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Tout ce qui a été posté par Annalevine
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Je comprends votre position. Vous pensez qu’il est possible de constituer des récits historiques objectifs. Pour moi c’est impossible. Il n’y a pas d’histoire objective possible. Je ne dis pas cela sur la base d’une inspiration soudaine mais sur le fondement de mon expérience. Pour avoir vécu un événement historique lorsque j’avais 20 ans je me suis aperçu que pratiquement tous les ans ( un peu plus peut être pour le délai) les historiens faisaient une relation de cet événement sans cesse modifiée. Il n’y a pas un événement de l’histoire qui n’est pas sans cesse modifié dans sa relation par les vagues d’historiens qui ensuite se succèdent. Vous-même vous ne percevez pas à quel point vous êtes subjectif, passionné voire véhément quand vous parlez de certains événements historiques ( la colonisation par exemple). Il n’y a pas d’histoire objective. L’histoire est un art. Une passion même pour vous.
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Ce que vous écrivez là n’est pas en contradiction avec ce que j’écris. Je spécifiais qu’il est abusif d’identifier hérédité et histoire. Bien sûr nous utilisons toutes les disciplines scientifiques possibles pour approcher l’histoire de... ( telle ou telle population, tel ou tel individu). Nous utilisons ces disciplines pour reconstituer un récit. Dans lequel nous y mettons beaucoup de notre imagination. L’histoire transcende toutes les disciplines pour construire un récit. L’histoire, pour moi, est un art. Qui comme tout art utilise des techniques ( les données des disciplines scientifiques dont vous parlez). Quand Picq raconte comment nos ancêtres chassaient, comment, quand ils arrivaient sur un terrain de chasse même les fauves avaient peur d’eux (alors que dans l’imagerie populaire nos ancêtres étaient censés avoir peur) il raconte une histoire qu’il imagine ( l’art) mais qu’il construit à partir de toutes les données objectives que vous citez.
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Quand vous examinez l’ADN d’un Tibétain vous ne pouvez pas dire si l’histoire de ce Tibétain fut une vie en altitude. Supposons qu’il ait émigré en France, son ADN ne vous le dira pas. Je veux bien penser que son ADN lui permet de vivre en altitude certes, mais je ne sais pas si son histoire est telle qu’il a vécu en altitude. Encore une fois rien de son ADN ne dévoile quoi que ce soit de son histoire. Vous allez me rétorquer, oui mais l’ADN d’un Tibétain prouve qu’il a existé tout de même des Tibétains qui ont vécu en altitude. Certes mais même dans ce cas vous ne saurez rien de l’histoire de ces Tibétains. L’histoire n’est pas une juxtaposition d’évènements, c’est un récit qui lie, entre autres, des événements entre eux et c’est un récit qui raconte aussi la manière dont ces événements ont été vécus. C’est une architecture singulière. Prenons un ADN dont vous me dites qu’il montre une disposition au cancer. Le cancer en soi n’est pas une histoire, c’est la manière dont vous vivez ce cancer qui devient une histoire. Deux personnes atteintes du même cancer ne vivront pourtant pas la même histoire. J’en reviens à la Bible que citait @Maroudiji. Il a raison sur ce point : l’ADN des Hébreux, si nous pouvions les examiner tous un par un ne nous permettrait pas de récrire la Bible à l’identique. De plus l’histoire ce n’est pas seulement un récit c’est aussi une mémoire. Une mémoire est faite d’un vécu, d’expériences singulières. L’ADN peut rendre compte de mouvements migratoires il ne vous dira rien de l’histoire des migrants, de leur vécu, de leur expérience singulière. Vous confondez hérédité, juxtaposition de faits potentiellement ou réellement observables et histoire. Votre confusion est manifeste dans la dernière phrase de votre exposé, où vous contrez l’expression « histoire » par l’expression « hérédité ». Je parle bien sûr ici de l’histoire des hommes.
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Vous confondez l’histoire de l’hérédité avec l’histoire tout court. Même l’histoire de mon père ne fut pas mon histoire. L’ADN ne dit rien de l’histoire des nations ni de celle des individus. Quant à l’origine commune elle a son histoire. Que nous ne connaissons pas même en contemplant l’ADN de cette origine. Mais même si nous connaissions cette histoire elle ne serait pas notre histoire de même que l’histoire de mon père n’est pas mon histoire. De même que votre histoire n’est pas la mienne bien que nos ADN appartiennent à l’espèce sapiens sapiens. Ce n’est pas en lisant l’ADN que nous prenons connaissance de l’histoire.
