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Tout ce qui a été posté par Annalevine
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L'idée de Heidegger, à savoir que le sentiment est une authentique perception, qui ne relève pas de la psychologie, qui ne relève pas de la subjectivité, mais qui relève bien de l’esprit dans son activité ou son fonctionnement, n'est, à vrai dire, pas aussi originale que je le pensais. Mais, à chaque fois que j'ai pu lire cette hypothèse, que le sentiment voire les émotions, ou les deux ensembles, pouvaient être des perceptions non pas "intérieures" mais des perceptions authentiques, qui révèlent quelque chose, non de soi (psychologie) mais du "monde", d'un "extérieur", je suis toujours passé par-dessus sans m'y arrêter. Avec ma culture française cartésienne insinuée en moi par un enseignement français officiel et magistral qui se met rarement en cause, je classais émotions et sentiments dans la case : psychologie. Puisque nous parlons par ailleurs de Kant, lui-même dans je ne sais plus quel ouvrage disait bien, parlant de sa Critique de la raison pure, qu'il ne parlait pas sentiment, et encore moins d'émotions, classant tout cela dans la rayon : psychologie. Avec un certain dédain d'ailleurs. Le même dédain affiché par Hegel pour l'art. Mais je dois rendre raison à Kant : il ne s'est en effet soucié que du fonctionnement de l'esprit dans sa version rationnelle. Antonio Damasio dans son livre "L'erreur de Descartes" explique au contraire que la pensée, que toute pensée, ne repose que sur l'émotion. Qu'une pensée fondée sur aucune émotion est vaine. Nous sommes loin de l'opposition entre émotion et raison. J'ai toujours négligé la pensée de Damasio à cause de son développement sur le "soi" genre de concept emprunté au freudisme, ce freudisme qui reste pour moi une pensée désuète, une pensée vieillie et même une pensée malsaine. Ces concepts de moi, de soi, de ça, d'inconscient même sont des impasses. Heidegger néglige le concept d'inconscient, ce qui était assez osé à son époque. Sartre aussi négligeait ce concept et je me souviens, quand j'étais jeune, que je le trouvais gonflé de négliger ce concept, puisque, dans les années 60 la pensée freudienne dominait tous les débats, avant que l'on se rende compte que cette pensée était une pensée obsessionnelle voire une pensée perverse avec son développement sur la sexualité des enfants qui a autorisé d'innombrables débordements incestueux et pédophiles (tout est sexe disait-on à l'époque, même le bébé ne pense qu'au sexe, concurremment à cet autre slogan : tout est politique).
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Il est d’autant plus difficile de se dégager des habitudes de penser qu’elles sont observées et transmises par nos enseignants et même nos penseurs reconnus. Il est nécessaire de garder toujours un esprit critique, envers tout penseur, fut-il reconnu par toute la communauté. Moi aussi, par manque de prudence, par manque d’attention, je finis par tomber dans ce naturalisme commun qui, sans que l’on s’en rende compte, fait équivaloir les processus neuronaux avec les processus mentaux. Quand on m’explique que l’émotion part d’une zone archaïque du cerveau pour venir inonder le champ conscient, je tombe dans l’ornière et j’identifie ce processus avec l’émotion elle-même telle que je la vis. Or il n’ y a pas identité, il n’ y a pas équivalence. L’émotion telle que je la vis n’est pas l’émotion telle que décrite dans son développement neuronal. Le mental n’est pas le neuronal. Pourtant c’est ainsi que tout doucement s’insinue la pensée naturaliste, que l’on peut aussi désigner par : la pensée matérialiste, pensée qui pose comme postulat que tout ce qui existe relève du domaine des sciences de la nature.
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En lisant hier quelques interventions sur le forum je me suis rendu compte à quel point nombreux, et moi-même aussi parfois, tombent dans une pensée conventionnelle sans même s'en rendre compte. Ainsi je lisais ceci "j'aime la musique classique parce qu'elle me donne du plaisir". Est-ce qu'il m'est déjà arrivé de parler ainsi ? Oui sans doute. C'est tellement trivial pourtant de parler ainsi. C'est la force de la pensée dominante, freudienne, qui finit par s'emparer de nos esprits. Tout ramener au plaisir c'est ni plus ni moins qu'une forme d'aliénation de la pensée. Il est si difficile de se débarrasser des lieux communs. Cette soumission à la pensée commune résulte de ce fait que nous ne prenons même plus la peine d'habiter nos pensées. J'aime aussi la musique classique. Est-ce que c'est parce que j'y trouve du plaisir ? Est-ce la quête du plaisir qui me fait écouter de la musique classique ? Est-ce la quête du plaisir qui me fait fréquenter telle femme ou tel homme ? Bien sûr que non. Le plaisir, qui n'est d'ailleurs pas toujours au rendez vous, est un résultat, une conséquence. Ce n'est pas la cause. Le plaisir résulte de l'amour, ce n'est pas l'amour qui résulte du plaisir. Comment avons-nous réussi à parler ainsi, aussi "bêtement"? Le freudisme et ses dégâts. Le freudisme et la pensée simpliste et triviale qu'il véhicule.
