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January

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Tout ce qui a été posté par January

  1. Saiffedine M. "Moi je connais uniquement Amar (Ramdani) et Mickael (Pastor). On était incarcérés dans la même prison, on travaillait dans le même service, la buanderie, voilà. A la buanderie, on a tissé des liens d'amitié, on était tous les jours ensemble. Le 1er assesseur : à la buanderie, il y a d'autres personnes ? Le témoin : il y a Coulibaly (il cite d'autres noms). Assesseur : quelle est l'ambiance à la buanderie ? Saiffedine M. : ambiance bon enfant. (rires dans la salle) On travaille on est là. On essaie de travailler correctement pour avoir un aménagement de peine. Saiffedine M. avait dit aux enquêteurs lors de sa déposition au sujet de la buanderie de la maison d'arrêt :" je précise qu'il ne s'agissait pas d'un groupe religieux ou quoique ce soit. On se marrait bien". Le 1er assesseur est étonné que le témoin ait évoqué le caractère non religieux concernant la buanderie alors que rien ne lui était demandé à ce sujet. Saiffedine M. indique que dès qu'on l'a appelé pour être entendu, il est venu et il a répondu aux questions. Saiffedine M. : Y'a des gens qui invente des choses (que certains ne serraient pas la main à d'autres notamment), qui viennent ajouter leur grain de sel. Moi je me suis toujours dit qu'à la police ou devant vous je dirais que la vérité rien que la vérité. Assesseur: Le 7 et le 8 janvier vous n'avez pas de contact avec Mr Alwatik ? Saiffedine M. : je n'en ai pas le souvenir - vous avez vu Mr Alwatik le 9 janvier ? Saiffedine M. : Oui, quand on a vu que c'était Coulibaly le 9 (après l'attentat de l'Hyper Cacher) Alwatik n'y croyait pas, il en pouvait plus. Il disait c'est pas possible mais non c'est pas lui. Alwatik (accusé dans le box) a pris son téléphone, il a regardé sur Internet, on était choqués tous les deux. Alwatik disait : c'est pas vrai, c'est pas vrai. Après on est parti aux fiançailles d'un ami, on a tourné la page. Assesseur : Vous n'avez jamais rencontré la femme d'Amedy Coulibaly ? Saiffedine M.. : Non L'assesseur : et à votre mariage, le 4 décembre (2014), elle n'est pas venue non plus ? le témoin : non c'était à la mosquée, y'avait que des hommes AG : Et la mariage d'Alwatik, vous n'y étiez pas ? Saiffedine M. : heu... si 'j'étais présent mais je suis arrivé très en retard. je travaillais, Même Nezar (Alwatik, le marié donc) je l'ai vu que 5 minutes.. AG : des personnes disent que Coulibaly avait en sortant de prison une vision rigoriste de l'islam ? Saiffedine M. : ha non non moi.. AG : Et le terme Kouffar, il pouvait l'utiliser ? Le témoin : Non. Marie Dosé, avocate de Pastor Alwatik : vous avez dit que Mr Alwatik était quelqu'un de très expressif, quand vous avez appris l'identité de Mr Coulibaly après l'Hyper Cacher, il vous a paru sincère ? - oui, je l'ai senti vraiment touché (Alwatik) de cette annonce Me Marie Dosé :Vous avez ressenti de la peur chez lui ? - Non on est parti faire la fête après (ils avaient des fiançailles)
  2. Assesseur : vous avez dit que lors votre dernière rencontre mi-décembre avec Amedy Coulibaly, il vous a dit au revoir. Jean-Pierre K. : ce jour-là il m'a dit au revoir, c'était bizarre.. - il vous a dit au revoir, pas adieu ? Jean-Pierre K. : Il n'avait pas l'habitude de me dire au revoir. C'est en y repensant. Je pensais pas qu'il allait faire une bêtise, je pensais pas ça vraiment.. Me Pugliesi, avocate d'Amar Ramdani ne comprend pas pourquoi ce témoin est là : Au planning est écrit témoin en lien avec Amar Ramdani, mais nous n'avez aucun lien avec Monsieur Ramdani ? Jean-Pierre K. confirme.. Me Pugliesi : peut-on dire que Coulibaly avait un double discours? Jean-Pierre K. témoin : je peux pas dire. Je l'ai connu..une personne marrante. Il était vraiment marrant ! Me Pugliesi : Vous n'avez pas vu de radicalisation chez Coulibaly ? Témoin : Non. On ne parlait pas de religion. Jean-Pierre K. quitte la salle.
