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Tout ce qui a été posté par Annalevine
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Quand je tente de synthétiser certaines considérations intellectuelles je m’aperçois à quel point un tel effort est parfois sans intérêt. A quel point il ne s’agit finalement que d’exercices rhétoriques. Prenons par exemple la question : l’homme est-il différent de l’animal ? Voici par excellence une question qui ne m’intéresse pas. Il ne me vient pas à l’idée de rentrer dans cette disposition d’esprit : établir une hiérarchie entre l’animal et l’homme. Pourtant quand un religieux ou un philosophe m’interpelle et commence à me signifier que oui, décidément, l’homme est supérieur à l’animal, je rentre dans sa polémique que je n’ai pourtant pas sollicitée et me voici emporté dans des discussions qui ne sont jamais finalement que divertissements involontaires, me détournant inopportunément de la route suivie. Je me laisse distraire. Pour le plaisir vain de l’affirmation de soi. Nous nous faisons violence quand nous acceptons de discuter de telle ou telle question philosophique, religieuse ou politique. Mais nous rentrons tout de même dans le débat, soit que nous y sommes obligés si je suis un lycéen sommé de développer un sujet de dissertation, soit que, piqué dans mon amour propre, je veux démontrer que je sais répondre. Si je devais me positionner sur la question de l’animalité alors je dirai que j’aime l’animalité en moi, j’aime l’animalité en général. Elle m’émerveille le plus souvent. Et je n’éprouve aucune honte, aucun sentiment de dévalorisation quand cette animalité s’exprime, en moi, au moins dans la pensée, dans l‘impulsion sexuelle ou violente. Quand au passage à l’acte cela reste une question personnelle.
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Un ave maria qui t’accompagne dans les circonstances actuelles...
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Que signifie "faire l'amour", pour un homme ? Pour une femme ?
Annalevine a répondu à un sujet dans Amour et Séduction
L’acte de se rétracter ou plutôt de se contracter s’appelle : le tsimtsoum ( c’est dans la kabbale de Louria) La création ne fut possible que par le retrait du En Sof en lui-même ( En Sof : le Dieu infini). Par ce retrait (tsimtsoum) En Sof laissa un espace vide, un espace primordial, appelé tehiru qui reçut la Création. -
Je m’oriente de plus en plus vers cette vision de la psyché. Il y a le « « moi-conscient », celui qui officie quand je dis « je », il y a celui que j’appellerai pour le moment : « l’ami intime » celui que le commun appelle : l’inconscient, voire maintenant le cerveau, concept qui passe le plus souvent pour un avatar de l’inconscient. Il m’a fallu du temps pour accepter que cet « inconscient » considéré par le commun comme « aveugle », fût doté d’une « intelligence » qui dépassât largement les facultés du conscient. Stanislas Dehaene, dans « le Code de la conscience » Odile Jacob, page 125, écrit « Henri Poincaré , dans science et méthode (1908) avait anticipé la découverte de la supériorité du jugement inconscient, massivement parallèle, sur la pensée consciente lente et sérielle » Poincaré lui-même raconte comment, alors qu’il vaquait à des occupations mineures, il eut l’idée soudaine, venue là par inadvertance « que les transformations dont j’ avais fait usage pour définir les fonctions fuchsiennes étaient identiques à celles de la géométrie non euclidienne ». A propos d’autres études mathématiques il écrit « dégoûté par mon insuccès, j’allais passer quelques jours au bord de la mer et je pensais à autre chose. Soudain l’idée me vint, (alors qu’il se promenait sur la falaise), que les transformations arithmétiques des formes quadratiques ternaires indéfinies étaient identiques à celles de la géométrie non euclidienne » J’ai longtemps cru, comme le commun, que l’ami intime n’avait pas un accès direct au monde extérieur. Pourtant si, nos cinq sens renseignent aussi bien le « je » que l’ami intime. Et les neuros de ce côté-là nous en apprennent toujours plus : l’ami intime est capable d’attention, capable de lire, d’écrire sans que ces activités passent nécessairement par la conscience, et sa faculté de raisonnement a une puissance telle que moi, conscient, suis incapable de rivaliser avec lui. Ceux qui pratiquent la recherche fondamentale savent tout ce qu’ils doivent à l’ami intime. « Nous surestimons la conscience » écrit encore Dehaene, et ce, bien sûr, parce que le monde qui nous parait total est le monde...dont nous avons seulement conscience. Pourtant le monde dont nous avons conscience n’est qu’un éclat du monde total.
