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Tout ce qui a été posté par Annalevine
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Le cerveau est donc devenu dans la façon dont il est utilisé par les neuroscientifiques un concept « instrument » de recherche. Le cerveau semble coiffer et l’activité neuronale et l’activité mentale. Le cerveau coiffe aussi l’activité inconsciente et l’activité consciente. Comme Frith parle du cerveau pour noter les activités inconscientes et du je pour noter les activités conscientes, et comme il tend vers l'élaboration d’un concept synthétique il affirme que le je est une production du cerveau. Le concept cerveau est tout de même un peu compliqué, parfois il désigne le cerveau organique, les milliards de neurones, parfois il va plus loin et il désigne l’activité neuronale et mentale. L’esprit est lui aussi un concept, il désigne l’ensemble de l’activité mentale. S’il ne fait que désigner l’ensemble de l’activité mentale et l’ensemble des produits de l’activité mentale, il n’est qu’une étiquette, autrement dit l’esprit n’existe pas. Mais dès lors que nous créons un concept il désigne plus que l’ensemble des objets dont il est l’étiquette. Un concept semble contenir aussi la cause de ses contenus. Ainsi le mot esprit semble désigner l’ensemble des sensations et des concepts mais aussi la cause, l’origine de ces sensations et concepts. Le cerveau en tant que concept semble lui aussi désigner la cause de l’activité neuronale et mentale. La causalité semble accompagner toute activité mentale comme une loi imposée. Se débarrasser de la causalité paraît impossible, ce réflexe est imposé par le cerveau et nous ne pouvons pas nous en libérer. Il le faudrait pourtant.
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Chris Frith toujours : "en fabriquant des modèles de l'esprit des autres mon cerveau me permet d'entrer dans un monde mental partagé. En partageant mon monde mental avec d'autres , je peux aussi apprendre de leurs expériences et adopter leurs modèles lorsqu'ils sont meilleurs que les miens". Notre monde mental n'est donc pas "individualisé, séparé" il est toujours partagé. Cela j'en ai toujours eu l'intuition, même si, comme l'écrit Frith, tout le monde croit dans son "je" individualisé. Il s'agit d'une ruse du cerveau comme l'écrit Frith, ce fameux concept de ruse utilisé par Hegel quand il parle de la ruse de la raison, ou de la ruse de Dieu. Ce concept de ruse est un bon instrument d'investigation. Ici donc Frith parle de l’esprit. Qu'est ce que l'esprit ? Plus loin : "nous sommes inscrits dans le monde mental des autres, exactement comme nous sommes inscrits dans le monde physique...or ce n'est pas la façon dont nous vivons les choses. Nous nous percevons comme des agents autonomes avec des esprits propres. C'est l'ultime illusion créée par le cerveau" Il n' y a pas d'esprit "propre"... Toujours cette notion d'esprit, un peu évanescente. Notre "esprit" est donc immergé dans l'esprit de tous. Mais nous rentrons en relation avec l' esprit des autres dans la communication tout de même. Comme nous rentrons en relation avec le monde physique (ce fameux réel que nous ne pouvons pas connaitre) dans l'action physique. Quand nous sommes seuls avec nous mêmes il me semble que nous ne sommes plus immergés dans l'esprit des autres. Mais peut-être que si finalement, par la lecture par exemple, mais même par l'imaginaire par lequel nous faisons revivre sans nous en rendre compte l'esprit des autres et même celui des ancêtres en nous.
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En prenant toujours le cerveau comme moyen d'investigation nous en arrivons à la matière. Dans cette analyse la matière n'existe plus. Nous rejoignons la conception qu'avait Schopenhauer de la matière : " l'essence de la matière consiste dans l'activité, autrement dit dans la causalité" [le monde comme volonté et comme représentation, page 33 de l’édition PUF, 1978]. Si je touche la table de l'exemple précédent, il y a une résistance. C'est cette résistance ou cette action et réaction entre la table (qui n'est toujours que sensation non pas réalité) et mon corps (ma main) qui est là encore une sensation (non pas réalité) donc c'est cette action réciproque que nous appelons matière. La matière telle que nous avons l’habitude de la penser disparait. Avec la disparition de la conception usuelle de la matière, le matérialisme disparait. Il ne reste plus que des interactions entre "quelque chose" et quelque chose" dont l'identité nous est dérobée mais sur lesquelles (ces "choses") nous pouvons agir grâce aux informations données par les sensations et les concepts de l’entendement. Nous voyons que les neuroscientifiques nous invitent à penser "autrement". Chris Frith écrit : au fil des millénaires la capacité à partager les expériences a créé la culture humaine qui en retour, modifie le fonctionnement du cerveau humain [comment le cerveau crée notre univers mental]. Autrement dit l’intégration mentale des expériences menées par les neuroscientifiques devraient selon Frith modifier le fonctionnement mental. D'où l'émergence à venir, et déjà en train de venir, d'une autre façon de penser. Avant de soumettre cette analyse à la critique des philosophes classiques (représentés par Gabriel Markus) il faut encore essayer de comprendre ce qu'est l'esprit.
