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Annalevine

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Tout ce qui a été posté par Annalevine

  1. Vous avez eu raison de répondre. Le dialogue que vous avez engagé est passionnant à lire. J’apprends aussi près de vous : après des débuts difficiles sur le forum maintenant vous conduisez avec finesse vos sentiments sans être emportée. Ce que je ne sais pas toujours faire. Face à l’incroyable brutalité sociale de certain (e)s vous parvenez à tenir la barre.
  2. Parfois je me demande comment les ignares peuvent afficher une telle assurance. Dans son traité sur la métaphysique Heidegger n’arrête pas de s’appuyer sur le sentiment. Il écrit sans cesse le mot sentiment. Il explique que l’angoisse est un sentiment qui ouvre la voie à l’expérience du néant. Et voici qu’un personnage qui n’hésite pas à se prévaloir de Heidegger vient ici me dire que Heidegger ne s’appuie pas sur le sentiment. Ce qui signifie qu’il n’a pas même lu Heidegger. Ça me rappelle un autre phénomène qui prétendait qu’Einstein ne parlait jamais d’horloges. Quand je lui disais de lire les ouvrages d’Einstein, avec références, telle page, telle ligne, il continuait de me dire qu’Einstein ne parlait pas d’horloges. Si je dis à Groenland de seulement taper « Heidegger et le sentiment » sur Google il continuera de me dire que non, Heidegger ne s’appuie pas sur le sentiment. Parfois le forum a tout de l’asile de fous. Et je crois que c’est cela qui m’attire ici. Si j’ai eu un frère au sommet de la recherche scientifique j’en ai eu un autre réellement fou. Ici je peux passer de l’excellence avec certains à la folie avec d’autres.
  3. Nous sommes tous, ici, dans des rapports affectifs. Ces rapports sont assumés et même recherchés à propos de sujets touchant le quotidien. A priori nous pourrions penser que le rayon philosophie est le lieu où l’affectivité serait tenue en marge. Il n’en est rien. Il semble que l’intérêt des réseaux sociaux c’est de pouvoir introduire l’affectivité ( le sentiment, l’émotion) dans tous les champs de réflexion, y compris celui de la science et celui de la philo. C’est cela qui m’a échappé. Il n’y a pas de recherche philosophique ici il y a recherche d’un contact affectif. Quand un intervenant parle de l’Etre en citant Heidegger je m’imagine qu’il est parti à la recherche de l’Etre tel qu’Heidegger le conçoit. Mais pas du tout, Heidegger est cité pour donner du poids à une réflexion personnelle : l’intervenant a déjà un certain sentiment quand à ce qu’il appelle l’Etre, et la pensée de Heidegger à ce sujet en fait il s’en fout. Un autre peut dire en philo l’essence précède l’existence, il le sent comme ça, et quand à savoir si son affirmation peut prétendre à une vérité objective il s’en fout. « Ce qui est vrai est ce que je sens » affirme chaque intervenant. Et c’est un fait que dès lors qu’il y adéquation entre les mots ( et leur construction) et mes sentiments je peux dire : ce que j’affirme est vrai. Si je dis la terre est plate et que je ressens une satisfaction affective dans ce jugement je peux affirmer : ce que j’affirme est vrai car il est vrai que je le ressens ainsi. Du coup nous avons affaire avec une notion de vérité assise sur le sentiment ( l’affectivité ) et nous avons surtout affaire avec cette revendication : le sentiment est le fondement de mes vérités et j’exige que ma vérité soit reconnue comme étant la vérité. C’est la revendication de tous ceux que l’objectivité exigée par les autorités établies réduit, dans la réalité, au silence. Je pense ce que je pense et je veux que ce que je pense soit reconnu, quelle que soit ma pensée, même si ma pensée est de dire que la terre est plate. Je pourrais sourire et pourtant je reconnais que cette revendication de type affectif est justifiée.
  4. Vous avez donc besoin de chaleur humaine. Ne pourrait on pas en induire que l’une de vos recherches (l’un de vos problèmes) est d’être aimé ? Il est possible qu’en cherchant à sauver les autres vous recherchiez leur reconnaissance affective.
  5. Cette phrase me laisse songeur : je suis incapable de la comprendre. Deux mots surgissent face à moi : le mental et la conscience, je ne vois pas de quoi il s’agit. C’est ce passage au concept, passer de « l’expérience mentale » par exemple, où « mental » est un adjectif, au concept, au substantif « le mental » qui me laisse perplexe. Idem pour « la conscience ». Je peux tenter de saisir ce qu’est une pensée voire un acte conscient, alors « conscient » est un adjectif, mais « la conscience » en tant que concept ou substantif je ne vois pas ce que c’est.