  3. Aux enquêteurs, qui parlent à d'autres policiers, qui parlent à des journalistes, qui publient..
  4. Prsdt : vous avez dit aux enquêteurs que vous lui deviez de l'argent par rapport au shit que vous lui aviez donné. C'est quoi cette dette de shit ? Jean-Pierre K. : il m'avait donné du shit et entre temps j'ai été incarcéré, j'avais une dette. Prsdt : la police vous demande comment s'est passée la rencontre entre le 10 & le 15 décembre 2014 avec Coulibaly Vous dites qu'il était venu vous demander l'argent pour les 3 kilos que vous lui deviez. C'est pas trois barrettes de shit hein ! il y en a pour 7000 ou 8000 €. Vous avez dit à la police que vous lui avez proposé, comme vous n'aviez pas d'argent, votre Jean-Pierre K. : c'est pas vrai, j'ai payé ma dette Prsdt : ça n'est pas ce qui est écrit sur le PV ! On comprend que vous avez donné la voiture en compensation de la dette de shit... Jean-Pierre k. : Je lui ai donnée.. heu VENDUE ! la voiture. Le président relève le lapsus... Prsdt : c'était pas une vraie vente, c'était une cession en remplacement de la dette ? C'était une Clio blanche? Jean-Pierre K: oui Le président: c'était une voiture de société ? Jean-Pierre K.: oui de ma boîte Prsdt : Vous dites qu'une fois la vente faite vous vous êtes faits la bise. Une autre personne est avec Coulibaly ce jour-là mais le témoin ne l'a pas reconnue sur photo. C'était un homme costaud plutôt gros selon Jean-Pierre K. Prsdt : vous la reconnaitriez si on vous la présentait aujourd'hui cette personne ? Le témoin : non je ne crois pas Prsdt : Coulibaly changeait souvent de téléphone ? Jean-Pierre K : tous les trafiquants le font Le président : tous les trafiquants de quoi ? Jean-Pierre K. : de shit Prsdt : Vous dites à la fin de votre déposition 'Coulibaly s'est remboursé avec ma voiture, il n'y avait pas de relation dominant dominé, on s'entendait bien. Donc vous l'avez remboursé Coulibaly ? Jean-Pierre K. : oui je l'ai remboursé parce que je suis réglo Le président Régis de Jorna : Heu réglo... Faire des faux-papiers, le trafic de stups, la vente sous la contrainte pour payer des dettes, c'est pas très réglo !
  5. Parce qu'une victime a pu donné des explications sur ce qu'il s'est passé. Ce n'est ni plus ni moins qu'une fuite, comme d'habitude.
  6. Jean-pierre K. Coulibaly je le connaissais, plutôt bien même, mais je connaissais pas cet aspect-là de lui, le côté religieux je peux pas trop en parler car je ne le connaissais pas. On s'est connus en prison en 2000. On se fréquentait mais on n'a jamais fait la prière ensemble, pourtant je suis musulman moi aussi. J'ai été choqué comme tout le monde quand j'ai vu les images à la télé. je pensais pas que c'était lui. J'ai connu Coulibaly au D3 à Fleury (...) Quand je sortais de Villepinte, lui il y arrivait. J'étais classé aux cantines. On était pas dans le même bâtiment mais on se retrouvait par le sport. Prsdt : vous faisiez des concours de tractions avec Coulibaly et d'autres, et vous dites que lui c'était le meilleur ? Jean-Pierre K.: incontestablement. Jean-Pierre K. : auand j'allais chez lui, à aucun moment je voyais sa femme (Hayat Boumedienne). Il ne voulait pas que je la voie. A aucun moment j'ai été en contact avec elle. Le président : vous aviez dit l'avoir vu en 2007, elle était pas voilée. Donc ? vous l'avez vue, ou aperçue ? Jean-Pierre K.: Comme je vous ai dit, au départ j'allais chez lui, un jour je l'ai entre-aperçue, elle traversait la pièce quoi, en gros Prsdt : ce que l'on pouvait voir ce jour-là c'est qu'elle n'était pas voilée ? Prsdt : vous savez pourquoi Coulibaly était surnommé Dolly ? Jean-Pierre K.: non je sais pas Prsdt : on parle d'une brebis surnommée Dolly... Le témoin: je sais pas Le président : la dernière fois que vous avez vu Dolly (Coulibaly) c'était quand ? Jean-Pierre K. : 3 semaines avant les attentats, il cherchait une voiture, j'en avais une à vendre Prsdt : Ah bah ça tombait bien alors ! (purée asteure, entre Dolly et le prsdt qui craque on n'a plus qu'une envie c'est de rigoler, c'est dramatique)
  7. Hakim E. est là, à la barre. Le président lui explique qu'il ne va pas pouvoir l'auditionner aujourd'hui (feuillet manquant) parce-qu'il y a une "difficulté procédurale" (oh comme c'est bien dit ! ). "vous avez été entendu par les services de police, mais... il manque un feuillet, nous n'allons pas pouvoir procéder à votre audition aujourd'hui, désolé. On va vous reconvoquer prochainement. Désolé." Le témoin repart. Magnifique. Bon, l'erreur est humaine.
