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Don Juan

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Tout ce qui a été posté par Don Juan

  1. Don Juan

    Les symboles

    Tout ce que vous dites donne occasion de réfléchir, et c'est bien, cependant je veux relever un détail qui me turlupine un peu. L'inconscient comparé à une pensée muette ne me semble pas du tout correct, rien n'est aussi bruyant que l'inconscient, rien ne s'exprime autant que lui, et si comme vous le dites : personne ne sait ce qu'est l'inconscient, il est plus aisé ou moins risqué de dire ce qu'il n'est pas. Nous (et ce nous est assimilé au moi conscient) croyons que notre pensée, notre parole, nos décisions et nos actes etc, sont à peu près tout ce qui est, de façon évidente. Nous croyons que notre conscient est seul à diriger une démarche de pensée sage et raisonnable, nous disons : "heureusement que je sais quoi en penser, que je sais ce que je veux". Pour reprendre votre image du puits, tout cela est bruit et verbe, tout cela est agitation et besoin d'exister, bavardage de margelle (margelle de puits bien entendu), tout cela est aussi folie, ce que nous entendons sortir de notre bouche, nos sensations, nos émotions, et même nos crampes etc, tout cela est remous à la surface du lac, mais la bête, celle qui bouge réellement et provoque tous ces remous que l'on prend tant au sérieux, la bête, elle, vit au fond et ne cesse de crier à notre intention.
  2. Tout autant ou seulement pour la part féminine qui est en chaque mâle....
  3. Non seulement elles en sont capables mais le romantisme est pour la femme comme un de ses organes corporels. Le problème, c'est que les mâles ne sont pas bien adaptés pour "le vivre ensemble". le "mourir ensemble" leur convient mieux. À part quelques exceptions bien-sûr. Je suis donc un de ces féministes que vous n'avez jamais entendu dire cela.
  4. La femme n'est absolument pas l'avenir de l'homme, elle est l'avenir de l'humanité.
  5. Il est aisé de fonder l’ordre d’une société sur la soumission de chacun à des règles fixes. Il est aisé de façonner un homme aveugle qui subisse, sans protester, un maître ou un Coran. Mais la réussite est autrement haute qui consiste, pour délivrer l'homme, à le faire régner sur soi-même. Mais qu’est-ce que délivrer ? Si je délivre, dans un désert, un homme qui n’éprouve rien, que signifie sa liberté ? Il n’est de liberté que de « quelqu’un » qui va quelque part. Délivrer cet homme serait lui enseigner la soif, et tracer une route vers un puits. Alors seulement se proposeraient à lui des démarches qui ne manqueraient plus de signification. Délivrer une pierre ne signifie rien s’il n’est point de pesanteur. Car la pierre, une fois libre, n’ira nulle part. Or ma civilisation a cherché à fonder les relations humaines sur le culte de l’Homme au delà de l’individu, afin que le comportement de chacun vis-à-vis de soi-même ou d’autrui ne fût plus conformisme aveugle aux usages de la termitière, mais libre exercice de l’amour. La route invisible de la pesanteur délivre la pierre. Les pentes invisibles de l’amour délivrent l’homme. Ma civilisation a cherché à faire de chaque homme l’Ambassadeur d’un même prince. Elle a considéré l’individu comme chemin ou message de plus grand que lui-même, elle a offert à la liberté de son ascension des directions aimantées. Je connais bien l’origine de ce champ de forces. Durant des siècles ma civilisation a contemplé Dieu à travers les hommes. L’homme était créé à l’image de Dieu. On respectait Dieu en l’homme. Les hommes étaient frères en Dieu. Ce reflet de Dieu conférait une dignité inaliénable à chaque homme. Les relations de l’homme avec Dieu fondaient avec évidence les devoirs de chacun vis-à-vis de soi-même ou d’autrui. Pilote de guerre-St.Ex
  6. L'homme et la femme sont tous deux incomplets, mais non l'un par rapport à l'autre, ils sont incomplets par leur capacité de conscience, la femme par rapport à l'homme est complète, mais elle l'ignore le plus souvent.
  7. Pour illustrer des équivalences le choix de l'image du semeur et du champ me paraît être un bon lapsus révélateur. La parabole de L'exploitant agricole et son rapport à la nature, et la question est : qui sert le mieux la nature ? Je ne perdrai pas de temps à des explications que tu ne peux comprendre.
  8. Que veux-tu entendre dans ce que j'ai dit ? Que la femme veut servir l'homme ? C'est la vie seule qu'elle sert.
  9. Nous ne vivons pas sur la même planète. La libération de la femme n'a pas encore eu lieu, je prie chaque matin pour la voir venir.
  10. Le chevalier servant ne sait servir que ses propres intérêts par des moyens détournés, ignorerais-tu que servir est un trait de la nature féminine? La nature ne s'est pas trompée en lui confiant la maternité. Je pense qu'il n'y a rien de romantique, il s'agit d'instinct, on ne change pas les instincts par des textes, de loi ou de philosophie.
  11. Quelque soit le domaine, un homme est le genre à qui il manque trop de choses pour se sentir complet. Une femme, c'est le genre de celles qui imaginent devoir porter secours à l'autre genre.
  12. Don Juan