  6. L’opposition mental/cérébral ou sa variante mental/neural, telle que je peux la lire dans les ouvrages neuroscientifiques ne me paraît pas heureuse. Après tout il est possible aussi de dire que tout est mental, même nos représentations dites objectives. Si je me réfère à cette remarque de l’enseignante en littérature au neuroscientifique britannique Chris Frith : « où apparaît cette image ? (où apparaît le bleu exactement) » la question porte sur la localisation. La question est spatiale. Cette question renvoie aux notions d’extérieur et d’intérieur. Ce que nous pouvons localiser dans un extérieur à soi devient : objet. Le distinction mental/cérébral aboutit à des apories. Car le cérébral lui-même, le neural, bref toutes les représentations que nous pouvons avoir par exemple du cerveau dans son fonctionnement, sont encore mentales. Nous pourrions alors tout réduire à cette question : comment le mental agit sur le mental ? Face à cet assujettissement du raisonnement au mental nous avons les réalistes qui nient l’existence même du mental et posent comme seul existant le localisable spatial. Ce localisable spatial est appelé par eux matière ou objet. Il n’ y a que de la matière qui agit sur la matière. Ces deux positions radicales ne peuvent rendre compte de l’expérience vécue. Celui qui ne tient compte que du localisable spatial, de l’observable spatial localisé, c’est-à-dire l’objet, pensent que l’objet en tant qu’événement observé est identique à l’événement mental correspondant. La longueur d’onde lumineuse x observée, par exemple, est identique au bleu tel qu’il est expérimenté mentalement. La longueur d’onde mécanique aérienne est identique au son tel qu’il est expérimenté mentalement. Or tout esprit capable de discernement constate qu’il n’ y a pas identité entre une longueur d’onde observée et l’événement mental correspondant (l’apparition d’une couleur ou l’apparition du son). Nous pourrions alors idéaliser le « mental », l’esprit. Mais cette idéalisation aboutit à des impasses aussi. Le seul moyen de continuer à explorer le monde est de partir du spatial car nous en avons une intuition immédiate (intuition au sens kantien). Nommer objet, matériel, etc. tout ce qui est observable dans un spatial extérieur à soi. Et de nommer sujet, mental (esprit) tout ce qui ressort d’un événement intérieur, non localisable dans un extérieur observable, tout ce qui s'inscrit en définitive dans un spatial paradoxalement non localisable. La distinction spatiale a un intérêt ou une valeur heuristique supérieure aux distinctions usuelles (mental/cérébral) lesquelles n’aboutissent qu’à des impasses telles que les scientifiques finissent par nier le mental, comme cause, pour en faire un effet, et les « littéraires » par nier le cérébral, comme cause, pour en faire un effet.
  7. Il est impossible de séparer la pensée d’un individu de sa singularité, c’est à dire de son positionnement social et historique. Nous sommes tous des êtres sociaux mais nous perdons conscience de notre détermination sociale spécifique liée à l’espace ( notre lieu de vie) et au temps ( le moment, dans l’histoire, où nous sommes situés). Il y a de grandes déterminations séparatrices des uns et des autres. Il y celui qui sera plutôt spectateur, observateur, non engagé, et son contraire, celui qui plutôt agit et s’engage. Il y a le sédentaire qui cherche l’enracinement territorial, et le nomade, l’apôtre du déracinement. Il y a sans doute d’autres déterminations qui ne me viennent pas à l’esprit, en ce moment. Ce n’est pas la réflexion, la délibération consciente et raisonnée qui fait qu’une personne est plutôt active qu’observatrice, plutôt nomade que sédentaire. Ces déterminations existent préalablement à toutes réflexions. Les philosophies sont déterminées par ces inclinations fondamentales. Les philosophies ouvrent des vois de cheminement en lien avec ces inclinations où elles construisent des plaidoyers pro domo. Ou les deux. Le débat sur le hasard, le destin, le déterminisme etc. s’appuie sur ces inclinations. L’observateur, le non engagé va devenir l’apôtre du déterminisme et du non-sens. La femme ou l’homme d’action au contraire va partir à la conquête du sens et postulera sur la réalité de tous les possibles.