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@Ambre Agorn Bonjour Ambre, Je vois ce que vous me signifiez. La transmission. Je prends de Heidegger ce dont j’ai besoin, j’épure ce que je peux lire de lui, et ce que j’en tire vous le prenez et le faites vôtre sans doute en l’épurant, à votre tour, pour le transmettre, à votre tour. Vous épurez la parole de l’autre en utilisant le tamis de vos propres expériences. Cette vision que vous avez de la transmission est peu courante dans la pensée dominante, celle qui est enseignée dans les universités, je parle de la pensée du domaine littéraire ou philosophique qui n’est en définitive qu’une sophistique (un art du langage, qui doit tout à la vie « pensée » et rien à la vie « vécue »). La transmission pour vous, si je vous saisis bien, est toujours colorée de la teinte apportée par l’individu qui transmet. C’est cette coloration qui est l’amendement essentiel de toute transmission vivante. Cela je m’en rends compte en prenant considération de ce que vous m’écrivez. En vous lisant je vois combien vous y mettez du vôtre, et ce vôtre, qui vous appartient, est essentiel à une transmission vivante. Le rationaliste ne connaît que la transmission qu’il appelle objective, scientifique, c’est à dire épurée de toute coloration liée à la personne singulière. Il pense que la singularité gêne la réflexion alors que la singularité est elle-même un universel. Vous êtes vous-même dans le sentiment quand vous communiquez avec moi. Vous me faites partager votre sentiment, et ce sentiment partagé devient connaissance. Une autre connaissance que la connaissance apportée par la seule pensée. Vous vous donnez à ma connaissance, à laquelle je ne peux accéder que par le sentiment que vous éveillez en moi, pour vous.
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@Ambre Agorn Je reviens d’abord sur ce que vous dites de l’angoisse : « c’est un sentiment qui fait réponse à la perception d’un danger » « matérialisé par des symptômes neurovégétatifs » etc. Ce n’est pas ce dont parle Heidegger. Pour le comprendre, mais aussi d’une manière générale pour comprendre un philosophe, un écrivain, un poète… vous êtes obligée d’entrer dans son monde. Je comprends bien votre démarche qui ressortit à la démarche scientifique : vous partez à la recherche de la définition convenue, scientifique, du mot, à la recherche de la définition du mot sentiment, dans notre culture actuelle, en 2020, en Occident, en France. Puis vous soumettez l’écrivain à cette définition. Avec cette méthode, efficace sur le plan scientifique, vous passez à côté du « dire » de l’écrivain, de l’artiste. Alors comment comprendre ce que Heidegger appelle sentiment ? Le mieux est de lister ce qu’il appelle sentiment, et je m’appuie là sur le petit opuscule « Heidegger, qu’est ce que la métaphysique ? » les intégrales de philo, chez Nathan. Je liste : ennui, mélancolie, gaieté, angoisse, étonnement, atonie… Comment se faire une idée maintenant du sentiment, version Heidegger ? Tentez de reproduire en vous l’ennui, la mélancolie, la gaieté, l’angoisse, l'étonnement, etc. [Notez qu’il est pratiquement impossible de reproduire en soi une émotion car il est impossible de reproduire en soi, à volonté, les symptômes neurovégétatifs dont vous parliez plus haut. C’est là une première différence entre le sentiment et l’émotion. Vous pouvez par l’imaginaire reproduire un sentiment en vous, même s’il est édulcoré, mais vous ne pouvez pas reproduire à volonté par exemple l’affolement de votre cœur quand vous êtes effrayée]. Donc ouvrez votre « esprit », votre « âme», ne soyez plus dans la maîtrise de l’autre, mais dans l’ouverture à l’autre, abandonnez votre vouloir, devenez réceptive, recevez en vous soit l’ennui, soit l’angoisse, soit l’étonnement, etc ; vous n’aurez certes pas une définition du sentiment mais vous nouerez avec l’expérience du sentiment. A titre personnel j’ajoute à cette liste : l’émerveillement, par exemple l’émerveillement devant un paysage. Je me poste devant un paysage que j’apprécie. Là j’ai deux attitudes, soit je continue de dérouler ma pensée sur tel ou tel sujet, soit je décide de faire silence en moi et de laissez doucement l’émerveillement m’envahir. Vous voyez que nous sommes loin de l’émotion. Car autant l’émotion s’impose à moi, autant là je décide de m’ouvrir, de devenir réceptif, je décide de devenir contemplatif pour recevoir en moi ce sentiment : l’émerveillement. C’est de ce sentiment-là dont parle Heidegger. Il est vrai que parfois il parle de l’angoisse comme d’un sentiment qui nous prend par surprise. Cela peut arriver aussi. Du coup nous avons ce réflexe d’identifier sentiment et émotion. Mais le sentiment, même quand il vous prend par surprise n’est pas une émotion. L’émotion est un réflexe. Le sentiment peut nous prendre par surprise mais alors il est signe de l’action d’un Autre, d’un quelque chose, d’une réalité métaphysique. L’émotion est l’effet d’un réflexe, le sentiment est l’effet de l ’action d’un Autre.