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Ce que vous visez c’est la maîtrise de votre environnement selon vos « lois » ( vos valeurs). Dans la réalité cette maîtrise devient en effet une source assez puissante d’un sentiment de satisfaction et même d’accomplissement de soi. Dans la réalité, ce sentiment d’accomplissement de soi devient le plus intense lorsque vous parvenez à maîtriser votre environnement social, professionnel, familial. Mais comme cette maîtrise est sans cesse contestée, et c’est normal, par les événements ou par les individus, vous devez sans cesse lutter pour conserver cette maîtrise ou vous devez vous associer avec qui partagera la même maîtrise. Je dirai que vous êtes une femme volontaire qui tente avec succès, j’espère, de réaliser dans le réel sa volonté ( réalisation exécutée bien sûr en respectant vos valeurs). C’est dans le cadre de cette volonté de maîtrise que vous pouvez être conduite à faire attention à votre langage et à le construire selon des règles de rationalité. La rationalité est l’arme de ceux qui ne naissent pas avec le pouvoir. Quand vous naissez avec le pouvoir vous pouvez vous permettre d’être irrationnelle car les autres dépendent de vous : vous les tenez dans votre main. La rationalité, quand vous cherchez à conquérir la maîtrise, devient une arme dans une société technicienne. Dans une société féodale c’est l’épée qui est l’arme idoine. Pas la rationalité. Dans une société dominée par la religion c’est la manipulation du symbole, comme forme de régie de l’imaginaire, qui devient une arme, etc. Aujourd’hui quand vous ne naissez pas avec la maîtrise assurée de votre environnement vous pouvez néanmoins vous affranchir du monde en devenant hyper compétent dans un domaine particulier. Quand vous arrivez à une telle compétence, alors vous faites ce que vous voulez. Vous pouvez même vous affranchir du désir de maîtrise, tous vous laissent marcher sur la route par vous seule choisie. Vous accédez à la liberté.
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Ce que nous enseignent les neuros c’est que tout événement mental est sous-tendu voire engendré par une activité neuronale. Tout événement mental : tout ce dont chacun a conscience, que ce soit une perception, un état ou une activité type : penser. Mais alors puisque tout est processus neuronal, les neurones n’ont pas besoin de la conscience pour continuer leur danse. Voici ce qu’écrit Théodule Ribot (1922) « Ce n’est pas l’état de conscience comme tel mais bien l’état physiologique correspondant qui se transforme en acte...si l’on s’obstine à faire de la conscience une cause tout reste obscur ; si on la considère comme le simple accompagnement d’un processus nerveux qui lui seul est l’événement essentiel, tout devient clair » Dans son livre "Homo Deus" Yuval Noah Harari note que les chercheurs ont établi des corrélations et « même des liens de causalité » entre courants électriques du cerveau et expériences subjectives. « Quand le neurone Bill Clinton est sur « on » la personne pense à Bill Clinton » « Comment le mouvement des électrons d’un endroit se traduit-il en une image subjective de Bill Clinton ? » Personne ne le sait. Si un homme voit un lion des signaux électriques s’enclenchent qui vont de l’œil au cerveau, il s’ensuit une cascade de signaux qui conduit l’homme à s'enfuir sans que cette cascade ait besoin de l’expérience subjective de la peur pour se dérouler. « Mieux nous comprenons le cerveau plus l’esprit parait superflu ». L’esprit est le lieu où se déroule l’expérience subjective, l’expérience consciente. Les mathématiciens se sont emparés de la question et ont construit des algorithmes pour décrire la série d’étapes qui va d’un stimulus à