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Annalevine

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Tout ce qui a été posté par Annalevine

  1. Laisser libre cours à son imaginaire. Cela paraît aller de soi et pourtant beaucoup n’arrêtent pas de censurer ou de dévaloriser leur imaginaire. La culture française inhibe l’imaginaire. [C’est pas bien ou c’est pas sérieux]. Elle ne le tolère que dans des limites strictes. Je pense que c’est pour cette raison que les Français restent sourds aux découvertes d’un Sperry par exemple. Le concept de pensée « holiste », spatiale, ouvre sur l’élément expressif de cette pensée, qui n’est pas le mot (le verbe), mais l’image. Image dit imaginaire, donc c’est pas sérieux. Je comprends mieux que, dans une telle culture, les sujets, de cette culture, finissent par inventer cet inconscient : un lieu du refoulement. Cet inconscient ne peut exister et n’avoir de sens que dans une culture qui pratique la censure (ou la dévalorisation) de l’imaginaire. Leur inconscient est une poubelle quand celui de l’imaginatif est au contraire un lieu de création. Ceux qui censurent l’imaginaire finissent par vivre dans une déchetterie. En observant le forum, il suffit que quelqu’un laisse libre cours à son imaginaire, pour qu’il soit aussitôt attaqué. Il n’est pas attaqué pour le contenu de son imaginaire mais pour avoir osé « imaginer ». Oser imaginer est intoléré (sauf dans le rayon art, mais l’art est considéré en France comme une activité de loisir, de simple divertissement, à moins que ce soit devenu une « profession »). Il est de bon ton de dire que, question logique (mathématique), Gödel est un génie, mais que, question philosophie, Gödel est un fou. Sauf qu’à bien lire Gödel s’il passe pour un fou, question philosophie, c’est qu’il traite cette discipline avec le même imaginaire que celui employé pour bâtir sa logique. Les gens pensent que les scientifiques de génie n’ont pas d’imaginaire . C’est tout le contraire. Quand le commun pense « science » il voit le technicien, l’ingénieur, l’informaticien, le professeur ou encore le chercheur « appliqué ». Un esprit machine. Pour eux la science c’est l’esprit machine. C’est le déterminisme, le mode de fonctionnement de la machine. Bref le commun confond technique et science. Il y a pourtant un gouffre, un abîme entre ces deux « sciences ». Le même gouffre que l’on peut observer entre l’exécution et la création, entre l’interprétation et la composition.
  2. Dans le rayon « sciences », étagère « le doute et les théories » @Maroudiji cite Jacques Monod (le hasard et la nécessité) : "Lorsqu'on songe à l'immense chemin parcouru par l'évolution depuis peut-être trois milliards d'années, à la prodigieuse richesse des structures qu'elle a créées, à la miraculeuse efficacité des performances des êtres vivants, de la Bactérie à l'homme, on peut bien se reprendre à douter que tout cela puisse être le produit d'une énorme loterie, tirant au hasard des numéros parmi lesquels une sélection aveugle a désigné de rares gagnants." Cette citation m’a étonné car J.M est resté pour moi le contempteur le plus extrême qui soit de toute croyance. Car il a aussi écrit, dans le même livre : « L’ancienne alliance est rompue ; l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’Univers, d’où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n’est écrit nulle part » La citation de Maroudiji percute de front l’image que je me suis faite de Monod, un guerrier sur le front qui trucide toute embryon de croyance. Mais en employant un mot tel que « miraculeuse » Monod n’emploie-t-il pas un terme qui appartient à la croyance ? Du coup j’ai repris la lecture ce livre. C’est un bijou ce livre, je me rends compte que quand je l’ai lu, il y a si longtemps !, je suis passé allègrement au dessus de sa pensée pour ne retenir que ce qui m’y intéressait. Mais revenons à Monod. Je me souviens aussi qu’il a écrit dans ce livre (il va falloir que je retrouve le passage) que si l’univers revenait à être recréé à l’identique, la vie n’y apparaîtrait certainement pas tant ce phénomène, la vie, est un incroyable accident. Je me souviens que cette façon de voir m’avait stupéfié. Car Monod reconnaît des déterminismes « locaux », il est athée, donc pour moi c’est un déterministe. Or en affirmant qu’une recréation à l’identique de l’univers ne conduirait pas à l’émergence de la vie, il rompt avec le déterminisme. Pour lui l’exacte réplique des mêmes causes originelles ne conduirait pas aux mêmes conséquences. Je me rends compte aujourd’hui que pour Monod, prince d’un athéisme dur et pur, le déterminisme est encore une croyance. Je le trouve, sur ce point, agréablement décapant.