  8. Plus je pratique ce forum plus je me rends compte qu’il existe bien deux mondes : celui des spectateurs et celui des acteurs. Le monde des spectateurs me paraît ici composé de personnes solitaires non engagées dans une quelconque relation collective. Ils regardent, seuls, le monde. Le paradoxe c’est que ces solitaires ont le sentiment d’atteindre une perfection ou une vérité qui, selon eux, fait défaut aux acteurs. Ainsi ont-ils le sentiment d’avoir toujours raison. Ils ont toujours le mot pour décrire le partenaire idéal, la société idéale, la pensée idéale, etc. Ils sont réfléchis, dépassionnés, ils savent que le sentiment ne peut qu’être un trouble à expurger dans le ciel clair de leur raison triomphante. Face à eux il y a le monde des acteurs, ceux qui font et créent le monde. Ceux là, et c’est paradoxal, donnent toujours le sentiment de faire des erreurs, des approximations, de s’appuyer sur l’émotion ou le sentiment, d’avancer puis de reculer. Ceux là donnent le sentiment de bricoler là où les spectateurs bâtissent des cathédrales rationnelles qu’aucun sentiment ne peut venir fragiliser. Je me rappelle de l’un des trois prix Nobel de biologie qui disait si Dieu existe alors il bricole. Mais ce qu’il voulait aussi dire c’est que si le concept de Nature signifie quelque chose, alors la Nature bricole. Paradoxe : ceux qui font le monde bricolent, ceux qui regardent disent le vrai ou encore le juste ou encore le sensé de manière parfaite mais ne font rien. Cela ressemble au football : il y a les joueurs qui font le spectacle et il y a les spectateurs qui savent mieux que les acteurs mais qui ne font rien.
  9. @uno En réagissant à votre discours, toujours étonnement porté par des émotions difficilement maîtrisées, je m’aperçois que le récit historique est toujours porté par une intention. Et, pour parler en prenant encore plus de champ, tout discours sur le vivant, toutes les sciences humaines sont portées par des intentions. C’est le propre du vivant d’être intentionnel. C’est pourquoi il n’y a pas d’objectivité possible dès lors que nous sommes en train de discourir sur des disciplines qui concerne le vivant. Cela n’est pas forcément gênant. Il suffit de détecter les idéologies ou les passions ( vous êtes plutôt dans la passion) du locuteur pour écouter son discours et savoir, pour soi même, le redresser afin d’y prendre ce qui peut contribuer à former son propre jugement. Quand j’étais en activité j’avais des collaborateurs qui me présentaient tel ou tel rapport sur telle ou telle question. Je les connaissais suffisamment pour savoir que leur jugement était aussi marqué par leur singularité ( on dit biais cognitif aujourd’hui). Je savais prendre dans leurs rapports ce qui m’intéressait après avoir fait l’effort de corriger leur jugement des écarts dus à leur personnalité. Tout cela pour dire que je savais qu’ils n’étaient pas et ne pouvaient pas être objectifs : le vivant intègre dans sa démarche, sans même le savoir, sa propre subjectivité. C’est comme cela que nous évoluons les uns par rapports aux autres, uno, dans une certaine complexité.
  10. Nous ne sommes pas dans les mêmes champs de réflexion quand nous datons scientifiquement l’origine du monde et quand nous ( les Judéens) la datons selon la tradition. Si nous étions dans le même champ il y aurait contradiction.
  11. Je n’avais pas vu que la Bible était l’histoire du gène juif. Avec vous tout s’éclaire. Ce forum a cela d’interessant qu’il permet tous les délires ( les miens aussi bien sûr). Qu’est-ce ce que vous n’écrirez pas pour avoir raison !
  12. Beaucoup de remous dans un verre d’eau. Tout ça pour finir par convenir que l’histoire n’est pas identique à l’hérédité. C’est tout ce que je voulais signifier.
  13. Le déferlement émotionnel de votre texte m’amuse, quand, ainsi submergé par l’émotion, vous y parlez de raison. Il n’y a pas de malice dans votre discours puisque je viens d’y lire que vous me donnez raison : la théorie de l’évolution et la Bible ne relèvent pas de la même « discipline ». C’est tout ce que j’essayais de vous dire.
  14. La théorie de l’évolution nous propose une histoire de l’hérédité. La Bible propose l’histoire d’un peuple. Vous êtes encore dans la confusion mais vous progressez. Les plus grands savants juifs participent avec leurs amis à Roch Hachana. Ils ont ainsi honoré la nouvelle année 5781 récemment ( si ma mémoire est bonne).Einstein lui- même fêta Roch Hachana. La vie n’est pas faite que du réel tangible, elle est aussi faite de l’imaginaire.
  15. Vous écrivez là, à l’identique, ce que je vous ai plus haut signifié. C’est exactement ce que je pense. Vous êtes intuitif ( mais un peu bougon)
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