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Selon Jacques Monod (le hasard et la nécessité) il pourrait bien arrivé un jour qu’une théorie universelle « enveloppant à la fois la relativité, la théorie des quanta, une théorie des particules élémentaires » soit conçue par les scientifiques. « Pourvu que certaines conditions initiales puissent être formulées » , cette théorie globale contiendrait une cosmologie qui prévoirait l’évolution générale de l’Univers. Cependant « ces prévisions ne pourraient être que statistiques » La théorie contiendrait la classification périodique des éléments par exemple mais elle ne pourrait déterminer que la probabilité d’existence de chacun d’entre eux. Autrement dit cette théorie prévoirait l’apparition d’une certaine classe d’objets (des planètes, des étoiles, des galaxies) mais elle ne pourrait pas prévoir des événements particuliers (le soleil tel qu’il est, la terre telle qu’elle est, etc.) Pour Monod la biosphère ne contient pas une classe d’objets (classe = prévisible) mais elle constitue un événement particulier. Elle serait donc imprévisible, non déductible des conditions initiales. Elle serait certes compatible avec la théorie, explicable même par la théorie, mais son apparition ne serait pas certaine, elle ne serait que statistique. Autrement dit, si l’univers vivait une seconde naissance à l’identique de la première, rien ne dit que la vie apparaîtrait. Monod fait la peau au déterminisme qu’il présente curieusement comme une variation de la croyance en Dieu. Le déterminisme c’est encore mieux que Dieu car le déterminisme justifie l’apparition de l’homme comme « élu » de la nature, comme né de la nature, et ce de manière inconditionnelle (expulsion de toute « morale »). Le déterminisme et la certitude qui va avec : l’homme devait apparaître comme le grand œuvre de la nature (le grand œuvre de l’évolution) permet de se débarrasser de Dieu et de son cortège d’obligations morales (la Loi). Il conclut : toutes les religions, presque toutes les philosophies, une partie même de la science affirment la nécessité de l’apparition de l’homme. Monod, un peu ironique, salue « l’héroïque effort de l’humanité » niant désespérément sa propre contingence ». Ainsi il souligne que les religieux, les philosophes et même les scientifiques ont en commun cette certitude de l’élection de l’homme (élection divine pour les religions, élection de l’esprit pour les philosophes, élection naturelle (l’évolution) pour les scientifiques).
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L’ADN bien sûr ne nous dit rien sur l’histoire des hommes. L’ADN d’un Français ne nous dit rien sur l’histoire de France. L’ADN établit une filiation physique mais il ne nous dit rien sur l’histoire des sociétés humaines. Ils vous lisent trop vite, vous les exaspérez. C’est amusant.
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Regard sur la liberté d’expression en France. L’auteur du sketch qui suit a été viré.
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Ce ne doit pas être facile à chanter. L’accompagnement en images m’a beaucoup plu aussi. Je mets cette vidéo d’un tout autre genre, j’aime le dynamisme de ce garçon...et le timbre de sa voix.
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Quelques idées relevées dans mes lectures. Sujet science. Les Chinois n’ont pas du tout les mêmes représentations du monde que les Occidentaux. Nous pensons origine, fin ; pas eux. Il n’y a pas d’origine, pas de fin, que des « processus ». Ce qui ne les empêchent pas de faire progresser les sciences. Toujours sujet science : les sémites pensent : son, les indo-européens : image. La parole chez les sémites est apparentée au son. Leur pensée est verbale. Les Japonais relèveraient de l’animisme. Ainsi ils parlent et communiquent avec les animaux, persuadés qu’il y a une intelligence animale et même végétale. Pour l’occidental européen l’animal est une machine. Influence cartésienne . Les Américains aussi parlent aux animaux. L’utilitarisme. En écoutant Picq je vois qu’il intègre dans son discours les deux pensées, cerveau gauche, cerveau droit, dit-il. Picq travaille avec des savants du monde entier. D’où son ouverture d’esprit. Je faisais une erreur, et je pressentais cette erreur quand j’opposais la pensée analytique, temporelle, logique à la pensée spatiale, que je qualifiais : synthétique. Synthétique n’est pas le bon mot. Le bon mot pour désigner la faculté de la pensée spatiale c’est : l’induction (mise au point de Pïcq) Jusqu’à présent les anthropologues nous disaient que sapiens était sorti d’Afrique poussé par la recherche de nourriture ou de conditions climatiques plus favorables. Influence marxiste et déterministe : l’homme est naturellement une chose, donc il n’agit que sous la contrainte de besoins et de désirs. Picq visiblement a dû revoir sa copie. Il ajoute maintenant : et sapiens est sorti d’Afrique, sans doute AUSSI mu par une volonté, une inspiration, (le cerveau droit). Quand il parle de sapiens qui vogue sur l’océan sans savoir où il va alors il dit qu’il a fallu que sapiens bâtisse des représentions du monde (sans doute à base religieuse, encore que la religion de l’époque n’avait rien à voir avec les religions d’aujourd’hui). Sinon il ne serait pas parti explorer l’inconnu. La foi est un truc de nomade. C’est le mouvement, la marche, qui engendre la foi. Avoir la foi c’est : explorer l’inconnu en étant assuré de découvrir ainsi l’inimaginable. C'est cette assurance qui est : la foi. C'est elle qui a permis à sapiens d'avoir tous les courages.