l’action. Aucun algorithme n’a besoin d’un état de conscience pour conclure à l’action. Harari conclut que l’attitude pertinente est de rejeter l’existence même de l’esprit. Mais même en niant l’existence de l’esprit il reste l’expérience subjective. Je ne peux pas nier que, lorsque je marche sur un clou, je fais l’expérience subjective de la douleur. On retombe sur Théodule Ribot : impossible de nier l’expérience subjective, impossible de nier l’existence de la conscience, mais elle n’est qu’accompagnement, elle ne sert à rien. « Certains chercheurs tels Daniel Dennett et Stanislas Dehaene soutiennent que l’on peut répondre à toutes les questions pertinentes en étudiant l’activité cérébrale sans recourir à des expériences subjectives. Les chercheurs peuvent donc sans risque rayer esprit, conscience et expériences subjectives de leur vocabulaire et de leurs articles." La question en définitive qui se pose quand je lis tout cela est celle-ci : est-ce que la conscience, est-ce que l’expérience subjective peuvent être cause de quelque chose ? Car c’est bien cela qu’affirment les neuros : la conscience ne peut pas être une cause de quoi que ce soit. Elle existe, soit, mais n’étant cause de rien, il n’est pas utile d’en parler dans les thèses. La conscience, plus précisément pour rester concret et éviter de tomber dans une métaphysique stérile de la conscience, l’expérience subjective ne peut-elle pas à son tour être cause de quelque chose ? Les scientifiques disent non, ou plus exactement : on n’en rien à foutre de l’expérience subjective. Et quand on insiste ils s’écrient « ah vous nous cassez les pieds avec vos biais cognitifs ! » Du coup ce sont les philosophes qui s’emparent de la question.
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Ce que je ne comprends pas chez vous c’est pourquoi vous recherchez l’assentiment des foromeurs. Vous alignez des considérations philosophiques de plus en plus abstraites qui lassent le lecteur : pourquoi vous suivrait on dans des considérations éthérées dont nul ne voit ce qu’il peut en sortir d’utilisable pour lui ? L’exigence d’équations que certains attendent de vous c’est l’exigence d’une formulation qui permette à chacun de s’approprier votre pensée. Or vous ne faites pas cet effort. En sciences tout commence par une expérience de pensée, je suis d’accord avec vous là dessus, mais l’exigence que le scientifique se donne c’est de traduire ses expériences de pensée en langage mathématique que chacun peut alors saisir. Votre expérience de pensée est votre expérience de pensée, elle n’est pas celle des autres. À vous de transmettre votre expérience de pensée en langage objectif et non plus saisissable que pour vous. Vous répétez sans cesse des phrases autour du néant ( et ce qui m’agace c’est que vous plagiez heidegger en profitant du fait que la plupart des foromeurs ne le connaissent pas ) mais vos antiennes répondent à des soucis qui ne sont que les votres. Vous ne pouvez pas attendre que vos questions existentielles soient aussi celles des autres. Vous n’aurez pas l’agrément des autres ici ce qui est normal. Vous cherchez un agrément, ok, essayez d’identifier l’être mythique dont vous recherchez l’agrément. Je ne vois pas ce que votre fil vient faire dans le rayon science, il devrait être rangé dans le rayon philo. La science c’est aussi de la technique ce n’est pas que des pensées. Enfin le scientifique, dans le cadre de la science, ne cherche pas à rendre compte du monde, il cherche à rendre des contradictions très pratiques qu’il rencontre dans l’état actuel de la science. Certes Einstein ou Godel ont donné leur vision du monde mais toujours en tant que philosophes, pas en tant que scientifiques. Vous mélangez les genres.
