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Tout ce qui a été posté par Zelig
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Alors, on est partant pour un débat avec des liquidateurs, ainsi que des médecins et des scientifiques travaillant toujours sur le site de Tchernobyl ? Un débat en vrai, c'est ce que je te propose pour la quatrième fois. J'ai les dates, les lieux et le nom des intervenants: je les connais et ait déjà travaillé avec quelques uns. Cela étant dit, je comprends tes réticences et ton silence gêné: la perspective de se faire lyncher et ridiculiser en public n'est guère réjouissante. Mais il faudrait que tu aies le courage de distiller les opinions que tu écris ici-même dans le MONDE REEL, et pas uniquement virtuellement sur Internet. C'est bien beau de raconter n'importe quoi sur son clavier, mais on parle de gens qui existent réellement, qui ont réellement vécu ces événements dramatiques. Et le réel finit toujours par vous rattraper.
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Je te répète: Va donc oser dire ce que tu dis ici-même face à un liquidateur qui a vu tous ses copains mourir dans les circonstances que l'on sait. Je pense que tu n'en es pas capable. Internet, c'est souvent "que de la gueule"... et spécialement lorsqu'on est à ce point en dehors de la réalité, en dehors de l'univers physique dirais-je même en te lisant. Tout le monde est contre tes affirmations délirantes, scientifiques du forum y compris. Une rare unanimité, et c'est qu'il doit bien y avoir une raison ? A ton avis, laquelle ?
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C'est toi qui vient de nous expliquer que le principal problème de Tchernobyl, c'est l'alcoolisme.
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C'est déjà formidablement différent de tes très imprudentes affirmations comme quoi de faibles doses seraient bénéfiques pour la santé...
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Va donc oser dire en face à ces gens ce que tu écris ici-même. Va donc leur expliquer qu'ils ne sont juste que de sales Russes alcoolos alors qu'ils ont vu leurs copains mourir de cancer ou de radiations, et que eux-même souffrent parfois de graves séquelles. En tant que personne travaillant sur des questions médicales, je peux te certifier que leurs symptômes n'ont rien à voir avec ceux provoqués par l'alcoolisme. Veux-tu participer à l'un de ces débats début avril avec certains de ces liquidateurs ? Il y en a un peu partout en France de prévus, et j'ai le programme sous la main.
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Tout débat scientifique mis à part, puisque tu t'y ridiculises comme un grand en te mettant à dos TOUS les scientifiques du forum, même ceux qui ne sont pas forcément si défavorables que ça à l'utilisation de l'énergie nucléaire... ... Cette phrase là, je la trouve franchement INSULTANTE et pleine de clichés désobligeants pour ces pays que manifestement tu n'as jamais connu de ta vie. La plupart des estimations oscillent entre 20 et 25000 morts du côté des likvidatory de Tchernobyl. Aie au moins un peu des respect pour l'incroyable courage de ces hommes qui se sont sacrifiés en sachant que beaucoup y laisseraient leur peau. Tu as en ce moment même une tournée sur la France organisée par des réseaux ukrainiens et avec quelques uns de ces militaires ayant miraculeusement survécu (alors que la plupart des autres membres de leurs unités sont morts). Ils pourront témoigner et seront d'ailleurs ce lundi 4 avril à côté de Fessenheim. Va donc les écouter. Là, tu verras en vrai ce que c'est que des héros, en chair et en os.
