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Annalevine

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Tout ce qui a été posté par Annalevine

  1. Je comprends enfin pourquoi, en lisant le neuroscientifique Chris Frith, je ne parviens pas toujours à bien le saisir. « Dans ce livre [Comment le cerveau crée notre univers mental], écrit-il, je montrerai que la distinction entre monde mental et monde physique est une illusion créée par notre cerveau » Cette phrase m’a toujours parue biscornue. Je vois désormais pourquoi. Il parle de nos cerveaux à partir d’un point extérieur au cerveau, il se place dans un lieu d’observation extérieur au cerveau. Mais où se trouve ce point d’observation ? Si nous sommes logiques avec nous-mêmes, si nous partons de l’hypothèse qu’aucune pensée ne peut venir d’ailleurs que du cerveau, même une pensée issue de l’observation, alors ce lieu est encore situé dans le cerveau. Quand je parle, quand je pense, je parle, je pense toujours à partir du cerveau. La première conséquence est celle-ci : je est identique au cerveau. Si je m’appelle A alors je = cerveau A. Cerveau A, je, parle, cerveau-A, je, pense, cerveau-A, je, observe. Ce n’est qu’à cette condition qu’il commence à être possible de comprendre les textes des neuroscientifiques. Il est nécessaire d’aller jusqu au bout de l’ hypothèse : toute pensée est issue du cerveau. Si je reprends la phrase de Frith je dois la corriger. Je dois déjà corriger son titre et écrire : « comment le cerveau-Frith crée son propre univers mental » et non « comment le cerveau crée notre propre univers mental ». Ensuite je dois corriger sa phrase initiale et l’écrire ainsi: dans ce livre « je » (cerveau-Frith) montrerai que la distinction entre monde mental et monde physique est une illusion créée par mon cerveau c’est-à-dire « moi », cerveau-Frith .
  2. En lisant les développements de Brian Greene sur l’entropie (jusqu’à la fin des temps) je m’interroge en constatant : c’est toujours le chaud qui va vers le froid, le flux thermique va dans un seul sens. Ce n’est jamais le froid qui se dit : tiens je vais aller refroidir le chaud. Le froid est passif, le chaud est actif. L’entropie va toujours du plus vers le moins. Déjà comprendre qu’un corps chaud a une entropie plus élevée que celle d’un corps froid est contre-intuitif. Comprendre ensuite que cette entropie est synonyme de désordre n’est pas une mince affaire. Je suis toujours surpris par l’inventivité des théoriciens en physique, ceux qui s’occupent de recherche fondamentale. Ils sont costauds. Ce que j’aime chez eux c’est leur humilité. Sans cesse ils disent : ce que je pose est hypothèse, et non certitude. Je me replonge dans « la nature de la volonté » (Joëlle Proust). En lisant subrepticement certains topiques ici : « les productions de notre inconscient » ou « manuel Epictète » je constate que les façons de penser qui se dégagent de ces topiques sont devenues complètement obsolètes au vu de l’avancée des neurosciences ou des philosophies de l’esprit.
