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Tout ce qui a été posté par Ambre Agorn
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D'avance je m'excuse pour l'inconfort que cela risque de vous procurer. Je m'en remets à votre capacité à comprendre: c'est ma propre confusion qui est à la base de mon désir d'éclaircir point par point ce que vous écrivez. Si je remplace avec mes mots, ça donnerait ceci: "L'arbre est une image en soi. Le mot arbre est un apprentissage social." L'arbre, l'image de l'arbre dans tout le spectacle que je peux en capter (avec ses feuilles qui tombent, pour reprendre votre exemple), est déjà possible uniquement si je peux faire l'expérience de l'altérité: cette image qui perd ses feuilles et évolue est différente et autre que ce que je suis. L'altérité est vécu par tout organisme. L'arbre, l'image en soi, serait du domaine de la connaissance; en parler de telle ou telle manière, le placer dans tel ou tel concept ou catégorie relève de l'éducation: c'est ce que permet la parole. C'est ici que vous placez la vérité, dans ce domaine que je nomme éducation (je préférerais le terme d'élevage, mais c'est un peu trop connoté pour que je l'ose). Si j'utilise mes mots, je dirais: D'un côté ce que nous sommes, et de l'autre ce que nous pensons être. (je garde en tête que je suis peut-être hors de vos clous, mais je me dois de m'éclaircir moi-même pour voir où ça me mène) Pourquoi? Qu'est-ce qui va entrer en jeu pour que je fasse ou non ce que je suis censée faire? Je ne sais pas ce que vous avez en tête pour décrire la personne qui accorde ce qu'il fait à ce qu'il sait de cette façon. Avez-vous un exemple pour que je comprenne mieux. Parce que ça me semble bien exagéré, ou infondé, dit comme ça. Là, je ne suis pas tout à fait d'accord. Mais je présume que la liste des deux sujets que vous présentez n'est pas exhaustive et sert juste à développer votre pensée du moment, non? J'aurai tendance à dire que les deux sont du domaine social. Ou qu'il y a dans les deux du domaine social. En fait, plus haut, j'avais émis l'hypothèse qu'il y eut une différence entre le verbe et la parole qui est composée de grammaire et de mode (époque, culture, etc.). Il y a une relation de l'arbre à moi qui se construit en dehors de la parole. La parole quant à elle construit la relation sociale de l'arbre à ma place dans la société. Si je comprends ce que vous dites, pour vous la relation de l'arbre à moi en dehors de la parole, et donc de la construction d'une identité rajoutée à ce que je suis, ne peut entrer dans l'analyse de ce qu'est la vérité. Car alors la vérité aurait son domaine d'action uniquement restreint/compris dans la relation construite par la parole. J'ai bon? Mais alors, la vérité telle que vous la décrivez, n'est uniquement que la délimitation de ce que vous voulez en faire, comme si on restreignait à son plus simple appareil quelque chose pour que tout le monde puisse s'y retrouver, c'est ça? Au fait, pouvez-vous me dire comment la vérité est vue autrement par ce que que vous décriiez au départ: "...grands discours sur la vérité et son inaccessibilité" . Après relecture de la présentation du sujet (hum, il y a du bon à revenir au sujet!), j'en viens à dire exactement la même chose que vous: "restreindre drastiquement le domaine de la vérité pour la contenir à un niveau que nous saisissons tous". Et donc restreindre le champ d'action de la vérité à une convention grammaticale (pour autant ça ne signifie pas que ce que notre relation à ceci soit véritablement restreint à cela, non?) Mais alors le sujet était juste ceci: vous êtes d'accord qu'on fasse cette restriction grammaticale pour qu'on se comprenne mieux? J'avais d'ailleurs fait cette remarque: et maintenant, on en fait quoi? Une fois acceptée cette restriction, sur quoi mène-t-elle, quelle est son utilité? Je crois que je suis restée sur ma faim! Justement, je crois que c'est là tout le sujet du jour: qu'entend-on par mentir? (je trouve cette question bien plus intéressante d'ailleurs! Ou plutôt cette approche)
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Ha! Voilà, je commence à cerner ce qui me fait buller depuis le début de ce fil! En fait, à l'inverse de vous, je conçois une altérité avant même la parole. Je conçois que c'est l'altérité qui nous fait nous incarner (hou! la la! j'imagine tous les raccourcis que les lecteurs pourraient faire: j'assumerai), et que l'enfant fait l'expérience de l'altérité bien avant de parler ou d'entendre les mots des autres. Je me disais aussi que d'utiliser d'autres terminologies, j'allais peut-être mettre le doigt sur ce qui fait que je n'accepte pas pleinement de vous suivre dès le départ. J'ai joué le jeu d'explorer le chemin que vous dessiniez, mais je n'arrivais pas à mettre la main sur ce qui me semblait dissonant. Je ne dis pas que j'ai réponse, ou que je vais pouvoir réellement tenir le crachoir. Cependant, j'ai mis le doigt sur une piste que je vais explorer plus amplement dans mon coin. Merci!