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Et ce "résumé" démontre justement que tu réagis trop en fonction de tes émotions et de ton Ego, et moins à cause du contenu et du débat. Tu zappes l'essentiel pour ne retenir que le duel d'Ego. Je ne t'ai jamais insulté. Toi oui. Mais je m'en fous, ma grille d'analyse et mes priorités ne sont visiblement pas les mêmes que les tiennes. Il me semble avoir le droit de qualifier comme je l'entends certains raisonnements, certaines idées qui ont déjà été débattues ailleurs. Tu n'es pas le premier ni le dernier à les avoir eues, et tu ne seras donc pas le dernier à te faire critiquer à cause d'elle. D'ailleurs, on n'en meurt pas de la critique et du débat d'idées... du moins pas ici. Il y a une dérive potentielle très nette dans tes idées, du moins me semble t-il. Et pointer ce risque c'est je crois te rendre service. Oui, tu aurais pu plutôt me remercier pour le temps consenti à te fournir une réponse détaillée et argumentée (tous mes étudiants n'ont pas ce privilège). Des heidegerriens (même qui s'ignorent) il y en a beaucoup à gauche (Cf Badiou, Chomsky et compagnie). Et leurs idées, oui, exactement comme leur maître à penser, mènent droit vers les camps. Peut-être n'as-tu balancé qu'un slogan (l"Occident, c'est le totalitarisme de la raison", et patati et patata... les méchants blancs écrasent les vertueux indiens, peuple "sensible"... blablabla) que d'ailleurs manifestement tu ne comprends pas très bien toi-même, ou du moins, toutes ses implications. Peut-être et sans doute ne pensais-tu pas à mal, même s'il me semble que certaines de tes considérations sur les "blancs", la suprématie occidentale et les droits humains sont franchement rances (et ressemblent étrangement à ce qu'en disent pas mal d'idéologues d'extrême droite). Tu sembles littéralement obsédé par les questions de hiérarchie et de privilèges raciaux que cette mondialisation est précisément en train de dissoudre... Mais cela ne doit pas interdire le fait qu'un jour quelqu'un te rappelle cette généalogie de manière plus ou moins feutrée. Je ne suis pas diplomate, et je suis allé droit à l'essentiel. D'autant que ces débats, je les subis déjà régulièrement dans les amphis où j'enseigne. Personne n'est infaillible. Rien ne t'interdit ensuite de trouver ma position erronée et de répondre en détail, avec des idées. Ce que je trouve que tu ne fais pas: au contraire tu attaques dans tous les sens, et c'est très confus. Et c'est très démago de surcroît; en l'état, c'est de la soupe qui ne sent pas très bon. Ce n'est même pas vraiment de la philo. Mais on pourrait peut-être en tirer quelque chose si tu prenais le temps de réfléchir plutôt que de répondre au tac au tac et de façon impulsive semi-automatique. Car si tu as un peu de fierté, dis-toi bien que m'attaquer personnellement ne sert à rien. Mais écrire de manière cohérente et avec des sources correctes, ce serait déjà mieux: tu te rendrais alors toi-même un vrai service. Regarde par exemple DDR: il sait très bien le faire. Je ne suis pas forcément d'accord avec toutes ces sources (un peu trop catho-mystiques à mon goût), mais au moins il parvient à faire avancer le schmilblik et tout le monde lui en sait gré. Toi de ton côté, qu'as-tu fait à part du sur place et vociférer contre tout ce qui ne te convient pas ? Allons allons... Reprends-toi. La colère est toujours très mauvaise conseillère. En Chine ou au Japon, cela signifierait que tu aurais perdu la face depuis bien longtemps avec tes gros sabots de barbare sanguin au long nez... Finalement tu vois, ce n'est pas qu'un désavantage de débattre avec des Occidentaux hyper-rationnels parce que nous, on te pardonne volontiers d'être trop sensible...
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Tu réagis de façon trop personnelle et avec tes émotions. C'est bien ça le problème. Ton problème, ce n'est pas la tyrannie de la raison, mais la tyrannie de ton propre sujet, de tes propres convictions qui finissent par tout écraser. Respire un grand coup, et relis. Calme toi et soit de bonne foi rien qu'une seule fois. Il me semble que tu t'intéresses trop au grand méchant blanc que paradoxalement tu statufies (tandis que, par renversement romantique, tu placerais une soi-disant culture indienne au pinacle), alors que la mondialisation est un processus global découlant plus de la présence de certaines technologies plutôt que d'une soi-disant suprématie culturelle blanche. Dans le village global, chacun picore ce qu'il veut. En clair, il me semble qu'il faille d'abord s'intéresser au médium, au véhicule, plutôt que de continuer à s'enfermer dans une pensée post-structuraliste ou néo-réactionnaire morte depuis déjà quelques décennies. Car ce qui est intéressant avec ce médium, Internet en l'occurrence, c'est qu'il s'adresse plus aux individus qu'à des entités générales comme la "culture" et qui seraient possiblement en compétition. Sur internet, tout le monde ou presque est à égalité pour s'observer et discuter, les frontières et les états sont abolis.