  3. Jacques Monod écrit, page 25, le Hasard et la Nécessité, Essais, Point : « L’une des propriétés qui caractérisent tous les êtres vivants : celle d’être des objets doués d’un projet qu’à la fois ils représentent dans leurs structures et qu’ils accomplissent » Il s’avère également ceci : en se privant de toute notion de projet il est impossible de commencer même à étudier la biologie. Toute activité, même très parcellaire, d’un organisme vivant ne peut être comprise comme activité et dans son activité que si nous tentons de lui affecter au moins une finalité locale (id est une finalité déployée dans un espace et un temps finis, locaux). Il ne s’agit pas d’une finalité globale, ni d’un dessein intelligent, il s’agit de finalités locales. Cette propriété des êtres vivants Monod l’appelle : téléonomie. Je rapporte ces réflexions à cette question : est-ce que l’action quotidienne a un sens si je n’en connais pas le but ultime ? A quoi peut bien servir telle ou telle action, par surcroît éminemment mineure, si je suis incapable de la situer dans un projet global ? Posons l’hypothèse qu’il existe un but ultime, hypothèse et non certitude, et acceptons de renoncer à vouloir le connaître. Alors cette position implique un renoncement à la volonté de puissance, à la Volonté. Il est nécessaire de renoncer à l’incessante pression de la Volonté pour agir au quotidien de manière apparemment dérisoire. Puisque toute action ne peut naître et se dérouler que dans la définition d’un but, limitons ce but à un espace et à un temps donnés, définis, même de mesure infinitésimale. L’action quotidienne ouvre un chemin et même si je ne peux rien voir qui excède quelques pas, devant moi, ce chemin tout de même indique la possibilité de l’existence d’un but ultime qui change, dans la conception que je peux en avoir, au fur et à mesure que j’avance. Le but ultime est impossible à définir, il dépend sans cesse de ce que découvre à chaque mètre que j’ouvre devant moi, quand je suis en action. Je marche sur le fil d’un rasoir que je projette sans cesse au devant de moi.
  4. Des particules que nous ne verrons jamais mais dont nous croyons en l’existence s’unissent et donnent des noyaux, et donnent des atomes et donnent des molécules...Les associations de ces particules nées de notre foi inductive suivent des protocoles qui sont toujours les mêmes, dans l’espace et dans le temps. Alors ces protocoles nous les appelons : lois, croyant qu’elles seules relèvent du champ du possible, qu’elles sont éternelles. La répétition à l’identique d’événements physiques, chimiques engendre en nous ce réflexe : la répétition est loi. Chaque matin nous avons la certitude que le monde physique d’hier sera identique à celui de demain. Nous créons alors les concepts de permanence, de substance. Nous transformons en certitude ce qui est encore acte de foi : la foi que le monde physique de demain sera identique à celui de la veille. Les particules s’associent selon des modalités identiques à elles-mêmes. J’appellerai ces modalités : langage. Ainsi il existe d’abord dans la « soupe » informe des origines, des êtres appelés particules et des lois appelées langage. Matière et langage. Nul ne sait qui ou quoi enfanta les particules, nul ne sait qui ou quoi enfanta le langage.
  5. Ne pas donner d’explication sur le champ permet de se donner du temps. Et de considérer la pensée de l’autre en écartant le filtre du jugement. La foromeuse est une femme plus jeune que moi. Elle fait partie d’une génération qui aujourd’hui peut choisir là où, quand j’avais son âge, ou plus jeune encore, je n’avais pas le choix. Par exemple nous devions accepter d’avoir un physique qui nous déplaisait alors qu’aujourd’hui nous pouvons choisir de le modifier ou de le garder. Nous avons le choix. Il en est de même des émotions. Depuis que nous savons que le cerveau est une chimie et que cette chimie détermine nos états de conscience, nous pouvons agir sur le cerveau par la chimie. Ou pas, nous avons le choix. Je ne l’avais pas. A seize ans j’étais assailli d’ émotions intenses. Je partais soit dans des confusions exaspérantes soit dans des colères enivrantes. Je luttais contre ma timidité mais je cultivais ma violence. Tout cela en m’appuyant sur des représentations mentales. Je ne disposais pas de médicaments. Bien sûr il y avait la psychologie. Mes parents me présentent à un psy. Entretien avec un croulant de quarante ans, donc un pervers. Le type commence à me questionner. Il en vient au sexe. Question, te branles-tu ? (ou tout comme, et bien sûr il tutoie pendant que je le vouvoie). Colère. Il caresse un chien cylindrique, à ses pieds. Je rétorque : « Est-ce que je pose des questions sur votre sexualité ? Vous me parlez et vous branlez votre chien en même temps, vous n’êtes pas pas gêné ? » Esclandre, scandale. Je ne revis plus jamais de psy. Vive la colère. Que penser des émotions ? La timidité, merde je n’ai pas choisi. La colère, super j’ai choisi.