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Il est nécessaire que je fasse attention à mes expressions. Quand j’écris moi-je, mon intention est d’associer « moi » et conscience, il s’agit du conscient-je, ou du je-conscient. Avec cette constatation : lorsque « je » parle, que ce « je » soit moi ou l’autre qui parle en disant « je », celui qui parle alors s’exprime en pensant s’exprimer à partir de sa conscience. Il n’associe pas l’inconscient au « je ». Cela d’ailleurs paraît impossible, quand je dis « je » d’y inclure aussi l’inconscient. Témoin ces remarques ici ou là sur les émotions. Les personnes se sentent étrangères à leurs émotions. Elles pensent que les émotions s’imposent à elles, au « je » comme elles pensent parfois que ce qu’elles appellent instincts s’imposent à elles, à leur « je ». C’est dans le rapport à l’autre que se réalise la synthèse du conscient et de l’inconscient. Quand j’écoute une personne aimée, par exemple mon épouse, je la « fais » une, synthèse du conscient et de l’inconscient. Car si j’écoute ce qu’elle dit, que je peux considérer comme l’expression de sa conscience, du je-conscient, je suis encore plus attentif à ses expressions, ses attitudes, ses intonations, bref tout ce qu’elle exprime et dont pourtant elle n’a pas conscience quand elle parle. Dans mon regard, dans mon attention à elle, elle atteint un « je » transcendant, qui unifie en lui conscient et inconscient. Et je sais qu’à mon tour, dans son regard, elle me constitue, elle me fait un, sous ces mêmes catégories conscient et inconscient. Après nos dialogues, elle me fait souvent remarquer : je me construis en toi, et je lui réponds : je me construis en toi. C’est sous l’attention de l’être aimé que nous réalisons notre unification, que conscient et inconscient s’associent pour faire un.
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Il est toujours intéressant de découvrir les réflexions d’un physicien comme Greene quant à l’avenir de l’univers. Réflexions qui tendent toutes à affirmer que l’univers mourra dans un froid infernal et dans une extension de l’espace qui brisera toutes les structures existantes y compris la vie. En fait Greene décrit ce qui se passera dans notre représentation du monde. Mais nos représentations ne sont pas le monde, elles sont des représentations. Et si nous identifions monde et représentation du monde, réel et perception du réel, c’est pour cette raison que nos représentations nous permettent d’élaborer des instruments et de poser des actes qui agissent sur le monde réel dont la nouvelle représentation que nous pouvons alors en avoir, après action, modification « insaisissable », répond à nos désirs, à nos attentes. En clair nous agissons à l’aveugle sur le réel, par le biais de représentations qui « marchent » et tant que nous avons des retours satisfaisants, ça nous va. Jusque ce que, n’ayant plus de retours satisfaisants, nous élaborions d’autres représentations, telles la théorie de la gravité ou la physique quantique, dont les retours, après action, toujours à l’aveugle, nous satisfont. En attendant de nouvelles insatisfactions qui nous porteront à construire de nouvelles représentations (dans lesquelles il est possible que les futurs imaginés par Greene n’aient plus aucun sens). Nous faisons passer aujourd’hui la couleur d’information brute en information construite par le cerveau. Faisant cela nous disons : dans le réel, il n’ y a pas de couleur, il y a des ondes ou des particules. Mais nous ne sommes toujours pas dans le réel. L’onde ou la particule sont encore des représentations. Nous ne pouvons pas avoir une connaissance du réel qui fasse abstraction de ce que nous sommes. Nous ne connaissons le réel que par la relation qu’il entretient avec nous, et même là encore cette relation a lieu dans nos représentations, mais il y a en effet relation, traduite dans nos représentations, sous forme de choc, influence, champ, force, etc. Cette relation est peut-être aussi traduite sous l’espace et le temps notions qui restent à bien des égards étranges. Et si cette étrangeté venait qu’elles sont relations avec l’ineffable (le réel) ? Ces philosophes idéalistes, Platon ou Kant, qui rêvaient d’une connaissance intuitive du monde, par le biais d’une intuition directe de l’entendement (hors des sens) s’égaraient. Même si cette intuition de l’entendement existait elle serait encore dépendante de la nature même de l’entendement. Et même si l’esprit existait et était capable d’intuition directe, cette intuition dépendrait encore de la nature de l’esprit. Humain, trop humain, toujours. Pour connaître le monde réel il faudrait le considérer à partir d’un point de vue où nous serions rien.