  8. Ramzy B. (il n'est pas là il est en fuite, alors on lit des extraits de ses dépositions) A l'époque il a dit aux enquêteurs "avoir des alias", pour subvenir à ses besoins "il se débrouille", il "magouille", il a été incarcéré pour des histoires d'escroqueries. PV de Ramzy B. (témoin en fuite) "Je suis musulman, pratiquant". Il dit qu'il ne fréquente aucune mosquée. il dit que pour lui l'islam est une religion étatique. "L'islam n'est pas fait pour coexister avec une politique laïque; (...) Je suis pour l'Etat islamique dans l'esprit mais je ne suis pas en accord avec leur action". Dans son PV de Ramzy B. (témoin en fuite) évoque ses périodes de détention. Il a rencontré Ramdani et Coulibaly à Villepinte. "Amar travaillait à la buanderie et venait chercher mon linge". Ramzy B. faisait du sport, courait avec Amar Ramdani en prison. "Je n'ai pas connu Dolly (Coulibaly) via Amar mais indépendamment. Amar et Dolly se connaissaient avant que je fasse la connaissance de l'un et de l'autre". "Dolly (Coulibaly) soutenait le concept d'un état islamique pour les musulmans (...) Amar était plus réservé, Dolly était plus sympathique. Les deux se côtoyaient indépendamment de moi. Dolly était apprécié de tous". "je crois que la dernière fois que l'on s'est vus (avec Ramdani), c'était le lendemain ou quelques jours après l'hyper Cacher". "Nous avons parlé (Avec Ramdani) de Dolly, de mon expérience avec l'antiterrorisme. J'avais peur que comme en 95 ils fassent des rafles". "j'ai eu 10-20 communications avec Coulibaly depuis sa sortie de prison, on cherchait à faire des affaires. Après sa sortie de prison, c'est Dolly qui m'a sollicité". 431 communications entre août 2014 et décembre 2014 entre Ramzy B. (fiché S en fuite) à Amedy Coulibaly. ont été enregistrées. "Avec Dolly on voulait se faire de l'argent rapidement (encore les escroqueries à la voiture). Il devait revendre les voitures, on devait partager, il ne m'a jamais rien donné". "On a du se voir une dizaine de fois. L'objet des rencontres était basé sur ce business. Au final il ne m'a rien donné". Le témoin déclare aux enquêteurs qu'il pense que "l'argent du business a plus servi à envoyer Boumedienne qu'à financer les attentats". "Dolly (Coulibaly) ne nous a jamais parlé de ses projets". "Je n'avais pas conscience de ce qui allait se passer" Le témoin affirme qu'il ignorait que Coulibaly avait trouvé une planque près de Paris à Gentilly. "je n'ai fait que du business avec une personne qui était une personne lambda et qui est devenu un terroriste après. Je suis contre tout ce qu'il (Coulibaly) a fait". Suspension d'audience, il manque des feuilles dans le PV du prochain témoin....
