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January

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Tout ce qui a été posté par January

  1. Jean-Michel Bourlès, avocat général Le 7 janvier 2015, la rue Nicolas Appert est une petite rue tranquille. Elle va malheureusement raisonner tragiquement deux fois en un peu plus de 5 ans. Le 7 janvier 2015 vers 11h30, puis à nouveau le 25 septembre 2020. Preuve que les Kouachi ont prémédité leur attaque, ils ont recherché les locaux de Charlie Hebdo. L'entrée il ne la maitrisent pas, mais ils ont repéré les lieux. Le choix du mercredi (7 janvier 2015) pour l'attaque n'est pas le fruit du hasard, il est de notoriété publique que la conférence de rédaction est le mercredi. Le 7 janvier a été décidé en avant, fixé par avance, cette date correspond à la semaine où Coulibaly avait décidé de louer la planque de Gentilly, du 4 au 11 janvier 2015. La date de la location de la planque était fixée depuis mi-décembre. Jean-Michel Bourlès, avocat général décrit l'attaque du 7 janvier, de la loge de gardien, avec le meurtre de Frédéric Boisseau, agent de maintenance, dans la loge, aux journalistes et dessinateurs de Charlie. JM Bourlès : Ce 7 janvier, les deux frères (Kouachi) ont crié Allah Akbar, on dit : "On est venu venger le prophète". L'avocat général, cite un à un le nom des personnes assassinées, blessées, ou présentes et indemnes physiquement, de l'attentat commis rue Nicolas Appert le 7 janvier "Tous portent le sceau de ces souffrances, de ces blessures invisibles". JM Bourlès : Les policiers face aux fusils d'assaut des agresseurs n'ont eu d'autres choix que de se mettre à couvert ou de prendre la fuite. Tout le monde se souvient de cette vidéo amateur, projetée à l'audience, où les deux frères remontent dans leur véhicule C3 devant les locaux de Charlie Hebdo après avoir crié: 'On a vengé le Prophète'. Jean-Michel Bourlès, avocat général insiste sur le "calme" de Chérif Kouachi, qui a pris " le temps de recharger l’arme de son frère qui s’était enrayée". L'avocat vient d'évoquer Mohamed Merah dans son réquisitoire à deux reprises. Il voulait dire Ahmed Merabet (assassiné par les Kouachi)... "Pardon", dit-il réalisant son erreur avant de saluer le "courage" du policier ce jour-là. Il rappelle la fuite des deux frères, que l'on retrouvera dans la station service de Villers-Cotterêts le lendemain matin , 8 janvier, vers 9h20 alors qu'ils viennent de braquer le propriétaire pour s'acheter à manger. JM Bourlès : Le 9 janvier, vers 8h10, dans l'Oise cette fois-ci, Les Kouachi (qui ont passé la nuit dans la forêt avec des couvertures de survie) volent la 206 d'une femme et laisse à celle-ci le temps de prendre ses affaires personnelles. Les frères Kouachi s'étaient visiblement préparés à une confrontation avec les forces de l'ordre dans les bois mais elle n'a jamais eu lieu, cela va les contraindre à changer leur plan. Ils prendront en otage Michel Catalano le 9 janvier au matin dans son imprimerie de Dammartin-en-Goêle. Lui aura le temps de prévenir son employé Lilian, qui restera caché pendant des heures sous un évier. Pendant ces longues heures,Cherif Kouachi sera en contact avec BFM pour une longue interview il dira qu'il venge le prophète, qu'ils sont envoyés par Al-Qaïda au Yemen,que cette action est prévue depuis la mort Anwar al-Awlaqi, le 30/09/11. Romain D. avait désigné Amar Ramdani accusé, comme le tireur : Il est quasiment impossible que M. Ramdani ait pu se trouver sur place. Je tiens à être clair sur ce point. je ne souhaiterais pas qu'un doute puisse planer. Il a borné sans discontinuer à son domicile. Aucun élément ne permet de déterminer qu'Amar Ramdani n'était pas l'utilisateur de sa ligne le 7 janvier au soir. Amedy Coulibaly n'a pas parlé de cette tentative de meurtre (sur le joggeur Romain D. le 7 janvier au soir) dans sa vidéo de revendication (...) mais il est fort probable qu'Amedy Coulibaly ait voulu essayer une arme (le 7 janvier au soir sur la coulée verte) sur une cible vivante avant de passer à l'action les 8 et 9 janvier 2015. Aux environs de 8 heures le 8 janvier, Amedy Coulibaly a fait feu sur Clarissa Jean-Philippe et Eric U. Touchée à la carotide, la policière municipale fera quelques pas avant de s'effondrer. Elle décèdera malheureusement peu après. L'avocat général évoque maintenant Laurent, chef de l'équipe de propreté de la ville de Montrouge à l'époque qui a tenté de stopper Amédy Coulibaly dans sa folie meurtrière le 8 janvier 2015. JM Bourlès : certains ont pu s'interroger sur la logique de cette action à Montrouge le 8 janvier. Je pense comme beaucoup ici que Clarissa Jean-Philippe et que ses collègues n'étaient pas la cible initiale. Je pense qu'Amedy Coulibaly voulait,ce 8 janvier 2015, s'en prendre à l'école juive Yaguel-Yaacov,à la synagigue qui était à côté. L'école Yaguel-Yaacov ouvre à 8h précise. Coulibaly a garé sa moto le 8 janvier à 5 mètres de cette école, dans le sens du départ, l'avant de la moto vers la voie de circulation. Il est évident qu'Amedy Coulibaly voulait ce 8 janvier se rendre à l'école juive de Montrouge pour commettre un massacre. Pour quelle raison n'y a-t-il pas été ? Devant l'école juive, il y a un car de CRS. Alors peut-être qu'Amedy Coullibaly prend un peu le temps. Et là il va croiser le chemin de Clarissa Jean-Philippe. Si effectivement Clarissa Jean-Philippe n'était pas une cible initiale, le fait qu'elle porte un uniforme, qu'elle représente l'Etat, l'autorité, fait d'elle immédiatement une cible à atteindre par Amedy Coulibaly. L'avocat évoque ensuite la voiture qui a explosé à Villejuif, le 8 janvier, puis en vient à l'attentat de l'Hyper Cacher, le 9 janvier, et cite les noms de toutes les personnes qui y ont été assassinées parce qu'elles étaient juives. JM Bourlès : Les otages qui se trouvent ensuite avec Amedy Coulibaly sont presque exclusivement des femmes. A 13h14, Coulibaly enlève son manteau et enfile un gilet, puis menace de tuer les femmes si les personnes cachées en bas ne remontent pas. L'avocat général rappelle que trois personnes sont remontées, l'une d'elle sera abattue par le terroriste. Il rappelle aussi qu'une femme se trouve cachée avec son bébé et d'autres otages dans la chambre froide en bas. Il évoque aussi Lassana Bathily, parvenu à se sauver, comme d'autres. Lassana Bathily avait proposé à d'autres de le suivre mais personne n'a voulu le faire, de peur que le terroriste ne les voie. JM Bourlès : La prise d'otages de l'Hyper Cacher a tenu environ 4 heures, au cours desquelles Coulibaly a tenu un discours sur la Syrie, le sort des musulmans en France, l'action de la France au Mali... Amedy Coulibaly a aussi appelé BFM pour dire qu'il agissait au nom du Calife, qu'il s'était synchronisé avec les frères Kouachi, qu'il était venu délibérément à l'Hyper cacher car il y avait des juifs à l'intérieur. Amedy Coulibaly s'est distingué par son sang-froid dont il a fait preuve dans toutes ses actions. Il était clairement déterminé à mourir en martyr. Il s'est conformé strictement aux instructions de son commanditaire. La particularité des actions des 3 auteurs principaux (Les Kouachi et Coulibaly) de ces faits se caractérise par des revendications d'organisations concurrentes : Al-Qaïda et l'Etat islamique. Les actions des Kouachi ont été revendiquées officiellement" (il cite une vidéo du 14 janvier 2015 et le magasine Inspire de l'été 2015) Coulibaly, il y a eu cette vidéo de revendication du 10 janvier 2015, intitulée Le Soldat du Califat. On y voit Coulibaly devant le drapeau de l'Etat islamique posé avec son arsenal. On ne sait pas quand cette vidéo a été réalisée". Il rappelle que l'intervention d'un tiers a été nécessaire pour cette vidéo qui montre des images de l'attaque de l'Hyper Cacher notamment. Il insiste sur la "coordination des actions" des Kouachi et d'Amedy Coulibaly en janvier 2015. JM Bourlès : Au delà de la coordination de ce passage à l'acte, on verra qu'ils se sont coordonnés sur d'autres points, notamment l'achat des armes.