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Plus je tente de m’approcher de la conscience, animé par la volonté de résoudre cette question : qu’est-ce que la conscience ? plus j’ai le sentiment que la conscience s’enfuit devant moi. Mais aussi sur le chemin je découvre des configurations étonnantes. Prenons le qualificatif : automatique, employé par une forumeuse à propos des émotions. L’automaticité relevée par cette femme est une automaticité relevée du côté de sa conscience. De son point de vue conscient, l’émotion est automatique. Parce qu’elle [elle-consciente] ne décide pas de l’émotion, cette femme se sent décidée par un autre que nous pouvons convenir d’appeler : non-conscient. Mais s’il était possible d’incarner le non-conscient reprendrions-nous alors le qualificatif : automatique ? Probablement pas, car du point de vue du non-conscient, l’émotion est décidée. En rencontrant l’automaticité de l’ émotion (du point de vue conscient) je me dis que nous sommes probablement « automatisés » même dans nos comportements que nous pensons décidés, puisque nous savons aujourd’hui que la décision que nous croyons être nôtre est en fait une décision formée dans le non-conscient. Et c’est même grâce à l’illusion dans laquelle nous sommes (quand nous pensons que c’est nous qui décidons) que le libre arbitre non-conscient si je puis dire, en forme de provocation bien sûr, s’impose comme déterminisme en nous, nous-conscients. Nous [nous-conscients] sommes déterminés par le seul fait que nous nous pensons libres. Dingue tout de même. Mais alors à quoi sert la conscience. A rien ? cette question actuellement tout le monde se la pose ! Enfin tous ceux qui explore la psyché. Remarquons avec Greene que si nos déterminations sont forgées dans le non-conscient, il se passe là, dans le non-conscient, des phénomènes inouïs. Car la conjugaison ensemble de milliards de milliards de neurones fait intervenir des phénomènes quantiques d’indétermination. Nous [conscients] sommes donc déterminés par une volonté indéterminée. Encore plus dingue. Je commence à comprendre pourquoi Greene dans son livre « jusqu’à la fin des temps » ouvre des possibles délirants, tout physicien de très haut niveau qu’il est. C’est qu’en fait dans le cadre de la physique quantique tous les possibles sont envisageables, y compris l’impossible, car même l’impossible a une probabilité non nulle de se concrétiser. Il est autorisé d’envisager possible l’impossible tout en restant quand même raisonnable : il ne faut pas penser possible tous les impossibles, seulement quelques impossibles. C’est réjouissant tout ça.
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Je n’aime pas marchander non plus, c’est ma culture d’occidental. Mais quand je suis allé au Maroc avec mon épouse, née à Casablanca, elle m’a dit : laisse moi faire. Elle m’a scié par sa manière de marchander. Elle baissait sans cesse le prix, et elle papotait et elle papotait. À la fin elle a acheté des trucs dont on n’avait pas besoin. Je lui ai dit : mais c’est dément ton truc, le type il t’a vendu ça pour rien, toi tu es contente mais ça nous sert à rien. Elle m’a répondu : c’est la coutume ici, c’est notre façon de communiquer. J’ai aimé sa réponse. Du coup dans les souks j’ai du passer des heures à écouter ma femme palabrer dans un arabe qui faisait rire les hommes à cause de l’accent français qu’elle a pris. En proposant un prix ferme et pas de discussion vous cassez la relation et la coutume locale.
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A quoi s'attendre avec les écologistes ?