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Nous savons beaucoup de choses étant enfant. En apprenant à parler nous ouvrons un domaine d'exploration. Ici sur le forum, il n'y a que ce domaine d'exploration. L'enfant, l'adulte, n'importe qui au final (sauf celui qui est porteur de maladie) sait ce qu'est la vérité. Pour autant il ne saura pas forcément en parler. Est-il nécessaire d'en parler? Normalement non, mais il y a des domaines où il est nécessaire d'en parler, ici c'en est un. Ici c'est un théâtre où chacun joue un rôle. C'est risible et comique, mais bien souvent on pense que c'est très sérieux, alors que ce n'est que de la comédie. Alors oui, tout le monde sait ce qu'est la vérité, pourtant ça fait causer, et on vient sur ce théâtre en parler. Même vous au final... Ils ont appris à parler, non?
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Bonjour Je ne comprends pas votre dernière phrase, en tout cas j'aimerai que vous me détailliez les mots que vous y utilisez, car je ne suis pas sûre d'y mettre la même chose que vous alors qu'ils sont, spécifiquement dans cette phrase, directement liés à ce que vous entendez de chacun d'eux je crois, non? Même si ces terrains ignorent la vérité comme vous le dites, il est nécessaire d'en passer par une exploration de cette altérité en soi. Car en fin de compte, si ce critère de vérité n'est pas appliqué tout d'abord en soi (l'altérité qu'elle soit de l'autre ou nôtre est au final identique), comment explorer plus avant ce que vous nommez "ces profondeurs sauvages"? La vérité, telle que vous la concevez n'est qu'un produit de la parole, mais pourrait-elle être le fruit du verbe? Quelle différence pourrait-on appliquer entre la parole et le verbe? La parole symboliserait la relation sociale, la relation avec l'altérité, tandis que le verbe symboliserait la relation avec le "sur-naturel". Cependant, je vous accorde ceci, car alors j'aurai l'impression d'utiliser un mot qui n'est pas dans son champ d'action: le "sur-naturel" se passe d'adjectif comme vérité ou mensonge. Alors, même si des parallèles peuvent être établis pour une meilleure compréhension, ce sont deux espaces qui n'ont pas les mêmes "règles", et ne peuvent avoir les mêmes termes une fois qu'on en a balisé le champ d'action. Une fois que nous (vous et moi, pour ne pas incommoder les autres) avons compris, ou pris le chemin d'analyse que la vérité était avant tout autre chose le fruit de la parole, il devient nécessaire d'en explorer l'application pratique. C'est à dire que je ne peux pas m'arrêter à ceci: la vérité est le fruit de la parole. Il me faut explorer ce que ça implique dans ma vie courante, examiner cette relation que j'ai avec la parole et l'une de ses application comme la vérité ou le mensonge. Hors, même si je n'avais pas statué sur l'origine du critère de vérité, j'ai déjà examiné ce qu'était cette relation. Elle est avant tout morale, donc avec une connotation de bien et de mal. Quel est ce rapport moral de bien et de mal: c'est une formation culturelle liée au fait que, très vite, nous développons un sentiment de culpabilité. Quand j'observe un enfant, il est en continuelle demande d'attention de sa mère premièrement. Ceci est lié au fait qu'il en est totalement dépendant. S'il vient à ressentir un affaiblissement de cette attention maternelle, il va développer un sentiment de culpabilité. Pourquoi? Nous sommes façonnés par une vision centralisée du monde. C'est à dire que nous sommes le centre du monde qui nous entoure. Donc, assez logiquement, si cet environnement se modifie et fait souffrir l'enfant, tel un manque d'attention maternel, il en résulte qu'il sentirait qu'il est en défaut et qu'il doit modifier quelque chose pour ne plus ressentir de malaise. Ce moteur qui va aiguillonner l'élan de changement, c'est la culpabilité et son lot d'inconfort. Car alors tout ceci concerne l'altérité, la prise de conscience que la mère est autre que soi. Cependant je n'assume pas vraiment d'écrire ça en public: je réfléchis tout haut (donc il n'y a rein de figé ni de niable de ma part) et, tout en réfléchissant, j'avais une autre voix de réflexion qui me chuchotait que, vu que je vois et analyse le monde par ma fenêtre, alors tout ceci n'est pas forcément vrai et relève de ma propre culture et tout son lot de déviances moralisatrices. Ainsi que la voix grinçante et acariâtre de certains intervenants ici que je lis de temps à autres... Et puis peut-être aussi, est-ce que je ne sors pas un peu du sujet de départ?
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Vous avez bien fait de me reprendre. Vous parlez en effet de l'altérité. Il m'importe peu de savoir qui commença l'histoire. J'avais en tête que l'altérité nous était aussi intérieure, et qu'il fallait avant tout l'explorer pour commence à appréhender celle de l'autre. La parole nous a construit, ou plus exactement nous sommes élevés à la parole. Cependant, nous ne sommes pas exclusivement fait de parole, il y a d'autres terrains d'explorations, d'autres terrains vivants qui nous meuvent.
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Bonjour Ce que j'ai écris fait, pour moi, reflet d'une certaine efficacité. C'est à dire que ce que j'ai écrit prend en compte le plus possible de paramètres, de données, d'"in-formés", tout en les maintenant en symbiose, sans heurts. Si vous étiez arrivé à avoir accès à ces paramètres et les assembler de telle façon qu'ils soient en alignement harmonieux, alors ceci aurait aussi été une histoire efficace pour vous car elle vous aurait fait l'effet de la vérité. La vérité est une histoire pour soi tout d'abord, même si elle peut être partagée par d'autres. Mais quelle est cette histoire? Elle est le témoignage verbal de sa relation avec le monde. Elle peut être aussi banale qu'un oui à la place d'un non; ou bien être aussi vertigineuse que les abysses inconnues que l'océan cache en son sein. Mais elle reste une histoire, une histoire contée, une histoire qui évolue et qui veut toujours plus témoigner de la richesse de sa relation avec le monde.