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César : 100 avocates dénoncent "le triomphe du tribunal de l'opinion publique"
Annalevine a répondu à un(e) sujet de metal guru dans France
Il y a quelque chose qui m’agace chez vous, et pas seulement chez vous mais chez toutes celles et tous ceux qui encensent Polanski. C’est que vous n’avez aucune considération pour l’enfant. Au fond l’enfant peut être abusé vous vous en foutez. Vous ne pensez qu’à vous. Vous avez réussi à vous faire une représentation équilibrée du monde dans laquelle vous justifiez l’acte de votre violeur. C’est votre affaire et je vous respecte pour cela. Il faut bien que vous parveniez à vivre. Votre choix est de comprendre le violeur. Pourquoi pas . C’est ce que fait la jeune femme que Polanski a sodomisée. Sodomiser c’est vivre cet absolu du viol : jouis de ma jouissance bien que je te défonce le cul, bien que je te déchire, bien que tu ne jouisses pas. Polanski vit cela : oh enfant jouis de la souffrance que je t’impose. Vous communiez avec ça, ça vous regarde. Pour moi vous êtes degueu, heureusement vous n’avez pas d’enfant. Ce qui est terrible c’est que le patriarcat dans les pays de culture catholique est si triomphant que les femmes, les mères communient avec les sodomites, même quand ils sodomisent des enfants parce qu’elles mêmes vivent dans une soumission jouissive le fait de se faire défoncer par leurs mecs. Je ne vous reproche pas d’aimer ça, je vous reproche d’aimer ça pour les enfants. Pour moi vous êtes un monstre. -
Et en plus tu rigoles ! Arrête de m’exciter ! C’est carrément Saryricon avec toi. On se marrie quand mon chérie ?
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Mon petit Zen, t’es vraiment à côté de la plaque. Plus je te lis plus tu m’excites tellement t’es con ( con au sens premier du mot). T’es joli physiquement ?
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C’est la première fois que je vous lis ( je suis parti du principe que vous ne pouviez pas faire autre chose que de m’insulter) et je me dis : tison tente de progresser comme je tente de progresser.
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Dans l’exercice de la pensée nous mettons en œuvre une volonté. Dans l’exercice du sentiment la volonté s’efface, nous sommes à l’écoute. Dans l’exercice de la pensée nous voulons maîtriser le monde à travers une représentation. Dans l’exercice du sentiment nous laissons le monde venir en nous. C’est dans cet exercice là que le sacré apparaît. Dans le sentiment nous nous sentons guidés.