  6. Il y a cette phrase d’une foromeuse qui m’ a étonné et même choqué : « je n’ai pas choisi mes émotions ». Je ne m’attendais pas du tout à ce type de réflexion. Cette pensée me choque et par un réflexe obligé je tente de trouver des explications à la genèse de cette pensée qui sont en fait des explications dévalorisantes, des explications réprobatrices. Un autre foromeur, qui se proclame athée, dévalue la pensée d’un intervenant qui proclame sa foi : la foi est un acte d’abdication. Réflexe obligé : dévaloriser l’autre qui ne pense pas comme lui. Ce mécanisme : dévaluer (ou condamner) sur le champ une pensée qui ne nous va pas en lui trouvant une origine condamnable ou dévalorisante est un mécanisme universel si j’en crois Bronner. Un mécanisme qui s'impose à nous. Nous rejetons sur le champ toute pensée qui ne s’inscrit pas dans notre système de représentation et nous acceptons de même sur le champ toute pensée qui est compatible avec ce même système de représentations. Je suis moi-même soumis à un tel mécanisme. Si je me donne pour but de m’affranchir de ce mécanisme je dois adopter une méthode. Elle peut d’abord consister en ceci : renoncer à toute explication, contempler la pensée de l’autre, et même la mienne, sans vouloir aussitôt l’expliquer.
  7. Il y a des détails qui pour moi ont une importance. J'emploie le vous pour vous écrire. Vous employez le tu. Vous entrez d'emblée dans un rapport de domination avec moi, que je refuse. A moins qu'il s’agisse d'un tu qui inaugure une intimité. Je ne veux pas non plus rentrer dans une intimité avec vous. Je ne veux pas rentrer dans votre système. Je ne vous répondrai plus. Sauf si vous décidez de ne plus rentrer d'emblée soit dans un rapport de force, soit dans un rapport d'intimité avec moi. Employez le vous.
  8. Je critique la prétention de l’homme de raison à verrouiller tout imaginaire. La théorie de l’évolution par exemple, j’y adhère. Mais je la pose pas comme étant achevée. Cette théorie est incomplète même si j’ai bien du mal à formaliser cette incomplétude. Toute théorie est incomplète. Dans dix, cent ans, voire plus émergeront des théories qui ne nieront pas la théorie de la relativité par exemple mais qui en souligneront l’incomplétude en la complétant par de nouvelles hypothèses. Le rationaliste tente d’inhiber tout imaginaire et de figer la vérité en la déclarant universelle et indivisible dans le temps. En la déclarant « prouvée ». L’homme de raison despotique tente de verrouiller l’évolution. Ce faisant il provoque au contraire un déferlement d’imaginaires si violent que ce déferlement provoque de dangereuses déraisons. . Les mathématiques sont une discipline ou excelle des esprits qui brillent par leur excellence analytique (la raison) mais qui brillent aussi par leur imagination (l’irrationnel). Gödel est l’exemple même d’un tel jumelage. Une vision du monde délirante associée à une conception magistrale de la logique, équipage qui fit de lui l’un des plus grands logiciens du monde. Le danger des déraisons actuelles c’est qu’elles ne sont pas tempérées par une puissance analytique équivalente à la puissance de leur potentielle destruction.
  9. Vous caricaturez ma pensée. J’écris que c’est un travail de toute une vie que de corriger un logiciel cérébral ( s’il existe). Oui je pose la volonté comme pouvant réaliser un tel travail. Je suis une personne volontaire. Tout comme vous, tout comme Henri, mais nous n’employons pas les mêmes méthodes et nous n’avons pas les mêmes objectifs.
