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Tout ce qui a été posté par Dompteur de mots
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Si je suis élevé mettons par des parents fous qui me répètent à qui mieux mieux que manger des tomates est un grave péché, je vais probablement éprouver un sentiment d'effroi, de dégoût à la vue de quelqu'un qui mange des tomates. Cela est bien un sentiment, cela est bien mon ressenti. Vous pouvez dire qu'il est teinté par ma culture, mais ce n'est pas pour autant le résultat d'un raisonnement, d'un acte de compréhension. Cela m'est pour ainsi dire "naturel". Votre concept de sentiment ou de ressenti semble désigner une sorte de pureté originelle dans l'appréhension du monde. Ma foi, c'est un concept fort sympathique mais d'autre part, cela soulève le problème de savoir de quelle manière l'individu peut retrouver cette pureté originelle après s'être exposé au traitement de la culture. À ce propos, diriez-vous que l'homme est un ange que la société pervertit ?
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Reconnaissez-vous que nos sentiments découlent en bonne partie des schèmes culturels que nous avons intériorisés ?
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Vous soutiendriez donc que toute action ou pensée qui provoque un sentiment de sérénité et de devoir accompli est forcément vertueuse ?
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Votre raison vous renseigne quant aux tenants et aboutissants des phénomènes. Mais comment vous renseignera-t-elle quant à ce en quoi consiste la vertu ?
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Nous avons aussi une faculté du Souvenir, que je distingue de la mémoire. La mémoire nous fait photographier le cours du temps. Le souvenir est la faculté que nous avons de lier tous les instants de notre vie afin qu'elle ne soit plus qu'un seul souffle. Kierkegaard appelait cela le "don poétique de l'existence". Maintenant, les schèmes de pensée qui sont propres au monde moderne mobilisent certainement davantage notre mémoire que notre souvenir. Ce n'est pas la pensée qui est discréditée dans le monde d'aujourd'hui, mais bien un certain type de pensée. Les hommes sont attachés à une raison que nous pourrions qualifier d'instrumentale ou même parfois de procédurale. Et lorsqu'ils rencontrent une pensée étrangère qui menace la sécurité de leur propre pensée, ils font alors ce que les hommes font lorsqu'ils sont menacés: cris de babouin, piétinements du sol, boucan par n'importe quel moyen. La raison est une alliée essentielle de l'homme (sinon sa nature même) mais le cadre au sein duquel elle a été promulguée dans le monde moderne en a fait une ennemie, en bonne partie. C'est donc d'un immense recadrage dont nous avons besoin. Mais voilà: à mon sens, répondre à la question du "pourquoi" de l'existence par la mobilisation des ressources d'une logique que nous pourrions qualifier de "dure" revient précisément à refermer un peu plus le cadre qui nous étouffe. Car en définitive, la question de la raison de l'existence n'en est pas une de logique mais bien d'éthique. Or, l'éthique surplombe la seule raison instrumentale. À ce titre, il y a pour moi une incohérence dans votre texte entre vos objectifs et les moyens que vous mobilisez. Je ne l'affirme pas non plus. Je ne faisais que constater la proximité entre ce que vous dites et ce que le livre pendouillant sur le bord de ma bibliothèque dit. J'aurais plus d'hésitation que vous à affirmer que "le sentiment donne la connaissance immédiate de la vérité d'un état", ne serait-ce que parce que la connaissance repose essentiellement sur un jeu de conventions. L'homme apprend ce qu'est la joie ou l'amour de ses semblables et par suite il l'associe à ses propres états. Mais dans le processus, il y a toujours une forme de mise en fiction (j'utiliserais le mot "travestissement si le mot n'était pas aussi négativement connoté). Aussi, le grand recadrage dont je parlais plus haut implique certainement la découverte du jeu théâtral au sein duquel nous place l'usage de la raison. Par suite, l'autonomisation des machines et de l'intelligence par le biais de l'intelligence artificielle correspond à l'autonomisation de ce théâtre. Une aliénation terrible s'il en est une. C'est sans doute le même genre d'intuition que poursuivait Guy Debord dans La société du spectacle ou encore Philippe Muray dans ses descriptions de l'homo festivus, ou encore Theodor Adorno dans ses réflexions sur la vie mutilée. À quoi attribuez-vous l'échec de la raison ? Oui, malgré tout, nous convergeons quant au diagnostic général...