  9. Yoann V "Je suis un ami d'enfance de Said Makhlouf et puis voilà. Le président : C'est tout ce que vous pouvez nous dire, c'est la fin de votre témoignage spontané ? Yoann V. : Oui. Il explique quand même qu'au départ Saïd Makhlouf est un ami de son grand frère. Il dit qu'il a pu un peu connaître son cousin Amar (Ramdani). Prsdt : Début janvier 2015, on vous a demandé si vous vous souveniez avoir vu Amar Ramani venir chercher Makhlouf dans la cité. Vous vous en souvenez ? Yoann V : Non Prsdt : le mardi 6 janvier,veille des attentats de Charlie Hebdo, Ramdani se serait rendu au domicile de Saïd Makhlouf. On vous demande lors de l'audition de 2016 si vous avez vu Ramdani. Vous l'avez vu ? Yoann V. ne se souvient ni de la question, ni s'il a vu Ramdani. Par contre il se souvient avoir vu Ramdani chez Saïd Makhlouf mais il ne se souvient plus quel jour. Le président évoque de nombreux éléments dans le PV du témoin mais ce dernier ne se souvient pas. Le président évoque un certain "Mowgli" qui aurait été en présence de Yoann V. un jour à la cité. "Ca vous dit quelque chose Mowgli ? " Yoann V. : oui Il dit oui mais ne se souvient pas non plus qu'au commissariat on lui a présenté une photo de Coulibaly. Il dira à l'époque qu'il n'a jamais vu Coulibaly dans le quartier, et que donc il ne l'a pas vu avec Ramdani et Makhlouf. Prsdt : Les policiers vous disent que c'était important de savoir si Ramdani était avec Makhlouf le 6 janvier ou pas, s'il était avec Coulibaly ou pas. Vous vous dites que Ramdani est venu mais vous ne vous souvenez plus quel jour. C'est ça ? Yoann V: oui AG : Ramdani est venu vous solliciter plusieurs fois pour trouver Maklhouf, était-il en présence une ou plusieurs fois d'un homme à la peau noire, de petite taille, 1,67m ? Yoann V.: Non
  10. Mehdi B. "Cette affaire je connaissais rien du tout. C'est quoi que vous voulez savoir ? Monsieur moi je connais Amar Ramdani, je l'ai connu en détention en 2012. Quand je suis sorti dehors, je l'ai revu (Ramdani), on s'est croisé comme ça. On faisait rien de spécial. Le 1er assesseur : bien bien bien...Ce déplacement du 3 janvier 2015... Mehdi B.: On est parti à Lyon, avec des faux documents à mon nom, des fausses fiches de paie. Le 1er assesseur : des histoires d'escroqueries, d'ouverture de comptes pour acheter des voitures à crédit..vous avez dit aux enquêteurs que vous étiez connu pour trafics et stup et délits routiers. Ramdani et Makhlouf font du trafic de stup aussi ? Mehdi B.: Franchement je sais pas. Le 1er assesseur : Vous êtes aussi passé par Villepinte (avant Osny) Mehdi B.: Oui mais Ramdani je ne l'ai pas connu à Villepinte mais à Osny. Le 1er assesseur : vous avez plusieurs téléphones, vous dites que ce n'est pas à vous mais à un pote mais vous ne voulez pas donner son identité. Est relevé également dans le PV que dans la police arrive, vous semblez prendre la fuite, vous sautez par la fenêtre... Mehdi B. : Oui j'ai sauté par la fenêtre. J'ai paniqué, j'étais dans mon sommeil. - Les enquêteurs ont relevé que vous avez utilisé 18 lignes téléphoniques entre août 2014 et février 2015. ET 5 lignes ont été utilisées courant janvier. Une ligne est utilisée à compter du 30 décembre 2014 et elle s'arrête le 9 janvier 2015 brutalement à 12h43. Vous dites: "c'est possible je m'en rappelle plus je sais que j'ai changé de puce à ce moment-là". Les policiers vous demandent de faire un effort pour que vous vous souveniez car à 12H43 le 9 javier 2015 c'est le moment précis où vous recevez un SMS d'Amar Ramdani. Les policiers vous demandent : 'ne pensez-vous pas que ce soit cette personne qui vous ait demandé de casser la puce ?', vous avez répondu non. Pourquoi vous cassez votre puce ? Mehdi B. : J'avais pu de crédit et j'aime bien changer de puce. Quand il n'y a plus de crédit je la change. Me Metzker : ce fameux sms du 9 janvier, vous l'avez lu ? Vous en avez souvenir ? Mehdi B. Je ne me souviens plus. Vous me demandez il y a 5 ans, un sms ! Me Cechman, avez-vous souvenir au cours du voyage avec Ramdani et Makhlouf si eux sortent de la voiture pour voir le concessionnaire ? Mehdi B. je suis rentré seul chez le concessionnaire Me Cechman : et vous avez besoin de 2 personnes pour vous accompagner ?? Mehdi B. : Je comprends pas votre question madame. Me Cechman: vous êtes témoin monsieur Mehdi B. : Je suis témoin de moi mais je suis pas témoin des autres. AG : Vous avez connu Coulibaly, Alwatik, Belhoucine ? Mehdi B. : Non jamais L'avocate générale lit des extraits du pv de Medhi B. Au sujet de Ramdani il dit: il ne m'a jamais fait la morale par rapport à la religion. AG : vous avez vu Ramdani le 8 janvier, l'actualité était lourde ce jour-là, vous en avez discuté ensemble ? Mehdi B. : je m'en souviens plus Me Pugliesi, avocate d'Amar Ramdani : Votre téléphone portable à partir de 12h43 le 9 janvier n'a plus d'activité suite à un sms d'Amar Ramdani, il vous a demandé de casser votre puce ? Mehdi B.: non Me Pugliesi, avocate d'Amar Ramdani : Amar Ramdani appellera Makhlouf et ce dernier ne cassera pas sa puce. Il n'y a pas que Mehdi B. qui a été en contact avec Ramdani. Personne ne casse sa puce. Il n'y a pas forcément de lien entre le SMS de Ramdani et le fait que vous cassiez votre puce.