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Tout, au départ, provient d’un champ de représentation. Absolument tout. Tout part de la sensation ou de la sensibilité, les cinq sens mais aussi la sensibilité interne, puis tout devient perception, ou intuition dit Kant, intuition c’est à dire connaissance directe, que la perception soit image, son, odeur ou encore douleur, etc. Le mot arrive après, avec le développement du langage. Mais tout, tout d’abord est perçu. Et tout est perçu à partir d’une impression, d’une sensibilité. Bon là je ne fais que reproduire la première leçon kantienne que nul, pas même les neuroscientifiques remettent en cause. Il faut bien d’abord que quelque chose existe et que ce quelque chose entre en rapport avec nous. Sinon il n’y a même pas d’être pensant. Vous voulez effacer cette origine un peu triviale, un peu trop charnelle pour accéder au pur esprit. Votre démarche est platonicienne. Pourquoi pas ? Pourquoi ne pas vous représenter le monde comme un monde d’Idees ? Le sentiment comme la pensée sont construits à partir d’intuitions de base. Sauf que vous perdez la conscience que la pensée, étant devenue conceptuelle, est fondée aussi sur la perception, l’intuition dirait Kant. Du coup vous dévalorisez le sentiment contre la pensée, vous êtes issu de la culture française et cette origine vous empêche d’appréhender le monde d’une autre manière. Au fond pour vous la démarche philosophique d’Einstein ou celle de Godel est une démarche primaire, inférieure sans doute. Quand un Français lit les développements philosophiques d’Einstein il se gausse. Quand il lit l’imaginaire fou d’un Godel il le prend pour un aliéné . L’un comme l’autre philosophent en partant du sentiment. Hannah Arendt dans son livre sur Heidegger écrit que tout vient du sentiment : la surprise a enfanté la science, l’étonnement a enfanté la philo. Vous vous rendez compte de l’abîme entre votre culture et , ici, avec Hannah, la culture judéenne ? A moins que vous pensiez que la culture millénaire Judéenne, fruit du mélange d’innombrables cultures, depuis la Dispersion, soit une culture inférieure. Nous pouvons contester bien sûr la position de Hannah , mais je suis intimement convaincu que vous ne pouvez pas comprendre Arendt parce que vous ne remettez pas en cause votre culture française d’origine, exclusivement tournée vers la pensée discursive. Aliénation est le mot que Sartre, Français, utilise quand il entend Heidegger dire qu’il est nécessaire de créer en soi une disponibilité afin que l’Etre vienne. Le Français n’accède pas au monde connu par le sentiment. Vous ne voyez pas que vous dévaluez le sentiment. De plus en plus je crois que c’est là l’effet de la culture catholique française. Les catho même devenus athées infériorisent la chair et pour eux sentiment = chair. Pourquoi pas ? Vous pouvez avoir raison et tenir le sentiment pour une production mentale inférieure. Mais votre contradiction est que vous voulez vivre les choses...dans votre chair !!! Vous prenez conscience que penser et vivre ce n’est pas la même chose. Vivre c’est s’engager, s’engager c’est hésiter, tâtonner, se tromper, ne jamais parvenir à une certitude. Vivre c’est la condition humaine et cette condition vous la repoussez. Et pourtant vous voulez aussi vous immerger dans la vie. Vous êtes dans une contradiction qui vous dévore. Ne faire que penser, mettre le monde à distance, penser le monde en se tenant à l’extérieur, ou plonger dans le monde et éprouver sans cesse l’incertitude. Plonger dans le monde s’engager dans le monde n’est possible que si vous ne déconsidérez pas le sentiment. Mais vous préférez vous assoir au bord de l’abîme plutôt que de vous jeter à l’eau.
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Je viens de vous lire ( j’ai laissé passer du temps ! J’ai pensé que vous aviez décidé de m’attaquer dans les grandes largeurs !) et je suis rassuré. De vous penser en colère contre moi m’affecte. A propos du sentiment je suis ici exclusivement axé sur un certain type de sentiment, un peu complexe à expliquer, le sentiment - tonalité. Vous me parlez ( je pense) du sentiment de tous les jours, celui qui en fait accompagne toute communication dont cette communication que vous appelez corps à corps. Bien sûr dans une communication où nous sommes physiquement présents l’un à l’autre c’est même le sentiment qui prime ! Il n’est pas possible, du moins pour moi quand je fais face à quelqu’un, de rester sur son quant à soi, en ruminant des pensées conceptuelles ( à moins de se taire) ! Dès que l’on se parle on s’engage, et dans cet engagement, le sentiment est omniprésent, nous sommes sans cesse en train de « sentir » l’autre, sympathie, antipathie, curiosité, émotion même, bienveillance ou malveillance... ça n’arrête pas que l’on soit homme ou femme. Il est bien certain que si je vous rencontrais je ferais extrêmement attention à vos expressions, je verrais votre incompréhension possible, je corrigerais, j’expliquerais autrement... Et vous feriez de même. Là c’est vraiment difficile parce que je suis mon idée sans m’apercevoir que vous ne me suivez plus.