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Vous voulez dire que l'usage de la raison finit par nous éloigner de nous-mêmes, de la mouvance présente et vécue de notre existence ? Quand vous parlez d'"oubli", vous voulez dire que nous devrions rompre le fil de notre asservissement à la raison ? (Nous pourrions parler de la "raison instrumentale" si cela vous met plus à l'aise.) Vous me faites sourire avec votre usage du mot "oubli". J'ai justement, pendouillant sur le coin de ma bibliothèque, un livre qui s'intitule "L'oubli de la vie" et qui tourne exactement sur ces thèmes. La thèse en est grosso modo que la source de notre pensée est notre affectivité (vous parlez du sentiment dans votre texte), que c'est elle qui nous permet en définitive d'appréhender ce que peut être une vie valant la peine d'être vécue, mais qu'à force d'élever la raison, nous avons fini par l'oublier. De sorte que notre raison, coupée de sa source, devient souvent une parodie d'elle-même, car elle tente de s'auto-fonder. De même que notre monde devient une parodie de lui-même, roulant toujours plus vite vers nulle part.
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À quoi attribuez-vous ce phénomène de dérive identitaire de l'homme ? Quelles causes identifiez-vous ?
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Quel est l'objectif philosophique que vous poursuivez exactement ? Qu'est-ce qui vous tourmente et vous gêne pour vivre pour que vous vous adonniez à toutes ces réflexions ?
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Ces humains vénéré par des humains.....
Dompteur de mots a répondu à un(e) sujet de massartchristian2@gm dans Philosophie
En fait, vous parlez encore avec ressentiment. Vous raillez ma culture comme si cela était une tare. Vous sentez que vous êtes démunie face à mes ressources philosophiques et par conséquent, vous optez pour cette façon sordide de vous défendre. Ma foi, voilà qui fait voir les choses sous un tout autre angle... Est-ce que mes sentiments m'appartiennent ? Si je suis triste, s'agit-il de ma tristesse ? Si je ris, s'agit-il de ma joie ? Mais en quoi cela diminue-t-il les autres ? Si je passe plus de temps avec ma conjointe et ma fille, cela diminue-t-il les autres ? Dostoïevski disait que la beauté sauvera le monde. Si l'art était enlevé à l'humanité, nous aurions de sérieuses raison de penser que nous sommes des erreurs de la nature et qu'il vaut mieux en finir une fois pour toute. Mais l'art révèle que nous sommes porteurs de quelque chose de grand et de beau. Maintenant, pour que cet effet s'avère, il faut des Beethoven, mais il faut aussi des oreilles pour entendre ces Beethoven. -
Ces humains vénéré par des humains.....
Dompteur de mots a répondu à un(e) sujet de massartchristian2@gm dans Philosophie
De quelle manière le musique de Beethoven consolide-t-elle nos bulles par exemple ? De quelle manière la musique de Beethoven contribue à faire de la terre quelque chose qui ressemble un peu plus à une cage dorée pour l'homme ? En quoi démontre-t-elle l'insignifiance et la stérilité de l'âme humaine ? Votre jupon dépasse un peu ici. Je veux dire que vous parlez avec ressentiment. Admirer une personne ne revient nullement à diminuer les autres. La jalousie ressentie par les autres n'appartient pas à celui qui admire. Si j'admire Beethoven, en quoi cela diminue-t-il les autres ? Et en quoi cela participe-t-il des maux du monde ? -
Ces humains vénéré par des humains.....
Dompteur de mots a répondu à un(e) sujet de massartchristian2@gm dans Philosophie
Réussite et perfection: 2 mots, 2 concepts, 2 significations différentes. C'est la magie du langage. -
Ces humains vénéré par des humains.....