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Maintenant supposons que je vois une table devant moi. Il n’y a pas de table dans le réel, il y a une sensation. Cette sensation donne des informations : formes, compacité, distance, localisation, etc. Toutes ces données n’existant pas en soi mais en fonction de la nature humaine , de mon corps, etc. Si je frappe la table j’ai une nouvelle sensation qui m’informe d’une résistance, non pas de la table, qui n’est que sensation, mais de quelque chose dont je ne sais rien. Le réel est donc quelque chose dont je ne sais rien mais à partir duquel le cerveau crée les sensations. Très bien. Est ce qu’il est important de ne rien savoir de ce réel ? Non. Puisque les sensations et concepts nous permettent d’interagir avec ce réel.
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Revenons à ce point de notre raisonnement : les sensations et les concepts sont des créations du cerveau. Notons qu’il ne s’agit absolument pas de modèles du réel. L’image n’est pas un modèle du réel, le son n’est pas un modèle du réel, le parfum n’est pas un modèle du réel, le concept n’est pas un modèle du réel. Il n’y a absolument rien dans le réel qui ressemble à une image, un son, un parfum, un photon, etc. Disons que toutes ces créations du cerveau sont des instruments, des détours qui nous permettent d’agir. En effet il n’est absolument pas possible pour l’homme d’avoir une idée de la réalité car le cerveau ne construit des représentations qu’en fonction de nos désirs d’action, qu’en fonction de notre corps etc. Ces représentations non seulement permettent l’action mais en plus elles ont des lois internes que le scientifique élabore toujours en fonction de l’action. Nous ne retenons pour vraies que les théories qui permettent l’action efficace. Nous ne pouvons donc jamais prouver qu’une théorie est vraie. Elle n’est vraie que tant elle permet l’action. Si nous appelons phénomène les représentations du cerveau alors le scientifique ne peut travailler que sur le phénomène, non sur la réalité. L’expérience permet de voir si le travail sur le phénomène est suivi d’une action réussie.
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Continuons. Les sensations et les concepts sont des créations du cerveau. Ok. Mais ces créations ont une contrainte énorme à respecter: permettre l’action. Une création mentale faite par un cerveau abîmé par exemple ne sera pas retenue comme intéressante ni pour vraie dès lors qu’elle ne permet pas l’action. Nous, ou le cerveau, a toujours en tête l’action ou l’action possible. Donc, et c’est ce qu’écrit Frith, les « objets mentaux » sont sans cesse modifiés afin de permettre l’action anticipée ou décidée. Nous tenons là la définition du vrai, de la vérité. Est vrai ce qui permet l’action. Cette définition du vrai va beaucoup plus loin dans ces conséquences que la définition du vrai adopté par le Commun. En effet une telle définition du vrai inclut comme vraies les représentations purement imaginaires dès lors que cet imaginaire permet l’action. Quand le Commun dit : tel fait n’est pas vrai, je me fous du commun et je me dis est ce que ce fait non vérifié permet l’action ? Si oui je déclare vrai ce fait. Ça il faut que je le note : voici un trait essentiel de ma culture venue du fond des âges que n’a pas les Français. Il faut que je transmette ça à mes enfants. Mais c’est déjà fait vu leur action conquérante dans le monde. Ils avancent en déclarant vrais certains côtés de leur imaginaire. C’est là le propre des créateurs. Le Commun n’a pas cette audace. Ce manque d’audace il faut aussi que je l’explore. C’est ce manque d’audace qui fait d’eux, socialement, peut être des subalternes. À travailler.