  3. C'est exactement l'enseignement que je cherchais. Ne connaissant rien à la physique quantique je me suis plongé dans des livres ou dans l'histoire de cette physique. Mais impossible de rencontrer un physicien-enseignant compétent (en tant qu'enseignant bien sûr, pas en tant que physicien). J'ai commencé d'écouter ce cours : il répond exactement à mon attente, et surtout, il aborde la physique avec une forme d'esprit qui correspond à la mienne ! ca fait plaisir. Maintenant il faut que je dégage du temps pour étudier ces leçons. Merci encore pour cette communication.
  4. Cette imprévisibilité de l’histoire je la retrouve débattue dans une interview de Claude Lévi-Strauss par Didier Eribon en 1975. C.L.-S affirme : « il faut s’incliner devant la contingence irréductible de l’histoire » Il ajoute « les événements sont imprévisibles tant qu’ils ne se sont pas produits » C’est exactement ma pensée. Il ne s’agit pas de ma part d’une pensée spéculative mais d’une pensée issue de l’observation des événements historiques tels que j’ai pu les vivre dans ma vie. Ces événements n’ont jamais été identiques aux projections faites avant qu’ils ne se produisent. Les hommes agissent, avec des projets donnés, et, une fois l’action achevée, ils se retrouvent dans des situations imprévues. A partir de ces nouvelles réalités, inédites, ils conçoivent de nouveaux projets et...se retrouvent ailleurs. Bien sûr et c’est aussi ce que C.L.-S indique : il est possible d’analyser les événements une fois qu’ils se sont produits. Nous pouvons même pousser le « culot » jusqu’à affirmer qu’ils étaient prévisibles.
  5. Dans « le monde des idées contemporaines » Jacqueline Russ fait le point sur la science en la fin du XX siècle : la science s’est installée dans une indétermination radicale. Les fondements absolus se sont évanouis. La science s’est engagée dans une course vers un horizon de connaissances sans cesse reculé. Au cœur de la physique gît l’indétermination. Les mathématiques ne pourront jamais atteindre un « absolu ». « Incertitude, aléas, indétermination, complexité » qualifient l’état actuel de la science. Jacqueline Russ se veut optimiste : « l’homme est en passe de prendre son destin en main, et ce, à travers l’expérience ultime de l’absence radicale des certitudes ». Voilà une déclaration incantatoire. La disparition de toutes certitudes ne peut pas déboucher sur la maîtrise de notre histoire. Elle ne peut déboucher que sur une co-direction de celle-ci, dans laquelle la volonté des hommes, ou leurs désirs, ne peut être qu’un déterminant parmi quantité d’autres. Nous ne savons pas où nous allons. Quand nous considérons l’histoire passée, à tous moments de celle-ci, jamais l’homme ne s’est retrouvé où il voulait aller, ni même où il pensait aller.
  6. La distinction cérébral/mental me paraît maladroite. En définitive tout apparaît ressortir au mental. Si je m’attache à ces deux mots cérébral / mental je risque fort d’être absorbé par le mot : mental. Tout est mental. Il me semble qu’il vaut mieux revenir à la distinction objet-sujet, ce qui évite l’absorption par le mot : mental. La distinction sujet/objet est complètement revisitée par les neurosciences, par la nouvelle philosophie de l’esprit et par l’évolution des sciences physiques. Je retiendrai la formule de Joëlle Proust, cette chercheuse du CNRS, en la revisitant : objet et sujet dont deux versants d’un même socle ontologique. Il n’y a plus opposition mais manifestation différenciée d’une même « réalité». Ce mystère d’une différenciation aussi radicale d’un même « socle » me fait penser à ce mystère de la différenciation de la lumière en deux manifestations étrangères l’une à l’autre : la particule et l’onde. Appliquée par exemple à l’émotion, cette différenciation objet-sujet renvoie, du côté de l’objet, à la description chimique de l’émotion et, du coté du sujet, à l’ épreuve » vécue de l’émotion. Deux manifestations du même socle, chimie et vécu, totalement étrangères l’une à l’autre. La chimie de l’émotion n’est pas le vécu de l’émotion. La pensée commune établit une relation de cause à effet entre les deux manifestations. L’objet engendre le sujet. La chimie du cerveau engendre l’émotion ressentie. Ce qui est probablement faux. Le principe de causalité doit être abandonné, ce qui nous plonge dans l’expectative. Le photon n’est pas la cause de l’onde ni l’onde la cause du photon par exemple, en physique. Cette disparition de la causalité, cette apparition de deux manifestations radicalement différentes d’un même socle est un nouveau champ de recherche pour le génie humain. Du coup je retiendrai cette distinction pour qualifier les deux réalités mentionnées dans un post précédent : il y a la réalité objective (celle que nous avons tendance à appeler la vraie vie) et la réalité subjective, parfois appelée maladroitement virtuelle, celle qui prévaut dans certaines autres activités (la lecture, l’écriture, la pratique des réseaux sociaux par exemple).