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César 2020 : Florence écœurée - Le titre du meilleur réalisateur attribué a un violeur d'enfant
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Bluehawk dans Société
Je me sens en phase avec votre perception des événements et relations. J’ai entendu un jour Cohn Bendit parler de la jouissance apportée par une petite fille qui le déshabillait. Je pense qu’il a aujourd’hui compris que son comportement était lourd de conséquences. Un adolescent ou une adolescente pubère ( 11 ans parfois) peut être attiré par une personne qui représente l’autorité. La force d’attraction qui la ou (le) porte vers cette autorité est puissante. Cette force d’attraction est faite d’affectivité , d’amour puissant même ( dans les cas d’inceste ) mais aussi d’émotion, une émotion puissante que l’enfant ne sait pas encore qu’elle est d’ordre sexuel. Le rôle de l’adulte est alors crucial. S’il pense à son plaisir alors il va séduire l’enfant jusqu’à le conduire à un acte ou des actes dont la puissance émotionnelle est telle qu’elle va foudroyer l’enfant. Ce désastre émotionnel échappe souvent aux observateurs qui vont même parfois aller jusqu’à incriminer l’enfant. Si l’adulte pense à l’enfant, s’il aime l’enfant, aimer au sens le plus noble : je renonce à moi pour l’enfant, alors il arrêtera l enfant dans l’expression de son désir émotionnel qui peut bien sûr avoir un tour sexuel mais sans que l’enfant ne sache de quoi il s’agit. Il laissera passer l’amour mais il arrêtera l’expression émotionnelle. Je me rends compte, quand je dois m’occuper d’ado à la dérive que l’inceste est encore fréquent. C’est effrayant car la violence emotionnelle vécue par l’enfant le handicape fortement. Quand je vois qu ici la quasi totalité des adultes cède sans cesse à l’émotion, on imagine les dégâts d’une émotion trop puissante dans le cerveau d’un enfant. Mais bon, les gens qui défendent Polanski s’en foutent de l’enfant. -
Je ne vous comprends pas quand vous employez le mot : « dupe ». La démarche du scientifique n’est pas, au début, idéologique. Nous sommes tous obligés ou portés à l’action. Il y a d’abord l’action, l’action précède la réflexion, la réflexion au sens retour sur soi. Quand je sors de chez moi je pose comme réels la route ou le mur. Je sais que la route ou le mur apparaissent tels ( apparaître au sens phénoménal) tels que je les pose comme réels. En les posant comme réels je peux agir. Je ne suis pas dupe pour autant. Quand vous lisez Dehaene, qui est le scientifique pur, athée, qui s’énerve que le mental puisse exister, bref qui est un militant matérialiste presque fondamentaliste, il finit par dire que nous n’avons pas accès au réel. Il n’est pas dupe. Nous devons agir, vivre. Et l’action nous oblige à poser pour réel le phénomène. Quand à Einstein je le citais en soutien à un développement sur Spinoza. Einstein est un homme capable de développer une pensée rationnelle de haut niveau. Mais il est capable aussi de sortir de la pensée conceptuelle pour se donner au sentiment, qui chez lui est le sentiment : émerveillement. L’émerveillement qu’il sent face au monde lui révèle que le monde est un mystère. Il n’est plus dans la pensée conceptuelle il est dans le sentiment. Il affirme ainsi que le sentiment est une autre source de connaissance ou d’appréhension du réel. Mais j’ai remarqué qu’ici dans la culture française il est absolument impossible de parler du sentiment comme source concurrente de la pensée conceptuelle pour appréhender le monde.
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Je suis toujours un peu surpris par ces débats sur Dieu. Il y a les croyants, il y a les athées. Je n’ai rien à dire sur les croyants. Ils posent l’existence d’un dieu qu’ils appellent Dieu. Ils font partie d’une culture monothéiste où le mot Dieu réfère à quelque chose qui est propre à leur culture. Dieu, pour moi, reste une idée. Dieu a une existence idéelle . Pour les croyants Dieu a une existence réelle. Pourquoi pas ? Je ne vois pas, parce que pour moi Dieu a une existence qui s’arrête à l’idée, je devrais attaquer celui qui pense que Dieu a une existence réelle. Je pourrai donc penser que je suis athée. Or je ne me sens pas du tout athée. En ce sens que je ne passe pas mon temps à attaquer la foi de l’autre. J’accepte la foi de l’autre. De plus j’accepte de considérer que l’idée « Dieu » existe bien. Sinon comment pourrai-je parler de Dieu ? Pour attaquer l’existence de Dieu il faut que je sache quelle existence je suis en train d’attaquer. Bon je suis un peu de mauvaise foi ! Je comprends bien que les athées sont un peu dans les guerres de religion. Ce qu’ils reprochent aux monothéistes c’est leur comportement et leurs choix sociaux. Sur ce point je suis d’accord souvent avec les athées. Mais alors dénonçons, critiquons, attaquons même ces agissements au nom de notre vision propre du monde, de notre morale, etc. S’attaquer à Dieu c’est partir du principe que, si je détruis l’idée de Dieu en l’autre il changera son comportement. Ce qui est absurde car j’observe que tous les athées du monde français catholique continuent sans même en prendre conscience à se comporter à la manière des croyants et même parfois c’est pire ! Parfois le croyant réfléchit plus sur lui même que l’athée qui reproduit inconsciemment les comportements de ses aïeux catholiques ! Par exemple le catholique condamne la pensée « mauvaise » ( l’israélite ne condamne pas la pensée mauvaise). C’est péché pour lui. Or je constate que tous les athées issus de l’histoire catholique eux aussi condamnent la pensée mauvaise ! Le comportement historique catholique les déterminent alors qu’ils ne croient plus en leur Dieu ! Et parfois c’est le catholique pratiquant qui réfléchissant sur lui même va convenir qu’en effet la pensée mauvaise n’est pas péché ! C’est marrant tout ça. L’athée issu de l’histoire catholique est encore plus rigide que le catholique pratiquant ! Ça me fait rire.