  2. 07 décembre Me Julie Holveck, avocate générale Il y a des événements qui nous marquent tous à vie, il y a des procès plus que d'autres qui font trembler la voix, qui font que le coeur se serre, des témoignages qui nous font écraser des larmes derrière un masque. Nous sommes les 1er garants du droit des premières heures de garde à vue aux débats houleux sur la visioconférence. Julie Holveck explique avoir été de permanence les 7 , 8 et 9 janvier et avoir "encore en mémoire "un kaléidoscope fou de ces scènes terribles, "cet amoncellement des corps dans cette salle si petite dans des locaux si exigus"...Julie Holveck se souvient aussi de scène à Montrouge le 8 janvier puis à l'Hyper Cacher le 9 janvier. Me Julie Holveck : J'ai encore cette odeur de sang mêlé à cette odeur de poudre, cette odeur métallique" je rappelle encore de cette courses contre la montre, 7, 8 et 9 janvier 2015. Chacun sait ce qu'il faisait le 7 janvier 2015 vers 11h30, c'est un événement disruptif dans l'histoire de chacun (...) comme un tremblement de terre dont nous avons senti encore les répliques à 3 reprises au cours de ce procès. Julie Holveck évoque les marches de janvier 2015 : Nous avons tous marché en nombre à découvert tête nue : droit de manifester, droit de s'exprimer, de clamer son indignation et de dire sa colère. Le terrorisme salafiste djihadiste tel que conçu par al Qaïda qui est totalitaire. Julie Holveck cite Hannah Arendt "Je continue à penser qu’on doit pouvoir rire, parce que c’est en cela que consiste la souveraineté, et que toutes ces objections contre l’ironie me sont d’une certaine manière très désagréable, au sens du goût, c’est un fait". le projet terroriste est avant tout une dystopie où le citoyen ne peut échapper aux règles édictées. Les frères Kouachi comme Amedy Coulibaly nous ont volé notre bien démocratique le plus précieux, la sécurité. Chacun d'entre nous part désormais le matin sans savoir s'il rentrera le soir. Charlie Hebdo est un journal de combat, réunissant des pacifistes. Il est devenu un journal de guerre ou plutôt un journal où la guerre a fait irruption. Je vais tenter de faire comme un inventaire macabre à la Prévert" puis elle cite la proclamation du califat, en juin 2014, et ce qui a suivi : la décapitation de James Foley et les autres supplices filmés. Julie Holveck évoque le magazine Inspire et les "tutos pour les jihadistes modernes". Magazine qui cible Charlie Hebdo à plusieurs reprises et ses journalistes, dont Charb, "Wanted dead or alive". Julie Holveck : Ces attentats présentent une logique et une dynamique propre. Les auteurs directs comme la majorité des protagonistes ont autour de la trentaine. nous ne sommes pas face à de jeunes immatures mais à des personnes déjà construites, ancrées dans la délinquance. Julie Holveck rappelle que "Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly avaient déjà fait l'objet de reportage à la télé". Elle insiste sur la dualité des protagonistes dans ces attentats ; "la dualité c'est les frères Kouachi, Polat-Coulibaly, Karasular Catino..." Julie Holveck : Les frères Kouachi sont soudés jusque dans la mort. Il y a des procès où le sens du ministère public prend toute son essence, des procès où face à l'horreur des crimes il faut garder la tête de marbre. Si l'émotion est présente, elle doit se taire lorsque nous revêtons cette robe.. Une victime voudrait que l'on juge les faits tels quels les a vécus dans sa chair mais nous jugeons les hommes. nous devons juger les participants à cette entente (...) Nous jugeons une chaîne de responsabilités dont les conséquences ont été dramatiques et ont entrainé la mort, comme ces transactions d'armes qui ont entraîné la mort de 17 personnes. L'intime conviction est le fruit d'une réflexion, d'une reconstitution que vous aurez à faire dans le secret de votre délibéré. les victimes avaient besoin de ce procès, elles auraient souhaité que ce box soit plus rempli.. Les victimes ont écouté et surtout elles ont été entendues. Nous devons nous souvenir de ce qu'elles nous ont dit: leur peur, leur souffrance psychique, leur douleur, leur culpabilité d'être toujours là.Certainss pensent que le procès aide à aller mieux je ne crois pas mais le procès est une étape" (...) "Si le procès n'aide pas à réparer ou à guérir, il permet de continuer à vivre. Même une participation éphémère à l'entente est répréhensible. le rôle même d'Ali Riza Polat se situe bien au delà de l'association de malfaiteurs terroriste : il est le pivot des préparations des attentats. Julie Holveck, avocate générale rappelle les mots de Coulibaly à l'égard de Zarie Sibony, caissière de l'Hyper Cacher "T'es pas encore morte toi". L'avocate générale, en vient au volet armes Lillois: Ce trafic d'armes à été jugé (à Lille et Douai en appel). Cette audience n'est pas le lieu pour redéballer ce qui a déjà été jugé (...) Quand on vend des armes, on sait qu'elles peuvent servir à tuer.
  3. Le président lit la déposition du témoin convoqué à 10h30, qui n'est pas venu. Cette toxico clermontoise confirme avoir vu Fiona chez le fournisseur de drogue du couple. "Il fallait vraiment être une mère indigne pour faire ça", avait-elle déclaré aux policiers lors de son audition, en juin 2013. La même qualifie Berkane Makhlouf de "sale type", "hautain, violent, perfide, manipulateur et mythomane". Et ajoute: "Cécile, on ne peut pas dire non plus que c'était une oie blanche. Qui se ressemble s'assemble..." "Berkan eétait perché, lit le président. Il s'était mis tout nu autour d'un feu en faisant l'Indien (...) "Je n'aime pas Berkane, c'est un sale type... C'était un couple malsain. Connaissant le couple, j'ai rapidement eu des doutes sur la piste de l'enlèvement. CB reconnaît qu'elle n'aurait pas dû amener ses filles dans le squat où elle allait se fournir en drogue : C'est pas un lieu pour les enfants, c'était déplorable là-bas. C'est inacceptable de faire ça.. Makhlouf, interrogé sur une rave party improvisée une nuit à Durtol, sur les hauteurs de Clermont-Ferrand. Il avait été vu dansant, nu, autour d'un feu. "J'étais sous ecsta, comme Cécile". Fiona et sa soeur avaient été laissées seules à l'appartement: "A l'époque, on était complètement inconscients", concède l'accusé. CB : On a parfois fait n'importe quoi, oui, mais à aucun moment j'ai donné le moindre coup à mes enfants. Le président continue de lire un témoignage: C'etait un couple qui avait l'habitude d'aller se droguer en présence des enfants. CB :On mettait les filles sur une chaise et elles regardaient des dessins animés dans le squat, précise Cécile Bourgeon. BM : On avait peur d'être dénoncés par rapport à notre mode de vie, au fait qu'on se droguait. On craignait de se faire enlever les enfants. C'était vraiment une phobie pour nous. Prsdt : Vous la surmontiez plutôt bien cette phobie, puisque vous étiez visiblement tous les jours ou presque chez votre dealer ? BM : Oui, mais on faisait aussi des ateliers plastique on leur achetait des dessins animés. Il y avait de l'amour aussi derrière tout ça.