  10. Le livre de Gérald Bronner, Apocalypse cognitive, fourmille d’informations passionnantes. Parler de mécanismes cérébraux, comme il le fait, c’est parler du cerveau. Si je suis contraint, en le lisant, d’adopter moi aussi cette idée d’un cerveau qui impose ses lois je ferai tout de même cette distinction importante : cerveau et fonctionnement du cerveau ce n’est pas la même chose. Si je file la métaphore au point de considérer que le cerveau est un ordinateur, alors en soi un ordinateur ce n’est rien d’autre qu’un agglomérat d’atomes. Il lui faut encore une source d’énergie et un programme, un logiciel pour qu’il fonctionne. Il me semble que je dois concéder ceci : le logiciel qui anime nos atomes cérébraux nous conduit à des actes, à formuler des pensées, à ressentir des émotions qui s’imposent à nous. Mais s’il y a détermination elle provient du logiciel, pas du cerveau lui-même. Reste donc à savoir quels sont ces logiciels dont les instructions finales s’imposent. S’il existe un logiciel qui me contraint à subir certaines de ses dispositions, j’ai aussi la faculté de réfléchir aux contraintes qu’il m’impose. Ce logiciel je peux donc le considérer et le corriger, l’amender, l’accroître de nouvelles instructions. Le « je » reste à la manœuvre. Ce logiciel n’est pas figé, même s’il est à l’origine de mécanismes qui semblent aliéner ma liberté de décision. Je peux adopter le langage des matérialistes et des déterministes mais non m’y soumettre, en le transcendant par cette l’affirmation : le logiciel j’ai la faculté de le récrire progressivement, certes au prix d’un travail long et pénible, mais j’ai cette faculté. Je sauve mon unité au prix d’une concession majeure : l’unité est sans cesse à construire, labeur de toute une vie. Qui ne cesse jamais sauf quand vient l’heure de mourir.
  11. Ah tiens ? Non je trouve justement que les foromeurs disent ici vraiment leurs pensées à cause ou grave à l’affaiblissement du sentiment qu’ils ( « ils » dont je fais partie) ont de la présence de l’autre. Nous ne prenons pas vraiment conscience de la présence de l’autre ce qui lève des « modérations » que nous observons en général quand l’autre par exemple est réellement, physiquement présent. Je pense que vous-même ne prenez pas conscience de la présence de l’autre, sur ce forum, et vous dites des « choses » plutôt abruptes. Ce qui engendre des colères. Je pourrais vous répondre vertement, mais c’est pour le coup que je tomberai moi aussi dans cette ornière : vous répondre vertement justement parce que je ne fais pas l’effort de vous donner l’existence. Vous constatez que les gens ici pensent contre eux. Je suis incapable de faire ce même constat. Je fais le constat inverse. Que puis je en déduire ? Que votre représentation du monde est vraiment contraire ou opposée à la mienne. Je ne comprends pas du tout votre focalisation sur la souffrance. Je n’en parle d’ailleurs pas dans mon post. En fait votre intervention reste pour moi incompréhensible.