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La vérité est une histoire. C'est l'histoire la plus efficace possible, mais ça reste une histoire
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Si la vérité est l'adéquation entre ce que je ressens et ce que je dis, alors il est difficile de mettre des limites fixes entre la vérité et le mensonge. Ce que je ressens tout de suite sous le coup de la colère sera vrai en l'instant, mais faux quand je serai calme et que j'aurai pris du recul. Est-ce que le mensonge serait ce que l'on dit sous le coup de l'émotion et la vérité ce qui est dit sans émotion? Le mensonge dit aussi une vérité. Peut-être qu'il ne faudrait pas rester focalisé sur le fait de mentir ou dire la vérité, mais plutôt sur ceci: la parole prononcée que cache-t-elle ou découvre-t-elle de celui qui l'a proférée? Préférer déguiser une vérité ou dire un mensonge sera toujours représentatif d'un vérité, le dévoilement d'une incapacité de l'un ou de l'autre.
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Bien le bonjour D.U. Dans la religion chrétienne, la pensée est aussi grave (dans le sens de grave= laisse une trace gravée) que l'acte. Cependant, j'ai pu constater des effets d'une telle posture: de la culpabilité à la venue de pensées jugées mauvaises, du déni face à des pensées qu'on n'accepte pas pouvoir avoir, etc. La pensée est sans limite, mais l'humain est limité. La pensée semble n'être qu'un courant transitant dans les individus et allumant par-ci par-là diverses lumières. Sans être visible, tout comme le vent, on peut en percevoir son champ d'action à ce qu'elle allume ici et là. Cependant quelle que soit la pensée qui semble naître à mon conscient, elle n'est jamais nouvelle, elle semble déjà posséder une certaine indépendance; de mon point de vue, un certain vécu. J'ai l'impression que les pensées peuvent être les mêmes chez toi que chez moi, ou chez lui il y a 100 ans, ou chez elle à l'autre bout du monde. Ce qui change serait peut-être la façon dont j'en fait quelque chose ou pas. D'ailleurs, s'il est possible à un psychologue de distinguer les schémas de son patient, c'est qu'il y a une certaine similitude ou parallèle possible entre son propre fonctionnement, ou des fonctionnements étudiés, et ceux dudit patient, non? Ou en tout cas la possibilité d'y accéder. Tenter d'instaurer des constantes par l'observation , c'est admettre qu'il y a une certaine régularité, ou en tout cas favoriser une certaine régularité dans les fonctionnements ou schémas (circuits neuronaux?) de la pensée. (Je réfléchis tout haut!) Si la pensée est aussi chimique, j'ai alors pas mal de raisons de dire que nous partageons la majeure partie des pensées, vu que nous partageons à peu de chose près une même chimie, étant donné notre appartenance à une même espèce. Ce que je veux dire, c'est que même si je n'ai pas forcément les mêmes pensées que mon voisin direct, j'ai les mêmes pensées que quelqu'un d'autre à un autre endroit ou une autre époque. Ce qui semble aller dans le sens de ce que je dis, c'est qu'il m'arrive de penser certaines choses, d'avoir un mécanisme/engrenage de pensée que je vais finalement retrouver dans un livre, ou dans les mots d'un autre, etc. De toute façon étant donné qu'on partage beaucoup de choses que ce soit au niveau biologique, au niveau culturel qu'au niveau environnemental en général, il est assez logique d'en conclure qu'il y a beaucoup de pensées communes. En fait, cette réflexion partait d'une phrase tombée dans mon oreille: "Nos pensées deviennent nos paroles; nos paroles deviennent nos actes; nos actes deviennent nos coutumes; nos coutumes deviennent nos valeurs; nos valeurs deviennent notre destinée." C'est un raccourcit, un résumé de toute une philosophie sans doute. Cette phrase est "lourde" comme un symbole: il faut avoir la clé de décodage pour en saisir la portée. Et ce n'est pas un travail intellectuel, sa compréhension se passe au niveau de l'acte. Je ne voulais pas forcément discuter de la phrase en elle-même, mais de ceci: Je remets en question la place de la parole de nos jour, l'importance systématique qu'elle a. Je réfléchissais donc à couper le lien qui est établit, dans la phrase (vu que c'est parti de là), entre la pensée et l'acte par l'entremise de la parole. Bien sûr la phrase ne sous-entend pas du tout ça, mais je me suis servie de ceci comme point de départ dans le fil que je déroule. Ainsi donc j'ai posé ce genre de question: est-ce la pensée qui façonne notre esprit, ou est-ce la parole qui façonne notre esprit? La pensée bien évidemment précède la parole. L'acte aussi précède la parole. Ce que la parole fait, c'est ajouter un paramètre à l'acte, à la pensée, par rétroaction: évidemment que la pensée se module suite à la profération d'une parole. Cependant, l'acte n'est pas forcément soumis à la parole, même s'il est lui aussi potentiellement influencé par la parole. Ce ne serait pas la parole qui deviendrait acte, mais les coutumes qui, par l'entremise de la parole, deviendraient valeurs. J'en revient à ceci: la pensée est le "départ", l'acte incarne la pensée et façonne le corps humain, et c'est à partir de ce "moule" que la pensée peut transiter et de nouveau s'incarner de différentes façons. La parole ne sert à l'humain uniquement comme moyen de témoigner de cette alchimie. La parole ne crée rien, elle permet juste d'élargir l'horizon des sens, points de rencontre avec les autres "points alchimiques" (j'espère que je suis assez claire dans les images utilisées!) ou d'autres témoignages alchimiques. J'ai profité de l'opportunité que tu m'offres pour penser tout haut (en l'occurrence par écrit). Cette phrase est tombée dans mon escarcelle juste une heure avant ma première publication: je n'en suis qu'au tout début de l'exploration de ce qu'elle a pu allumer chez moi! Cordialement Ambre
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Nous ne sommes pas nos pensées. Pourtant les paroles naissent des pensées. Les actes naissent de la pensée. Les habitudes naissent de la pensée. Ainsi les coutumes et les valeurs. Ainsi la destinée. Serait-on ce que l'on fait, si l'on n'est pas ce qu'on pense? Ni ce qu'on pense, ni ce qu'on fait, mais ce qu'on choisi d'incarner des pensées qui transitent. Sans doute n'y a-t-il pas de choix, juste une attitude digne pour celui qui reçoit la flamme du don.