  4. Le président souhaite donc visionner les images des caméras de surveillance du magasin C&A du Centre Jaude. Elles ont été tournées le mercredi 8 mai 2013, soit quatre jours avant le signalement de la disparition de Fiona.On y voit la fillette et sa petite soeur, accompagnées de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf. L' huissier présente un bandeau jaune. Celui que portait Fiona dans les cheveux ce 8 mai, comme le confirment les deux accusés, pour dissumuler une "petit bosse". La diffusion des images commence. Au Mac Donald's d'abord, aux alentours de 15h30, on distingue clairement les deux accusés et les fillettes à la caisse du restaurant. Fiona suit sa mère en poussant une trottinette. Sa petite soeur est assise sur un vélo d'enfant. Le président s'arrête sur une image en gros plan de Fiona. Le haut de son front est recouvert par un large bandeau. Celui-là même qui vient d'être présenté aux parties. Les photos extraites de la vidéosurveillance continuent de défiler. Le scellé dans lequel se trouve le bandeau est ouvert, sans aucune émotion de la part des accusés. Bourgeon confirme que c'est bien le bandeau. Berkane Makhlouf précise que Fiona le portait souvent avant cet épisode, il parle d'une bosse sur la tête. CB : Ca me touche beaucoup de revoir ces photos. Eva sur son petit trotteur et Fiona avec sa trottinette.. Fiona avait voulu prendre sa trottinette, on était partis à pied à Jaude. On voit son bandeau, ça c'est vrai. Après avoir mangé au Mac Do, la famille fait des achats à C&A, place de Jaude. Nous sommes toujours le mercredi 8 mai 2013. Le couple prend ensuite contact avec l'un de ses fournisseurs de drogue, comme l'atteste l'exploitation des téléphones portables. De nombreux SMS sont échangés entre 16h30 et 17h30. Le président entre dans le détail des bornages et des géolocalisations. A 17h46, Cécile Bourgeon appelle son compagnon pendant 6 minutes. Ils n'étaient donc plus ensemble à ce moment-là. CB : Lui a dû rentrer avec les filles, moi je suis allé voir le fournisseur pour lui prendre de la drogue. On a fait la transaction, après je pense que je suis rentrée. BM : Ca remonte à tellement longtemps. Il me semble pas qu'on était descendus à Jaude à pied (comme vient de le déclarer sa co-accusée, NDLR), je crois qu'on avait pris la voiture. Il confirme être allé récupérer de la drogue aussi pendant que Cécile Bourgeon et les fillettes étaient au Mac Do : Je suis pas sûr, mais je crois que c'était de l'héro. Lors de cet après-midi de courses en famille, les accusés reconnaissent donc avoir tous deux acheté des stupéfiants: lui de l'héroïne, elle du cannabis. Me Canis : Fiona reste très en retrait, il s'était passé quelque chose ce jour-là? CB : Euh.. Non. Après ça pouvait arriver qu'elle ne suive pas toujours d'un pas assez rapide. Me Canis, concernant les achats de vêtements de ce jour là : Il n'y avait rien pour Fiona, c'était tout pour sa petite soeur. CB : Oui. BM : Fiona avait tout ce qu'il fallait en habits, elle ne manquait de rien.
  5. Le président lit l'audition de l'ancien compagnon de la voisine, qu'il qualifie de "junkie". Puis il lit l'audition d'une parent d'élève qui a vu Fiona, à 13h30 le vendredi 10 mai 2013, devant son école. Elle est sûre à 98% : ce serait l'une des dernières personnes à avoir vu Fiona vivante. Dans son audition de l'époque, cette même parent d'élève avait précisé que Cécile Bourgeon était très dure avec Fiona, qu'elle sifflait même pour la faire venir. Le président revient sur l'après-midi du mercredi 8 mai 2013, lors de laquelle Fiona a été filmée par les caméras d'une enseigne de fast-food et d'un magasin de vêtements du centre-ville clermontois, place de Jaude. Il s'agit des dernières images de la fillette vivante. L'huissier ne retrouve pas les vidéos, l'audience est donc suspendue pour quelques minutes.. C'est exactement ce que j'ai pensé !!!
  6. 07 décembre Une ancienne amie de CB Cécile Bourgeon était très gentille. On a bu le café quelques fois ensemble. On ne se fréquentait pas plus que ça. Berkane Makhlouf ne voulait pas que l'on se voie. Nos filles se fréquentaient dans le parc du quartier Goncourt, où on habitait toutes les deux, Fiona était une petite fille très gentille. Le témoin n'est pas très prolixe. Le président lui rappelle ses anciennes dépositions. Et l'ancienne voisine se souvient soudain d'un épisode durant lequel le beau-père de Fiona, Berkane Makhlouf, l'avait mise à la porte : "Une fois, elle [Cécile Bourgeon] était même revenue, et il l'avait une nouvelle fois mise à la porte. (...) Je ne sais pas ce qu'il lui est passé par le tête mais, avec lui, je ne la voyais plus" A partir du moment où Cécile s'est mise avec lui, elle a coupé les ponts. Elle ne descendait plus en bas de l'immeuble, elle restait tout le temps chez elle. La Clermontoise a des souvenirs très flous et une élocution difficile.. Prsdt : Vous avez consommé quelque chose ce matin ? - Non.. Je suis pas là pour critiquer Cécile, mais chaque fois que ses filles faisaient quelque chose de mal, elle leur mettait des fessées et des claques.. Quant au lac d'Aydat, l'endroit près duquel Cécile Bourgeon déclare avoir enterré sa fille Fiona, l'ancienne voisine le connaît. Elle s'y baigne tous les étés et précise que "Cécile Bourgeon devait aussi bien le connaître". BM : Je me rappelle de cette femme. Elle se posait chez nous sans frapper. Elle était en détresse affective, elle nous racontait sa vie. Un jour, elle a voulu frapper Cécile. C'est ce jour-là que je l'ai mise dehors. Je lui ai dit de nous laisser tranquille. En plus son copain nous vendait de la coke et nous avait arnaqué à l'époque. Il nous a vendu du sucre pour de l'héroïne. CB : Je ne suis pas d'accord, je n'ai jamais frappé mes enfants devant elle. Témoin, qui insite : J'ai déjà vu Cécile mettre des gifles et fessées aux enfants et à Fiona. Elle n'avait pas beaucoup de patience !
  7. Drôle de gloubi-boulga tout ça non ? ...
  8. January

    Psychose sur les haras

    Sur les 460 faits avérés, seuls 86 ont pu être associés à une implication humaine. Un chiffre qui a créé une vague d'incompréhension et de colère auprès des éleveurs. «Les dernières expertises ont permis d'éliminer la piste d'une intervention humaine. À chaque fois, nos enquêtes ont conclu à des blessures accidentelles ou à des attaques d'animaux sauvages», indique le commandant Olivier Maldant de la compagnie de gendarmerie de Vitré. «20% des violences constatées peuvent être imputées à la main de l'homme», confirme le ministère de l'Intérieur. Les 80% restants peuvent être attribués à des bêtes sauvages ou au cheval lui même. https://www.lefigaro.fr/actualite-france/chevaux-mutiles-les-gendarmes-ecartent-majoritairement-la-piste-humaine-20201206
  9. Oui, j'ai lu une quarantaine de pages à peu près. Un peu tôt pour une critique, mais je reviendrai dire dans 24 ou 48 heures.
  10. January

    F1 - Saison 2020

    Grand prix de merde. La honte sur Mercedes, une belle bande de saloperies, même pas regardé jusqu'au bout, dégoûtée. Crevaison lente mais oui bien sûr, mauvais pneumatiques allez, c'est ça ! Même pour Perez la victoire est lamentable, il aurait largement préféré finir avec Russel aux fesses. Dégueulasse.
  11. Le vice de procédure c'est le rejet de la cour oui ! C'est là que la cassation intervient. Mais ce n'est pas pour ça qu'il y a un quatrième procès. C'est surtout à cause de la dernière fois.
  12. En fait ils n'ont rien fait du tout, elle attendait un heureux évènement (bébé a deux mois) Elle a laissé ce message mardi : Aujourd’hui s’ouvre le procès de C. Bourgeon et B.Makhlouf à la cour d’assises de Lyon... Aujourd’hui à nouveau se soulève un vent d’espoir, celui de la vérité pour Fiona... Aujourd’hui je ne porterai pas ma robe noire pour Fiona, ni les autres jours... Aujourd’hui un petit être me rappelle que je suis maman avant d’être avocate... Mais aujourd’hui, plus que chaque jours depuis plus de 7 ans, mes pensées seront pour toi Fiona. Mais même s'ils n'y sont pour rien il est évident qu'ils (Portejoie) s'en sont frotté les mains.
  13. Pour une peine de 30 ans il faudrait qu'il l'aient tuée (entendre battue à mort) tous les deux. En ce qui concerne Portejoie non, il ne sait rien, et non, il ne croit pas qu'elle ment. Ce n'est pas du tout le "job" de l'avocat. Et même des années après lorsqu'on leur demande "alors, votre client..." ils ne livrent rien du tout. Il ne croit rien, et c'est Portejoie, et il n'est pas dingue : il joue le jeu. 3 précédentes audiences chaotiques, ça suffit. Les Portejoie ont obtenu ce qu'ils voulaient : le débarquement de Marie Grimaud. On dira à la fin du procès que c'était elle qui foutait la merde, voilà.