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Scrongneugneu dans Politique
Ces nouveaux comportements individuels sont importants mais non suffisants. Il faut demander à ceux qui s’apprêtent à prendre le pouvoir, qu’ils soient écolo ou pas, de lancer des expériences agricoles nouvelles d’envergure. La seule initiative individuelle ne suffira pas. Créer des espaces territoriaux où pratiquer une nouvelle agriculture dont la production sera écoulée localement, avec possibles transferts de populations vers ces unités. Ce qui m’a étonné c’est d’apprendre que les USA sont pionniers dans ces nouvelles voies. L’un de mes fils émigré aux USA ( il a toutefois les deux nationalités) s’est reconverti là bas dans l’agriculture. Il a bénéficié de l’enseignement de l’université du Wisconsin qui a mis ensuite à sa disposition les ingénieurs de l’université pour mettre au point son projet : traiter sur place les productions laitières des élevages locaux de vaches laitières et élaborer des produits qui seront vendus localement. Ce rapprochement entre producteurs et consommateurs par l’intermédiaire de nouvelles exploitations répondant elles mêmes à des impératifs écologiques est financé en partie non seulement par l’université elle même mais bientôt aussi par l’Etat lui même du Wisconsin. L’image qu’a la France du capitalisme sauvage américain est fausse. Les Américains sont déjà dans les faits dans l’exploration de nouvelles façons de vivre. Quant aux pays tels que la Chine ou la Russie leur vitesse de réaction est telle qu’ils peuvent très rapidement, en maniant aides publiques et autorité transformer les modes de production agricole. Le problème de la France c’est : bla bla bla et jamais passage à l’action, passage abandonné à l’initiative individuelle qui ne peut pas être suffisante. Ok pour les changements de comportement des consommateurs mais surtout ok pour interpeller les politiques sur leur programme de passage à l’acte concernant l’aide au lancement de nouvelles façons de produire. -
La musique classique,c'est pas si mal.....
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Decade 63 dans Musiques
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Que le monde non-conscient devienne progressivement un partenaire et non plus un subalterne, un monde en lequel nous avons confiance au lieu d’afficher à son égard une défiance, est un phénomène culturel de fond, inauguré officiellement depuis le début des années 60 bien qu’il se soit frayé lentement un chemin vers la reconnaissance bien avant. Ce mouvement de fond est tout de même loin de s’être imposé. Nous voyons encore à quel point le non-conscient est infériorisé chez le public dit « bien », « conforme ». Sans compter les monothéistes et tous ceux qui, athées, sont imprégnés de la culture monothéiste, et qui tiennent le non-conscient comme un lieu où règnent des mouvement mentaux inférieurs. La plupart des athées diffèrent des croyants en ce que chez eux il n’est plus nécessaire que le dieu existe pour que la parole du dieu mort les dirige. Il suffit d’écouter Onfray pour constater que cet athée parle la parole du dieu mort. Le reconnaissance de l’inconscient nous la voyons émerger progressivement à travers la libération des identités sexuelles, à travers le respect des animaux, à travers la reconnaissance de la fragilité de l’enfant, à travers la montée des femmes et des minorités de toutes sortes vers la lumière de la reconnaissance sociale. Même si là tout est encore en balbutiements quand on voit comment les gens « bien » traitent ces minorités. Ce mouvement de fond inaugure une révolution culturelle puissante. L’évolution style Darwin continue. Dans cette révolution culturelle c’est le fonctionnement même du cerveau qui s’en trouvera modifié. L’évolution consacrera ceux qui fond de l’inconscient un partenaire, ceux-là seront nettement plus puissants, question intelligence. Ils seront et sont déjà dotés d’une foi irréfragable issue des entrailles et non plus des Écritures. Ils l’emporteront sur les « scindés » ceux qui font de l’inconscient un étranger dont se méfier et qui s’épuisent en des luttes vaines contre eux-mêmes.
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Il est nécessaire de récrire les textes des neuros pour les comprendre. Prenons Frith et son résumé de son chapitre « Comment le cerveau crée le monde » « Je montrerai que la distinction entre monde mental et monde physique est artificielle. C’est une illusion créée par notre cerveau. Tout ce que nous savons...à propos du monde physique ou du monde mental nous vient de notre cerveau. Mais notre cerveau n’est pas plus directement connecté avec le monde physique des objets qu’avec le monde mental des idées...Notre cerveau crée l’illusion que nous avons un contact plus direct avec les objets physiques. Et...notre cerveau crée l’illusion que notre propre monde est isolé et privé. » Il est nécessaire de récrire ce texte ainsi : « Je montrerai que la distinction entre monde mental et monde physique est artificielle. C’est une illusion créée par NOUS [notre cerveau]. Tout ce que nous savons...à propos du monde physique ou du monde mental nous vient de NOUS [notre cerveau]. Mais NOUS [ notre cerveau] n’est (ne sommes) pas plus directement connecté(s) avec le monde physique des objets qu’avec le monde mental des idées...NOUS [notre cerveau] crée l’illusion que nous avons un contact plus direct avec les objets physiques. Et.. NOUS [notre cerveau] crée (créons) l’illusion que notre propre monde est isolé et privé. » En pratiquant cette réécriture nous évitons de citer le cerveau comme un mot alternatif au mot inconscient, et en employant le pronom NOUS (en place du cerveau) nous signifions que nous sommes faits de deux instances vivant en synergie : le non-conscient et le conscient. Le NOUS est la seule façon de séparer le je-moi du je-inconscient tout en les fusionnant. Au lieu de voir dans le non-conscient un ennemi, un opposant, un intrus, un « animal », une bête, une chose, un imbécile, etc. nous hissons le non-conscient à toutes les qualités que nous donnons au moi. Nous réhabilitons le non-conscient, nous apprenons à le respecter. Il devient un partenaire et non plus un subalterne.