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Ton "digérant" m'a fait bien rire, et ton "la nuit des temps" m'a fait penser au sarcophages... (définition selon moi! :) Viol: Toute action de force allant à l'encontre d'une loi, de l'intégrité de quelque chose dont le respect est dû. Violence: de vis, force en action (qui aurait donné notre ...viril?), attitude de celui qui profite de la force à son avantage Violon: (je cherche...) grosse viole, j'ai l'impression que c'est un mot qui s'est formé par rapport au son qu'il produit, non? Y a-t-il un lien étymologique entre ces trois mot? Comme le chant des victorieux pour le violon?
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Comment l'homme peut il protéger la femme (Topic sexiste réservé aux hommes )
Ambre Agorn a répondu à un(e) sujet de bouddean dans Amour et Séduction
En effet, et je tiens à m'excuser. Depuis un certain temps déjà, j'analyse les mots de façon historique et étymologique. Ca me permet de remettre les points sur les i par rapport aux utilisation plus ou moins "frauduleuses" de certains mots, de mettre un peu d'ordre dans la soi-disant quantité polysémique des mots (et de se retrouver avec des mots qui ne veulent plus rien dire) et surtout d'avoir un point de départ pour explorer des systèmes de pensée différents. Ce mot "manipulation" garde pour moi la racine main, c'est à dire que c'est un mot qui, à la base cela signifie "manier à la main", et c'est plus tard qu'il prit un sens plus évocateur d'"arranger par des moyens occultes et suspects" à cause des agissements de ceux qui avaient le pouvoir de la faire (religieux ou civil). Cependant, dans ma démarche, je veux pouvoir utiliser des mots sans connotation morale, ou alors pouvoir les utiliser des deux façons. C'est juste un système de pensée différent que celui usité le plus couramment. Cependant mon erreur a été de l'avoir utilisé dans ce contexte sans sa connotation morale évidente et connue: d'où mes excuses. Je tiens aussi à m'excuser pour le hors sujet qui s'arrête donc ici Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi, mais c'est un détail et hors sujet je crois -
Comment l'homme peut il protéger la femme (Topic sexiste réservé aux hommes )
Ambre Agorn a répondu à un(e) sujet de bouddean dans Amour et Séduction
Plus précisément tu ne mets pas à jour une faiblesse de l'autre, tu mets à jour une représentation personnelle que tu te fais de la faiblesse de l'autre, non? Continuons l'exemple de la forteresse. Si je décèle une faiblesse, qui me dit que ce n'est justement pas une force, un élément stratégique? Une faiblesse mise à jour ou détectée attirera quelque chose: ou l'attaque ou la défense. C'est donc un point crucial et stratégique pour celui qui saura en tirer partie que ce soit l'attaquant ou le défenseur. Il y a des schémas réactionnels pour le défenseur ou celui qui se considère comme un défenseur: il y a quelque chose à protéger, et l'attaquant qui considère que le point faible est un moyen d'approche. Pourtant concrètement pour qui est-ce le plus désavantageux de percevoir une faiblesse? Forcément celui qui a quelque chose à défendre. Pourtant s'il ne protège pas cette faiblesse, on pourrait penser qu'il va au devant de graves ennuis. Mais pas depuis qu'il a perçu cette faiblesse, car alors il aura une attention particulière et la protégera d'une autre façon: en laissant l'attaque se concentrer sur elle et en agissant stratégiquement, non plus par rapport à cette faiblesse, mais en rapport à ce qu'il peut faire avec ce point particulier. Je te laisse faire la transposition sortie du contexte de la forteresse. Encore une fois pour plus de précision: tu as admis vouloir faire réfléchir. A partir du moment où tu as une volonté de faire agir l'autre dans un certain sens et que tu obtiens ce résultat, c'est qu'il y a potentiellement manipulation. Cependant, je modère mon propos qui pourrait être mal interprété: je suis convaincue que nous agissons tous ainsi et que nous nous gardons bien de nommer cela manipulation, car ce mot contient une connotation moralement prescrite. Pour ma part j'admets et vois la manipulation venant de moi-même et des autres. J'aime bien aussi que cela se passe ainsi, et ce serait être assez couvert de déni que de croire que rien ne nous manipule ou nous dirige! -
Comment l'homme peut il protéger la femme (Topic sexiste réservé aux hommes )
Ambre Agorn a répondu à un(e) sujet de bouddean dans Amour et Séduction