  14. Naan.. On a l'imagination qui s'emballe mais non. Le rasoir d'Okham.
  15. Me Malka Le temps qui passe, les contre-temps, les renvois d'audience, les défauts d'une ordonnance, les insuffisances aussi. Tout cela ne peut rien changer à la profondeur de notre chagrin. Alors il nous faut trouver du sens. Ce procès a été épique, tragique, entravé, parfois romanesque. Et nous nous sommes perdus parfois dans le labyrinthe des explications des accusés. Le sens de ce procès est de juger ces accusés mais ce n'est pas le seul objectifs de ces débats. Le sens des crimes de ces terroristes c'est l'annihilation de l'autre, de la différence. La clé, je l'ai trouvé en relisant l'ordonnance d'Hayat qui dit que ce procès est aussi celui des valeurs républicaines ébranlées. Je n'en ai rien à faire de l'Historien je vais plaider pour aujourd'hui, pour maintenant, par pour les historiens de demain. C'est à nous de crier, de chanter pour couvrir le son hideux des couteaux sous nos gorges. C'est à nous et à personne d'autre de nous battre pour rester libre. Le problème c'est que pour rester libre, il faut pouvoir vivre librement, sans être assassiné, abattu par des Kalachnikov. Me Malka fait référence aux attentats de Nice et de Conflans survenus pendant le procès, avec SamuelPaty assassiné. "Pendant ce procès un homme a été coupé en deux pardon pour ces mots si horribles." Me Malka : Alors certains disent et je le lis tous les jours : il faut arrêter les caricatures. Comment peut-on penser cela avec une once d'honnête intellectuelle. (L'avocat cite des attentats dans plusieurs pays où il n'y a pas de caricature.) Ils détestent nos libertés. Nous pourrions abandonner toutes nos libertés ils continueront encore. Nous avons reçu des milliers de menaces à Charlie Hebdo et bien pire encore, mais ça, je ne peux pas vous en parler. Je vais vous étonner je vais rendre hommage à M. Polat qui a dit à cette audience : "vous voudriez des réponses qui vous satisfassent". C'est pas évident l'usage du présent du subjonctif. Et Mustapha aurait aimé ça. Mais il n'est plus là. Mustapha il est mort. Mustapha Ourrad, correcteur de Charlie Hebdo a été assassiné le 7 janvier dans les locaux de la rédaction. Chirac, Clinton, et Annan ont déclaré que les journaux ayant contribué à diffuser les caricatures avaient fait un usage abusif de la liberté de parole et ont fait appel à plus de responsabilité et de respect envers les sentiments religieux. On nourrit le crocodile, (...) Qu'on arrête avec ce faux problème des caricatures. Le monde entier pense que le premier procès des caricatures a eu lieu en France, mais il a eu lieu au Danemark. L'histoire du Blasphème en France est importante, elle commence en 1740 et Cabu en est l'héritier. (...) Cabu devrait être là, il aimait tellement dessiner les procès. Cabu était d'abord un pacifiste et Cabu était toujours joyeux, grâce à Véronique (sa femme), à Charlie Hebdo et à sa troisième famille du Canard enchaîné. On ne peut pas renoncer à la libre critique des religions, aux caricatures de Mahomet, ce serait renoncer à notre histoire, à nos encyclopédistes, à la raison, renoncer à l'égalité...renoncer à la libre critique des religions, aux caricatures de Mahomet, ce serait renoncer à ce droit si merveilleux d'emmerder Dieu. C'était ça Charlie Hebdo, c'est ça Charlie Hebdo. Et c'est notre droit. L'islam devrait avoir un traitement de faveur et être la seule religion qu'on ne pourrait critiquer ? (...) Les religions doivent faire l'objet de la satire ! Me Malka cite le pape François qui le 15 janvier 2015 a dit "Si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s'attendre à un coup de poing, et c'est normal. On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision !". La libre critique des croyances, des religions, c'est essentiel sinon on sombre dans l'obscurantisme. Charlie Hebdo continue à vivre, dans un bunker, entouré de policiers, mais il vit. Il vit sous les menaces. Il vit avec les disparus et ses blessés. Il vit grâce à ses lecteurs... On ne peut pas tuer une idée. Ils pourraient tous nous tuer, ça ne servirait à rien car #CharlieHebdo est devenue une idée, un symbole, et on ne peut pas tuer une idée. Qu'on ne vienne pas nous dire que s'il y a eu des attentats à #CharlieHebdo c'est parce qu'il y a eu des bombardement en Irak, en Syrie, ou je ne sais où. La civilisation n'est pas coupable, les caricatures ne sont pas coupables. A cette audience, on a semblé vous reprocher de parler voir de trop parler de religion pour des cris qui ont été commis au nom de "Allah Akbar on a vengé le prophète". C'est comme si on disait à un toxicomane de ne pas parler de drogue ! Me Malka : Pour moi, ces hommes ont tous, pas tous, ceux qui ont connu Coulibaly ont commis un crime, un crime d'indifférence, de complaisance active, ils savaient qu'il sortait de prison, qu'il avait été condamné pour des faits en lien avec le terrorisme. Ceux qui connaissaient Coulibaly savaient qu'il était violent, dangereux. M. Coulibaly a parlé à qui voulait l'entendre de la persécution des musulmans dans le monde. (...) Il était antisémite. Vous n'avez pas pu ne pas le voir. Coulibaly était antisémite, profondément, depuis des années. Toutes ces sornettes qu'on nous a raconté : on ne parle pas de religion en prison. Ca c'est un scoop, on ne se radicalise pas en prison. L'antisémitisme dans les banlieues M. le président ça n'existe pas, tout le monde le sait. M. Polat, avec son présent du subjonctif, qui connait sont dossier par coeur, qui voit les failles, qui argumente bien, il raisonne bien. (on entend Polat marmonner quelques chose) Ils (les accusés) sont intelligents, ils sont prudents. et puis il y a eu l'incendie. C'est énorme l'incendie d'un journal. On aurait pu croire qu'il y ait eu unanimité. Et non. Le lendemain, il y a eu les accusations de racisme. La haine a été nourrie à plusieurs étapes. Me Malka cite ceux et celles qui ont dit à propos de Charlie : "Il ne faut pas jeter de l'huile sur le feu". Il cite les politiques, les rappeurs, Disiz La Peste et Nekfeu... Me Malka: ces personnes savent-elles que depuis 1992 Charlie Hebdo est de tous les combats antiracistes ? Ces personnes savent-elles que renoncer à cette liberté d'expression reviendrait à plonger dans le désespoir des millions de musulmans de part le monde ? De l'espoir il y en a et il y en a eu pendant ce procès. Dans ce procès, il y a un islam républicain qui a grandi. Mes derniers mots seront pour Charb. Il était une des rares personnes au monde à laisser une trace éternelle dans le cœur des gens qu’il croisait. Quand on a envie d’abandonner le combat c’est à Charb que l’on pense. Charb vivra. L'audience est levée.
