriété ou du risque s'accapare une partie de la richesse crée par le travail). 2° par l'héritage 3° par l'épargne sur son travail propre 4° par le bénéfice de la proximité avec le pouvoir politique (lois favorables, marchés truqués, appropriation de ressources publiques, pillage de guerre...) 5° par la violence directe (expropriation d'indigènes, économie mafieuse, esclavage...) La conséquence c'est que dans la mesure où les capitalistes contrôlent l'essentiel du capital cela les place en position de dire que sans eux aucun investissement n'est possible. C'est évidemment un raisonnement aussi fallacieux que celui du seigneur féodal à ses sujet: "vous serfs, à qui j'interdis de porter des armes, vous ne pouvez vous passer de ma protection, c'est donc normal que vous me la payiez". C'est symétriquement aussi aberrant que les défenseurs de l'URSS, quand on les mettaient face aux crimes ou aux dysfonctionnements du système, et qui disaient: "L'URSS ne fait pas fausse route c'est juste qu'elle n'a pas été encore assez loin".
  6. Duval1887

    "Libérer les énergies"

    Ils ne connaissent décidément pas leur chance! Vous devriez vous faire embaucher pour aller expliquer à ces ouvriers à quel point ils sont redevables envers le capitalisme et leurs patrons. Méfiez-vous tout de même je crains que si au Bengladesh vous parlez de "Travailler 8 heures par jour 5 jours par semaine" on vous accuse de communisme...
  7. Il y a eu une assez forte stabilité institutionnelle mais pas franchement de stabilité politique: guerre civile, conflits sur l'esclavage, guerres indiennes, conflit sur la ségrégation, violents conflits sociaux et conflits autour de l'imigration. Il ne faudrait pas tomber dans le mythe que chaque pays aime raconter sur lui-même, la sacralisation de la Constitution et des Pères fondateurs tient de la religion civique. Je vous conseille l'Histoire populaire des Etats-Unis de Howard Zinn pour avoir une idée de la conflictualité qui a traversé l'histoire américaine. Maintenant une part d'explication à la continuité d'un même régime tient à mon avis à la très forte expansion dont ont bénéficié les USA (territoriale, démographique, économique). De la conquête de l'ouest à l'impérialisme du 20e siècle il y a eu du grain à moudre pour fluidifier un certain nombre de conflits. L'avenir dira si cette stabilité se maintient dans un contexte géopolitique ou économique relativement moins favorable aux USA.
  8. Que le PS, après la droite, mène une politique extrêmement favorable au patronat je te l'accorde. Que le Front National en profite électoralement les dernières élections législatives partielles semblent le confirmer. Le soucis c'est que lorsqu'on regarde dans le temps le positionnement économique du FN, il est d'un opportunisme assez incroyable. Il est un temps où Jean-Marie Le Pen se présentait comme le "Reagan français" et pendant longtemps la suppression de l'impôt sur le revenu (l'un des rares impôts progressif) a fait parti du programme du FN. Avec le crise le FN a fait volte-face et s'est tourné vers le protectionnisme, la défense des services publics (en discours du moins)... Il s'agissait d'élargir son électorat notamment vers les classes populaires. Mais il ne faut pas s'y tromper si le FN a bien dans son électorat des ouvriers, ça n'en fait certainement pas un parti ouvrier car son programme économique se borne à défendre le capitalisme français sans rien de particulièrement progressiste. Je ne vois pas en effet en quoi la nationalité d'un actionnaire, d'un patron ou d'un banquier influence son action... La résignation de beaucoup de gens nourrit hélas des illusions sur des hommes ou femmes providentiel(les) alors qu'il n'y aura aucune solution sans mobilisation.
  9. Duval1887

    "Libérer les énergies"

    Depuis que le monde est monde héhéhé... ce qui est certain c'est que depuis que le capitalisme est capitalisme, quiconque remet en cause les inégalités qu'il génère se heurte à une petite armée de supporters qui expliquent que l'on ne peut rien faire car le capitalisme ne fait que suivre les "lois éternelles de l'économie" et que s'il on y touche ça mène tout droit au goulag, à Pol Pot ou Staline. Heureusement pour vous que le "petit père du peuple" a existé sinon vous seriez bien à court d'argumentaire.
  10. Duval1887

    "Libérer les énergies"

    Il paraitrait qu'il existe même encore des capitalistes. Quel archaïsme! Concitoyen vous lisez décidément trop le Québécois Libre: diversifiez!
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