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Michael Graziano, autre spécialiste des neurosciences cité par Greene, complète les théories de Tononi. Le cerveau traite des milliards d’informations et les restitue dans la perception sous une forme utilisable. Il y a transformation d’un ensemble d’informations quasiment infinies en un autre ensemble d’informations hautement intégrées et différenciées utilisables. L’intérêt de cette vision c’est de nous débarrasser de l’idéalisme radical d’un Berkeley qui estime que seule existe la perception (Être c’est percevoir ou c’est être perçu). La perception a bien un lien avec le réel « brut » comme produit de transformations ou de réorganisations après choix sélectif des informations utiles. Graziano ajoute ceci aux théories de Tononi. Nous créons en permanence une représentation de notre propre état de conscience. « Nous créons », il faut entendre ici non une création consciente mais non-consciente puisque je n’ai pas conscience des mécanismes mis en œuvre pour une telle création. Graziano rejoint là la théorie de la conscience de soi des continentaux européens. Cette conscience de soi est encore une simplification d’informations innombrables. Greene écrit ( expliquant Graziano) :« lorsque le cerveau s’applique à lui-même une représentation [d’un état de conscience] la description qui en résulte ignore les processus physiques qui en sont responsables. Les pensées et les sensations semblent donc éthérées comme si elles venaient de nulle part. C’est pourquoi l’expérience consciente semble se distinguer des processus physiques mis en œuvre par les particules qui nous constituent » Pour moi ces explications restent tout de même insuffisantes. Je peux prendre conscience de ma souffrance et construire une représentation de moi souffrant, ça n’ a rien d’éthéré cette expérience. Non ça ne colle pas. Mais c’est intéressant comme voie de recherche.
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Il faut un peu lire, s’informer, bref travailler. Ce que dit Dehaene sur ce sujet n’est pas l’effet d’une opinion mais l’effet d’observations du cerveau et la mise en relation de ces observations rendues possibles par la mise au point d’appareils de mesure sophistiqués par les physiciens avec l’observation des comportements et des récits rapportés par les patients. Il est impossible de progresser dans ses visions du monde en foutant rien.
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Giulio Tononi, psychiatre et spécialiste des neurosciences, cité par Greene, expose ceci : Si je regarde une Ferrari rouge « la confrontation avec la voiture déclenche une avalanche de données sensorielles » qui viendront stimuler mon cerveau. Toutes sortes d’informations, celles véhiculées par les sens mais aussi des ressentis tels que l’impression de puissance, de luxe, toutes ces impressions s’organisent pour former une expérience cognitive unifiée. Il s’agit d’une expérience dont le contenu en information est, selon Totoni, hautement intégré. Il s’agit là d’une caractéristique de la conscience. La seconde caractéristique c’est que, si je suis concentré sur la Ferrari, je me trouve dans un état différencié de tous les autres états de conscience possibles. Les autres états mentaux possibles sont répudiés. D’où cette conclusion : la conscience c’est de l’information hautement intégrée et hautement différenciée. Il semble que Tononi explique là ce qu’est une perception. Mais il n’explique pas comment cette perception peut être ressentie, comment elle s’imprime en moi. Je vois un arbre, je peux décortiquer ce que cette image contient comme informations croisées mais cela n’explique en rien comment cette image s’imprime en moi. Question qui se pose, surtout en raison du langage utilisé de manière non contrôlé par les scientifiques du cerveau : est-ce que c’est l’activité consciente qui crée la perception ? Ce qu’ils laissent parfois entendre (par maladresse sans doute). Évidemment non sinon j’aurai conscience que c’est moi (conscient) qui crée l’image, la perception. Donc la perception est bien l’œuvre de l’activité non-consciente, ce qui est exposé par Dehaene dans son ouvrage : « le code de la conscience ». Ce sont des mécanismes inconscients qui décident de la délivrance de tel ou tel système d’informations hautement intégré et différencié.