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Manifestement, tu avais un fort contentieux à régler avec moi. Sauf que ce faisant, guidé que tu fus par la seule émotion, tu n'as pas été regarder ni lire vraiment ce que l'on a tenté de t'expliquer. D'où ce mélange informe. Alors: (1) Résumer l'Occident à un "totalitarisme de la raison", oui, c'est une formule typiquement post heidegerienne. Manifestement, tu as un contentieux avec un Occident que tu HAIS, (2) Et ce contentieux s'exprime notamment par la haine des "blancs", de la démocratie, des droits des femmes, c'est à dire de quantité de catégories que tu ne cesses de stigmatiser tout au long de tes interventions. (3) Maintenant, argument massue, tu expliques que cet Occident dominateur et ses valeurs sont en train de tout écraser. OK, je vais vite et j'espère te voir tracer des nuances (j'espère). Mais en gros jusque là, c'est ça. Donc oui, ta prose ressemble très fortement à ceux qui opposent les "civilisations" dans des catégories quasi-hermétiques et qui veillent à la préservation des "traditions" justement, de la famille et de l'identité non occidentale. Et la plupart de ces penseurs, de façon contemporaine, sont classés à l'extrême droite. On en a un très bon exemple en Russie: https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Douguine ----- Maintenant, en ce qui concerne cette "mondialisation", heureusement que l'on a eu DDR qui a tenté de parler plus finement de ce double processus de mimétisme ou de différenciation. Car il me semble que, à l'image de ce que Adorno en disait, on a affaire à une évolution double et non contradictoire. La mondialisation est un mouvement qui va dans plusieurs sens à la fois, et c'est peut-être ce mouvement que tu déplores au fond. Car il ne me semble pas que ce soit l'Occident stricto censu qui soit en cause. Passons sur les utopies d'une démocratie mondiale ou toutes les valeurs seraient uniformément partagées et soyons plus concrets. Car il me semble plus intéressant encore de nous attarder sur les vecteurs de ce mouvement, sur ce qui le cause. C'est à dire l'accélération et la disponibilité des transports, que ce soit en termes de biens ou de personnes; et l'émergence de médias instantanés et globalisés tels que Internet. Le problème est donc technologique, et qui peut vraiment s'y opposer ? Maintenant, ce que chaque peuple fait de ces moyens technologiques accrus, ça le concerne. Les Chinois et les Japonais ont une manière bien à eux d'utiliser Internet, ont leurs propres sujets de fascination. Mais ce qui a changé, c'est qu'à présent, n'importe qui d'extérieur peut aller voir et contempler au jour le jour comment fonctionne une famille chinoise ou japonaise, que ce soit dans ses travers les plus ploucs ou bien triviaux. Toutes ces informations sont à présent disponibles. Et cela marche avec tout. On finit par avoir des voisins de palier à 5000 km de distance. Le processus de convergence/observation mutuelle n'est donc pas seulement occidental, il est mondial. Nous sommes en train de fabriquer un village global où chacun peut aller voir instantanément ce qui se passe partout ailleurs dans le monde, et comparer et souvent en rire. Je ne doute pas un seul instant que les Indiens et les Chinois qui nous observent ne soient eux aussi de temps à autre en train de pouffer de rire lorsqu'ils étudient nos coutumes bizarres. Lorsque je vivais en Afrique, j'ai pu également constater maintes fois que mes étudiants locaux avaient leur manière bien à eux d'utiliser Internet, que ce soit via des réseaux ou pour diffuser leurs idées, leurs observations, leurs remarques. Et le rôle joué par ce média dans la diffusion des idéologies globales tels que le djihadisme ou la démocratie (->printemps arabe) a effectivement secoué ces sociétés de fond en comble, sans qu'il soit nécessaire de parler d'une "occidentalisation".