  11. AG : Faudrait peut-être relire les PV avant de les signer. Miodrag A. : Quand je les signe il y a écrit quelque chose. Après ça disparait et quelque chose d'autre réapparait. Police partout, justice nulle part ! Me Dosé avocate de Pastor Alwatik : c'est sur retranscription d'une écoute (d'une conversation entre le témoin Miodrag A et un certain Nono) qu'on a attiré votre attention sur cette formule de "secte de la buanderie" Miodrag A. : oui Me Dosé avocate de Pastor Alwatik : Mr Pastor Alwatik a-t-il changé en prison Miodrag A. : non il a changé de coupe... Me Dosé : le fait d'avoir été la genèse de cette expression de "secte de la buanderie", ça vous a fait quoi ? Miodrag A. : J'ai sorti ça comme ça. A chaque fois à la télé on entend les sectes, les sectes, les sectes !!! Prsdt : peut-être une autre question que sur la secte de la buanderie. Je crois que c'est clair pour tout le monde ! Me Delphine Malapert autre avocate de Pastor Alwatik, repart sur la "secte de la buanderie "... Me Malapert : Peut-on dire que le mythe de la secte de la buanderie s'est effondré aujourd'hui ? Miodrag A. : ha oui ! Interrogée par Me Pugliesi, avocate d'Amar Ramdani sur les écoutes notamment. Miodrag A. : Vous êtes au courant qu'on modifie les PV quand même ! Miodrag A. s'approche du box et va discuter avec Pastor Alwatik avant de partir. Un policier vient le voir pour lui dire d'arrêter. Il discute avec les policiers avant de partir. "Merci beaucoup" dit enfin le témoin aux policiers avant de quitter la salle.
  12. Miodrag A. J'ai rien à vous dire, je ne sais pas ce que je fais ici. (ça commence bien..) Miodrag A. a eu des contacts avec Ramdani fin 2014 début 2015 et l'avait vu au centre des impôts de Rosny le lundi 5-01-2015, pour parler d'un plan voitures et de l'achat éventuel de la Volvo en possession d'Amar Ramdani. Il a connu les accusés Nezar pastor Alwatik, Amar Ramdani et Amedy Coulibaly, à la prison de Villepinte . Ils fréquentaient tous la buanderie. Miodrag A. : En prison, on était affectés dans le même couloir". Il pouvait intervenir pour la maintenance dans les cellules des uns et des autres. Assesseur : pouvait-il y avoir des inimitiés ? Miodrag A. : Des.. Quoi ??? Assesseur : des inimitiés ? Vous étiez en conflit avec Amedy Coulibaly ? Miodrag A. : non sans plus. il y a eu un petit truc parce que j'étais chrétien, lui musulman, il ne voulait pas me serrer la main. Assesseur : vous êtes l'auteur de la formule dont tout le monde parle aujourd'hui : la "secte de la buanderie" - Quand on a vu ce qui s'est passé à la télé (les attentats) , j'ai dit "la secte de la buanderie', on a rigolé. C'est la retranscription d'une écoute téléphonique. J'avais dit ça à mon pote en rigolant (la "secte de la buanderie"). J'étais choqué que des personnes (qu'il connaissait) puissent être mêlées à ça (aux attentats). Assesseur : Le 5 janvier 2015 quand vous êtes contacté par Ramdani, les relations sont bonnes, cordiales. Miodrag A. : oui Assesseur : vous l'avez revu après ? - non -Pour "la secte de la buanderie", vous parlez d'un écoute téléphonique, c'était quand ? Miodrag A. : un an après les faits. Moi je sais que le coup de téléphone que je passe avec un certain Nono. Assesseur : c'est quoi pour vous une secte ? Miodrag A. : des gens qui se rassemblent, qui vont vénérer quelque chose. J'ai dit à mon pote : me parle pas de cette secte ! Je regrette avoir dit ce mot-là. On me dit que je suis le père de la phrase de la secte !! (la secte de la buanderie) J'ai divorcé à cause de ça, j'ai perdu ma femme, mes gosses et tout. Elle croyait que j'étais impliqué ! Me Senyk, avocate de la partie civile: la Volvo dont vous avez parlée c'est Ramdani qui vous l'a présentée ? Miodrag A. : oui - Il vous a donné des infos sur la voiture ? Miodrag A. : oui qu'elle était neuve, qu'elle avait 3000 