  16. Nicolas Chafoulais J'aimerais savoir ce que ma fille a fait pour mériter ça, ce qu'ils lui ont fait, ce corps qu'il ne m'ont pas rendu. D'embée, Nicolas Chafoulais interpelle Renaud Portejoie l'avocat de Cécile Bourgeon : "il faudrait qu'elle tourne la tête, qu'on la voit, elle sait très bien ce qu'ils ont fait". Le père de Fiona poursuit, assure que tout allait bien avant qu'il se sépare de C. Bourgeon, qu'après il ne la voyait plus, ne pouvait plus lui parler sans qu'elle se mette à pleurer. Il ne nie pas ses problèmes de drogues, "mais tous les gens qui prennent de la drogue ne finissent pas par assassiner leurs enfants", ajoute le père de Fiona qui assure avoir voulu s'en sortir, arrêter de prendre de la drogue. N. Chafoulais : C'est à partir du moment où je l'ai laissée seule (C Bourgeon) que tout a dérivé. C'était moi qui avait pendant 80% du temps les enfants. Elle pensait que s'occuper des enfants c'était le Club Med. Après leur séparation, le père de Fiona continue de voir sa fille jusqu'en septembre 2012. Lors d'un week-end, Fiona lui parle du nouveau compagnon de Cécile B. "Elle me dit qu'il lui fait mal, je lui demande, comment ça ?" Fiona ne répond pas. Alors son père, au moment de ramener sa fille, décide d'en parler à Cécile B. Ce 9 septembre 2012, c'est la dernière fois que le père de Fiona voit sa fille vivante. N Chafoulais raconte l'épisode ce 9 septembre 2102 quand il se fracture le tibia après avoir ramené Fiona. Il avait demandé à sa mère pourquoi elle disait que "Kader" lui avait fait mal. Elle se serait alors énervée, l'accusant de monter la tête de Fiona et de ne pas supporter sa nouvelle relation avec B. Makhlouf. Prsdt : Que s'est-il passé selon vous ? NC : Je pense qu'ils l'ont frappé, c'est mon intime conviction. C'est le quatrième procès, je ne l'ai jamais vu pleurer la mort de Fiona je ne pense pas qu'il y ait des doutes. Ils ont frappé ma fille jusqu'à la laisser agoniser dans la chambre. Ils ont voulu sauver leur peau. N Chafoulais s'adresse directement à B Makhlouf : "Toi qu'est-ce que tu attends ? Elle s'en fout de ton fils, tu le reverras pas, c'est maintenant que tu dois parler ! " B Makhlouf se lève. "Asseyez-vous Monsieur" lance le président. NC : Je vous le garantis ce qu'elle a fait elle s'en fout elle veut la peine la moins lourde c'est tout. Et elle s'en sort plutôt bien. Fiona elle, s'en est moins bien sortie. Il n'y a pas d'emprise de Makhlouf sur Bourgeon. Elle sait se rebeller, se montrer violente... Concernant la thèse de l'enterrement à Aydat, je préférais qu'elle y soit. Si ils l'ont jetée à la poubelle c'est des monstres ! Cécile Bourgeon c'est un distributeur de gamins. Elle s'en fout de ce qu'elle fait. Sa nouvelle fille ? C'est incroyable de faire ça ! Le père de Fiona reste persuadé que C. Bourgeon et B. Makhlouf savent où est le corps : "Mais ils savent que le corps est tellement abîmé que si on le retrouve ils sont foutus, c'est pour ça qu'ils ne disent rien". Il dit que la 2ème fille qu'il a eu avec C. Bourgeon est au courant de tout. "C'est une petite fille qui se construit très bien, mais elle a peur de sa mère. Elle dit que plus tard elle ne veut pas d'enfant pour ne pas finir comme sa mère". Le président et l'avocat général questionnent N Chafoulais laissant sous entendre qu'il n'a pas pris de nouvelles de sa fille après le 9 septembre 2012. Le père de Fiona ne comprend pas, rappelle que quand il appelait au foyer, B Makhlouf raccrochait direct le téléphone. NC : Mais elle ne m'a pas dit qu'il l'avait frappé, comment je pouvais m'imaginer ? Comment je pouvais savoir ? Même l'école n'a rien vu ! Si j'étais allé porter plainte pour ça on se serait foutu de ma gueule ! ce que j'ai pu entendre, c'est qu'ils ne s'en occupaient pas et qu'elle était pleine de drogues et qu'elle s'en est jamais sortie. Parce qu'elle ne le voulait pas. C'est jamais de sa faute. Quand elle était petite, c'était son père. Ensuite son beau-père. Puis moi. Maintenant Berkane.Elle n'a jamais montré de regrets. La seule chose qui l'intéresse, c'est comment on la voit aujourd'hui. S’ils l’ont jetée à la poubelle, ce sont des monstres, en restant poli. Il ne faut pas oublier qu’ils me menacent, après les faits, en me laissant un message sur mon téléphone. en disant qu’il faut que je leur rende la petite, que j’ai enlevé Fiona. Ils sont deux à monter le projet. Il faut être en accord. Me Lebert : Je me demande pourquoi cette haine pour vous. Sur le téléphone de Cécile Bourgeon, vous passez de "Nicolas CH" à "grosse pute nico", cela fait écho à ce qu'a dit l'un des témoins ce matin où Fiona la dégoutait parce qu'elle vous ressemblait. NC : C'est vrai que Fiona me ressemblait beaucoup. Elle l'avait prise en grippe. Me Lebert : Lorsqu'elle présente un doudou souris au policier ? NC : C'était pas le doudou à Fiona. Elle avait un renard, et elle frottait l'écharpe du renard sous son nez. Me Lebert : Son sens de l'orientation ? NC : Elle savait très bien se repérer dans l'espace. On a essayé d'arranger nos relations, Je pense qu’il y a plein de couples qui font cette erreur. C’etait une mauvaise idée. Je ne vais pas dire que c’est que Makhlouf qui mettait des bâtons dans les roues. Elle n’était pas plus encline à me laisser parler aux petites. Parfois, c’était la plus virulente. Me Yves Crespin : Est-ce que madame Bourgeon a repris contact avec la petite sœur ? - Trois lettres dont la carte d'anniversaire. - Avec vous , elle a repris contact ? - Non. - Elle ne demande pas à voir sa fille? - Non, n'allez pas lui donner des idées ! AG : Vous l'avez rencontré elle a 15 ans, vous 18 - oui - Elle avait déjà des problèmes ? - Oui, des problèmes majeurs avec sa mère. Et elle était déjà dans la drogue. Aujourd’hui, je suis clean. Je ne prends plus rien. Les trois autres, ils vont faire quoi : Bilal et sa fille, ils vont grandir au foyer ? AG : Elle vous reprochait d'être oisif, drogué et violent - Violent, c'est moi qui me suis fait tanner. Oisif, les enfants étaient avec moi tout le temps, je ne restais pas devant la télé. La drogue, je n'ai jamais dit que je n'en ai pas pris. - Du moment où elle se drogue de manière extrême, vous ne le savez pas ? - Je ne la voyais pas à ce moment. Je ne le sais pas. En mai 2013, la disparition de Fiona, Nicolas Chafoulais l’apprend par un appel de sa mère. "Au début, bien sûr que j’y crois »[à la disparition]. C’est compliqué de se dire qu’il y a tout ça derrière la disparition de ma fille. J’essaie de l’appeler, [Cécile Bourgeon] elle ne me répond. Je suis parti chercher ma fille à Montjuzet. Pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois, j’espère que ça va s’arranger, même si pendant une durée aussi longue, on pense à tout. J’ai pensé à l’enlèvement, des pédophiles, il y en a partout… Le président demande à C Bourgeon de se lever. Il l'interroge sur ses violences. C Bourgeon s'exprime. Agacée. Le président à Cécile Bourgeon sur les violences : il dit que c'est vous qui le frappiez Elle minimise et noie le poisson et aborde les courriers à sa fille : J'écris pas. Il lui a dit "c'est ta mère qui a tué Fiona". Je sais pas quoi écrire. Prsdt à CB : Il est encore temps de dire où est le corps de Fiona Madame Bourgeon? Ca parait incroyable que vous ne vous rappeliez pas ? Je suis pas sûr que vous réalisiez ca, vous vous agacez facilement. Renaud Portejoie : C'est maintenant qu'il faut le dire si vous savez. CB : Si je le savais, je l'aurais dit, il le sait. Je n'y suis jamais retourné. Prsdt : Mais justement ! C'est ce qui nous paraît impossible ! Que vous ayez enterré le corps dans un endroit si improbable que jamais vous n'avez pu y retourner ! Maître Portejoie l'avocat de C. Bourgeon lui demande de parler "c'est le moment" souffle-t-il. C. Bourgeon ne répond pas. Un des assesseurs pose LA question : est ce que vous êtes allé chercher le corps de votre fille depuis votre libération? Son avocat R Portejoie assure l'en avoir dissuadée : Je ne vous cache pas que j'ai pu avoir peur qu'elle rencontre des personnes et cela puisse être perçu comme une provocation. (Il raconte qu'elle l'a appelé un soir en pleurs). Avant de s'assoir N Chafoulais s'adresse directement à C Bourgeon : s'il te plait n'écris plus à sa soeur, laisse la, et ne t'occupe plus de tes enfants ! L'audience est levée.
  17. Reprise de l'audience avec une visio d'un "fournisseur de shit" du couple Bourgeon-Makhlouf. "C'était que pour du cannabis, pas de cocaine, héroine, ni autres..." Prsdt : Pourquoi achetaient-ils du cannabis alors qu'ils en faisaient pousser chez eux ? - C'était du shit, pas de la beuh - Ah d'accord.. On évoque brièvement "Tonton" (tout le monde se souviendra de lui) qui "avait peur quand Berkane était là". Et on expédie la visio, parce-que le témoignage n'a pas grand intérêt. Autre témoin dont les déclarations sont lues par le pdt, revient sur le couple que formait C. Bourgeon avec le père de Fiona. Il fait état de tromperie, de violence au sein du couple. "Cécile me demandait de l'argent pour acheter de la nourriture mais c'était pour sa drogue". Dans cette déclaration qui date de 2013, ce témoin parle de C. Bourgeon comme une "manipulatrice". Il dit avoir rencontré B. Makhlouf en boîte, en qui il n'avait "pas confiance". Témoin suivant, une femme qui a vu le couple Bourgeon / Makhlouf une dizaine de fois, "jamais avec les deux petites filles" quelques mois avant le drame. Ils se voyaient "chez tonton" lieu de rassemblement de toxicomanes à Clermont. Elle explique que "Cécile B. parlait moins quand elle venait avec lui [B. Makhlouf]" elle le décrit comme quelqu'un d'impulsif. Quand Cécile B. venait toute seule "elle parlait plus, elle se lâchait plus". Le président : vous n'avez jamais vu les filles ? - Non, Cécile B. me disait qu'elles étaient chez sa mère Le président : Mais sa mère habitait Perpignan... Autre témoin, encore une vague connaissance des deux accusés croisés plusieurs fois "chez tonton" il se souvient avoir été choqué de voir que Cécile B. consommait de l'héroïne alors qu'elle était enceinte (de B. Makhlouf). "On n'a jamais vu les filles et on trouvait ça bizarre". Il explique qu'après la disparition de Fiona dans le milieu toxicomane de Clermont l'hypothèse qui circulait était celle de l'accident, la petite aurait avalé un cachet "c'est ce qu'on pensait tous... Moi j'aurais appelé les secours, ils ont aggravé leur cas". Suspension avant le témoignage de Nicolas Chafoulais.