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Je ne suis pas d’accord avec votre critique de l’homme scientifique. Dans homme scientifique il y a homme. Un homme scientifique est d’abord un homme. Il devient scientifique quand il passe à l’action. Dans le cadre de l’action, qui est aussi action sociale, en ce qui le concerne, il réalise tel ou tel acte, selon une méthode que l’on appelle la méthode scientifique. Je me souviens d’une ancienne analyse de je ne sais plus quel penseur qui offrait cette hypothèse : la société antique étant ce qu’elle était elle n’a pas permis la franche éclosion de la science. Quand nous observons l’émergence de la société industrielle nous voyons qu’une telle société au contraire favorise l’émergence de la science.De même que la fièvre exploratrice des Portugais puis des Espagnols, en quête de nouvelles voies commerciales afin de contourner le verrou ottoman, a favorisé l’émergence de nouvelles techniques, etc. etc. La science prend place au sein d’une histoire, l’histoire des hommes. Tant que nous vivrons au sein d’une société qui vise à augmenter et à diversifier la production de biens et de services, qui vise à améliorer la santé, qui vise l’immortalité, qui vise le confort, qui vise l’actualisation de tous désirs, la science y aura une place de choix, et il se trouvera des hommes pour occuper cette place. Vous critiquez l’homme scientifique lorsqu’il sort de l’action sociale qui lui est impartie, lorsqu’il se met à penser en dehors de la science, lorsqu’il utilise la science pour déborder de son cadre d’action. Et, bien sûr alors vos critiques font mouche. Mais ce que vous critiquez alors ce n’est pas l’homme scientifique c’est l’homme tout cours. J’ai publié sur un autre topic une adresse d’Einstein au monde à propos d’une manifestation pour les droits de l’homme. Il y exprime son émerveillement devant le monde, pour lui le monde est un mystère. Vous voyez qu’il est possible d’être un scientifique de haut vol et de poser pourtant ce principe : le monde est mystère.
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L'obscurantisme, en quoi consiste-il ?
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Maroudiji dans Philosophie
Comment se fait-il que des hommes comme @zenalphaou @Blaquièrene réfléchissent jamais sur eux-mêmes ? Comment se fait-il que, s’ils vivaient encore cent ans, sans cesse ils répèteraient la même chose, s’en prendraient sans cesse à la même personne ? L’un se dit athée et pourtant ne parle que de Dieu. L’autre se dit savant mais vit sans cesse le spleen de l’inexistence. Le forum est un lieu intéressant en cela qu’il renvoie sans cesse à soi-même. Le forum les renvoie à eux mêmes mais ils n’en prennent pas conscience. -
En fait chacun vient sur le forum pour EXPOSER sa pensée. Nous sommes tous dans l'exposition. Pour certains, dont je fais partie, cela change de la vie réelle, dans laquelle ils tiennent la position de celle ou celui qui écoute. Nous écoutons. Parfois nous exposons mais nous voyons que ce n'est pas ce que l'on attend de nous. Bien sûr il y a des personnes tout de même qui écoutent dans la vie réelle ! Mais il est parfois difficile d'exposer précisément le contenu de notre pensée. Nous pouvons avoir le Sentiment qu'ici nous allons pouvoir exposer précisément notre pensée. Le problème c'est que tout le monde fait ça. Personne ne vient ici pour écouter, tout le monde vient pour exposer. Certains développent leurs pensées, d'autres profitent de la pensée des autres pour trouver la faille qui leur permettra d'exposer leur pensée. Personne n'écoute. Parce que personne ne vient ici pour écouter. Tout le monde vient pour exposer. Il s'ensuit du coup beaucoup de dépit. Le sentiment de ne pas être écouté est mal interprété. C'est interprété comme une agression. Mais écouter, tôt ou tard, conduit aussi à un malentendu, ici comme dans la vie réelle. Celui qui expose n'attend pas seulement