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Continuons dans cette réflexion. Pour Frith le cerveau est le créateur des sensations et des pensées. Il met même sur le même plan les sensations et les pensées. Ce sont des créations du cerveau. Pour les sensations tout le monde ou presque sait aujourd’hui que le son n’existe pas dans la nature. Mais la sensation de son donne des informations. Informations spatiales sur l’origine du son. Informations sur la nature de ce qui crée le son, etc. Idem pour l’image. Mais les concepts ? Est ce que le concept d’énergie est aussi une création du cerveau ? Le photon aussi ? L’onde aussi ? Oui selon Frith. Le concept de cerveau alors est forcément aussi une création du cerveau ! C’est toute la limite du raisonnement de Frith. Mais utilisons encore cet instrument mental central posé par Frith : le cerveau. Grâce à cet instrument nous ne séparons plus l’inconscient du conscient, nous ne séparons plus la sensibilité de l’entendement. Bien sûr le conscient et l’inconscient ce n’est pas la même chose, de même la sensibilité et l’entendement ce n’est pas la même chose, mais, avec la méthode de Frith nous n’avançons plus en séparant, en disséquant, en réduisant, nous avançons globalement avec une méthode holistique comme on dit, c’est à dire que nous partons du tout et non plus des parties.
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Si l’on suit Chris Frith son idée centrale est l’idée de cerveau. Le cerveau n’a pas de lien direct avec le monde physique ni même avec le monde des idées. Le cerveau construit des représentations aussi bien du monde physique que du monde mental. Les représentations du monde physique sont les sensations. Ces sensations ne sont pas des répliques du monde réel. L’image n’existe pas dans le réel, ni le son, ni le parfum...pourtant ces sensations nous les considérons comme étant des révélations du réel car ces sensations nous permettent d’agir. La vérité d’une sensation n’est rien d’autre que sa faculté de permettre de réaliser une action avec succès. Le cerveau corrige sans cesse les sensations qu’il produit en vue d’une action réussie. Si je vise le centre d’une cible avec une flèche insérée dans l’arc, c’est le cerveau qui fait tout le travail d’adaptation ( ce n’est pas la partie consciente du cerveau). Ce qui est surprenant c’est que ces sensations créées par le cerveau renferment une masse d’informations sur le monde réel qui permettent l’action. Ces sensations ne sont pas créées n’importe comment. Elles sont créées de manière telles qu’elles offrent des informations exploitables par...l’esprit, le cerveau lui même ? Par notre nature même ? Idem pour le monde des idées. Il est créé par le cerveau qui utilise la reconstruction des idées des autres dans notre esprit. Il n’y a donc pas d’individualité pure, ce dont d’ailleurs j’ai toujours eu l’intuition. L’individu est une notion créée par le cerveau. Chris Frith va plus loin, le je, le moi, le soi sont aussi des représentations créées par le cerveau. Il n’existe pas de je. De même qu’il n’existe pas d’image. Ou encore : il n’existe pas de je en soi, ni d’image en soi dans le réel ( un réel considéré comme indépendant, lequel réel, s’il existe n’est absolument pas accessible directement par le cerveau). La vision de Frith est séduisante. Elle déplace le centre de gravité de notre existence de la conscience au cerveau. Il reste qu’il reconnaît l’existence de l’esprit. Qu’il ne peut pas définir . Une seule fois il définit l’esprit comme étant l’activité mentale. Ce qui ne nous avance pas. A le lire il apparaît que les contenus de l’esprit sont créés par le cerveau. Il semble alors que l’esprit est un « espace » spécifique nourrit par le cerveau. Mais de l’esprit peut aussi surgir une volonté. Comment alors une simple pensée peut elle produire une action ? Grosse question sur laquelle planchent par ailleurs les chercheurs actuels. Dont Haggard. C’est la question du vouloir.
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"En formant des modèles du monde mental [le sien, et celui des autres] nos cerveaux résolvent le problème : comment pénétrer dans l'esprit des autres. C'est cette capacité à élaborer des modèles du monde mental [le sien et celui des autres] qui a creusé le fossé entre les humains et les autres espèces. Sans la capacité à construire et à partager des mondes mentaux, il n'y aurait pas de langage ni de culture " Ce que signifie Chris Frith c'est que nos mondes mentaux sont constamment en mouvement, en transformation, grâce à la capacité que nous avons de construire des représentations du monde mental de l'autre. C'est aussi la capacité de l'autre à construire des représentations de mon propre monde mental qui conduit chacun à modifier éventuellement ses propres représentations. C'est cet échange constant, cette comparaison constante, à l'issue de laquelle chacun modifie éventuellement ses propres représentations, afin de les affiner pour une action plus efficiente, qui fonde une culture vivante.