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C'est exactement ça. La mondialisation, en plus d'avoir plusieurs visages, possède des effets en apparence opposés. Mais il me semble que ces deux effets ne vont pas l'un sans l'autre, et que par conséquent aucune des issues proposées ne peuvent être la bonne. Ces effets ne sont pas en soit contradictoires, ils illustrent simplement un mouvement et se complètent l'un l'autre.
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Quod non fecerunt barbari, fecerunt Barbarini...
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Non, rien à foutre lorsque l'interprétation est manifestement erronée, décalée, ou sans lien avec le débat (Cf Foucault, Surveiller et punir, et je ne vois pas ce qu'il vient faire ici). Tu emploies des métaphores hiérarchiques, des métaphores de domination, c'est donc toi qui a un problème. Moi, je me contente de citer correctement mes sources et dans le contexte. C'est plus précis, un truc obsessionnel d'autiste Asperger si tu veux, et disons que l'université en plus m'a conditionné à une discipline assez rigoureuse (déformation professionnelle). Mon Ego ou mes fesses passent bien après. Je n'y peux rien. Lorsque je suis face à quelqu'un qui raconte n'importe quoi de A à Z, je suis pire qu'un teckel à poil dur qui aurait trouvé le terrier d'un blaireau: je ne lâche jamais l'affaire. Donc botter en touche comme tu le fais ne sert strictement à rien. C'est totalement impersonnel, c'est pour moi une question de principe. Maintenant, si tu veux bien daigner écouter et lire vraiment ce que plusieurs intervenants ici-même (dont l'excellent DDR et le non moins remarquable elbaid) t'ont écrit, cela nous ferait gagner du temps, en plus d'être un peu plus respectueux de notre temps.
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Est-ce là tout le fond de ta pensée, c'est à dire persister à faire dire n'importe quoi à n'importe qui juste pour avoir quelque chose à écrire ?
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Portnawak et simplisme. La mondialisation a quantité de visages et d'aspects, mais c'est surtout un processus fluide d'hybridation et de métissages, de convergence dû au rétrécissement croissant de nos limites grâce à la technologie. Il n'y a pas qu'une "civilisation" en cause, à moins, justement et comme je te le disais, de penser de façon analogue à Huntington ou à plusieurs intellectuels réactionnaires et/ou fascisants, tels que Douguine. Cette mondialisation, c'est comme cette raison dont on te causait tout à l'heure: elle est à la fois émancipatrice et dominatrice. Si tu ne parviens à pas à synthétiser tous ces aspects à la fois, mais uniquement à les séparer alors qu'ils forment un tout, et bien on ne va pas aller très loin. Dans l'ordre: (1) En effet, je me fous de savoir qui tu es. Ici on parle idées, mais si tu veux parler personnes, va donc troller ailleurs. (2) Question arguments, c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité. Je te cite (et correctement contrairement à toi) des auteurs, libre à toi d'aller creuser ce dont il est question. La mondialisation est un processus ancien, multiple et complexe, et dont ont déjà discuté quantités de penseurs, sociologues, savants, historiens, économistes et j'en passe... Depuis Ibn Khaldun jusqu'à Braudel et tellement d'autres... On pourrait te citer des Grecs, des Arabes, des Japonais, des Chinois, ou des Allemands que manifestement tu continuerais aveuglément d'expliquer que ce processus n'est qu'Occidental. (3) Et en quoi est-ce que cela ferait te sentir bien de "ne pas voir de blanc depuis cinq ans" ? Non seulement je ne te crois pas -c'est limite puéril-, mais j'ai du mal à comprendre ce que cela vient faire ici, et pourquoi tu recherches aussitôt la compagnie d'autres "blancs" lors de ces débats sur un forum francophones. J'ai vécu plusieurs années en Afrique et en Asie; certes, j'y voyais moins de "blancs" qu'en Europe, mais en soit, qu'est-ce que ça changeait profondément ? Qu'est-ce que cette question de race ou d'apparence des gens vient foutre ? Si tu ne peux plus que passer à l'invective personnelle avec presque tout le monde, oui, c'est généralement le signe d'arrêter.