km, qu'elle appartenait à un de ses potes Me Senyk : vous avez dit que lors de ce rendez-vous du 5 janvier 2015 à Rosny 2, Ramdani a évoqué les anciens (de la prison de Villepinte) mais qu'il n'a pas parlé de Coulibaly. Miodrag A. : je ne me souviens pas (L'interrogatoire de Me Cechman tourne au vinaigre, Miodrag A. : "me dites pas les faits, dites moi Ramdani. Soyez précise" Me Cechman qui hausse le ton : on se calme ! Miodrag A. crie: vous me criez dessus je crie plus fort !!) Me Saint-Palais prend la parole. L'avocat de la défense pense qu'avec ce ton employé par les avocats de la partie civile à l'adresse des témoins va finir par engendrer des non réponses de leur part. Me Korchia : Il n'est pas courant qu'un témoin regarde un des accusés pendant toute son audition.. Me Pugliesi : je ne peux pas vous laisser dire ça !! Me Korchia : je tenais à le dire ! Le président : Les spectacles entre avocats de cette nature n'est pas ce qu'il y a de mieux ! Le ton monte, tout le monde crie. "Qu'est ce qu'il raconte ce mythomane !" dit le témoin à Me Korchia Me Korchia : monsieur je vous rappelle que vous êtes filmé ! Me Korchia : le mot secte que vous utilisez en disant la 'secte de la buanderie' (de la maison d'arrêt de Villepinte) n'avez rien à voir avec la religion selon vous ? Miodrag A. : Non Sur l'interpellation de Miodrag A. : Quand Miodrag A. a été interpellé, les forces de l'ordre pensaient qu'il transportait Amar Ramdani dans sa voiture". "On a fermé une autoroute, un commando est descendu d'hélicoptère. On m'a mis une cagoule sur la tête. On m'a mis dans une maison, j'sais pas où en Slovénie". Miodrag A dit qu'il s'entendait bien en prison avec Alwatik car il était drôle. Sur les personnes qui étaient avec lui à Villepinte, il indique qu'on lui a dit que c'était "la cellule dormante". AG : vous avez été incarcéré à plusieurs reprises, vous connaissez les procès-verbaux, les auditions... Je suis surpris que vous nous disiez que ce qui est dans votre PV c'est pas vous qui l'avez dit mais c'est les policiers Miodrag A: Toute ma vie on m'a fait ça. on a changé ce que j'ai dit !
  13. Le premier assesseur lit la déposition de Jonathan P. Il était en contact avec deux individus à l'occasion d'achats ou projets d'achats d'un certain nombre de voitures. Il décrit les contacts qu'il a pu avoir avec vous, Mr Ramdani, et Amedy Coulibaly. "C'était un homme très discret, il a très peu parlé mais il était sûr de lui". "J'ai laissé les 16 000 euros (pour la vente d'un véhicule à Coulibaly) pendant que l'autre homme (Ramdani) me parlait de la Volvo". Assesseur : Jonathan P. parle d'une large participation de vous Mr Ramdani, pour la négociation. "Il m'a indiqué qu'il ne voulait pas chèque"... Ramdani : je pense qu'il a confondu les personnages. Il se trompe. Assesseur (lit la déposition de Jonathan P.) : "Il a un rire bizarre, mesquin". Est ce que Coulibaly à un rire bizarre ? Ramdani: non je trouve pas Le 1er assesseur : Et vous? Ramdani (qui rigole brièvement) : est-ce que j'ai un rire bizarre ? Je sais pas. Me Metzker à Ramdani : Comment avez-vous trouvé Jonathan P. ? Qui l'a contacté ? Ramdani : c'était la touche de Coulibaly, je sais plus comment ça c'est passé. Coulibaly m'a demandé si je connaissais Claye-Souilly, qu'il y avait un mec qui achetait des voitures. il aurait pu s'appeler Xi Jinping, ça n'aurait rien changé. L'argent de la Classe A va dans la poche de Coulibaly, celui que la Volvo dans la mienne. Mon objectif est de vendre la Volvo. Me Pugliesi, avocate d'Amar Ramdani : Jonathan P. dit qu'au 1er rendez-vous c'est vous qui avez le plus parlé. Que les papiers c'est Coulibaly qui les a signés, l'argent c'est lui qui l'a pris (pour financer le matériel pour les attentats sans doute). Ramdani : La seule chose que j'ai gagné dans ce rendez-vous avec Jonathan P. c'est le contact.