  12. L’intérêt du forum est de permettre de mieux identifier la pensée des autres, surtout des « autres » qui ne sont pas de la même communauté culturelle que la mienne. Cette identification permet ensuite de mieux identifier ma propre pensée. L’une des conditions propres à ce type de forum c’est que je prends clairement conscience de moi-même lorsque j’écris mais je ne prends pas nettement conscience de l’autre, surtout quand je ne le connais qu’à travers le forum et ses écrits. Dans ces conditions il est même impossible de prendre conscience de la réalité de l’autre, tel qu’il est, je ne prends conscience que d’une image très largement fabriquée par mon imaginaire. L’inexistence de l’autre agit comme une levée des censures non conscientes et libère la parole. La mienne comme celle de l’autre. Cette loi qui s’impose à moi est la même qui s’impose aux autres. Les différences culturelles ne sont pas réductibles par le raisonnement. Les oppositions ne viennent pas du raisonnement, mais de postures culturelles fondamentales qui précèdent très largement tout raisonnement. Au sein des religions abrahamiques il y a des séparations fondamentales. L’orthodoxe, dans le monde de la chrétienté, a des pratiques qui lui sont propres, très largement influencées par l’Orient. Le musulman ottoman est un oriental quand le musulman arabe est en un occidental. L’Ottoman ne pense pas comme pense l’Arabe. Il est possible que les langues véhiculent ces différences. Il existe ainsi des lignes de fracture bien plus réelles que les lignes religieuses. Au sein de l’humanité : Orient face à l’Occident. Au sein de l’Occident : philosophie des Lumières face à la Tradition. Les Arabes et les Européens sont des Occidentaux. Leur différence tient en ce que les Arabes n’ont pas connu la révolution culturelle des Lumières. Ils sont restés scotchés à Averroès. Espérons que les Arabes de France accompliront in fine leur révolution culturelle. Ce qui fait face à l’Occident ce sont les peuples issus des steppes de l’Asie centrale : ottomans, mongols, tatars et plus loin encore : Chinois, Japonais. Deux continents. Les Russes oscillent entre Occident et Orient. Soljenitsyne rejetait l’Occident dont il pensait que les Russes devaient se détourner. Actuellement les Occidentaux rejettent les Russes vers l’Orient. Vers la Chine. Il est possible que soit en train de se concrétiser la grande alliance de demain : Russie-Chine. L’Occident en rejetant les Russes et le continent russe vers la Chine sont des inconscients. Les Chinois pourraient bien un jour se tenir face aux frontières de l’Europe occidentale.
  13. Un foromeur dit, me citant : « tu te réconcilies avec ton athéisme », alors que j’ai toujours dit que je n’étais pas athée. Simplement je ne retiens pas l’hypothèse : Dieu existe (réellement), comme une hypothèse de travail. Ne pas reconnaître « Dieu existe » comme une hypothèse personnelle de travail ne veut pas dire que je suis athée. Cela veut dire que je ne m’intéresse pas, à titre personnel, à l’hypothèse « Dieu existe ». Être athée c’est lutter contre ceux qui adoptent comme hypothèse de travail : « Dieu existe » (réellement). Je ne lutte pas contre ceux-là, je ne me permets pas d’intervenir dans leur intériorité pour leur signifier : ton hypothèse c’est de la merde (c’est con, c’est infantile, c’est abdicatoire, que sais-je encore comme jugement dévaluant). Je peux me retrouver en opposition avec des actes qui peuvent être considérés comme une conséquence de l’hypothèse "Dieu existe", mais alors je m’oppose non à l’hypothèse mais aux actes. Je considère qu’il n’ y a pas causalité stricte et obligée entre hypothèse et actes, et que l’être humain peut toujours garder une hypothèse et en reconsidérer les conséquences (les actes) qu’il en a jusque là déduites. Cela signifie donc que je ne crois pas au déterminisme. Que je considère que l’être humain dispose d’une certaine marge de liberté (dans le mécanisme qu’il met en place entre hypothèse et acte).