  18. Me Nathalie Senyk : Tout a commencé par le feu et ce n'était qu'un début. Là où l'on brûle des livres, on finit par brûler des hommes. Et puis il y a eu le bruit des armes...La vision des corps enchevêtrés dans la salle de rédaction, le coeur même de l'expression et de la création où à la porte de celle-ci ils ne se sépareront jamais plus liés par l'amitié, une vision du monde, liés par Charlie Hebdo. Me Nathalie Senyk évoque les balles de Kalachnikov tirées par les Kouachi, les blessures de Simon, l'odeur de poudre, ce "regret de ne pas être mort". Me Senyk : Simon est venu dire à cette barre les effets d'une balle de Kalachnikov. Dans son corps abîmé, qui fait mal, Simon va marcher dans sa tête, faire des pas, des kilomètres de pas. Chaque mouvement arraché à la douleur. Sentir, ressentir à nouveau la douleur, la tristesse, et remonter progressivement à la surface. Simon est attentif au moindre souffle heureux autour de lui, manie l'humour et me dit qu'il n'y a pas de hasard à avoir travaillé et à travailler encore chez Charlie Hebdo. Simon n'est pas un rescapé parce qu'on n'échappe pas à cet attentat quand on l'a vécu mais c'est un survivant en face de Simon, des arrangements à la petite semaine. Des mots vides de sens parce qu'il faut bien vous répondre. Des idées sans vie pour tenter de sauver la sienne. Des armes en nombre pour Coulibaly. Coulibaly a un frère ici et ses amis. Les amis de Coulibaly que la téléphonie a désigné pour certains. J'ai comme vous cette image et elle ne me quitte plus, ces fusils pointés et qui se déplacent. 1 mn 49 s, la banalité du mal. ceux qui on survécu et qui ont croisé les armes et les ombres nous ont dit ce qu'ils ont vu, la fin d'un monde, l'obscurité. Après Simon les ombres se sont déplacées vers Franck Brinsolaro, protecteur de Charb, flic d'exception, appartenant à cette unité d'élite qu'est le SDLP et dont certains sont dans cette salle pour protéger d'autres personnes. Poussons la porte de la salle de rédaction n'ayons pas peur. Cabu S'y trouve, il est heureux, il vient de présenter ses deux invités. Charb est à son bureau et porte son pull à rayures rouge et bleu avec ses 4 boutons à l'épaule gauche. Luz est en retard c'est son anniversaire, c'est c'est ce qui va lui sauver la vie. Tignous est déjà là & Coco le chambre parce que pour 1 fois il est à l'heure. Mustapha est là alors qu'il n'aurait jamais du l'être,il venait le lundi pour corriger. Cabu a été assassiné par des balles de Kalachnikov, celles qu'il haïssait... Me Senyk cite Trenet, La vie qui va : "C'est la vie qui va toujours, Vive la vie vive l'amour, La vie qui nous appelle, Comme l'amour elle a des ailes, Car c'est la vie qui fait chanter la joie, Quand tout vit c'est qu'tout va, Quand tout va la vie est belle, Pour vous et pour moi, Je sais bien que demain tout peut changer, Je sais bien que l'bonheur est passager, Mais après les nuages Mais après l'orage, On voit se lever joyeux, L'arc-en-ciel dans nos yeux." Cabu c'est le plus merveilleux des copains, Wolinski était l'un de ses meilleurs amis. Cabu c'était la gourmandise, le palmipède, Charlie, une presse libre, sans publicité. Lorsque Cabu est là, Charb n'est jamais très loin... des dessins de Charb ont été projetés dans la salle d'audience à la demande de sa famille. "Un frémissement, quelques rires qui s'échappent". Il y en a pour tout le monde, ça lui aurait sans doute plu. Tous les dessins de Charb disent quelque chose de politique. Charb c'est l'hyper politique. Il était hônnete, pur sans posture, il était cultivé, engagé, libre. Charb voulait toujours dessiner, déjà à l'école maternelle. La nuit il dessinait. Tout le temps il dessinait. Et c'est vrai que Stéphane faisait bien marrer ses parents et son frère. Il y a le dernier dessin publié dans Charlie ce mercredi. Le titre : "Toujours pas d'attentats en France. Attendez, on a jusqu'à fin janvier pour présenter ses voeux". La colère fait place au dessin. La colère de ceux que je représente. "Charb, on veut Charb" (prononcé par les terroristes). Et dans leurs mains (celles des Kouachi), des armes. Et sur ces armes, l'ADN de Coulibaly. Quelques semaines avant, dans le magazine Inspire, un Wanted, dead or alive. Charb est mort assassiné comme ses amis, simplement pour quelques dessins. Le cercueil de Charb a été porté par 6 officiers du SDLP qui l'ont protégé au fil des années. Didier, Christophe, Patrick, Greg, Alain, Jean-Pierre, merci à vous. Me Senyk rappelle l'anecdote de l'une des filles de Bernard Verlhac, dit Tignous, Ce papa qui leur faisait un palmier sur la tête avant de partir à l'école parce que c'est la seule coiffure qu'il savait faire. Elle rend hommage au correcteur Mustapha Ourrad, qui n'aurait pas dû être là le 7 janvier 2015 car il venait le lundi. Riss a si peu parlé de lui. Sans doute parce qu'il ne cesse de penser à eux. Un objectif, le sien, que les morts soient toujours vivants. Il suffit d'ouvrir Charlie Hebdo pour voir qu'ils sont tous là. Me Senyk parle de Romain, le joggeur touché par des balles au bras, à la jambe et aux intestins alors qu'il courait sur la coulée verte, le 7 janvier au soir : Romain il n'en peut plus. Il s'accroche à ses souvenirs, ce face-à-face hypnotique.. Ce qui est sûr à 100% c'est que l'arme qui a été utilisée à l'encontre de Romain, cette arme Coulibaly la détenait à l'Hyper Cacher. "J'ai la conviction que tout est intimement lié. L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller jusqu'au bout de sa pensée. Libres ils le furent, et ils le sont tous.
  19. Franchement, ils n'étaient pas mariés, rien, du coup, c'était "amiable" je suppose, à aucun moment de toutes les audiences on a entendu parler d'une procédure familiale suite à leur séparation. Elle fantasmait avec sa "garde exclusive" non ? Moi je crois pas qu'ils soient allés devant le juge, ils se camaient tous les deux..