    Regards sur notre monde

    L'imaginaire, comme refuge pour échapper à la dangerosité du réel ? L'imaginaire, comme moyen d'anticiper ce qui n'est pas encore venu ?
  13. Don Juan

    Regards sur notre monde

    Pour ne pas faire de déviance à ce sujet, je te dirais seulement que j'entends ce que tu entends.
  14. Don Juan

    Regards sur notre monde

    "L'art est l'amour rendu public".
  15. Il ne s'agit pas de juger la vie des autres mais de savoir reconnaître celui qui parle à partir du vide, sa parole, ses lectures, et sa pensée ne lui sont utiles que pour occuper un espace dont il se croit le propriétaire. Lire ne suffit pas.
  16. Pour ceux-là je n'ai que sympathie, c'est le sens de mon propos plus haut, mais ils sont rares ceux qui savent de quoi ils parlent.
  17. C'est quoi qui est une grossière erreur, est-ce de penser qu'il y a plus de bavards qui s'écoutent parler sans savoir écouter les autres et sans savoir de quoi ils parlent ou est-ce de penser que les livres sont inutiles s'ils passent avant la véritable expérimentation de sa vie ?
  18. Que l'opinion soit jugée plus ou moins correcte ou judicieuse on s'en fout, n'est-ce pas, ce qui compte, c'est qu'elle se prétend tirée d'une expérience, que celle-ci ait été bien assimilée ou non. Si philosopher doit être une pratique de la réflexion, du dialogue ou du monologue sans base expérimentale ça ne vaut rien à mes yeux, et pourtant que le guerrier se moque des opinions dans l'absolu, aucune opinion n'est sérieuse et ne vaut le déplacement, mais à choisir, je préfère m'entretenir avec des cochons qui savent me parler de ce qu'ils connaissent le mieux, c'est à dire le purin dans lequel ils se complaisent, plutôt qu'avec des littéraires qui n'ont pour terrain d'expérience que la tessiture du papier des livres. Avec l'expérience et ce qu'on peut en penser, on peut faire des tas de choses, ou ne pas faire par expérience, avec les livres en papier, on peut un jour de grande détresse se torcher, mais j'ai bien peur que ce soit la seule chose qu'on finira par faire.
  19. Je dis non, il ne faut pas refouler, il faut le presser comme un citron pour en faire sortir toute vérité jusqu'à la dernière goutte et le jeter ensuite dans un puits profond creusé dans un désert asséché depuis le commencement du monde.
  20. Bref, le déni ou le refoulement comme dans cet encadré ?
  21. Bon, plus j'y réfléchis et plus je me dis que les termes "heureux" "malheureux" ne sont applicables que pour des instantanés d'états d'esprit, au-delà de ces instantanés, ces termes ont peu de sens, une idée passe, on se sent heureux, une autre idée passe, on se sent moins heureux ou malheureux. Si tu veux dire que le plus important est de maîtriser ses états d'esprits (ou états d'âmes) afin d'instaurer et de maintenir une forme d'équanimité, une sorte de "quelque que soit ce qui m'arrive, je reste positif et serein" etc etc, je suis d'accord jusqu'à un certain point. Il faut accepter d'être malheureux me semble-t-il, c'est crucial pour certaines réalisations, rester heureux dans toute situation c'est comme demeurer idiot en toute occasion. Une question personnelle s'impose pour la vérification du sens que tu prêtes à ce terme, la question n'est jamais indiscrète, seule la réponse l'est. Parviens-tu à rester heureux comme tu le préconises quelque soit la situation ? Si oui, pourrais-tu définir cette expérience, ce que tu ressens dans cet état d'"heurosité" ?
  22. "la seule chose importante est d'être heureux". C'est intéressant, j'y réfléchis et je reviens vers toi.
  23. Là tu fais dans le lourd toi. Le monde sensible est celui qui correspond à nos sens, nos sens étant forts limités comme c'est connu, le monde que nos sens ne peuvent appréhender existe bien selon toutes logiques, doit-on le considérer comme "La matrice" et ainsi se représenter le monde visible comme un produit du monde invisible, comme son "enfant", la logique le permet aussi selon le guerrier.
  24. L'humilité est un état, une condition, c'est une des conditions du guerrier. Tout guerrier a commencé par être un homme ordinaire, arrogant et prétentieux et bien d'autres choses encore. S'il est devenu humble, si l'humilité a bien voulu entrer en lui, dans sa chair et ses os, dans sang et son souffle, c'est à force de prise de conscience. On ne peut s'éloigner du pays de la pauvreté d'esprit que par les expériences de la conscience. La simplicité est un autre sujet, mais il en va de même.
  25. Je vous avais bien saisi pour ma part mais le terme diminué peut porter à confusion, vous voulez parler probablement de l'homme humble, et le guerrier grandit (ou plutôt, quelque chose grandit en lui) par son humilité. L'homme diminué peut être ressenti dans l'homme ordinaire, l'homme courant, le non-guerrier, celui-là est prétentieux arrogant, irrespectueux et agressivement idiot. Votre homme "diminué", je le vois dans celui qui fait en sorte de passer le dernier en toute occasion. Sud.
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