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J'en pense surtout que Chapati en est resté à une vision de l'Inde très mille et une nuits, ou bien directement tirée des récits de Rudyard Kipling. C'est à dire qu'on a droit à tous les clichés possibles dessus vus par les yeux émerveillés et insatiables d'un enfant new-age d'Auroville, ou bien d'un hippie installé de longue date à Katmandou.
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Chapati, Tu ne seras jamais que la 50ème personne glanée au hasard sur internet qui usera de ce vieil argument démagogique afin d'évacuer ses manques de profondeur ou de substance véritable. Si je cite des personnes c'est: (1) Par souci de précision, et afin de ne pas faire dire à ces auteurs n'importe quoi (et c'est ton cas; n'importe quoi sur Deleuze, puis n'importe quoi sur Lévi-Strauss, etc) (2) Parce que je n'ai pas la prétention d'être capable de tout inventer ou de tout résumer l'intégralité de l'histoire de la philosophie, des sciences et de l'anthropologie depuis le début de l'écriture. Donc j'ai l'humilité de m'appuyer sur des gens qui ont déjà pensé à ma place, et qui nous aident à aller plus vite, à aller droit à l'essentiel. (3) Parce que je ne tiens pas particulièrement à devoir te faire un cours sur les sujet précités, ou à devoir en permanence combler tes propres lacunes. Je n'ai pas cette prétention, et ces cours prendraient manifestement plusieurs années Je n'ai pas dans l'idée de devoir m'épancher sur un sujet que je trouve un peu simpliste (tel que tu le présentes), et ce n'est pas la faute de l'avoir parcouru en plusieurs sens. Tes arguments me semblent paradoxalement très occidentalo-centrés, très stéréotypés aussi. Sur l'Inde, tu me pardonneras, mais autant éviter ces successions de poncifs historiquement très datés sur "la mémoire de l'humanité" et j'en passe sur tout le reste... Et c'est pour cela que j'essaie (un peu rapidement) de te donner d'autres pistes de réflexion, du moins si tu t'intéresses vraiment à ton sujet, et histoire d'éviter toute tentation simpliste ou réductionniste. Tes petites boîtes je m'en fous, je veux juste aller vite. On peut donc parler par exemple de la "fin de l'histoire", puisque c'est de cela que la mondialisation contemporaine est née. Et je te recommande donc de lire à ce propos. Il y a bien entendu plusieurs niveaux de lecture possible, depuis Braudel jusqu'à Fukuyama en passant par Internet et l'écologie globale. Ne crois pas que je te prenne de haut. Mais en revanche, la démagogie et la perte de temps, je ne supporte pas. Je pense que si tu es toi même "intelligent" (pour reprendre ton propre mot), tu comprendras tout à fait où je veux en venir.
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Chapati a t-il été voir du côté de ce genre de topics parallèles ? http://www.forumfr.com/sujet712898-rockin-squat-signe-la-preface-du-dernier-livre-de-kemi-seba.html Je suis très étonné par son interprétation bizarre des cultures et des civilisations indiennes, que je trouve pour le coup très occidentale, limite rousseauïste neuneu avec mythe des bons sauvages en prime. Il me semble que même Lévi-Strauss et la plupart des anthropologues contemporains sont un tout petit peu plus subtils que ces espèce d'oppositions binaires et limite manichéennes entre la méchante mondialisation et les identités "indigènes". Parce qu'il me semble, déjà, qu'il existe différentes formes de mondialisation et qu'elles ne sont pas en effet pas l'apanage de l'Occident. Il existe une forme de mondialisation chinoise, par exemple. Ou du moins, sino-centrée... En plus, bien sur, de l'effet de flux, du métissage entre toutes ces tendances qui rend la composante purement occidentale (s'il y en a eu une ? -peut-être à l'époque victorienne-) de plus en plus difficile à distinguer. Pour le coup, je trouve que sans nécessairement croire à des espèces de "fins de l'histoire" (même si ce concept n'est pas inintéressant dans les interprétations de Kojève et Fukuyama), Chapati défend des thèses pas si éloignées de Huntington, quitte à placer des limites artificielles entre différentes "cultures".