  20. Me Raphaëlle Hennemann Je vais porter la parole de plusieurs personnes,dont celle de Patricia, première partie civile à être venue à cette barre le 8 septembre dernier, au lendemain de la diffusion dans la salle de photos et de vidéos. Elle a perdu ses cheveux, a pris du poids, a des angoisses. Elle revit la scène avec les Kouachi qui cherchent Charlie, la fusillade qui a suivi, la peur de mourir. Les débats ont montré que le mot d'ordre ici était "sauve-qui-peut", stratégie de défense désolante." Me Hennemann explique comment chez les parties civiles "des petites choses anodines comme un beau coucher de soleil" peuvent apaiser la souffrance". Me Hennemann : On dit que c'est de l'obscurité que jaillit la lumière et que la nuit n'est pas définitive.. Me Hennemann explique que Charb était le meilleur ami de plusieurs Babouse, dessinateur à Charlie : Avoir un bon copain, voilà de ce qu'il y a de meilleur au monde. On rit de ses chagrins quand on a un bon copain. Babouse a perdu son bon copain. La vie n'a plus rien à voir. Le scénario de l'attentat trotte dans sa tête. Il a été menacé sur les réseaux sociaux, et même devant sa porte. Le 7 janvier 2015, Babouse aurait du être dans la salle de rédaction de Charlie Hebdo. Originaire de Boulogne-sur-Mer il a annulé sa venue au dernier moment à cause d'un rendez-vous chez le médecin. Me Barré Doit-on rappeler que les actions terroristes ont été coordonnées entre les Kouachi et Amedy Coulibaly et que les armes retrouvées figurent sur ces satanées listes ? M. Polat est un proche, voire le plus proche de Coulibaly, comme un soldat face à son commandant. (Polat se met à protester dans le box.) Me Barré détaille le rôle qu'elle attribue à chacun des accusés dans les attentats commis les 7, 8 et 9 janvier 2015. Me Barré : Ils (les accusés) ont jeté leurs téléphones et leurs puces et même pour certains avant l'attentat à Charlie Hebdo. Entre les problèmes contagieux de mémoire, les mensonges... Il émane des débats une confusion apparente sciemment entretenue. Face à ces questions, ces mensonges, se tiennent les parties civiles. Indéniablement debout. J'ai le souvenir de ma première rencontre avec les Charlie, fin janvier 2015 dans les locaux de Libération, une souffrance palpable, nous avons pourtant ri. J'avais le sentiment d'être avec des copains. Pour Riss, la douleur physique dont il ne parle pas, le bras qui fait souffrir à chaque fois qu'il dessine. Pour tous, la peur qu'on n'a pas vu venir puis la peine, le manque de ceux qu'on aime. Coco était arrivée toute jeune à Charlie, elle avait trouvé une famille avec laquelle elle allait grandir. Me Barré détaille ce que doivent désormais faire la plupart des membres de l'équipe de Charlie pour sortir, protégés par des gardes du corps, pas de dîner chez les amis, le bonnet enfoncer sur les yeux pour ne pas être reconnus. "Contre la peur le rire est une arme atomique" disait Charb. Ce moment d'audience si particulier où nous nous sommes tous retrouver à sourire devant les dessins de Charb m'avait fait rêver d'une plaidoirie avec le rire pour fil rouge. Je n'y suis pas arrivée. Vous ferez ce qu'ils vous appartient de faire, juger ces hommes. Ce procès est si particulier, c'est notre histoire à tous.
  21. Patrick Klugman, avocats d'otages de l'Hyper Cacher Ce procès nous a semblé certains jours impossibles et d'autres maudits Je ne sais pas si c'est un procès pour l'Histoire mais l'histoire de ce procès mérite que l'on s'y attarde un instant. (..) Combien de nouveaux attentats depuis le début du procès, combien de morts. Jamais, un procès contre le terrorisme en France ne s’était tenu dans un tel environnement de terreur. Jamais dans les annales de notre justice, ce qui se juge ici n’aura eu tant de conséquences sur ce qui se joue dehors. La terreur que vous jugez malgré des mesures sécurité inédites, s’est répandue jusqu’ici, dans cette salle visant particulièrement certains de nos confrères. La terreur est partout, devant vous, parmi nous. A l'instar de la terreur le virus aussi est venu jusque dans la salle d'audience. C'est l'honneur de toutes les parties civiles d'avoir choisi le droit. Nous sommes venues demander justice (...) Nous sommes un certain nombre à penser que M. Polat doit être déclaré coupable et il n'est pas le seul. La 1ère question qui vient c'est comment les faits des 7, 8 et 9 janvier 2015 ont été rendus possible. D'où vient la terreur qui s'est abattue sur nous ? Les faits qui se sont abattus sur nous ont débuté bien avant le 7 janvier 2015. Les faits dont vous êtes saisis commencent en novembre 2011 par un jet de cocktail Molotov dans les locaux de Charlie Hebdo. Le 3 octobre 1980, une bombe explose devant la synagogue de la rue Copernic. Dans la soirée du 3 octobre 1980, le Premier Ministre Raymond Barre déclare : "Cet attentat odieux voulait frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic". Il a fallu attendre le 11 janvier 2015 pour qu'enfin un pays se lève (..) mais le 11 janvier 2015 c'était trop tard. Vous l’avez entendu de la part de ceux qui ont eu le courage de venir ici et vous l’avez compris, on ne survit pas indemne à un attentat. Ce sont des vies certes pas interrompues mais brisées qui se sont échouées ici et qui s'accrochent à votre barre. Me Klugman rappelle que l'une de parties civiles qu'il représente et qui était infirmière ne supporte plus aujourd'hui la vue du sang. Me Klugman : Nous parlons de faits de terrorisme. (...) Nous pouvions tout de même espérer autre chose que ce concert de déni, ce concours de la défausse que le box de gauche a lancé au box de droite. La vérité aussi mérite quelques égards. Alors avec M. Polat vous avez tout, 22 rencontres physique entre novembre et janvier, de multiples échanges téléphoniques. Polat c'est le fournisseur, le bras armé, le logisticien en chef de Coulibaly, l'éxécuteur testamentaire (..) Il prend la fuite au Liban le 12 janvier et tente de rejoindre la Syrie le 17 janvier. Aucun des accusés n'est dans le box par hasard. Vous dites que vous n'êtes pas Coulibaly mais, je cite Marivaux :"on accuse le bourreau mais le pire c'est d'être son valet." Nous savons qu'outre les armes utilisées, Coulibaly avait 20 batons de dynamites qui pouvait faire s'écrouler un immeuble. Il voulait tuer des juifs, il a tué tous ceux qui étaient sur son chemin. Je vous prie de bien vouloir prendre en compte la demande impérieuse de requalification des faits et de juger que mes clients ont été victimes d'une tentative d’assassinat terroriste aggravée par leur appartenance à la religion juive. Nous attendons un mot simple : l'antisémitisme. Je veux qu'il entre dans cette cour comme il est entré dans l'Hyper Cacher. Je veux qu'il entre dans votre verdict comme il a fauché des vies. Nous pensions la France guérie de ce fléau. Avant l'assassinat du pauvre Ilan Halimi, quelque chose s'est fissurée". Il cite le livre :"Les territoires perdus de la République". Savez-vous combien de fois le mot antisémitisme apparait dans l'ordonnance de mise en accusation sur 271 pages ? Une seule. Et pour le contester ! Personne ne mérite de mourir sauvagement. Mais le policier choisit d’être policier, le journaliste choisit d’être journaliste. On tue des policiers, on tue des journalistes.Mais quand c'est votre naissance qu'on vous reproche, il n'y a aucune échappatoire possible. Pourquoi les juifs ? Pourquoi vient-on tuer des juifs à l'Hyper Cacher pour dénoncer la présence de l'armée française au Mali ? depuis 2012, chaque Français juif qui pose ses enfants à l'école avec un pincement dans le coeur, depuis le 9 janvier 2015 , chaque Français juif qui fait ses courses a peur. Votre verdict ne changera rien,nous le craignons, à la sécurité des Français de confession juive. Mais en écrivant que des Français ont été visés parce qu’ils étaient juifs, vous proclamerez l’indivisibilité du Peuple Français et de la République.
  22. Me Denis Smadja (représente Serge, un homme qui a échangé avec le terroriste Amedy Coulibaly le 9 janvier 2015, et sa femme Brigitte qui est venue témoigner) Brigitte et Serge ne sont pas là aujourd'hui, dissuadés dés le premier jour du procès par le mur des caméras. Ce procès est un procès historique mais dans lequel il n'ont pas trouvé leur place. Brigitte, "a eu honte car elle s'est bouché les oreilles pour ne pas entendre les râles de Yohan Cohen qui agonisait". Depuis presque 6 ans, le quotidien de ce couple, Serge et Brigitte, ce sont des cauchemars et des crises d'angoisse. Des crises d'angoisse telles que l'un et l'autre ont du par moment se faire hospitaliser en service psychiatrique. Serge et Brigitte prennent des médicaments, ils disent qu'il "ont pris 20 kilos et dix ans d'âge" Les survivants de l'Hyper Cacher sont mieux placés que personne pour savoir ce qu'est la chance d'être en vie. (...) Beaucoup trop de gens se sont invités à ce procès comme une tribune médiatique. J'estime que vous ne jugez que les accusés, ni la famille Bush, ni Mediapart, ni les bobos de gauche comme j'ai pu l'entendre. Me Jérémie Boulay l'avocat de Valérie Braham Je porte les larmes de celles qui en a tant versées devant vous, avant vous et qui en versera après vous. Valérie Braham ne revit chaque seconde que par un besoin vital, la promesse qu'elle a faite à ses trois enfants : de tenir, encore et encore tenir. Valérie vit continuellement avec ce drame de se dire que c'est elle qui a envoyé son mari vers le lieu de la mort. Vous entrerez en voie de condamnation et dans votre délibéré, vous entendrez les mots de Mme Braham : "mes enfants savent que c'est un méchant qui a tué leur papa mais ils ne savent pas pourquoi, car ils avaient un gentil papa". Valérie Braham est venue, elle s'est présentée ici, c'est pour moi le plus important. Elle est sortie de toute sa torpeur pour rappeler le souvenir de son mari Philippe Braham. Pour Valérie Braham, pour ces enfants, la vie a continué, la vie doit continuer. La vie rien que la vie. Ce sera pour moi, pour elle et j'espère pour tous, le plus important à retenir dans ce procès. Me Eric Najsztat, avocat du directeur du supermarché de la porte de Vincennes Patrice m'a dit : "je vais retourner chez moi en Israël car au moins je serai en sécurité, je serai armé". Vous les juifs vous aimez trop la vie alors que c'est la mort le plus important, c'est ça le testament de Coulibaly. Ils ont leurs livres, nous avons les notres : Charlie Hebdo, Hara-Kiri, La grosse Bertha, le code pénal..