Bonjour Bouddean Dans ma vision, la femme fabrique en effet l'enfant, mais justement ce n'est pas elle qui façonne l'homme, ou plus exactement elle n'est pas seule à façonner l'homme ou la femme que seront les enfants qu'elle a fabriqué (on entend bien là l'acte physique de faire, bâtir, construire quelque chose?) Le stress n'est pas lié à ce que vit la femme lors de sa grossesse, ou, encore une fois plus exactement, ce n'est pas uniquement son stress qui va imbiber son bébé. Ce serait concevoir la femme en dehors de tout un milieu naturel, social et globalement environnemental. En effet, la femme construit l'homme, mais elle n'est pas seule et ne peut pas empêcher les autres influences de faire façonner ceux qu'elle a momentanément entre les mains. Du point de vue de l'enfant, rien ne dit ce qu'il va prendre et de qui il va le prendre. Une mère non stressée ne peut-elle se retrouver à devoir s'occuper d'un enfant sensible et réceptif au stress des autres personnes? Une plante qui pousse n'est pas uniquement nourrie par la terre où elle a échue, elle nourrit aussi la terre, mais elle est aussi soumise à son environnement, même si la terre est fertile, si l'eau vient à manquer elle peut dépérir, si elle est sensible au soleil elle peut végéter ou griller, si ses congénères sont plus robustes elle peut ne pas grandir de tout son potentiel présumé, etc... Après, je vais me faire taper sur les doigts, mais c'est bon j'ai les épaules. Je ne suis pas d'accord avec la plupart des intervenants. C'est trop simple et trop réducteur de dire: j'ai pas besoin d'être protégée. Mais, je conçois que c'est la réponse première et enfantine qui doit être faite: le besoin d'indépendance ne montre que la bonne santé mentale et physique d'un individu se trouvant dans une situation de dépendance. Il est presque sûr que si tu avais intitulé ton topic: les "femmes n'ont pas besoin d'être protégées, surtout d'un homme", les réponses auraient été différentes. Surtout si dans le développement du sujet il y avait eu une volonté de faire réagir à l'inverse. La manipulation par les mots est facile, mais je suis sûre que personne ne voudra admettre les effets de cette manipulation sur lui-même. Je sais: tu n'avais aucunement en tête de manipuler qui que ce soit dans sa réponse .... ou pas, qu'importe. Il y a, pour revenir au sujet, en réalité plein de choses à faire pour protéger ceux et celles qu'on voudrait protéger. Et, oui, tout le monde a besoin d'être protégé, et ça ne veut pas dire que c'est un état de fait constant: il y a des situations qui roulent et d'autres moins bien. Tu as choisi le mot protéger. Réellement ce mot n'a pas d'étendue autre que matérielle et physique. Protéger de la tristesse est un non-sens. Ce que tu voulais dire sans doute était: protéger des effets de la tristesse ou protéger des occasions engendrant la tristesse. Tout cela reste physique et assez concret et donc plus facile à répondre. Le problème, c'est que tu ne pourras pas demander à telle personne que tu veux protéger: as-tu besoin de mon aide, ou comment puis-je t'aider? Enfin si, tu peux demander, mais tu auras une réponse subsidiaire ou une réponse fausse et l'autre t'en voudra tôt ou tard! C'est que bien souvent, on ne sais pas trop ce dont on aurait besoin et surtout ce dont l'autre pourrait nous fournir. Laisser prendre l'autre, c'est une belle tournure intellectuelle, mais concrètement, ça pourrait être vécu comme une sorte d'abandon de l'autre. Imagine que l'autre n'ait pas cette tournure d'esprit et qu'il ait l'habitude que tu défendes certaines choses ou qu'il doive te les prendre en bagarrant un peu, et que finalement tu lâches ta défense et que tu laisses faire. Que crois-tu qu'il va arriver? L'autre n'est pas paramétré pour comprendre cet "abandon" (je mets bien sûr des pincettes parce que potentiellement l'autre peut effectivement être paramétré, mais alors, de mon expérience, il ne pourra plus partir ou se fâcher). Cela dit, on pourrait se borner à ne réfléchir que dans un sens: si je laisse l'autre faire/prendre, alors je suis vertueux et je ne laisse pas d'emprise aux situations qui auraient dû me blesser ou me faire souffrir. Et je te suis entièrement sur ce point. Cependant, si tu développe une volonté de protéger l'autre, alors il faut faire avec ses exigences. C'est à dire qu'il attends aussi de toi que tu te comportes comme il se l'imagine. C'est à dire que tu défendes ce que tu as quand il veut te le prendre. J'ai remarqué ceci avec les enfants: tout est plus savoureux ou précieux quand il doit s'investir et dépasser ses précédentes limites pour y avoir accès. D'ailleurs ce qui est trop facile à obtenir ne fait que nourrir son insatisfaction perpétuelle. Je remarque aussi que la plupart des adultes (pour ne pas dire tous) conçoivent avoir un enfant en eux, ou qu'ils n'ont pas vraiment cessé d'être cet enfant qu'ils étaient jadis. J'ai perdu le fil.... -
Comment l'homme peut il protéger la femme (Topic sexiste réservé aux hommes )
Ambre Agorn a répondu à un(e) sujet de bouddean dans Amour et Séduction
