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En nuit

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Tout ce qui a été posté par En nuit

  1. Je vais d'abord clarifier un point. Je n’ai jamais affirmé que « la conscience est une illusion ». Je répondais uniquement à l’argument selon lequel cette thèse serait logiquement contradictoire parce qu’une illusion supposerait déjà un sujet conscient. Cet argument ne tient pas. Je développe un peu plus. Il est parfaitement possible, au niveau théorique, de décrire la conscience comme une auto‑représentation erronée de certains de nos propres états : Le cerveau produit des représentations. Certaines portent sur des états ressentis dont on peut rendre compte par la psychophysique et les sciences cognitives. Ces représentations les décrivent comme ayant des “qualia”. Cette auto‑description procède d'une construction cognitive. Cette auto-description peut être incorrecte. Ensuite sur le deuxième point de mon propos, je maintiens qu’il est absurde de vouloir définir la conscience en s’abstrayant de ce que nous pouvons effectivement connaître d’elle. Une démarche philosophique repose sur une argumentation rationnelle, pas sur l’invocation d’un “au‑delà” indéfinissable. Les arguments en faveur d'une théorie irréductible de la conscience ne permettent pas d’établir positivement une ontologie non physique de façon rigoureuse. Concernant la dimension sociale, il faut distinguer réductionnisme ontologique et réductionnisme épistémologique. On peut considérer, qu'ontologiquement, tout phénomène humain a une base physique, et qu'épistémologiquement, cela ne n'implique pas que la neuroscience soit le bon niveau d’explication pour les phénomènes sociaux. Le langage, les pratiques, les normes, les formes culturelles sont des systèmes symboliques. Ils émergent d’un ensemble de réactions physiques à un milieu, et génèrent à leur tour d’autres réactions physiques, mais ils peuvent et doivent aussi être étudiés au niveau symbolique, pas au niveau du seul corps d'un individu ou du cerveau. Enfin sur ta conclusion, je suis d’accord pour dire que la philosophie ne se réduit pas à la science, mais cette distinction ne permet pas de transformer la conscience en un domaine “hors du monde”. Le fait que la science utilise des outils culturels, des langages ou des abstractions n’enlève rien à leur capacité à produire des connaissances fiables sur les phénomènes. Reconnaître que la science ne donne pas “le réel en soi” ne donne pas à la philosophie le droit d’introduire des entités ou des propriétés qui échappent par principe à toute analyse. La philosophie peut interroger le sens, les raisons, les formes symboliques, mais elle ne peut pas ignorer les connaissances que nous avons construites sur la conscience. Elle n’est pas là pour s’opposer au savoir, mais pour penser ce que le savoir implique.
  2. Nous sommes en philosophie vous dites. Et alors ? Il me semble que puisqu'on est en philosophie, le mieux serait de chercher au moins dans un premier temps à définir les termes qu'on utilise pour pouvoir en discuter, et de s'assurer que ces définitions, ces usages correspondent à quelque réalité, voire même à une idée qu'on peut au moins se représenter, ou qu'ils supposent des relations cohérentes et non problématiques. C'est un peu le principe de base d'un dialogue philosophique. Dans le cas contraire, quel intérêt du dialogue puisqu'on ne peut pas juger ni comprendre ? Aussi puisque le sujet ce n'est pas juste la conscience mais, un questionnement sur une position vue comme réductionniste et qui serait la position scientifique on va dire classique et actuelle sur la conscience, il convient de parler essentiellement de ça et des alternatives à une théorie de la conscience qui ne serait pas celle décrite par les sciences cognitives. Cela dit en Sciences aussi, on cherche à définir, à déterminer ce dont on parle, tout du moins on part d'une définition. Donc, la distinction sciences/philosophie me paraît assez nébuleuse. De quoi parle t-on en fait quand on dit "la Science", "la Science utilise des outils" ? Une collection de savoirs, une méthodologie, un ensemble de chercheurs ? Toutes ces choses sont révisables et ont été révisées dans l'Histoire des Sciences. De quelle dimension sociale de la conscience parlez vous au juste, je ne comprends pas cette dimension dont vous parlez ? Vous parlez d'identité sociale ou de conscience ?
  3. La position relative des hommes dans les sociétés humaines font qu'ils sont les plus prompts à développer des comportements aux traits masculins parmi lesquels on associe la violence physique et la guerre. Mais si l'on supprime l'homme des sociétés humaines, ça ne veut pas dire pour autant que les traits masculins s'évaporent de ces sociétés. Il y a tout à parier que la société se réorganise et se recompose de telle sorte que certaines femmes parmi les femmes soient plus promptes que d'autres à incarner ces traits masculins associés à la guerre, et qu'elle l'exerce comme les hommes enclins à la violence et à la guerre.
  4. Il existe des illusions dont on a conscience. Le fait d'en avoir conscience ne rend pas l'illusion réelle, puisqu'elle résulte par définition d'une expérience et d'une interprétation erronée de la réalité. Le fait de dire que la conscience est une illusion n'est pas plus contradictoire en ceci que l'expérience consciente en elle même peut être une interprétation erronée de la réalité du phénomène que nous nommons conscience. Plus largement, il y a une absurdité inverse à vouloir absolument définir la conscience au delà d'une vision qu'on qualifierait péjorativement de réductrice, mais qui consiste simplement à se saisir de ce à quoi elle peut correspondre concrètement, réellement, ou de ce que l'on peut simplement connaître d'elle. Il est vain et absurde de chercher à définir la conscience par l'ignorance de ce qu'elle est.
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