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Je commence à comprendre pourquoi la théorie de l’évolution ne me satisfait pas. Je ne la pense pas fausse, je la pense incomplète. Cette théorie relève du déterminisme ou encore du marxisme : tout est déterminé dans son mouvement ou dans son évolution par des forces extérieures à ce tout. Par exemple, dans certaines conditions et certains points de vue (qui ici importent peu) le mouvement d’une particule est déterminé par le mouvement des particules qui la percutent. Ou encore dans la théorie marxiste ce sont des rapports sociaux de production donnés qui déterminent le comportement des personnes et des classes sociales. Dans ces visions du monde, tout objet est passif et déterminé par des causes qui lui sont extérieures. Rien ne surgit de l’intérieur même de l’objet. Pour eux il n’existe pas d’intériorité, il n’existe qu’un monde, celui qui relève de la pensée analytique, celui qui relève de l’observation « sensible » dirait Kant. C’est cette négation d’une liberté certes toute relative et bornée mais liberté quand même des objets qui est niée. Ce que j’entends ici par liberté c’est la possibilité pour un objet, même inanimé, de faire des choix, même infinitésimaux, même indétectables pour nous, Si ce terme de choix peut paraître excessif il est possible de le remplacer par : probabilité de telle ou telle réaction ou action de la part même d’un objet inanimé, rien ne venant réduire la probabilité comportementale sous une certitude comportementale. Si j’en reviens maintenant à la théorie de l’évolution il ne vient pas à l’esprit des théoriciens que l’apparition ou la disparition d’une espèce puisse aussi avoir pour cause une décision prise par la dite espèce. Les théoriciens darwiniens ne doutent pas que toute espèce tend à se reproduire par exemple. Or rien ne dit qu’il ne puisse pas arriver qu’une espèce « décide » d’elle-même de ne plus se reproduire. Sa disparition alors ne relèverait pas de la sélection mais d’une décision.
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comment était jesus christ selon vous ?