  7. @zenalpha Et la catastrophe ultraviolette ? Elle est passée à la trappe ? Vous voyez combien c'est difficile d'enseigner de transmettre, quel effort énorme cela demande. Cet effort vous ne le ferez pas, tout de même que cet effort @Répy lui aussi ne le fera pas. Transmette c'est s'oublier, renoncer à soi et donner. Ni l'un ni l'autre n'êtes là pour donner vous êtes là pour vous affirmer. Vous êtes deux adultes coincés dans l'espace-temps ponctuel de l'adolescence.
  8. Intéressant. Je vais vous suivre. Je ne connais rien à la physique quantique, n'hésitez pas à être pédagogue. Et ne vous énervez pas si je vous pose des questions. Bon courage !
  9. Le créationnisme dérive d'une vision figée de l'histoire. Il n' y a pas d'histoire pour les créationnistes, il y a des figures éternelles. Le créationnisme nous renvoie à la philosophie de la sphère des fixes et à l'harmonie éternelle du cosmos. C'est une vision romantique. Pourquoi pas. Je n'adhère pas au créationnisme. Penser que les espèces dérivent les unes des autres, penser que le saut d'une espèce à l'autre est le fait de mutations est une vision à laquelle j'adhère. Mais je n'adhère pas à l'idéologie qui s'est greffée sur cette vision, l'idéologie de la sélection, l'idéologie du "tri". Cette idéologie est de source humaine et rien ne dit que l'évolution suive une structure intentionnelle calquée sur celle de l'homme. Ce n'est pas parce que je constate qu'un évènement A engendre un évènement B que je peux affirmer que l'intention qui présidait à l'action entreprise par A était d'arriver à la conclusion B. Nous ne savons rien des "intentions" de la nature. Je préfère rester dans l'inconfort du non-savoir plutôt que de céder au désir de trouver des causes artificielles là ou nous ne savons rien de ces causes.
  10. L' Etat a existé bien avant toutes les réflexions philosophiques qui prétendent en parler. Nos connaissances ne cessent de progresser au fur et à mesure des découvertes des anthropologues. Nos connaissances sont loin d'être figées. Il semble que l'Etat apparait avec l'établissement d'une certaine agriculture, celle centrée sur les céréales. Néanmoins les évolutions sont difficiles à comprendre. La sédentarité, par exemple, précède de quelques milliers d'années (ce n'est pas rien) l'apparition d'une agriculture systématique (l'agriculture itinérante a sans doute toujours existé). Mais l'apparition de l'Etat semble apparaitre à son tour quelques milliers d'années après l'établissement d'une agriculture centrée sur les céréales. C'est dans ce cadre qu'apparaissent les premiers Etats en Mésopotamie, en Chine et en Amérique du Sud (et peut être dans la vallée de l'Indus). Cela se passe dans une fourchette de latitudes précises. Pas ailleurs dans le monde. Les embryons d'Etat ne parviennent pas à survivre, car, dès que des contraintes sociales trop fortes apparaissent les habitants des agglomérations sédentarisées partaient. La démographie n'était pas suffisante pour contraindre les personnes à se soumettre durablement à des règles strictes. Car l'Etat apparait avec la nécessité de planifier la production agricole, nécessité engendrée par les variations climatiques et, peut être, par d'autres causes non encore élucidées . C'est cette planification qui provoque la construction de hiérarchies et de savoirs faires spécifiques. La hiérarchie engendrée par la planification et la division du travail ont manifestement piégé les gens. Ces derniers ont sans doute accepté à l'origine la hiérarchie et la division du travail. Mais nul ne s'est avisé que cette distinction des fonctions allaient engendrer un système de classes, séparées les unes des autres, et finalement, antagonistes.