  23. 4 décembre, suite des plaidoiries des avocats des parties civiles Me Samia Maktouf, avocate de Lassana Bathily "Je voudrais rendre hommafe à Lassana Bathily, et à travers lui à toutes les victimes pour le courage et la dignité dont elles ont fait preuve durant ce long procès." Me Samia Maktouf rappelle le parcours d'immigré de Lassana Bathily, qui a été embauché en 2012 à l'Hyper Cacher. Il y perdu un ami et un collègue, Yohan Cohen, assassiné le 9 janvier 2015 par Amedy Coulibaly dans le magasin. "Tout sépare Lassana Bathily d'Amedy Coulibaly mais tout le rapproche de Yohan Cohen". Me Samia Maktouf lit un sms de Lassana Bathily : "J’ai peur des représailles parce qu’on me reproche d’avoir sauvé des Juifs". Puis Me Samia Maktouf en vient aux accusés : J'ai vu l'idéologie de la secte de la buanderie, cette secte mortifère qui a permis la commission des attentats, cette buanderie qu'ont fréquenté plusieurs des accusés ici. Chacun des accusés, radicalisé ou pas, qu'ils aient connu Amedy Coulibaly ou pas, qu'ils aient croisé les Kouachi ou pas, a eu un rôle dans la commission de ces attentats. Fines lames ils l'étaient (les accusés) quand il fallait fournir toute la logistique, armes ou financement. Au début du procès, les accusés se revendiquaient des délinquants de droit commun mais pas des terroristes. J'espère qu'ils ont enfin fini par comprendre pourquoi il sont jugés aujourd'hui par votre cour. Me Samia Maktouf parle de "ceux qui arment la main des terroristes, qui sont animés par cette idéologie qui tue" . Puis elle regarde l'accusé Amar Ramdani dans le box : On ne balance pas dans les quartiers. N'est-ce pas M. Ramdani ? Me Samia Maktouf insiste sur les principes de la taqîya : Les accusés ici savent bien que le silence peut être une arme. Dans le grand banditisme, il y a l'omerta. Dans le terrorisme, il y a la taqîya. Le verdict que vous rendrez ne consacrera pas seulement la justice, il rétablira la vérité, il affirmera le droit des victimes et consacrera ce qui rassemble ici toutes les parties civiles, savoir l'Etat de droit. Me Franck Serfati Depuis le 2 septembre dernier, début de ce procès, on parle des parties civiles. Mais celles-ci devront devenir des victimes. Et ce changement de statut passe inéluctablement par une condamnation pénale. Une de mes consoeurs hier qui fut brillante vous a expliqué que les victimes quitteront ce procès sans comprendre réellement ce qu'il s'est passé, peut-être. Mais il n'appartient pas à votre cour de comprendre, vous devez juger. Il est trois absents dans ce procès : les criminels qui ont tiré les coups de feu mais la justice est ainsi. Les auteurs principaux ont été éliminés, ça ne veut pas dire que ceux-ci ne sont pas coupables. L'ordonnance de mise en accusation ne leur reproche pas d'avoir tiré des êtres humains mais d'avoir participé à une association de malfaiteurs terroriste criminelle et acquis des armes notamment. Vous les condamnerez de ce chef car il y suffisamment d'éléments, les armes, la téléphonie, une radicalité pour certains, une radicalisation pour d'autres.. Je vous demande de condamner sévèrement, parce qu'une condamnation sévère sera juste compte-tenu de la gravité des faits et de la personnalité des accusés. Ce criminel ignoble, Amedy Coulibaly, avait raison sur un point : oui les juifs aiment la vie. Ils ont une culture de la vie qu'il faut opposer à cette culture de la mort. Nous avons besoin d'une condamnation ferme qui rappelle les valeurs de la République.
  24. Sur questions de Me Lebert, concernant les absences de Fiona à l’école, Cécile aurait évoqué une maladie auprès de Vanessa tandis que Berkane aurait indiqué que c’était en raison du comportement de la maîtresse, qui soulevait les t-shirts des enfants. Me Rodolphe Costantino poursuit sur les absences notamment début mai 2013. Me Costantino : Vous aviez dit que vous aviez vu Cécile Bourgeon devant l'école lundi 6 et mardi 7 mai, après presque un mois sans nouvelles. Que vous aviez retrouvé un SMS , du mercredi 8 mai, pour vous demander s'il y avait école le lendemain. Le jeudi était férié.. CB répond qu'elle allait pouvoir faire la grasse mat - Oui - En fait, aucune de vous deux n'ira à l'école le vendredi. Vous parce que votre fils était malade. Elle... pour une autre raison. Il demande au témoin de parler de Fiona "Une enfant pleine de vie, joyeuse..." La témoin pleure, l'avocat général souligne cette émotion. Moment d'émotion intense. Dans leur box, C Bourgeon et B Makhlouf baissent la tête. Témoin : Ils ont tué ensemble, ils l'ont cachée tous les deux.Elle se reprend et formule :Je ne pouvais pas croire qu'elle ait fait quelque chose. Berkane était vif mais il m'a jamais rien montré de suspect... Elle, elle a changé de comportement,jusqu'à dire qu'elle n'aimait plus sa fille même si elle s'est vite reprise... je me dis que c'est possible que ce soit elle, c'est déroutant mais... Je ne soutiens pas BM. ils ont fait ça tous les 2. Ils sont complémentaires. Ils ont tué ensemble, ils l'ont cachée tous les deux. S'il n'avait pas été tous les deux, est-ce que Fiona serait là où elle est ? Renaud Portejoie : Vous dites qu'elle aime ses filles, que Berkane Makhlouf aussi lorsque vous êtes interrogée juste après en mai 2013. Ensuite, j'ai le sentiment que vous avez entendu parler de la drogue.. - Je pense qu'à ce moment là j'étais la copine à Cécile dont la fille a disparu et ensuite, c'est encore autre chose. Mais d'après moi, ce que j'ai vécu, ce que j'ai vu... J'ai réfléchi aussi. Me Portejoie reparle du sentiment du témoin en mai 2013 : l'accident domestique est possible. A quoi pensez-vous ? - Elle m'avait dit qu'elle ne prenait pas de drogues dures, c'est tout ce que je peux dire. Me Portejoie refait préciser : Avoir du mal avec ses enfants d'après les déclarations de 2013 ou ne plus l'aimer, selon les déclarations aujourd'hui ? Le président relit : "Fiona la dégoutait parce que Fiona ressemblait à son père" Le témoin : Je n'en démordrais pas la relation avait changé. Me Portejoie : Il y a un fossé entre avoir du mal avec ses enfants et ce que vous dites aujourd’hui aux Assises. Me Luciani : vous avez dit que les relations entre Berkane et Fiona ont pu changer parce que surtout Fiona n'allait plus à l'école ? -Oui.. On reparle de l'ingestion de sirop, le témoin ne se souvient pas.. Me Luciani : Lorsque vous aviez été entendue en audition, vous aviez livré un épisode sur l’ingestion par Fiona d’un sirop, qui l’aurait plongée dans un état d’ébriété. - Oui, l'histoire du sirop..tout comme le shit et les médicaments, sur la table de la cuisine. Dernier témoignage du matin, un proche de Nicolas Chafoulais qui décrit B Makhlouf comme étant parfois très brusque avec Fiona et sa soeur. Le couple complètement ailleurs avec la drogue. Beaucoup de personnes venaient se fournir en drogue au domicile du couple. Ils ne surveillaient pas les enfants selon lui.
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