d'être écouté, il attend aussi un assentiment. Dans la vie réelle cela arrive d'écouter puis soudain de se voir reprocher : "oui vous écoutez mais vous gardez vos idées. A qui ça sert de m’écouter si vous gardez vos idées ?" Je me suis entendu répliqué ça, un jour, de la part d'un homme qui semblait attendre beaucoup de moi. Que répondre ? Et enfin il y a autre chose. Même en s'ouvrant totalement à l'autre je constate sur le forum que nous sommes vraiment trop différents les uns des autres, et je suis encore plus différent des autres qu'ils ne sont différents entre eux ! Mes hypothèses de pensée ne sont pas les mêmes que les hypothèses pourtant convenues. Je ne pars pas des mêmes fondements. Ce qui est exposé comme vrai a priori, comme allant de soi par les intervenants, n'est pas vrai pour moi. Du coup ça semble vraiment très difficile de dialoguer. Je ne pensais pas qu'il pût exister des différences culturelles aussi marquées entre les gens. Il arrive un moment ou ces différences culturelles sont tellement énormes qu'il devient impossible de communiquer. Ça n'implique pas pour autant de faire la guerre. Nous pouvons faire comme @Ooo. Il est arrivé, d'une manière très volontaire, il voulut engager un dialogue selon ses règles, il n'y arrive, pas : dépit. Il est frappé d'une brève interdiction de séjour, il expose désormais ses idées et ses Sentiments dans "inclassables". Il a tiré les conséquences de sa différence. Il aurait été bien en littérature d'ailleurs. Il est intéressant à lire, son journal.
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Le paradoxe d’un medium comme le forum c’est qu’il s’agit d’un medium froid ( pour parler comme McLuhan) dans lequel nous avons tendance à nous engouffrer avec du « chaud » ( émotion et sentiment). Forcément ça finit par coincer. Je reste de plus en plus persuadé que l’émotion que nous exprimons ici dit quelque chose de soi. Mais rien de l’autre. Aussi est il intéressant de considérer ses émotions réfléchies par le medium afin de mieux se connaître. Il n’est pas possible de communiquer entre soi, ici, par le sentiment. Le sentiment reste pour moi un engagement soit envers l’autre soit envers une réalité autre. Or le forum utilise exclusivement le langage écrit qui est le mode d’expression de la pensée, pas du sentiment. Bien sûr il y a les emojis mais les emojis véhiculent exclusivement l’émotion. En fait il y a une contradiction entre le désir d’exprimer émotion et sentiment dans un lieu froid, qui ne peut utiliser que le langage écrit comme expression. D’où déception voire agression. Agression somme toute qui est l’expression du dépit.
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J’ai relu le message, le mien, auquel vous répondez aussi vivement, et je ne vois rien dans ce que j’ai écrit qui soit une attaque contre vous. Rien de personnel, pas même la trace d’une émotion, dont j’essaye désormais de me garder, vu que c’est l’ornière dans laquelle nous tombons tous. Que puis je faire ? Vous répondre dans le registre que vous avez choisi ? L’attaque personnelle ? Non c’est fini, je ne choisirai pas cette voie. Je prends bien conscience que je suis issu d’une culture voire d’une civilisation qui choquent la culture française. Que dois je faire ? Abandonner mon identité ? Je ne le ferai pas. Quant à @zenalphalui aussi donne dans l’émotion en critiquant l’homme Heidegger. Or je ne parle pas de l’homme je parle de son œuvre. Dans un livre dont je ne me rappelle pas le titre Onfray faisait remarquer que les étudiants qui suivaient avec passion les cours de Heidegger étaient juifs. La maîtresse de Heidegger s’appelait Hannah Arendt, elle était juive, elle n’a jamais rejeté Heidegger. Dans les écrits de Heidegger nulle part il n’attaque les juifs. Ce qui reste incompréhensible c’est en effet son comportement. On peut le juger, l’exécrer en tant qu’homme. Mais je ne travaille pas sur l’homme, je travaille sur son œuvre.