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Dans cette recherche, à savoir que vaut cette distinction corps/esprit, ce qui jusque là m’irritait c’est ce recours au mot : cerveau. Le cerveau fait ceci ou cela, le cerveau décide, bref le cerveau devient une personnalité à part entière. Mais, en lisant Chris Frith je me rends compte pourquoi il utilise ce mot, il le dit d’ailleurs à mots couverts, le cerveau, le mot, l’utilisation de ce mot permet de passer par dessus les concepts de conscient / inconscient, ce mot permet de synthétiser la personnalité en l’unifiant. L’habitude de séparer conscient et inconscient brise l’unité de la personne et égare dans des labyrinthes sans fin. Va pour le mot : cerveau, comme instrument de recherche d’utilisation temporaire.
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Le temps de réaction - Dire qu'on a été victime
Annalevine a répondu à un(e) sujet de January dans Société
Dans le cas Polanski on peut s’étonner que la femme qui l’accuse aujourd’hui ait mis autant de temps à parler. J’observerai qu’elle a parlé à des amis relativement tôt. Pourquoi ne rend elle alors publique l’agression subie que maintenant ? C’est qu’il est extrêmement difficile pour la personne agressée de voir son agresseur, lorsqu’il est connu, parader sur les plateaux de télé ou de cinéma en exhibant une moralité exemplaire. Cela est carrément insupportable car il semble alors que la société valorise à grand renfort de publicité un homme pourtant capable de détruire dans l’intimité une autre personne. Tant que l’agresseur vit il y a une sorte de souvenir vivant qu’il paraît impossible d’effacer. Quand en plus l’agresseur est une personne connue, le fait de le voir partout, en plus de le voir honoré réactive une sorte de dévalorisation personnelle, et encore le mot dévalorisation est trop faible. Dénoncer alors l’agresseur devient un moyen de se protéger de la réactivation du souvenir. Un moyen aussi de retourner contre l’agresseur la violence qu’il vous a faite. En fait beaucoup de personnes ne parleront jamais. Parfois elles parleront seulement avant de mourir quand il peut apparaître nécessaire que ceux qui vous survivent comprennent certains faits ou comportements incompréhensibles que vous auriez pu commettre. Leur expliquer par exemple certains états dépressifs ou au contraire agressifs. Expliquer délivre alors les héritiers de l’incompréhension pénible dans laquelle ils peuvent se trouver relativement à certains faits de vie. -
Erreur de manip de ma part
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Nombreux sont ceux qui pensent que notre société devient violente ou pour le moins agressive. Si je tente une analyse fondée sur les faits que puis je en tirer ? Au quotidien je vis dans une communauté affective qui comprend un certain nombre de personnes. Si je me fonde sur ce quotidien le monde me paraît plutôt empli d’amour. Mais je vis aussi hors de cette communauté. Quand je rencontre des élèves dans le cadre de cours je suis soudain affrontée à la violence du monde, mes élèves étant en général en marge du système scolaire. Certains de mes élèves vivent des violences familiales intenses dont je dois tenir compte si je veux les mener au succès. Et parfois je me dis : bordel le monde est violent. Si je vais dans les prisons pour obtenir certains accords je dois souvent faire face à des hommes et à des femmes d’une violence extrême qui viennent, conduits par des gardiens, enchaînés, avec des masques ( pour éviter les crachats ). Je me dis putain le monde est sacrément violent. Si j’allume la TV et que je regarde les info là pour le coup je me dis : bordel on va tous s’entretuer. Si je me branche sur le forum je constate que nombre d’intervenants ne fonctionnent qu’en dévalorisant l’autre, quand ce n’est pas pire. Et si c’est pire ! car je suis tombée dans le panneau et je me suis comportée comme eux avant d’en prendre conscience et de me dire : putain stop ! Donc dès que je sors de ma communauté je rencontre la violence et je finis même par la rencontrer en moi cette violence. Mais pour autant est-ce que le monde devient de plus en plus violent ? C’est curieux mais je ne le pense pas. Je pense que la violence s’exprime maintenant alors qu’elle était refoulée avant. Pourtant il y a un risque, si cette violence enfin exprimée ne parvient pas à sublimation dans l’action alors oui le monde pourrait devenir très violent, une violence sans cesse augmentée. Donc le problème est celui ci : comment sublimer cette violence, maintenant exprimée, dans l’action ?
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Le commerce est "le" premier "fait" civilisateur. D'accord?