  14. 08 octobre 2020 - Audition de témoins en lien avec Ramdani L'audience reprend sur des tensions au sujet d'un nouveau planning. Il est prévu une journée d'audience le 11 novembre, certains avocats refusent de venir. Le planning : une audience le 11 novembre, pas d'audience le 12 et une audience le 13 novembre... Me Saint Palais est virulent, Me Korchia aussi "Nous parlons d'un procès historique qui doit se passer dans les meilleures conditions et voir ce décalage avec une audience le 11 novembre et pas le 12 novembre, et un verdict le 14 novembre avec des parties qui ne pourront pas venir !" Le président dit que le verdict devrait être rendu le samedi 14 novembre sinon tout le procès devrait être renvoyé (pour des questions de salles) Ce n'est pas possible de rendre le verdict autrement que dans la foulée, ce serait le vice assuré... Voilà comment on perd déjà 40 minutes à l'ouverture d'une audience. La question sera tranchée plus tard. L'assesseur demande à Ramdani s'il a quelque chose à dire sur les auditions de ses ex. Amar Ramdani : J'ai pas grand chose à dire à part sur la déclaration d'Agnès G. qui a dit que j'étais une personne radicale. Je ne pense pas qu'elle voulait dire radicalisée, de l'islam tout ça. Dans mon coeur je sais pourquoi je me suis séparé d'elle, je n'ai pas d'animosité envers elle, c'est la réaction d'une femme jalouse que je comprends. J'ai toujours pratiqué ma religion plus ou moins régulièrement. Moins avant ma détention. Agnès et moi on ne s'est pas vus pendant 4 ans et demi. Avant j'étais un peu foufou, je me suis assagi. Parce que j'ai mûri, peut-être un peu aussi avec la religion. Le premier assesseur évoque Mehdi A., réserviste de la police et de la gendarmerie et surveillant pénitentiaire. Il devait être entendu hier comme témoin mais ne viendra pas pour raisons de santé. L'assesseur à Ramdani : Vous le connaissez ? - oui je l'ai connu à la prison de Villepinte, c'est un surveillant pénitentiaire pas comme les autres, pour les mineurs. Moi j'amenais les repas aux petits le matin. Il m'a fait regarder certaines fonctions d'une autre manière: les agents pénitenciers, les policiers. Mehdi c'était un policier, un gendarme, un surveillant pénitentiaire et au milieu de tout ça c'était un bon mec. Mehdi c'est quelqu'un de très bien. C'est un surveillant qui est beaucoup dans le social, qui fait beaucoup de pédagogie. En discutant avec lui je me suis rendu compte que c'est un mec comme moi. Assesseur : Mehdi A. indique qu'il vous connait de la maison d'arrêt de Villepinte. Il parle de vous en disant que vous étiez 'correct' 'Poli'. Il dit que vous vous appeliez pour prendre des nouvelles l'un de l'autre (après la détention). Mehdi et sa femme vous avaient invité à dîner et vous êtes arrivé au bras d'Emmanuelle C. c'est bien ça ? Ramdani : je ne m'en souviens pas Mehdi A. avait présenté Emmanuelle C. à Amar Ramdani.
  15. Agnès G. elle aussi ex d'Amar Ramdani Je connais Amar Ramdani depuis très longtemps. Je l'ai connu dans le cadre du travail. On est sorti ensemble. Il a été en prison, on s'est revu. Puis j'ai appris ce qu'il s'était passé. J'avais appris ce qu'il s'était passé comme tout le monde. J'ai eu Ramdani au téléphone. On en a parlé. Après il m'a dit qu'il connaissait Amedy Coulibaly. Il ne savait pas quoi faire par rapport à la police. Quand il me parle il a peur. Il ne savait pas s'il devait aller voir la police pour dire s'il le connaissait ou pas. Je lui ai pas conseillé quoique ce soit. Ramdani m'a dit qu'il ne comprenait pas que Coulibaly ait fait ça, que c'était quelqu'un de sympa. Ramdani quand il est sorti de prison il était pratiquant (en 2011-2012). Avant il était musulman mais pas tellement pratiquant. J'avais l'impression que ça le rendait plus sage, je trouvais ça bien. c'est après coup quand j'y pense que je me dis qu'il y avait peut-être quelque chose derrière ça mais je ne l'ai pas ressenti sur le moment. Boire de l'alcool était devenu impossible, des choses comme ça, des choses très radicales quoi. (Aux enquêteurs elle a dit qu'il ne fumait plus non plus, que sa pratique religieuse s'était accentuée en prison.) Il avait changé complètement de façon de se comporter avec moi, comme si quelque chose le poussait à faire ça. Il pouvait dire des phrases méchantes. Il ne m'aimait plus car je n'étais pas musulmane. Il