Je m'en souviendrai et m'en servirai! En effet, c'est une tout autre appréhension du potentiel (qui n'est pas du pouvoir) de l'autre et de soi-même. Même si je ne sais pas ce que signifie savoir pour le belge et s'il est comparable à notre pouvoir, remis dans notre contexte français, il est une façon de valoriser et induire en l'autre la volonté de prouver qu'en effet il sait faire ou être ce qu'on lui demande. Ce n'est peut-être pas optimum, mais ça a l'avantage d'être mélioratif à mes yeux. -
Comment l'homme peut il protéger la femme (Topic sexiste réservé aux hommes )
Ambre Agorn a répondu à un(e) sujet de bouddean dans Amour et Séduction
Une question ne peut pas vraiment être une réponse, non? Une réponse est un pas vers l'acte, une question est une conséquence de l'acte. Après, je remarque que certains hommes ont en effet besoin de protéger, et forcément, vu notre organisation sociale, c'est la femme, ou les femmes (n'oublions pas les enfants filles) qu'il a à ses côtés ou la femme qu'il idéalise qu'il veut protéger. S'il veut protéger c'est qu'il a connaissance d'un danger. Quel est le danger qu'il connais, alors? Est-ce que protéger pourrait se borner à s'assurer que la personne à protéger prenne connaissance du danger perçu? Pourquoi as-tu besoin de protéger les femmes de la tristesse? De quelle tristesse? Le stress induit par quoi? L'ennui et la solitude sont pour moi dans une autre mesure que la tristesse et le stress. Pourquoi ces questions seraient genrées ou sexualisées? Pour ma part, même si je ne le lui dit pas, j'ai des actes qui ont pour intention de préserver mon homme, parce qu'il m'a montré une faiblesse et que j'ai vu cette faiblesse. Son acte de confiance a soulevé en moi ce questionnement: quelle personne suis-je? Celle qui va l'endurcir en titillant ce point faible dans l'espoir de le désensibiliser (stratégie utilisée quasi systématiquement envers l'enfant), ou serai-je celle qui aura une attention particulière et une délicatesse pour atténuer les coups de la vie sur ce point de faiblesse? Je suppose qu'il a ce même genre d'attention et de délicatesse à partir du moment où il arrive à en être conscient. -
Comment l'homme peut il protéger la femme (Topic sexiste réservé aux hommes )
Ambre Agorn a répondu à un(e) sujet de bouddean dans Amour et Séduction
Bonjour! J'ai enfin tout lu! Et, en effet, il y a plein d'éléments de réponse, voire la réponse même, en tout cas celle que tu voyais, non? Bien que le "comment" pose toujours son interrogation. Ce qui m'ennuie, c'est que pour répondre au "comment?", il faudrait déjà répondre par l'affirmative à la question: la femme a-t-elle besoin d'être protégée? ou ses sœurs: l'homme doit-il ou peut-il protéger la femme? Qui l'homme doit-il protéger? Qui doit-on protéger? Doit-on protéger quelqu'un? etc. Je pars du principe que tu veux arriver à quelque part en particulier: la façon dont tu as posé le sujet et dont tu le mènes sont autant d'indices qui me confortent dans cette direction. C'est comme un jeu auquel tu nous convies. Et je trouvais intéressant de te suivre pour avoir le fin mot de ton histoire! Partons donc du postulat de départ: un homme doit protéger une femme. Règles du jeu: section "amour et séduction", il faut répondre à la question "comment?". Je vais éviter directement les premiers moments de la rencontre amoureuse, ou ses préliminaires, et vais passer directement à la vie commune en vitesse croisière. L'homme, passé les premiers moments idylliques où, comme pour la femme, tout ce qui est dit ou fait est presque parfait pour l'autre tant il satisfait à ses besoins, se trouve confronté à l'énigme que représente pour lui sa partenaire. Parfois il ressent l'envie de la protéger parce qu'il veut maintenir intègre autant que possible celle à qui il tient. Les généralités m'emmerdent, alors j'imagine ce qui aurait pu se passer dans ta tête. "Bien souvent, les femmes gardent des traces plus ou moins profondes de l'influence des hommes qu'elles ont côtoyés. Que ce soit un père, un frère, un patron, un collègue, un conjoint ou autre, il y a dans sa vie un plus ou moins grand émaillage d'événements qui l'ont marqués et qui régissent certains comportements ou réactions. Que puis-je faire, si je suis auprès d'une telle personne? Déjà, ne surtout pas prendre ouvertement le rôle de protecteur: rien de plus grossier pour faire fuir une fine mouche. Pour parvenir à conserver intègre celle que j'aime il faut que j'ai une solide connaissance de ce qu'elle est, de ce que je suis, de ce qu'elle croit être, de ce que je crois être, et de ce qu'elle aimerait être, autant avec elle-même qu'avec moi (c'est toi qui parle ou un homme!). Et puis, pour ne pas empiéter sur ce travail de collecte d'infos, il faut aussi que je règle la façon dont je perçois la femme: est-ce qu'elle est cet être en difficulté et incapable au point d'avoir besoin de mon aide? Même si elle n'a pas vraiment besoin d'aide, le fait même que nous vivions ensemble ne sous-entend-il pas que nous avons une volonté de mise en commun matériel, mais aussi de notre énergie et nos capacités? Lui ficher la paix semble une assez bonne piste pour lui laisser la place de s'épanouir et développer la confiance en elle et en moi qui potentiellement pourrait faire défaut. Mais lui ficher la paix, ça prend quelle tournure? Peut-être lui montrer concrètement qu'on est autonome, qu'elle aussi est autonome, mais qu'ensemble on peut faire des choses que seul on ne peut pas faire. Prendre soin de soi est une chose, mais prendre soin d'un autre, et que cet autre soit consentant même s'il en est capable seul, en est une autre. Lui montrer qu'elle est un égal avec lequel on aimerait vivre des choses qu'elle seule et moi seul sommes capables d'accomplir. -