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Guillaume_des_CS dans Philosophie
Je n’assimile pas le commencement de l’humain à la communauté, je ne parle pas de l’humain mais je parle de la civilisation. La civilisation commence pour moi avec le premier projet collectif des hommes qui fait intervenir l’imagination ; le projet, la projection vers un avenir construit par l’esprit humain. Je cite l’aménagement du territoire. C’est une hypothèse. -
Le commerce est "le" premier "fait" civilisateur. D'accord?
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Guillaume_des_CS dans Philosophie
Si elle a été résolue la question de la quadrature du cercle, par ces branleurs de mathématiciens qui ont démontré le contraire à savoir que ce problème n’a pas de solution. La quadrature est impossible à réaliser ( dans le cadre des maths classiques, et bla ba et bla bla, tu connais bla bla bla, non ?). Quels branleurs ces philosophes qui ont construit les maths et la logique ( Aristote ) quels branleurs ces physiciens, y a que les esclaves qui méritent de vivre et les manuels qui méritent de vivre n’est ce pas bla bla bla ? -
Le commerce est "le" premier "fait" civilisateur. D'accord?
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Guillaume_des_CS dans Philosophie
Je vais prendre la défense de Guillaume sur ce coup-là. Civilisation ne doit pas à mon avis englober toute l’humanité, elle doit désigner une manière de vivre originelle propre par exemple à une première réunion d’humains, mettons la tribu. Est ce la cité le premier fait observable d’une civilisation ? Je ne crois pas. Pour moi je vois un début de civilisation lorsqu’il y a un projet collectif, visant à permettre à la communauté de sortir de l’état de nature dirait Kant. Un groupe humain pose un acte qui signifie la volonté de se dégager du conditionnement naturel. Je propose l’aménagement concerté du territoire, ce qui peut être faux bien sûr. Mais l’aménagement du territoire indique une concertation entre humains, une capacité à imaginer un autre monde issu de la volonté humaine. Il y a une projection loin dans l’avenir, etc. Il y a début de la civilisation. -
Le commerce est "le" premier "fait" civilisateur. D'accord?
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Guillaume_des_CS dans Philosophie
Vous dites que la question n’est pas : est ce que le commerce est à l’origine de la civilisation ? Qu’elle est tout autre. Mais vous n’expliquez pas pour autant ce que signifie la question. Vous vous contentez de dire : cette question N’EST PAS. Mais alors qu’est-ce qu’elle est ? Premier indique un ordre. Premier, deuxième, troisième. Pour moi cela indique un ordre, une succession. Cet ordre a une origine : premier ( il y a aussi zéro bien sûr). Civilisateur indique une action, « qui fait la civilisation » qui la réalise. Un fait c’est pour moi une réalité observable. Donc pour moi premier fait réalisateur signifie : premier : origine, premier fait : réalité observable originaire, civilisateur : de la civilisation. Vous me dites : c’est pas du tout ça. OK. Alors c’est quoi ? Je viens de lire un poste précédent. Pour moi le mot civilisateur indique bien une action. « Premier fait réalisateur de la civilisation » n’est pas « premier fait constatant la civilisation. » cela dit ce n’est pas si différent comme recherche. En effet trouver une cause première permet de trouver aussi le premier fait « réalisant ». Par exemple le feu conduit les hommes à aménager leur territoire. Il y a apparition d’une intention, d’un projet concerté, d’un projet social d’aménagement du territoire en vue de... L’aménagement concerté du territoire est un fait observable. Il est possible de supposer qu’il est le premier fait observable. Civilisation : il y a un projet, une projection concertée, une vue future imaginée du monde, un début donc de civilisation. -
Le temps de réaction - Dire qu'on a été victime
Annalevine a répondu à un(e) sujet de January dans Société
Il faut bien voir aussi que pour l’enfant l’agression sexuelle ( et aussi certaines violences physiques) ne sont pas perçues aussitôt comme des actes à dénoncer. L’enfant n’a aucune expérience préalable de ce qu’il lui arrive. Si l’agression est en plus commis par une personne de la famille, une personne en qui il a confiance ou une personne qui a une autorité légitime sur lui, il est d’abord dans un état de sidération. Il ne pense pas parler. Pas du tout même. Ce n’est pas la honte qui l’arrête. Je ne saurai dire. Nombreux aussi une fois qu’ils ont parlé le regrettent. Il faut trouver la personne à qui parler, la bonne personne. C’est cela qui sauve. Ce n’est pas parler qui sauve, c’est parler à la bonne personne. Ça sauve pas d’ailleurs. Ça sert à repousser loin de soi l’évènement. De toute façon c’est un désastre. -
Le commerce est "le" premier "fait" civilisateur. D'accord?