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"En France, je me suis sentie blâmée pour ce que j’étais" : la chanteuse Yseult déménage en Belgique.
Annalevine a répondu à un(e) sujet de goods dans People
Ce n’est pas faux mais elle fait l’erreur de généraliser ce qui est seulement vrai pour elle, généralisation que tout humain, quelle que soit son origine fait. Elle aurait dû dire, plus humblement, qu’elle se sent, elle et peut être quelques autres qu’elle connaît, étrangère en France. On aura beau lui cracher dessus c’est ce qu’elle ressent : étrangère en France. Cela ne me scandalise pas que quelqu’un déclare ne pas m’aimer en tant que Français. Je serais même plutôt porté à essayer de comprendre ce que cette personne, en moi, en tant que Français, n’aime pas. -
En effet j'ai changé ma façon de voir. Cela tient à ce que je reste toujours curieux des recherches des uns et des autres, des spécialistes des sciences humaines comme ceux des sciences dites dures. J'essaye sans cesse de me vider de mes certitudes et de m'emplir des certitudes des autres pour ensuite faire des synthèses personnelles. J'aime arriver à un port, mais au bout de quelque temps j'aime quitter le port pour partir à la recherche d'un autre port. Mon cerveau ou mon esprit aime vagabonder (je suis plus excité par la recherche que par la certitude). En tout cas je constate que nos point de vue ne sont pas éloignés l'un de l'autre.
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Je peux reprendre à l’identique tes phrases sauf qu’à la place du mot esprit, dans ton paragraphe 1), je mets : cerveau. Ce qui donne : notre cerveau s’est construit avec une exigence d’efficacité... Je rejette le mot esprit car il a été beaucoup trop utilisé dans nos cultures religieuses pour être neutre. Avec un tel mot nous décollons vite fait vers la métaphysique, c’est à dire vers un imaginaire débridé. Quand je dis que l’esprit n’existe pas je veux dire qu’il n’existe pas à la manière de tout objet observable. Je veux encore dire que, pour moi, le mot esprit relève de l’imaginaire. Le problème vient du langage, beaucoup trop simplificateur. Les êtres de l’imaginaire n’existent pas dans le langage usuel, mais, pour moi, ces êtres existent bien, mais ils sont imaginaires. Je donne l’existence aux êtres imaginaires mais je suis tenu de dire qu’ils n’existent pas dans le réel. L’existence des êtres imaginaires n’est pas de même nature que celle des êtres réels. Il faudrait carrément que j’étudie le langage, peut être que j’invente des mots pour signifier ce que je tente de signifier. Quand je dis que les êtres imaginaires existent je me fonde sur l’effet de ces êtres imaginaires sur les « cerveaux ». Je ne doute pas que tu crois dans l’existence de l’esprit et je ne doute pas que cette existence a un effet important dans ta vie, dans ta représentation du monde. Pour ma part je ne suis pas fâché de rejeter ce mot et son existence, même imaginaire. J’ai le sentiment de déblayer ainsi mon proche horizon. Cela dit utiliser le mot cerveau comme concept pose aussi des problèmes. Car si le mot cerveau recouvre au début, chez les neuros, l’ensemble des neurones, des que nous étudions le fonctionnement concerté de ces milliards de cellules nous devons utiliser d’autres concepts comme celui de langage ( ou de code ou de logiciel ou d’instructions, etc) qui confère au concept cerveau un sens qui dépasse largement la seule collection des neurones.