Comment l'homme peut il protéger la femme (Topic sexiste réservé aux hommes )
Ambre Agorn a répondu à un(e) sujet de bouddean dans Amour et Séduction
Moi aussi je vais continuer à lire (tout lire!) et je viendrai te faire part de ce que je peux "décortiquer"! Au plaisir -
Comment l'homme peut il protéger la femme (Topic sexiste réservé aux hommes )
Ambre Agorn a répondu à un(e) sujet de bouddean dans Amour et Séduction
@bouddean Pourtant j'en ai lu une bonne partie, mais pas tout j'avoue. Dans ce que j'ai lu, je n'ai pas vraiment vu de dénouement à la question de départ: j'ai loupé ce message important? Ou alors, les femmes sont trop vite intervenues et n'ont pas eu l'heur et la courtoisie de vous laisser un peu de temps de réflexion? -
Cela fait maintenant 7 ans que je fais chaque année des bouture de romarin pour en avoir chez moi. Je suis en zone montagneuse, dans une petite vallée à l'orée du bois, dans une zone plutôt humide. Ce n'est pas la bouture qui rate à chaque fois, bien que ce soit déjà arrivé. Mais je n'arrive pas à garder un pied de romarin plus de deux à trois ans! A force de tenter la chose, je crois avoir quelques idées sur les raisons de cet échec sur le terrain o je suis. Je romarin a besoin de chaleur, au moins de pas mal de lumière: il a le mieux réussi quand je l'avais planté dans un endroit bien drainé (en pente), contre un mur et en plein soleil( plein soleil étant assez relatif chez moi, c'est à dire avec environ 8h d'ensoleillement l'été). C'est pourquoi je pense savoir pourquoi chaque année ou presque il finit par mourir l'hiver. Tout d'abord, comme déjà dit plus haut, il n'aime pas l'eau, et chez moi l'hiver est long et l'été assez court (le taux de précipitation à l'année est de 900mm environ!) Je pense aussi, malgré son emplacement au pied d'un mur et la relative quantité de luminosité qu'il perçoit, n'est pas suffisant pour lui et il lui faudrait encore plus de chaleur et lumière. Les lamiacées aromatiques de méditerranée ont besoin de beaucoup de soleil, car ce sont des plantes développant beaucoup d'huile essentielles, et plus elles auront de soleil, plus elles en développeront. Cependant, comme pas mal de plantes que l'on fait pousser dans un autre terrain que celui d'origine, il faut environ trois ou cinq ans pour être bien implantée dans un nouvel endroit. C'est pourquoi je pars toujours de boutures pour qu'elle ait une chance plus grande de s'acclimater: je n'ai pas encore essayé le semis qui présenterait plus d'avantage à ce niveau. Si je passais ce stade des cinq ans, je saurai que j'ai enfin réussi et alors je n'aurai plus aucun soin à apporter à cette plante extrêmement rustique au final: bonne résistance aux gelés hivernales (tolérance à -15°C) grâce aux des huiles essentielles qui jouent alors un rôle d'anti-gel, bonne résistance à la sécheresse grâce à sa petitesse de ses feuilles qui ressemblent presque à des aiguilles (donc très peu d'évaporation et de sensibilité au gel). C'est une plante qui peut pousser sur des sols aussi bien pauvres que riches, elle est tolérante à ce niveau, bien qu'elle se développera de façon plus exubérante en sol riche. Attention cependant à ne pas trop exagérer: il se pourrait que son développement lui nuise à cause de la fragilité que cela lui conférerait (plus elle pousse rapidement moins elle sera riche en huile essentiel, dons plus soumise aux aléas climatiques). Je ne désespère pas et finirai peut-être à avoir enfin des pieds vigoureux dans mon environnement: il suffit que je trouve le bon endroit où elle aura satisfaction à vivre!
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Je ne suis pas bien sûre d'avoir saisi votre question. Vous arriveriez à formuler autrement? Si, je crois avoir saisi! Bien sûr qu'il y a tentative de définition d'une réalité de la Nature par les mots que j'utilise: c'est l'exploration. Ce n'est pas tant le mot, la définition, la zone explorée qui pose problème. Ce serait, une fois d'en avoir fait l'inventaire, d'en faire demeure.
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Je ne suis pas bien sûre d'avoir saisi votre question. Vous arriveriez à formuler autrement?
