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Scénon

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Tout ce qui a été posté par Scénon

  1. Oui, mais on oublie souvent que c'est avant tout très chrétien :
  2. Je ne critique pas votre parcours ; je constate avec curiosité (et je vous crois) qu'aujourd'hui, pour donner un cours sur Noël, il faut apparemment le et se préparer. Je gage que pour donner un cours sur les règles du football, beaucoup d'enseignants n'auraient rien de particulier à préparer.
  3. Nous ne parlons plus là des mêmes « vivants » et « morts ». Il était question de la réception du prophète parmi les autres hommes. « Les hommes vivants font tellement peur aux morts qu'on attend leur disparition pour annoncer qu'ils existent. » Enfin, inutile de multiplier les citations des Écritures ou autres textes traditionnels dans lesquels les « vivants » sont les prophètes, et les « morts », ceux qui les évitent, fuient, méprisent, repoussent, ou pire, qui les persécutent.
  4. La mission du prophète est par définition de prophétiser. Le prophète ne se taira pas, mais il ne sera pas entendu ni même reconnu comme tel par le grand nombre – sauf quand il aura disparu : alors, les hommes lui érigeront des monuments pieux. Par leur présence, les vivants font affreusement peur aux morts, toujours.
  5. Je ne comprends pas si vous prenez ce mot au sens chronologique ou qualitatif. Chronologiquement, la superstition vient toujours après la religion ; vous en trouverez plus haut quelques exemples. Qualitativement, la superstition est l'expression d'une foi dégénérée de son origine.
  6. « Lorsque Noé le juste réprimandait ses contemporains en paroles sévères comme des éclairs, ceux-ci se moquaient de lui en disant : – Vieillard, pourquoi cette arche ? Il leur répondait : – Le Saint-béni-soit-Il va faire venir sur vous le déluge. Ils lui disaient : – Quel genre de déluge ? Si c'est un déluge de feu, nous avons un préventif etc. Il leur répondit : C'est d'entre vos talons qu'il vous l'enverra... Rab Hisda a dit : Avec de l'eau bouillante ils se sont corrompus dans le péché et par de l'eau bouillante ils seront jugés. » (Talmud de Babylone, « Sanhédrin », 108b) Le commentateur Rachi ajoute que cette eau-là, aucune feuille de fer ne l'empêchera de monter... Vous voyez que les eaux du déluge ne sont pas nécessairement celles qu'on s'imagine. Quoi qu'il en soit, les avertissements du prophète ne sont pas pris en compte par la plupart des hommes.
  7. Votre réflexion m'étonne. Il ne s'agit que d'une comparaison, imparfaite sans aucun doute. Si vous préférez un langage plus traditionnel : la philosophie juive enseigne qu'aucun homme ordinaire n'est capable d'inventer un moyen de se mettre à l'abri des eaux du déluge. Aucun, si ce n'est Noé – mais il était pistonné, lui.
  8. Chacun “compte” sur ce que ou sur qui il veut... La banane ne sera que pour celui qui bravera les eaux glacées et les interdits, avertissements, raisonnements intelligents, quolibets, moqueries et menaces de ses confrères les singes. Euh... pas compris.
  9. Je connais assez mal les mystiques. Ils ne m'intéressent pas beaucoup, à vrai dire.
  10. ... et aucun n'entreprend de se reporter à ceux qui témoignent de leur expérience dans ce domaine (ce qu'exigerait pourtant le bon sens même), ni d'établir lui-même une “méthodologie”, attendant que d'autres le fassent pour lui. J'aime bien cette histoire de singes réunis dans une cage.
  11. Tout à fait, avec cette différence qu'en touchant superstitieusement du bois, on ne touche pas le bois de la croix : ça ce n'est pas donné à tout le monde...
  12. Dans le domaine qui nous occupe, tous veulent ou demandent des preuves ; aucun n'entreprend de les chercher lui-même.
  13. Cette superstition est en rapport avec le toucher du bois de la croix. Exemple :
  14. C'est d'actualité, en effet : plus aucun homme n'essaie d'atteindre la banane, certains allant même jusqu'à affirmer péremptoirement que la banane n'existe pas.
  15. Le phénomène existe au sein de toute tradition religieuse : juive, chrétienne, musulmane, grecque, romaine, égyptienne. L'étude de l'origine des superstitions bien connues est à cet égard passionnante. C'est comme dire, sans jamais avoir mis le pied dans une fusée : « En décrivant ce qu'ils ont vu et vécu pendant leur voyage dans l'espace, certains astronomes ont eu la plume un peu zélée à mon goût ». Je ne parle pas de Thomas d'Aquin et consorts, mais de philosophes qui ne cherchent pas nécessairement à prouver quoi que ce soit, mais qui n'en témoignent pas moins de ce qu'ils disent avoir vu, entendu et touché de Dieu. Thomas d'Aquin n'a jamais rien écrit de tel à ma connaissance, car il n'était pas philosophe au sens traditionnel du mot ni ne prétendait l'être. Il faut leur poser la question.
  16. À cela, je ne trouve rien à répondre qui soit en rapport avec le sujet. J'ai mes limites moi aussi. Un non croyant ne regardera pas, il n'essayera même pas de regarder, mais passons, ce n'est pas vraiment le sujet non plus.
  17. Il n'est pas question de philosopher sur le rien. Où allez-vous chercher ce mot « rien » ? Mais je vois qu'Henri vous a déjà donné une réponse comparable.
  18. Il ne saute pas nécessairement aux yeux, non, mais il existe pourtant : la peur de passer sous une échelle, par exemple, est un souvenir de l'échelle sous laquelle Jacob se vit couché, vision qui lui inspira une grande crainte ; et sur le chat noir, il est dit quelque part (Talmud ? je ne me souviens plus) que “le sulfureux Yahvéh joue avec nous comme le chat avec la souris”. C'est peut-être vrai, mais le terme religio n'existe pas non plus tel quel dans ces courants orientaux. Le mot latin, lui, se réfère bien au lien entre l'homme et Dieu. Les philosophes chrétiens ou païens ne se prétendent pas simples croyants, justement ! Ils témoignent de ce qu'ils disent savoir de Dieu et de l'homme.
  19. Faites attention à ce que vous écrivez, malheureux !
  20. D'accord, vous n'en savez rien, mais là n'est pas la question.
  21. La religion relie l'homme à Dieu (ou aux dieux). La superstition est en quelque sorte l'inverse, si l'on s'en tient au grec deisidaimonia, mot que les Latins ont traduit par superstitio : la crainte superstitieuse des dieux ou des démons ; elle ne relie donc pas.
  22. Ce qui nous ramène à l'attitude de plusieurs intervenants : tapons sur l'islam, tapons sur le judéo-christianisme, tapons même (tant qu'on y est) sur la religion et la philosophie gréco-latines, mais évitons, car ça en devient gênant, de définir le mot « culture » tout court...
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