Annalevine a répondu à un(e) sujet de footcnul dans Religion et Culte
Il faut bien voir le contexte de l’écriture de la Torah. Les Hébreux, divisés en deux États, le royaume d’Israel et le royaume de Juda, sont vaincus par les envahisseurs venus de l’Est. Le royaume d’Israel le plus puissant, est le premier à tomber. Ce royaume disparaîtra et les Hébreux qui y vivaient seront assimilés par les nombreux peuples qui ne cessent de se succéder dans cette région. Seuls subsisteront les Samaritains dont il reste quelques milliers de personnes aujourd’hui. Puis le royaume de Juda tombe à son tour. Restent sur les lieux les paysans qui commenceront à leur tour à être assimilés. Sont déportés à Babylone les scribes et les chefs religieux, bref les intello de l’époque. Ce petit groupe de personnes refusent de perdre leur identité. Fait unique dans l’histoire des hommes ils vont créer un manifeste construit autour de mythes, de légendes et de traditions qui leur sont propres. Ils veulent sauver la mémoire de leur peuple.Ils y arriveront. 2500 ans plus tard l’identité juive que tant de peuples veulent faire disparaître tient toujours. Cas unique. Il y a tout de même un autre exemple. En Amérique du Nord une tribu indienne, pour résister à la violence des européens va se créer des origines mythiques et réussir à rassembler leur tribu autour de ces mythes. Le mythe est l’ultime arme de résistance des minorités pour ne pas disparaître, pour continuer d’être. Esdras réussira à sauver les Hebreux de l’assimilation et va fonder le judaïsme (c’est la tribu de Juda qui fut deportée à Babylone). Avec lui travailla Ezechiel. Quant à Jesus ses discours ne s’adressaient qu’aux enfants de Juda, les Judéens. C’était un réformateur de la société juive. Il ne s’est jamais adressé aux non juifs. Jesus n’est pas responsable du christianisme. C’était un judéen qui parlait aux Judéens. -
Il entonne des prières et des chants en arabe dans la cathédrale de Clermont-Ferrand
Annalevine a répondu à un(e) sujet de DroitDeRéponse dans France
Pour nombre d’historiens le monothéisme, le Dieu unique apparaît tardivement. Il apparaît avec Esdras et Ezechiel au retour de Babylone. Avant cela les Hébreux étaient monolatres, un seul dieu a l’intérieur de la tribu, mais ils rendaient hommage aux dieux des autres tribus quand il le fallait. La tradition nous dit que Salomon rendait hommage aux dieux de ses concubines. Au pied du Sinaï les Hebreux rendent hommage au veau d’or qui était tout simplement un Dieu de l’Egypte. Les prophètes ne cessent de menacer sans cesse les Hébreux pour leur infidélité au Dieu unique. Bref imposer le monothéisme c’était pas évident. Le traumatisme de la chute du royaume d’Israel ( et la perte de dix tribus assimilées par les populations locales) suivi par celui de la chute du royaume de Juda suivi à son tour par l’exil à Babylone, a radicalisé les « intello » hébreux ( les exilés étaient les scribes, ceux qui savaient lire et écrire). À Babylone ils ont écrit leur manifeste identitaire, la Torah, inspirée d’écrits anciens, babyloniens, etc. Puis de retour à Jérusalem ils ont imposé leur manifeste : seul un Dieu existe, à l’exclusion de tous les autres, même ceux des populations étrangères, les enfants de Juda non exilés, des paysans, durent quitter leur femme si elle n’était d’origine hébraïque, une seule Loi, etc. Ainsi naquit le judaïsme, la religion des enfants de Juda ( le mot juif n’existait pas à l’époque). Ce judaïsme enfanta plus tard le christianisme puis le judaïsme et le christianisme enfantèrent l’islam. Il n’y a qu’un Dieu à l’origine, celui d’Esdras et des babyloniens exilés. Les autres dieux, chrétiens et musulmans, sont des dérivés de ce monothéisme premier. Après bien sûr chacun récrit l’histoire. Ce phénomène est universel. Car, après, il ne s’agit pas de croire mais de VOULOIR croire : alors tout peut être dit. Quand à l’expression « je suis celui qui suis » elle a pour origine l’influence de la culture grecque et son concept : Être. A bien des égards le judaïsme est lui même une synthèse de plusieurs cultures antiques : mosaïque, babylonienne, grecque et sans doute quelques autres. -
J’en reviens à cette notion : espace public/espace privé. La révolution, apportée par les nouvelles techniques de communication, c’est de permettre à chacun, à travers l’édification de réseaux sociaux fondés sur ces nouvelles techniques, d’avoir un accès immédiat à l’espace public, puisque ces réseaux construisent, constituent même cet espace public. Ainsi l’accès à l’espace public ne nécessite plus d’acquérir les positions sociales hiérarchiques d’antan. En soi c’est une révolution qui à son tour modifiera profondément les rapports sociaux et les évolutions prochaines des hommes. Le temps mis à conquérir l’espace public est autant de temps rendu à la conquête ou à la construction de l’espace privé, familial ou intimiste.