Dompteur de mots a répondu à un(e) sujet de massartchristian2@gm dans Philosophie
La reconnaissance ? Tout homme qui produit une grande oeuvre contribue à faire de la terre quelque chose qui ressemble un peu plus à une maison pour l'homme. C'est vrai pour ce qui est du monde extérieur, mais aussi pour ce qui est du monde intérieur: la réussite des grands hommes nous démontre la grandeur de l'âme humaine, ainsi que sa fécondité. Le divertissement ? Mettre des hommes sur un piédestal et s'abandonner à l'idée que la terre était faite pour eux peut être une façon commode de se délester des difficultés de sa propre existence. -
Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Dompteur de mots a répondu à un sujet dans Philosophie
De fait, j'ai couru à la librairie et j'ai acheté Le réel et son double, à défaut de trouver les Faits divers Merci pour ton appréciation Tison ! Elle m'est précieuse. -
Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Dompteur de mots a répondu à un sujet dans Philosophie
Hell a raison: la philosophie n'est pas la religion et la religion n'est pas la philosophie. Ces deux mots ne sont pas synonymes. Même chose pour la spiritualité. Maintenant, est-ce que les préoccupations de la religion peuvent recouper celles de la philosophie ? Certainement. Est-ce que l'extension du concept de spiritualité est telle qu'il puisse en partie recouper celui de philosophie ? Certainement. -
Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Dompteur de mots a répondu à un sujet dans Philosophie
Diantre ! Tu donnes envie de courir à la librairie pour acheter un bouquin de Rosset ! (Mes salutations Tison ) -
Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Dompteur de mots a répondu à un sujet dans Philosophie
Vous semblez parler de quelque chose qui ressemble à l'intuition, au sens bergsonien, c'est-à-dire un savoir en quelque sorte mobile, inscrit dans la durée. Comme je l'écrivais ailleurs, non sans une certaine habileté: Alors que la raison a affaire avec la matérialité du monde – puisque ce que nous appelons matière n’est autre que la projection du réel dans la géométrie sécable de l’espace et du temps objectif, l’intuition a quant à elle affaire avec l’esprit, c’est-à-dire à la conscience immédiate du réel pris dans sa mobilité même. Perspicace à souhait, je notais même la difficulté d'en parler, dont vous faites aussi mention: Le point de vue intuitif s’appuie quant à lui sur une expérience subjective du réel. Or, il n’est pas simple de communiquer une telle expérience, puisque tout concept, tout raisonnement strict s’y interpose: il faut plutôt passer par les chemins tortueux de la métaphore et de l’image. La question qui se pose maintenant est de savoir pourquoi vous mobilisez les concepts de connaissance et d'éternité pour parler de cette faculté intuitive. En cela, vous me semblez céder à l'horrible tentation de choséifier l'intuition, un délit pour lequel vous seriez certainement passible d'une bonne bastonnade. -
Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Dompteur de mots a répondu à un sujet dans Philosophie
Dans un de mes premiers textes de blogue, imparfait mais néanmoins intéressant, je faisais l'analogie entre la pensée humaine et un navire. J'affirmais que l'existence de l'homme (et donc de sa pensée) est comme un navire qui vogue sur les flots et que l'équipage de ce navire est semblable à la multiplicité des modes de pensée que nous développons. Plus précisément, je comparais le mode de pensée scientifique avec la fonction de navigateur. La fonction d'un navigateur est de faciliter le déplacement du bateau d'un point A vers un point B, et aussi sans doute d'informer le capitaine quant à ce qui est possible en termes de déplacement. Ensuite, il y a les matelots, qui correspondent à nos fonctions cognitives dédiées aux aspects triviaux