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Il n'est pas impossible que certaines croyances religieuses communément partagées relèvent en effet de "maladies mentales", ou du moins de cette catégorie. Tout du moins faudrait-il déjà distinguer ce qui relève de l'identité, et ce qui relève de la superstition même si la frontière est ténue. La plupart des "grandes religions" possèdent en effet un socle de croyances tellement absurdes que, d'un point de vue strictement rationnel et logique, on peut être en droit de se poser nombre de questions. Toutefois, il n'est pas impossible que ce soit l'inverse. A savoir que le cerveau humain pourrait être, dans son état majoritairement constaté, porté vers la croyance même totalement absurde et ridicule, et qu'en revanche l'hyper-rationalité, qui est de fait ultra minoritaire au sein de l'humanité, pourrait dans ce cas n'être que le produit de défauts de fonctionnement "normal" des circuits neuronaux.
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Si tu parles vraiment de l'oeuvre deleuzienne, il me semble qu'en plus de cela tu mélanges ou simplifies pas mal de ses notions, notamment lorsque tu opposes individualisme et sentiment d'appartenance collective -c'est encore tout à fait autre chose-. Sans doute penses-tu à "Différence et répétition"... ouvrage qui justement est truffé de références à Heidegger ? (1) Ou bien autre chose ? Deleuze ne parle pas de "totalitarisme", même s'il a fréquemment mentionné une "dictature" de l'arborescent et du hiérarchique (= d'une certaine forme de raison) au sein de la pensée occidentale depuis Platon et qui se manifesterait selon lui par les institutions des Etats, et qu'il opposerait à une pensée se développant par rhizomes, par plateaux ou par calques (= ce qu'il appelait lui-même la fameuse "pensée nomade"). A titre personnel, je pense qu'il se trompe très profondément sur la nature de ce qui est entendu par "raison" puisqu'il classe notamment Hume et Spinoza parmi les anti-rationalistes, ce qui est absurde. C'est à dire qu'en réalité, il ne critique pas la "raison" au sens global du terme, mais uniquement certaines de ses formes parmi les plus restreintes, à savoir la pensée bureaucratique et technocratique déjà dénoncée auparavant par Habermas (Cf-> "Technik und Wissenschaft als Ideologie") au sein d'un livre qui, en effet, n'est pas sans rappeler certaines autres critiques de Jacques Ellul, mais sans l'aspect mystique/sacré parfois un peu pesant développé par ce dernier (merci néanmoins à DDR). Et tant qu'à rester dans l'école de Francfort et dans des observations plus fines et plus distanciées, même lorsqu'il la critique lui aussi, Adorno prend bien soin de distinguer les différents avatars de la raison occidentale, des Lumières et de l'Aufklärung qui peuvent être tour à tour émancipatrices ou bien totalitaires (c'est à dire qu'elles sont ces deux choses à la fois), et qu'il ne s'agit pas pour autant de tomber dans les ornières de l'irrationalisme, car toute critique de la Raison ne peut être elle-même autre chose que rationnelle, et c'est là un paradoxe qu'il ne faut jamais perdre de vue. Ce qui est déjà bien plus subtil que ton slogan post-heideggerien qui a le tort, me semble t-il, de pouvoir ensuite justifier tout et surtout n'importe quoi au nom du droit à la différenciation radicale, y compris d'opinions radicalement haineuses et totalitaires. Ce qu'avait d'ailleurs très bien compris Heidegger puisque c'était là son but véritable, c'est à dire de passer par une boucle métaphysique et de réhabiliter un vague mysticisme ontologique capable d'après lui de justifier cet abandon complet de la raison (= de la "pensée" [Denken] auraient plutôt dit Arendt ou Jonas) qui finit ensuite par donner un corps et