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Il est curieux que nul ne réfléchisse à la nature du medium utilisé lorsqu’il s’exprime ici. Sans doute parce que tous pensent qu’il s’agit d’un médium usuel. Pourtant non, les hommes et les femmes se sont formés à la communication philosophique à travers des media qui n’ont rien à voir avec celui-là. Nous partons tous de l’hypothèse que ce medium est analogue à un espace public dans lequel chacun s’exprime à son tour sur un sujet donné. Mais dans un espace public usuel chacun est obligé d’écouter le locuteur, chacun doit faire l’effort de le comprendre, sauf à passer, dans l’assemblée, pour un hurluberlu, lorsqu’il prendra la parole pour exprimer une pensée qui ne se cheville pas à celle du locuteur. Ici nous sommes certes dans un espace public, mais chacun s’exprime en fait comme s’il était dans un espace privé ce qui lui permet de s’exprimer...pour lui-même sans finalement tenir compte de ce que dit le locuteur. C’est cette conjonction, cette superposition des états : espace public/espace privé qui est déroutante et inédite dans l’expérience humaine. C’est assez bizarre finalement ce medium. Prenons par exemple @deja-utilise. Il va répondre sur la mise en question de la philo par Guillaume en faisant le point...avec lui-même. Il instrumentalise Guillaume pour réfléchir sur lui-même. Exit Guillaume et son interrogation qui relève pourtant d’un sentiment ici et non d’un souci d’exposé conventionnel. Guillaume devient un objet, un catalyseur utile à l’expression finalement privée d’un autre. Du coup qui communique avec qui ? Personne.
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Mila, 16 ans, menacée de mort
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Petit ours dans Religion et Culte
Dans ce discours ce qui ressort avec force c’est que les gens en définitive décident de croire ( en ce qu’ils croient). La croyance, quand elle a conscience d’être croyance est ( ou devient) un acte de volonté. Je pourrais entreprendre DDR sur la situation historique d’Israel à l’époque de Jésus. La crise sociale sans précédent de l’époque. L’occupation du territoire par les Romains, après l’occupation par les Grecs, les Persans, etc. La tension séculaire pour retrouver l’indépendance et la forge de concepts comme le Messie ou l’Apocalypse pour fédérer et soutenir l’espérance en une indépendance retrouvée, je pourrais lui expliquer la fracture de la société hébraïque entre « les aristocrates » ( les Sadducéens), les Pharisiens, les Publicains, les Zélotes ou encore les Esseniens. Lui dire qu’en plus sévissait une crise économique. Une lassitude du peuple non seulement vis à vis des occupants ( qui levaient l’impôt sur les classes populaires) mais aussi vis à vis des pharisiens qui professaient une religion sclérosée tournée vers La Défense de leurs seuls intérêts. Jesus fut d’abord pris pour un messie, c’est à dire un chef propre à les libérer des Romains et aussi des Pharisiens. Il fut suivi par le peuple et regardé avec intérêt par les Zélotes ( partisans de la lutte armée). Mais Jesus ne cherchait qu’à contrer le joug exercé par les pharisiens, les bourgeois de l’époque. Or le peuple voulait aussi se libérer des Romains. Jesus fut abandonné par le peuple. Du coup les pharisiens qui redoutaient que l’ordre existant soit remis en cause à leur détriment se sont débarrassés de Jesus. Ce n’est pas le peuple juif qui a voulu la mort de Jésus, c’est une certaine classe sociale. Mais DDR se fout de ce que je peux lui dire. DDR a décidé de croire en ce qu’il croit. Il transformera le réel autant qu’il le faut pour que sa volonté soit faite. La question n’est pas celle qui porte sur la croyance en soi, la question est : pourquoi tant de gens décident, volontairement, de croire en ce qu’ils croient, même si leur croyance n’a aucun rapport avec les faits ? Lorsque la croyance devient un acte de volonté conscient elle devient redoutable et inquiétante. Ce phénomène ne touche pas que les religieux, il touche aussi quantité de scientifiques. -
Mila, 16 ans, menacée de mort
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Petit ours dans Religion et Culte