  11. Le désir suivi de la volonté de tout unifier, je ne sais pas s’il s’agit d’une caractéristique de l’Occident ou de celle de toute l’humanité. Mais ce désir ou cette volonté conduit à produire des conceptions du monde ( physique, mental ) grossières. Nous n’avons pas les moyens intellectuels d’unifier tout en un Tout. Nous ( les occidentaux) allons trop vite. Il est nécessaire de reconnaître que nous ne pouvons pas tout unifier. La volonté d’atteindre l’Un peut se comprendre mais cette volonté est arrêtée, stoppée par la simple lucidité portée sur le monde. Ni le creationisme ni le darwinisme ( tel qu’il est professé aujourd’hui, Darwin lui même était plus fin que ses thuriféraires d’aujourd’hui) n’emportent mon adhésion. Trop de critiques ne peuvent être absorbées par ces deux visions. J’incline par nature à considérer ces deux visions en me disant qu’il y a nécessité de les dépasser ou nécessité de reconnaître que nous ne pouvons pas sortir de ces deux visions, qu’elles restent deux. Et rien ne dit qu’il ne s’ajoutera pas d’autres visions, et nous en aurons trois. Nous sommes affrontés à la multiplicité de nos visions du monde et l’unité s’éloigne. Nous avons ce même type de multiplicité quand je souligne la différence de nature entre la chimie de l’émotion et le ressenti de l’émotion. On encore quand les physiciens doivent retenir deux visions non unifiées de la lumière, onde ou corpuscule. Et nous pourrions énumérer plein d’autres exemples. Il y a multiplicité des mondes dans lesquels nous vivons. Il y a aussi l’invisible. Mais ce concept, ou ce savoir, vous aurez du mal à le faire partager en Occident. L’important n’est pas de partager ce savoir avec ceux qui le refuseront toujours, mais de le partager avec ceux qui sont prêts à le recevoir : tout est dans la transmission. L’occident, sans s’en rendre compte, est intellectuellement dominé par la performance économique, industrielle, la production. Dans ce cadre exclusif de « penser » du monde la simplification et l’unité s’imposent : le mécanisme de la machine finit par s’imposer à l’esprit de l’occidental. Ce dernier ne peut plus penser que dans le cadre de la machine, parce qu’il est noyé dans l’esprit de la performance productive. La machine exige l’unité. L’occidental est devenu le servant, peut être même l’esclave de la machine. C’est cette esclavage qui l’enferme par exemple dans le principe de causalité, sans espoir, actuel, pour lui, d’en sortir.
  12. Yual Noah Harari revient sur la question de l’esprit dans son livre « Homo Deus, une brève histoire du futur ». Il écrit : « l’esprit est un flux d’expériences subjectives » dans lesquelles il range la douleur, le plaisir, la colère, l’amour mais aussi toutes sensations et pensées. Il fait, tout comme je le fais, la distinction, par exemple, entre l’émotion telle qu’elle est décrite par les scientifiques et telle qu’elle est vécue, ressentie. En fait nous revenons avec cette définition de l’esprit à la définition globale du « sentiment » en philosophie : une perception « intérieure ». Avec Harari l’intériorité intègre aussi les perceptions « extérieures » celles des cinq sens. « Les chercheurs ne savent pas de quelle façon une série de signaux électriques cérébraux parvient à créer des expériences subjectives ». « C’est la plus grande lacune de notre compréhension de la vie ». Il a cette métaphore amusante : quand des milliards de molécules s’unissent pour former un nuage il ne sort aucune conscience de ce nuage pour annoncer « je me sens nuage ». Il distingue, tout comme je le fais, l’activité cérébrale observable et l’activité spirituelle (celle de l’esprit) correspondante. Cette distinction est le résultat bien sûr d’une observation fine de soi-même, ce n’est pas le résultat de lectures savantes. Il écrit encore « les meilleurs hommes de science sont loin de déchiffrer l’énigme de l’esprit ». Cette observation, la singularité de l’expérience subjective, engendre mille questions, dont celle de la causalité. Nous pouvons décrire un phénomène cérébral chimique et électrique sans qu’intervienne l’esprit. Du coup « à quoi sert l’esprit ? ». Nous pouvons décrire chimiquement et électriquement l’action d’un homme mu par la faim sans recourir à son esprit. Il est probable, en fait, que l’esprit « accompagne » toute action depuis son début jusqu’à la fin. L’activité de l’esprit serait alors indissociable de celle du cerveau, deux activités apparemment parallèles, dont l’une échappe à l’observation « objective ». Dans ce cas l’esprit excède largement la conscience et nous pouvons parler d’esprit même dans le cas d’activité inconsciente. Nous retrouvons cette hypothèse de Joëlle Proust : l’esprit et le cerveau sont deux aspects du même socle ontologique. Et nous retrouvons même l’hypothèse de Teilhard de Chardin qui associe à tout grain de matière un grain d’esprit. Il est probable que mon sentiment, qu’il existe deux réalités, participe de cette distinction entre esprit et cerveau. Je pense que cette capacité à distinguer ces deux mondes est la conséquence d’une configuration cérébrale dans laquelle, chez moi, la pensée spatiale, intuitive, sensible, l’emporte sur la pensée rationnelle, verbale, analytique. Nous ne percevons pas le monde de la même façon selon notre structure cérébrale. De même que nous ne percevons pas le monde de la même façon selon nos engagements familiaux, sociaux et spirituels.