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César 2020 : Florence écœurée - Le titre du meilleur réalisateur attribué a un violeur d'enfant
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Bluehawk dans Société
L’acte sexuel sous l’antiquité n’avait pas la même signification sociale. Alexandre n’a que 16 ans quand il part à la conquête du monde. L’enfant juif est adulte quand il a 13 ans. Le grec qui sodomise un ado ( voir fresques de l’époque) le fait au vu de tous. L’acte est socialisé, il n’est pas soumis encore au péché, il n’est pas dévalué. Le jeune sodomisé n’est pas socialement dévalué. Au contraire même. C’est même au nom de ces meurs antiques que Montherlant se justifiait. Un acte peut devenir destructeur dans une civilisation donnée et ne pas l’être dans une autre. -
César 2020 : Florence écœurée - Le titre du meilleur réalisateur attribué a un violeur d'enfant
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Bluehawk dans Société
Je me rends compte en lisant les dialogues qu’il est nécessaire de distinguer la personne violée de la personne circonvenue. Je me souviens, il y a quelques années, d’un psychiatre qui disait : la personne violée, celle qui a subi une violence venue brutalement d’un extérieur est plus aisée à « soigner » dans le sens le plus noble, que la personne circonvenue. Et il parlait de l’enfant circonvenu. Il disait : celui là où celle là ne s’en sort que très difficilement car il sait qu’il a à un moment participé à l’acte. Circonvenu en ce sens qu’il ou elle ne savait pas où cela conduisait. Le pedophile se défend sur cette base là. Ceux et celles qui soutiennent Matzneff et Matzneff lui même disent qu’ils ne sont pas des violeurs car disent-ils l’enfant a, à un moment, été consentant. Le pedophile « cultivé » pratique d’abord la séduction. L’enfant peut être sensible à cette séduction dans un premier temps. Il ne sait pas où le plaisir d’être séduit va le conduire, mais le pedophile passe outre cette ignorance. Il dit : l’enfant s’est laissé séduire au début par ma gentillesse, par mon attention et même par de simples caresses. Donc il a consenti à l’acte final. C’est béton. La jeune fille que Polanski séduit d’abord avant de l’abuser sait qu’à un moment elle a aimé être séduite. Sans savoir où cela allait la conduire.Elle ne peut s’en sortir ensuite qu’en pardonnant à Polanski. Ce psychiatre a raison : l’enfant circonvenu à un mal de chien à s’en sortir. -
Bonjour, je pense en effet, comme le fait remarquer @zenalphaqu’il est nécessaire de distinguer le sentiment de la pensée, comme de la sensation et je dirai même de l’intuition.(et de l’émotion). J’en reviens au sentiment. Dans votre approche vous restez dans la pensée. Je veux dire : vous vous mettez à l’extérieur du sentiment et vous tentez de le décrire de l’extérieur. Ce faisant vous faites du sentiment un objet qui vous est extérieur. Vous êtes dans ce que j’appelle la pensée spéculative, c’est à dire que vous vous mettez dans une position d’observateur. C’est ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler : philosopher. La philosophie est aujourd’hui conçue, en France, comme étant une activité de type scientifique. J’observe le monde de l’extérieur et je dis quelque chose sur le monde. Bien. Quand je parle ici du sentiment je tente de m’immerger à l’intérieur du sentiment dans un premier temps. Pour ensuite m’en défaire et en dire quelque chose. Mais je tente d’abord de faire l’expérience du sentiment, ce que vous ne faites pas. Je m’explique. C’est en lisant Heidegger et son petit opuscule sur la métaphysique que je me suis rendu compte qu’il parlait du sentiment comme jamais on en parle dans l’enseignement universitaire français. Pour comprendre Heidegger il est nécessaire d’abord d’accepter de s’immerger dans le sentiment dont il parle ( le sentiment tonalité). Or cette méthode, cette attitude nous ne sommes pas enseignés à l’adopter en France. Prenons l’exemple de l’angoisse. Pour suivre Heidegger je suis obligé de m’immerger dans l’angoisse. Comment fais je ? Je recours à mon expérience de vie, à ma mémoire, je sais qu’il y a un lieu mémorisé qui porte l’étiquette : angoisse, je me dirige vers cette étiquette et je plonge dans l’angoisse. Vous voyez ce que je veux dire ? Je m’immerge dans l’angoisse. Ce que vous ne faites pas. Soit parce que vous relevez de la culture française soit parce que vous vous protégez. J’ai arrêté pour l’instant la lecture de Heidegger parce que c’est éprouvant. Se plonger dans l’angoisse n’est pas évident. En plus c’est pénible ! Pourtant pour suivre Heidegger qui constamment oscille entre la pensée conceptuelle et le sentiment il faut accepter de s’immerger dans l’angoisse. S’immerger puis en sortir puis s’immerger à nouveau...C’est un effort énorme. Dans la culture française on ne nous apprend pas la connaissance par IMMERSION. On nous apprend la connaissance par observation à partir d’un extérieur. La culture française est de type exclusivement, ou presque, scientifique. Mais rester constamment à l’extérieur des choses a ses limites. Pour parler du sentiment, par exemple du sentiment d’angoisse, il est nécessaire d’en avoir fait au préalable l’expérience, c’est à dire qu’il faut encore s’être immergé dans ce sentiment. Sinon comment parler d’un sentiment dont on n’a pas fait l’expérience ? Ou dont nous refusons d’en refaire l’expérience au moment où on en parle ?