  14. Il y a des mouvements lents de l’histoire. Les apercevoir exige de prendre du recul, comprendre que ces mouvements sont à considérer sur des siècles, voire plus. Il y a le Moyen Orient où les luttes sur les fractures civilisationnelles durent depuis des millénaires. C’est toujours actuel. Il y a la fracture entre l’empire romain d’Occident et l’empire romain d’Orient. Rome contre Byzance. Après la chute de Constantinople apparaît la troisième Rome héritière de Byzance, Saint-Petersbourg. Cette fracture culturelle est incarnée par des religions différentes, le catholicisme contre l’orthodoxie. Les langues s’opposent : l’alphabet latin contre l’alphabet d’origine cyrillique. Le latin contre le grec. Deux civilisations se font face : l’Europe occidentale d’un côté, la Russie et son caractère oriental, marquée par la longue occupation mongole de l’autre. Occident contre Orient. La ligne de fracture va de Saint-Petersbourg jusqu’au Caucase en passant par Smolensk disputée pendant des siècles entre l’Europe occidentale représentée par la Pologne catholique ( Rome) et la Russie. L’Ukraine est l’héritière de la Rus de Kiev. Rus, les Russes. Les Ukrainiens, les Russes et les Biélorusses sont originaire du même peuple : la Rus de Kiev. Tous sont des slaves de l’Est. Sous Alexis le Très Paisible. la rive orientale du Dniepr, donc le Donbass, est revenu à la Russie. Les habitants du Donbass se sentent Russes. L’occident a toujours eu des vues sur la Russie. Son fer de lance fut d’abord la Pologne-Lituanie. La Russie a vaincu. Puis il y eut la Suède avec Charles XII, la Russie a vaincu. Puis il y eut Napoleon. La Russie a vaincu. Puis il y a eu Hitler. La Russie a vaincu. Il y a maintenant l’impérialisme américain et ses valets européens. Peut-être qu’un jour la Russie sera vaincue. Mais elle luttera toujours contre ceux qui veulent la dépecer. Il faudra que vous veniez nous tuer pour nous vaincre.
  15. Je suis bien incapable de comprendre le sens du sacrifice d'Isaac. Il y a des kilomètres d'essais sur la question. Et j'ai sans cesse ce sentiment : chacun met dans cette histoire le sens qui lui convient. C'est toi qui donnes le sens (à ce sacrifice). Ta manière de choisir un sens dit quelque chose de toi. C'est intéressant non ? (je te plaisante avec un petit sourire-bienveillant). Cela dit : est-ce que Dieu expérimente ? Cela me rappelle l'essai d'un des prix Nobel (Monod, Jacob et je ne me souviens plus du nom du troisieme) qui laissait entendre que la création, l’univers, enfin ce que nous identifions dans nos observations, est un bricolage. Ça m'a toujours étonné cette vision : il y a bricolage. J’aime bien cette image. Maintenant dire à quelqu’un qui croit en l’existence réelle de Dieu que Dieu bricole je ne suis pas sûr que ça lui plaise.
  16. Ce n’est pas le cerveau qui décide de l’émotion. Le cerveau, en tant qu’être qui décide, n’existe pas. C’est un concept. C’est une création de l’entendement. C’est un imaginaire. C’est en tant qu’être imaginaire qu’il décide. En tant que réel il n’est rien d’autre qu’une délimitation spatiale et temporelle. L’émotion nait dans le cerveau. Non ce qui nait dans le cerveau c’est une réaction chimique. La réaction chimique n’est pas l’émotion. Faites cet effort d’observation : est ce qu’il y a identité entre votre émotion, votre ressenti et deux molécules que vous observez réagir ensemble ? Est-ce que l’observation d’une réaction chimique est identique à votre ressenti ? Si oui, s’il y a identité, alors vous n’avez plus besoin d’observer les réactions chimiques puisque votre ressenti devrait vous la donner cette réaction chimique. Si votre ressenti ne vous permet pas de décrire la réaction chimique alors il n’y a pas identité entre émotion et réaction chimique. L’émotion n’est pas identique à la réaction chimique. Il y a certes une relation mais il n’y a pas identité. Mais revenons à la réaction chimique. Elle nait dans le cerveau. Qui provoque la naissance ? Le cerveau ? Il est absurde de penser que le cerveau est à l’origine de la naissance de la réaction chimique. Qui choisit ? Vous dites : je n’ai pas choisi l’émotion. Mais votre cerveau n’a pas choisi la réaction chimique non plus. De toute façon cette division entre cerveau et soi est la conséquence de la condition sociale vécue. Plus un individu a du pouvoir moins il se scinde entre cerveau et soi. Dites à Ivan le terrible que sa colère est engendrée par son cerveau je puis vous dire qu’il éclatera de rire et vous dira : mon cerveau c’est Moi et il vous tuera de colère. La femme ou l’homme de pouvoir a ce luxe de pouvoir s’identifier au cerveau, au sentiment, à Dieu, luxe qui n’appartient pas à celle ou celui qui doit subir à son corps défendant l’ordre social existant. Cette mise à distance de l’émotion comme étant un phénomène qui ne nous appartient pas est le signe de notre esclavage social. Consenti qui plus est.