de l'existence; les soldats, correspondant aux modes de notre pensée qui sont adaptées à l'action; les "animateurs" - conteurs, musiciens - du bateau, équivalent à nos fonctions artistiques; le prêtre, image de ce qui en nous aspire à se faire bercer d'illusions. Et enfin, il y a le capitaine - équivalent du philosophe, ayant pour tâche d'harmoniser tout son équipage, d'unir tous ces hommes en fonction d'un but et d'insuffler l'élan nécessaire à leur engagement commun. Un homme (ou une civilisation par exemple) mené par un esprit de navigateur ira sans doute à toute allure... vers nulle part. Un capitaine a certes besoin de garder son navigateur à proximité, mais on lui déconseillera définitivement de lui laisser les commandes. En ce sens, le philosophe ne doit pas forcément chercher à expliquer, mais d'abord à insuffler. -
Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Dompteur de mots a répondu à un sujet dans Philosophie
Une connaissance est une proposition qui décrit ce qui est et que l'on tient pour vraie. Qu'est-ce que "la" connaissance ? L'ensemble de toutes les connaissances ? Une faculté de former des connaissance ? Si c'est une faculté, nous naissons effectivement avec, quoique nous ayons à l'exercer. Et quant à l'ensemble des connaissances, celles-ci doivent définitivement être véhiculées pour vivre. Si personne ne me dis que je peux fabriquer du sirop d'érable avec la sève d'érable, et bien je ne le saurai jamais, à moins d'en faire la découverte par moi-même et alors, je pourrai en faire une connaissance et la transmettre. À rigoureusement parler, il faudrait dire que les phénomènes du monde n'ont pas besoin de nous mais que les connaissances nous appartiennent. -
Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Dompteur de mots a répondu à un sujet dans Philosophie
En effet, les religions, bien que présentées sous le mode de la révélation, n'en sont pas moins des institutions humaines et régies par des élites qui contrôlent le cours des dogmes. Mais justement, pour faire partie d'une religion, il faut admettre les dogmes. Tandis que pour philosopher, il faut essentiellement adopter une éthique de discussion et de rigueur intellectuelle. D'où le fait que l'on puisse qualifier de fermé le mode d'action des religions et d'ouvert celui de la philosophie. Est-ce qu'il y a parfois des tendances dogmatiques en philosophie ? Bien sûr que oui. Est-ce que la religion est parfois traversée par des élans dialogiques ? Bien sûr que oui. Mais les 2 domaines ne s'en distinguent pas moins qualitativement. -
Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Dompteur de mots a répondu à un sujet dans Philosophie
Sacré Maroudiji ! J'avais bien pensé aussi que tu nous sortirais ça ! Je ne suis évidemment que partiellement d'accord avec toi, en ce sens que si je suis aussi fort critique vis-à-vis l'attitude philosophique que nous pourrions nommer "rationalisme", je pense par contre qu'il est tout à fait abusif, sinon extrémiste, sinon complètement fantaisiste d'affirmer que tout est empoisonné en philosophie. Tous les philosophes ne sont pas rationalistes. Et puis malgré tout, il y a une universalité en philosophie qui est porteuse d'espoir, qui permet de nous rapprocher et de nous unir, du moins de nous comprendre dans nos questionnements les plus profonds. C'est d'ailleurs pour cette raison que tu persistes encore à traîner sur un forum de philosophie. -
La toile des ronflants monologues dont vous nous gratifiez à propos de la vacuité de ce forum constitue une violence bien plus sordide que, par exemple, les quelques insultes gamines dont j'ai pu couvrir les autres forumeurs par le passé. Peut-être parce qu'au fond, votre discours cache un horrible fond de bien-pensance et que cela vous rend foncièrement ennuyant. Or, l'ennui provoqué peut être le plus savant des supplices.