  13. Annalevine

    Nouvel attentat à Nice

    En effet s'il plie c'est en est fini de la liberté fondamentale des Français : avilir les autres, avilir les valeurs des autres. Bachelot a déclaré : l’âme de la France c'est caricaturer l'autre. L’âme de la France c'est avilir, dégrader l'adversaire. C'est fantastique l’âme de la France. Battons-nous jusqu'à mourir afin de pouvoir affirmer nos immenses valeurs : avilir nos adversaires. C'est magnifique mourir pour une telle fantastique cause : avilir l'adversaire. Au moins ça donne du sens à la vie. De mourir pour ça.
  14. Pour faire le point. Et être plus concret. Plutôt que de parler de la matière et de l’esprit, partons des études des neuroscientifiques. L’opposition qu’elles mettent en relief c’est celle du « cérébral » (la matière composée des neurones) opposé au « mental ». Mais qu’est-ce que le mental ? C’est ce qui nous apparaît, dans notre subjectivité, sans que ce qui apparaît ainsi soit observable hors de notre expérience intime. Ainsi en est-il du son. Le son n’existe pas en tant qu’objet observable, le son est une perception intime, qui n’existe pas comme objet observable. Nous observons des vibrations, nous n’observons pas le son. C’est un ressenti, non observable. De même pour les couleurs. Les couleurs ne sont pas les radiations électromagnétiques, les couleurs sont également un ressenti dont seul le sujet peut rendre compte. Il n’y a pas de son ni de couleur dans la nature. Il n’y a que des ondes. L’onde sonore n’est pas le son, la radiation n’est pas la couleur. Mais allons plus loin. J’ai déjà rapporté cette remarque d’une prof de français à un neurologue. Elle lui dit en substance : l’image dont vous me dites qu’elle est issue de telle ou telle activité cérébrale observable n’est pas l’activité cérébrale elle-même. Ainsi l’arbre que je vois n’est pas l’activité cérébrale qui selon vous engendre l’image de l’arbre en moi. Autrement dit : cette image je ne peux pas l’observer en observant le cerveau. Nul part dans le cerveau apparaît cette image. Où donc apparaît l’image ? Interroge la prof. Ce à quoi le chercheur ne sait répondre. Le réflexe c’est de se dire que le mental est un immatériel qui ne sert en définitive à rien. Que nous pourrions nous passer de cet immatériel. Mais la souffrance par exemple comme l’émotion, qui ne sont pas identiques aux processus chimiques qui les produisent tout de même que le son n’est pas identique à l’onde qui l’engendre, entraînent des actions que le « matériel » seul ne provoquerait pas. Le passage par l’immatériel, le mental, est nécessaire pour assurer la survie de l’organisme. En outre nous savons aujourd’hui que le concept de matière reste désormais mystérieux. L’équivalence de la matière et de l’énergie par exemple revient à faire équivaloir un « matériel » à un « immatériel » puisque l’énergie est un concept totalement immatériel. De même que la force de Newton était et est, elle aussi, un concept immatériel. Idem d’ailleurs pour l’espace-temps. Comment se fait-il que ces concepts immatériels puissent nous permettre d’agir sur le « matériel » ? L’Immatériel n’est pas non plus équivalent au bon vieux concept de l’idée. Nous ne sommes pas menacés de sombrer dans l’idéalisme. L’immatériel, ce que nous appelons le mental, ce que nous appelons par extension l’esprit, est bien réel. Nous découvrons ainsi une réalité à deux visages. Une réalité immatérielle, que nous appelons en général réel tout court, et une réalité immatérielle, qui s’avère être elle-aussi réelle. Le réel n’est plus identifiable au seul « matériel ».
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