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La Nature ne donne pas à voir, elle donne à deviner. D’où ses multiples acceptions : secret, divination, faux-semblant, tromperie, illusion, mensonge, etc. Pourtant tout ceci est faux. De passer à la notion de Nature à ces diverses acceptions sonne faux. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il manque le raisonnement qui mène de l’un à l’autre. C’est comme si je disais que deux plus cinq égalent quatre. On pourrait, par habitude, par convention, dire que c’est faux. Pourtant, une fois dévoilé le raisonnement, la marche à suivre pour parvenir justement à ce résultat, la conclusion paraîtrait juste. Le raisonnement est un dévoilement. Pourtant il y a un prix à ce dévoilement : il désacralise, il réduit à néant ce qui était si attrayant, si curieux, si vibrant. Ce qui est découvert illumine d’une vive lumière d’allumette l’explorateur qui, bientôt, se passionnera encore pour ce qui reste caché, et ce qu’il a dévoilé s’éteindra, n’éclairera plus rien de sa vie et se couvrira du voile gris et terne du « déjà-vu », de l’ennui. Seul restera le sentiment de la découverte alimentant ce besoin toujours renouvelé de la recherche. Toute la Nature est un banquet infini invitant tout un chacun à se restaurer quelque soit sa faim, sa soif ou ses besoins. Il y a en permanence un affrontement entre le besoin de dévoiler ce qui se montre à découvrir, et le besoin de conserver encore et toujours ce qui attise et reste voilé. La Nature est un support pour toute sorte de lecteur. Pourtant elle reste voilée encore et toujours. J’ai l’impression d’avoir la chance et la malédiction de pouvoir me soustraire d’elle et de ne pouvoir la dévoiler qu’en dehors d’elle. Mais lorsque je m’éloigne d’elle, je perds de vue l’essentiel, je risque d’en perdre des miettes. Pourtant il n’est qu’ainsi que j’accomplis ce que je suis. C’est que je suis telle un voyageur. Je ne suis pas ceci ou cela, je suis un voyage continuel entre mille choses, mille états, miles points de vue. Tout le monde, chaque individu, chaque être vivant, chaque élément, chaque atome ou mouvement d’énergie sait ce qu’est la Nature, puisqu’il est d’elle. Ce n’est pas tant ce qu’elle est que nous semblons rechercher ou découvrir, mais bien pour qui elle est ainsi. Le point de départ étant ce qu’elle est pour soi. Et de découvrir la multiplicité de soi revient à explorer d’autres natures, d’autres points de vue. L’inverse étant la même chose : découvrir d’autres natures revient à explorer sa propre nature.
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La Nature est un courant, une impulsion, une onde. Il reste assez naïf et limitant de vouloir en faire le tour pour l’entrer dans une définition non exhaustive. Elle est forcément différente d’un instant à l’autre, d’un être à un autre, comportant même des variations à l’intérieur même de l’instant dans un même être. Par la multiplicité de ces degrés et ses infimes nuances, elle peut paraître égale à une autre pour un observateur "grossier", et être classée dans différentes cases comportant la description de constantes. Vouloir nommer une à une les feuilles des arbres est impossible à l’humain. Mais toutes les assembler sous le seul vocable « feuille » est d’un simplisme confinant à l’ignorance. Il en est ainsi pour la Nature. Il n’y a pas une Nature de l’humain, il y en a autant qu’il y a d’instant d’humain. Tous les rassembler sous quelques constantes observables à l’œil vite rassasié, risque de faire perdre de vue l’immense richesse indicible qui se joue continuellement et se perçoit aisément pour peu qu’on le veuille. Pourtant il y a cette volonté de toujours se rapprocher au plus près de ce qui est perçu, que ce soit par les mots, par les gestes, par la peinture ou sculpture. Il y a ce besoin de reproduire, de mimer, de transmettre ce qui est perçu. Pourquoi, si ce n’est parce que ces instants sont uniques et représentent un trésor à partager, un trésor qui se répercute et se transforme à chaque onde et temps rencontré? La beauté de ces infinités touche au plus profond et éveille le besoin d’être d’elle. Ainsi l’humain, comme tout être, devient créateur, musicien et instrument de musique. Il ne peut être que s’il est joué et s’il joue. Qu’est-ce que la Vérité si ce n’est cet instant où l’accord entre les différents temps sonne harmonieusement, non pas uniquement pour l’oreille humaine, mais pour la totalité des instants se rencontrant ? Qu’est-ce que la Beauté si ce n’est l’implication totale de l’instrument et du musicien dans l’unique son possible de cet accord ?
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Bonsoir Bouddean Je me suis dit ceci tout à l'heure, en suite de te lire. La vie, si elle représente une forme de liberté, c'est alors que la liberté est une façon d'intégrer une nouvelle donnée, ou une donnée différente, aux lois pré-établies. Ainsi, celui qui intègre cette donnée a une certaine liberté par rapport à tout ceux qui suivent les règles imposées. Mais alors, dès que cette nouvelle donnée est intégrée et devient règle imposée (ou observée), alors la liberté s'éteint. La liberté c'est un peu comme un rêve qui nous fait advenir de nouvelles choses, de nouvelles mutations, de nouvelles façon d'être ou de faire, puis s'évapore dès qu'elle est base de règle, c'est à dire loi qui engendre droits et devoirs. La liberté ce serait en quelque sorte avoir le pouvoir de créer de nouvelles règles, de nouvelles lois qui, par effet de mimétisme ou autre, deviendra base de comportement pour les autres à venir. La liberté est donc une histoire personnelle. La liberté de l'un dépend de son propre pouvoir, et elle n'est menacée, ou disparaît, que lorsque celui-ci abdique de son pouvoir au profit des anciennes lois. (Il s'entend bien évidemment que je ne parle pas du pouvoir d'exercer une emprise sur l'autre, ni de lois sociales, ni de faire avec des outils quelconques... bien que, basiquement cela s'applique aussi.)