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Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Dompteur de mots a répondu à un sujet dans Philosophie
Est-ce que tu veux réellement mettre dans un même panier le mode d'action et d'évolution de la philosophie et de la science d'une part, et celui de la religion d'autre part ? -
Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Dompteur de mots a répondu à un sujet dans Philosophie
En fait, si on voulait être plus précis, il faudrait établir une corrélation avec le facteur de l'ouverture d'esprit. Des gens différents mais fermés auront de bonnes chances de finir par s'exprimer comme des babouins. En revanche, des gens semblables mais ouverts pourraient développer un langage fort complexe. Remarque que dans ce dernier cas, c'est que leur ouverture leur permettra d'aller explorer leurs différences les plus fines. Disons que la situation qui pourrait potentiellement engendrer les expressions les plus complexes serait un groupe de gens très différents et très ouverts d'esprit. Ou le mieux serait-il la situation médiane: des gens juste assez semblables pour qu'il y ait une synergie communicative qui s'installe ? -
Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Dompteur de mots a répondu à un sujet dans Philosophie
La philosophie requiert certainement l’élévation du particulier au général mais ce n’est pas sa seule propriété. Le religieux réalise aussi cette élévation mais ça ne suffit pas à le qualifier de philosophe. Il y a aussi, par exemple, l’idée d’une recherche partagée. La religion fonctionne sous le mode de la révélation, ce qui signifie que les croyants sont dans une posture passive quant aux principes de l’existence et de la connaissance humaines. Tandis qu’il y a une notion de partage et de discussion qui est inexorablement liée à la philosophie. La philosophie est le domaine de l’homme qui se veut actif quant à la recherche des principes de l’existence et de la connaissance humaines. C’est une chose de faire des découvertes intérieures à titre personnel, mais la philosophie implique le saut sur le terrain du collectif. Comme je l’ai dit plus haut, elle consiste en une recherche partagée. Même un philosophe solitaire est forcément en discussion intérieure avec la pensée de ses semblables – vivants ou décédés. Ainsi, un intervenant du forum peut faire une découverte intérieure qui l’illumine et qui dans son cheminement personnel constitue quelque chose d’important mais malheureusement, cela n’atteste pas de la valeur collective de cette découverte. De même qu’un inculte qui voit une pomme tomber peut trouver formidable d’avoir découvert qu’il y a une force qui pousse les objets de la terre vers le bas, mais il fera évidemment rire de lui s’il monte sur une tribune scientifique pour le proclamer. C’est la même chose en philosophie : il est possible que ma dernière trouvaille en matière de sagesse, tirée d’un livre de psycho-pop, ne constitue pas une révélation particulièrement intéressante aux yeux de ceux qui consacrent une bonne partie de leur vie à étudier le cours de la sagesse humaine. Par ailleurs, ce n’est pas mal de ne pas être un alpiniste de la pensée. Nous n’avons pas tous la vocation d’être des innovateurs. Être un gardien du savoir philosophique n’est pas une occupation déshonorante. Autre point : c’est parce qu’elle se veut inclusive au maximum, et qu’elle doit pour ce faire conjuguer ensemble une multitude de points de vue différents que la philosophie finit par développer un vocabulaire qui lui est propre. Mettez des gens semblables ensemble : un langage simple s’instaurera. Mettez des gens différents ensemble : un langage complexe s’instaurera, de manière à rendre possible l’expression et la compréhension de toutes les inflexions, de toutes les nuances de la pensée de chacun. C’est ce qui se passe en philosophie. Et puisque la philosophie s’élève vers le général, son vocabulaire spécialisé est d’autant plus abstrait. Telle est la difficulté de s’élever au collectif. Est-ce que cela peut parfois devenir complaisant ? Bien sûr que oui. Est-ce que la philosophie est traversée par des passions élitistes ? Bien sûr que oui, comme tous les autres domaines de la culture humaine. Est-ce que ceux qui n’ont pas de facilité pour ces choses approchent souvent la philosophie avec ressentiment ? Bien sûr que oui. -
Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Dompteur de mots a répondu à un sujet dans Philosophie
On peut jouer au foot avec les potes du quartier. Il n'y a rien de mal là-dedans. C'est si on veut devenir un champion de foot qu'il faut jouer avec les meilleurs. Je ne connais pas de critère général pour juger de la valeur d'une personne. Il n'y a que des critères particuliers. Un philosophe peut être atroce en jardinage ou en amour. Il risque par contre d'avoir des habiletés à discourir des tenants et aboutissants généraux de la pensée humaine. De même que si les grands joueurs de foot étaient moins habiles, plus de monde pourrait compétitionner avec eux. Les grands philosophes ne connaissent pas seulement plus de mots, tout comme les grands joueurs de foot ne connaissent pas seulement plus de mouvements. Dans les deux cas, l'exercice répété leur fait développer des réflexes, des intuitions, des facilités, des instincts.