L’insulte, surtout dans un medium comme le forum, est d’abord une affaire entre l’insultant et lui-même. L’insulté, sur le forum, n’est pas pris en considération puisque, de toutes façons, vu la nature du medium, l’insulté est en fait instrumentalisé. Quand vous insultez, et vous le faites souvent, vous entrez en relation avec vous-même par le truchement d’un réflecteur, l’insulté. C’est pourquoi je ne suis pas sûr qu’il soit utile pour l’insulté de répondre. C’est là la grande illusion engendrée par ce type de medium : croire que l’insultant m’insulte, moi. Cette illusion ( l’insultant n’a pas même conscience du « moi » qui lui fait face) est étonnante. Elle démontre que le cerveau ( moi je dirai plutôt l’esprit) n’a pas été habitué, au cours des siècles de son évolution, à communiquer par le truchement de nos nouveaux média. -
Il m’est toujours aussi difficile de savoir à qui je m’adresse quand je viens écrire ici. Mais cette question peut être posée à chaque foromeur. À qui écrit-il ou à qui pense-t-il écrire ? Mais aussi : à qui répond-il ou : à qui pense-t-il répondre ? Lorsque j’examine les dialogues, sans intervenir, je vois que chacun reste étranger à chacun, sans probablement s’en rendre compte. L’autre est utilisé comme contradicteur ou comme approbateur pour affiner, chacun, sa pensée. L’autre est un moyen, un instrument. L’autre n’existe pas. Mais si l’autre n’existe pas, le sujet lui-même, moi donc, aussi, n’existe pas pour l’autre. Ce qui existe ce sont des constructions. Je n’existe pas plus pour celui qui a de la bienveillance que pour celui qui a de la malveillance. Quand l’autre parle de moi il parle de quelqu’un d’autre. Et il est probable que ce phénomène est symétrique. Quand je parle de l’autre il est fort possible que je parle de quelqu’un d’autre. Je ne crois pas que quiconque intègre dans sa pensée la pensée de l’autre. Personne n’a d’action sur personne. Encore que @Maroudijim’a influencé. Répéter sans cesse comme il le fait que les Grecs ne sont pas l’alpha (l’origine) de toute pensée rationnelle est justifié à mes yeux. Les occidentaux doivent apprendre à se décentrer. Il m’a invité à me décentrer. Et je réponds oui à cette invitation. Sinon, pour le reste, le fait d’être souvent nié est bénéfique. C’est dans l’adversité, voire l’hostilité, que l’on en vient à mieux affirmer et ciseler sa pensée. Mais l’hostilité ( ou la bienveillance) est toujours pour l’essentiel, imaginée. Puisqu’il n’y a pas d’existence réelle partagée. C’est plutôt en tant qu’il est hostile que le forum est stimulant, et vient s’ajouter aux innombrables stimulations de la vie. Son hostilité vient révéler l’hostilité que l’on peut encore avoir pour soi- même.
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Il est remarquable qu’en rayon « philosophie », lorsqu’un thème est lancé, chacun se met d’emblée dans la situation de l’orateur devant son public, de l’étudiant devant son professeur ou encore du disciple devant son maître. Comme si la philosophie ne pouvait se déployer que dans un rapport social déterminé par des conventions régissant des hiérarchies. « Que dois-je penser, dire, écrire qui soit agréé par le Juge fantasmé » pense chaque intervenant, chacun doté en plus d’un Juge qui lui est propre. Ainsi, par exemple, tous discourent sur la Vérité en se demandant quoi dire de convenu. Mais ce subalterne qui se déclare prudemment inféodé à la Convention, rendu à sa solitude, pense-t-il ce qu’il dit penser officiellement ? Non. Rendu à sa solitude et à la nécessité de conduire sa vie, il pense ce que son expérience ou sa ruse lui a enseigné.
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L’œuvre entreprise est d’origine mystérieuse. Tout vient de l’intérieur. L’énergie, puis les désirs et les intentions, enfin les décisions sont portés par une présence active, en soi. « Cela » devient tangible, sensible, perceptible pour qui se lance dans une œuvre pétrie d’humanité, qui le dépasse. Dans la réalisation d’une telle œuvre un courant naît en soi, et c’est ce mouvement que je perçois. Naître et mourir en ayant conduit et en ayant apporté toute son énergie et sa matière, mais l’une est équivalent à l’autre, à une œuvre humaine qui emporte hommes et femmes dans le courant vital. Mourir in fine c’est renoncer à soi pour ceux pour lesquels nous avons transmis vitalité, énergies. Je suis le lieu de rencontre de (presque) toutes les nations du monde. Réunies dans une même vaste famille, elles s’élancent à leur tour. Comme dans certaines nations nomades, une fois arrivés au terme, les anciens se retirent pour mourir. De nouveaux guides ouvrent de nouveaux chemins, toujours traversés et portés par cette présence voilée. Qui va. Quelque chose suit son cours. Celles et ceux qui sont en mouvement ne perçoivent pas le même monde que celui des « enracinés » devenus souvent des spectateurs. L’humanité est fractionnée. Elle lutte contre elle-même. Cette lutte est nécessaire à l’émergence de toute vitalité.