une "raison d'être" (!!!) profonde aux thèses nazies (Cf travaux et analyses que résume fort bien François Rastier dans ses ouvrages). Mais ce détour métaphysique ne fonctionne pas qu'avec le nazisme, puisque Badiou et Zizek l'emploient également afin de justifier leur adhésion aux violences commises par les gardes rouges maoïstes ou bien par Pol Pot, en expliquant notamment que seule la "terreur politique" [totale] serait selon eux la "condition de la liberté" (!!!). Et cela fonctionne également avec l'islamisme, puisque sans surprise, les sociologues qui sous l'influence des écrits post-structuralistes parviennent à donner une caution morale même indirecte dans ce genre de "rébellion anti-occidentale" usent la plupart du temps du même tour de magie et stratagème heideggerien, et finissent souvent par faire passer nos joyeux djihadistes pour de simples "victimes du système" ou bien mieux encore, pour des "héros anti-capitalistes" (Cf les amis de Chomsky). ---- Edit (1) DDR semble y avoir également pensé
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C'est beau comme du Heidegger ou un penseur post-structuraliste. Sauf qu'on sait très bien vers quel chemin de traverse (Holzwege...) ce genre de raisonnement mène. C'est à dire nulle part, ou bien aux camps.
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Oui. J'ai une assez bonne idée d'à quels sociologues Fourest pense, d'autant que leurs thèses sont couramment enseignées même à l'EHESS. En gros, un peu à la manière de Chapati, ils expliquent que l'islamisme ne serait qu'une forme de résistance légitime face à la mondialisation capitaliste, face à une modernité occidentale qui broie toutes les cultures qui ne seraient pas elle. Sauf que ce faisant, il y a me semble t-il un énorme contre sens. A savoir que, comme déjà l'expliquait Shayegan à propos de la révolution iranienne, ce néo-islamisme est en réalité un mouvement moderne et contemporain sans équivalent dans le passé musulman, même s'il tire une partie de sa légitimation chez des doctrinaires du passé. Comme rappelé, le fascisme italien et les mouvements totalitaires des années 30 ont eux aussi beaucoup influencés ceux qui furent à la base de ces mouvements, ceux qui présidèrent directement à leur naissance. Et leur but est bien de détruire l'ordre ancien, de renverser les sociétés traditionnelles musulmanes, exactement comme le fascisme, le nazisme et le communisme désiraient eux aussi mettre à bas le monde ancien (traditionnel et conservateur), celui qui avait abouti à la guerre de 1914-18 et qui s'y était symboliquement suicidé. Plus près de nous, ce n'est pas un hasard si le djihadisme naît paradoxalement de l'échec des structures de gouvernement traditionnelles arabes (monarchies), puis de l'échec du nationalisme arabe lui-même qui cherchait à réformer cet univers. En ceci, des paragraphes entiers d'Hannah Arendt consacrés à la genèse des mouvements totalitaires européens s'appliquent parfaitement et avec un étrange anachronisme à la genèse des mouvements islamistes/djihadistes contemporains. Et je ne suis pas le seul à l'avoir remarqué (Cf Cyrulnik), même s'il convient bien entendu d'y apporter des nuances (Cf Marcel Gauchet -> http://www.lemonde.f...14947_3232.html ). L'Islamisme est un projet politique d'inspiration révolutionnaire et universelle. Et il veut créer un homme nouveau, un ordre nouveau parfaitement homogène et dont l'ambition est planétaire. Et ce faisant, il cherchera partout à détruire les particularismes des sociétés dans lesquelles il tente de s'implanter et de faire table rase du passé (Cf destructions du patrimoine, y compris des mosquées et des librairies de textes arabes anciens). Et donc c'est lui ou nous. Espérons que le moins pire des deux l'emporte.