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Guillaume_des_CS dans Philosophie
Je verse au dossier ce texte que je viens de lire (james c. Scott,homo domesticus) : « on a de bonnes raisons de penser que l’utilisation du feu constitue LE moment décisif dans la transformation des hominidés. » Le feu serait donc la condition préalable à l’apparition de la civilisation. Condition préalable, pas forcément le fait initiateur. Rappelons que le feu a été domestiqué par homo erectus. -
Le commerce est "le" premier "fait" civilisateur. D'accord?
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Guillaume_des_CS dans Philosophie
@Guillaume_des_CS Vous m'avez écrit en MP. Je ne me souviens absolument pas de vous avoir écrit ce que je vous ai écrit. Il est possible et même certain que quelque chose (des mots sans doute) a dû réveiller des événements passés que je ne maitrise pas encore. J' en suis désolée. Veuillez m'excusez de vous avoir adressé des mots qui ont dépassé ma pensée. Par ailleurs j'aime ce que vous écrivez. Vous êtes un homme généreux de vous-même. N'écoutez pas ceux qui tentent de vous dévaloriser. Continuez. J'aime vous lire. Mais cela ne m’empêchera pas de vous contester, le cas échéant ! (poliment, je vous l'assure désormais). -
Dans l’émission de LCI de mercredi soir, « toutes les opinions sont-elles bonnes à dire ? « ce qui fut frappant c’est l’extrême agressivité déployée par les intervenants actifs (certains invités préférèrent ne pratiquement pas parler ). Cette violence me parut étrange. Elle paraissait finalement déconnectée des sujets graves apparemment traités, le viol, le racisme, le féminisme...cette violence qui fusait de partout me paraissait utiliser les drames réels vécus par des sujets réels pour exprimer autre chose, mais quoi ? De plus bien que les protagonistes semblaient raccordés à des communautés propres ( femmes, noirs, juifs, blancs) j’eus le sentiment qu’ils faisaient en fait tous partie de la même communauté : cultivés, diplômés, bonnes situations, langage structuré de manière identique. C’était des personnes issues d’une même communauté sociale qui s’étripaient. Cette violence signe de régression en France ou pas? Je pense en fait que toutes ces personnes sont issues de familles où la violence était interne. Maintenant la violence sort des familles pour être exposée. Pour moi c’est un progrès.
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Le commerce est "le" premier "fait" civilisateur. D'accord?
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Guillaume_des_CS dans Philosophie
La civilisation humaine commence par un meurtre. Mais lequel ? Dans les derniers ouvrages de recherche qui traitent d’anthropologie sociale il est avancé cette hypothèse : l’agriculture planifiée signe le démarrage de la civilisation. Le meurtre symbolique dont je parle pourrait alors être celui d’Abel. Freud, qui pour moi est un peu échevelé, perçoit bien que la civilisation est fondée sur un meurtre, il avance celui du père par les frères associés ( les fils du père). Je penche pour ma part pour le meurtre de l’enfant, peut être de l’enfant mâle dans le patriarcat ( les femmes participant à ce meurtre) Après la pratique du meurtre rituel de l’enfant ce meurtre est sublimé dans la fameuse ligature Abraham-Isaac ( ou Ismael). La civilisation commencerait alors par un meurtre réel dont le souvenir serait à jamais sublimé dans le renoncement au meurtre certes mais quand même dans son anniversaire sans cesse fêté. -
Le temps de réaction - Dire qu'on a été victime
Annalevine a répondu à un(e) sujet de January dans Société
Je me rends compte qu’il est absolument impossible d’écrire, sans me sentir en danger, l’histoire ici. J’ai beau ne lire personne, j’ai beau me protéger, je sens qu’écrire ici c’est ne rien faire d’autre que d’exciter les fauves. Déjà je parviens à ne plus éprouver de violence. Mais en renonçant à la violence et à la mise en accusation alors je vois s’avancer cette violence mystérieuse : la majorité des hommes et des femmes sont animés par le désir de tuer l'enfant. Il a fallu qu’il meurt pour que je commence à voir. Avant qu’il meurt je sentais qu’il prenait an après an un pouvoir sur moi. Je pourrissais. C’était horrible.