  17. Il est toujours étonnant de lire ce type de réflexion : ce n’est pas moi qui agit c’est mon cerveau. Quand j’ai une émotion c’est mon cerveau qui agit, pas moi. Et boum me voici fracturé : il y a le cerveau et il y a moi. Nous ne sommes même pas deux en un, non il y a deux « personnes » côte à côte, dont l’une asservit l’autre. Ce qui est étonnant c’est que cette fracture est introduite cette fois-ci par la science, les neurosciences. Il y a cette étonnante continuité entre religions abrahamiques (qui fracturent l’homme entre volonté de Dieu opposée à celle de l’individu), la psychologie qui fracture l’homme entre le désir inconscient et le sujet auquel il s'impose, et la science maintenant qui fracture l’homme entre le cerveau qui agit et un « moi » qui subit. C’est étonnant ce schéma identique, cette permanence dans le temps des représentations religieuses originelles. Ce qui est étonnant c’est ce manque d’audace : cette incapacité à s’approprier ses propres émotions ou ses propres désirs. Comme si cela était un crime de lèse-majesté (que la majesté soit Dieu ou l’inconscient ou la matière) que de s’approprier...ce que nous sommes.
  18. Annalevine

    Mes choix

    Je ne parviens pas à dormir. Je cherche dans la masse de mes souvenirs une chanson qui tente de me tendre ses bras...
  19. Il y a souvent une sorte de fascination morbide pour l’agresseur, même lorsqu’il s’agit de le dénoncer. Il est dangereux pour une personne qui a vécu un viol de s’exprimer ici, sur un forum. Ou alors il est nécessaire de le faire avec pas mal d’artifice. J’espère que Jane ne sortira pas trop meurtrie de ce dialogue.
  20. Vous êtes pilotée par le principe du péché originel. Ce principe est une plaie.
  21. Nous sommes le lieu d’oppositions, de disputes intérieures, de conflits. Nous balançons souvent entre divers choix, diverses visions, divers possibles. Mais ces luttes restent toujours à l’intérieur d'un même "je"qui doit rester au-dessus ou au-delà de tous les jugements de valeur. Un "je" inexpugnable. Je pense que dans notre développement l'enfant puis l'ado est toujours affronté peu ou prou à la violence du monde. Cette violence est parfois intense, tout dépend de notre environnement. C'est cette violence qui met à mal notre intégrité, notre unité, parfois elle parvient à nous briser, à nous fracturer. Ceux qui ont un pouvoir social fort, hommes ou femmes, que leur champ d'action soit la religion, la philosophie, la science, l’économie...ont tendance à exercer une culture du viol. Il est nécessaire pour l'individu, de toujours rester méfiant vis à vis des personnes de pouvoir, et de savoir distinguer ceux qui tendent à nous affranchir et ceux qui tendent à nous violenter. Aujourd'hui nous ne pouvons plus faire confiance en la science, bien qu'elle fut l’instrument jadis de notre libération. Maintenant qu'elle exerce le pouvoir avec d'autres, à son tour elle porte en elle des "prophètes" destructeurs. Nombre de personnes aujourd’hui choisissent d’étudier les sciences pour satisfaire leur désir de contraindre l'autre. Le prêtre religieux stigmatisait l'autre au nom de Dieu, le prêtre scientifique stigmatise désormais l'autre au nom de la Raison.
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