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Attentat suicide au Pakistan. Le bilan s'élève à au moins 70 morts et plus de 300 blessés
Zelig a répondu à un(e) sujet de Eventuellement dans International
Ce genre de réaction, qui excuse les actions des terroristes par une soi-disant résistance et lutte contre la "modernité" imposée par les cultures occidentales m'inciterait à relire Caroline Fourest. Parce que pour ma part, ces mouvements djihadistes sont paradoxalement très modernes eux-aussi, car ils tirent une bonne partie de leur structuration et de leur inspiration dans les mouvements totalitaires européens des années 30. Lorsqu'il mit en place l'idéologie des Frères Musulmans, Hassan al Banna s'était par exemple beaucoup inspiré du fascisme italien, qu'il avait en admiration. Et le radicalisme des Talibans, d'Al Qaïda et de Daesh tranche lui aussi par rapport à l'Islam tel qu'il fut traditionnellement pratiqué; l'un des buts affiché de ces mouvements n'est-il justement pas de détruire ces sociétés traditionnelles, de les faire exploser afin de reconstruire un homme et une société sans classe selon l'idéal islamiste ? (Cf Shayegan et Castoriadis; il y a plus de 20 ans déjà) http://www.huffingtonpost.fr/caroline-fourest/excuser-expliquer-islamisme-terrorisme_b_9560934.html On pense à ces sociologues ayant levé les yeux au ciel et crié au fantasme lorsqu'un expert en terrorisme expliquait, à juste titre, que les jihadistes revenant de Syrie pourraient commettre des attentats en France. Une cible "légitime" à leurs yeux. Et plus largement à tous à ces sociologues du fait religieux ayant passé ces dernières années à nous "expliquer" combien le radicalisme religieux, un "sursaut du croire", était une chance pour la démocratie. Le mythe de la non islamisation de la radicalité A en croire ces sociologues, parfois très proches de l'UOIF et des Indigènes de la République, le problème n'est pas du tout l'islamisme, mais le "laïcisme". On n'entend guère de mea culpa de la part de ces militants du déni, abrités derrière leurs chaires de religio-gologues. Certains continuent même à donner des leçons du haut de leur statut de prophètes marxisants. Pour eux, la raison de ce radicalisme n'est pas à chercher dans l'idéologie fanatique, mais dans la modernité, la laïcité ou encore la mondialisation. Un discours idéologique qui ravit certains, pour qui cette parole tranche avec la parole médiatique dominante. Alors qu'elle tranche surtout avec une étude sérieuse de l'histoire de l'Islam politique et du radicalisme. -
Un article de cette chère Caroline Fourest et qui je crois s'applique également à nombre de réactions ici-même: Excuser n'est pas expliquer http://www.huffingtonpost.fr/caroline-fourest/excuser-expliquer-islamisme-terrorisme_b_9560934.html On pense à ces sociologues ayant levé les yeux au ciel et crié au fantasme lorsqu'un expert en terrorisme expliquait, à juste titre, que les jihadistes revenant de Syrie pourraient commettre des attentats en France. Une cible "légitime" à leurs yeux. Et plus largement à tous à ces sociologues du fait religieux ayant passé ces dernières années à nous "expliquer" combien le radicalisme religieux, un "sursaut du croire", était une chance pour la démocratie. Le mythe de la non islamisation de la radicalité A en croire ces sociologues, parfois très proches de l'UOIF et des Indigènes de la République, le problème n'est pas du tout l'islamisme, mais le "laïcisme". On n'entend guère de mea culpa de la part de ces militants du déni, abrités derrière leurs chaires de religio-gologues. Certains continuent même à donner des leçons du haut de leur statut de prophètes marxisants. Pour eux, la raison de ce radicalisme n'est pas à chercher dans l'idéologie fanatique, mais dans la modernité, la laïcité ou encore la mondialisation. Un discours idéologique qui ravit certains, pour qui cette parole tranche avec la parole médiatique dominante. Alors qu'elle tranche surtout avec une étude sérieuse de l'histoire de l'Islam politique et du radicalisme.
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Oui, c'est assez drôle. Et ça change des conneries mièvres et politiquement correcte à la Plantu.