ne s'est pas comporté comme ça du jour au lendemain. Il a été sympa un an, après ça dépendait des jours. Je n'ai pas fait de rapprochement avec la prison. Me Senyk avocate de la partie civile : vous avez fait état d'un coup de fil avec Ramdani, dans le dossier on parle de deux fois le soir de l'attentat. Agnès G.: on a du se dire on se rappelle. Me Senyk : vous avez fait état d'une moto de Mr Ramdani.. - oui c'était avant les attentats Me Metzker : à votre avis quel est la différence entre accentuer une pratique ou être radicalisé ? Agnès G. : la façon dont il pratiquait la religion ne me posait pas problème. Il faisait la prière. Mais on n'avait plus de relation, même amicale. Il portait des jugements sur ce que je faisais. J'avais l'impression qu'il ne me considérait plus comme avant, qu'il ne m'aimait plus du toute à cause de ça, parce que je ne pratiquais pas la religion. Un an avant les attentats, il y a eu un gros clash, on ne s'est pas revu. C'était une lettre qu'il a reçu qui disait des choses sur moi. Il n'y croyait pas à cette lettre mais il m'a dit : 'je ne peux pas être avec quelqu'un comme toi'. AG : c'est quoi 'quelqu'un comme toi'? - Une fille libre qui n'a pas d'histoire, qui peut boire un verre, fumer une cigarette. Sur des croyances, ça l'énervait que je ne puisse pas être d'accord avec lui. Pas des sujets politiques. Quand il m'a dit qu'il connaissait Coulibaly, il m'a dit qu'il ne comprenait pas les gens qui partaient en Syrie. Il m'a dit aussi que les attentats de Charlie il était contre. AG : Son changement peut-il être lié au fait qu'il ait trouvé quelqu'un d'autre ? - Oui mais je pense que c'est pas tout. je pense que ça l'aurait pas dérangé que l'on continue à se voir de façon exceptionnelle. Il pouvait dire des choses méchantes et s'excuser deux jours après. Il y avait encore quelque chose entre nous je pense. AG : Vous ça ne vous dérangeait pas qu'il y ait quelqu'un d'autre dans sa vie (la gendarme convertie) ? Agnès G. (ex de Ramdani): Je l'ai appris à la télé, je ne le savais pas Me Pugliesi, avocate d'Amar Ramdani : vous étiez très amoureuse de lui ? - oui. - c'est lui qui vous quitte ? - Oui.
  16. Emmanuelle C. : je me demandais ce qu'il allait pouvoir apporter. Je lui ai dit de continuer sa vie. Sa maman venait de se faire opérer. Prsdt : après l'incarcération de Ramdani, vous allez faire des recherches, voir s'il n'y a pas une note de recherche le concernant. Vous n'aviez pas accès à ces fichiers, vous allez y parvenir avec le code de quelqu'un d'autre - j'avais le code depuis un an et demi Prsdt : enfin madame, c'est pas normal ! - je tombe sur un mandat d'arrêt européen de juin 2013, on vient le chercher en janvier 2015. Je comprends pas, en plus il y avait usurpation d'identité. J'ai tout sorti à mon chef. J'ai jamais rien caché. C'est peut-être ce qui m'a desservi, j'ai sorti les choses au fur et à mesure. Je l'ai peut-être mal conseillé, j'aurais du lui dire d'aller voir la police. La seule chose que je peux vous dire à 100% c'est qu'il était dans le choc (quand Ramdani a appris que Coulibaly était impliqué dans les attentats). Prsdt : le 10 janvier, Ramdani est chez vous, vous dites qu'il est super mal. Il vous a dit qu'il le voyait toujours depuis sa sortie de Villepinte. Il vous a dit qu'ils parlent ensemble (Ramdani et Coulibaly) de tout et de rien. Et alors ce reportage, c'est quoi ? - j'ai eu le classement sans suite le plus rapide de toute l'histoire judiciaire. Prsdt : mais c'est quoi ? - je suis au travail ce matin là, des articles sont sortis, j'ai l'avocat de Ramdani au téléphone. Il me dit vite c'est urgent, soyez discrète. Je suis rentrée chez moi, j'ai viré l'uniforme, j'ai pris le premier truc que j'avais, un jogging et je suis partie à son cabinet. Il me présente des amis. Il dit ensuite que c'est des journalistes. Dans la presse, on m'assimile à la compagne d'un terroriste. Je réponds alors aux questions. Le journaliste pose une carte SD sur la table. Je dis bien que je ne suis pas d'accord pour que le reportage soit diffusé. Peut-être que mon avocat a donné son accord. Ca a été une catastrophe, en plus ils ont choisi les phrases, c'était du buzz, de l'info poubelle. Emmanuelle C. dit connaître Amar Ramdani et Saïd Makhlouf pour ce qui est des accusés. Elle indique avoir vu ce dernier deux fois : pour un repas et quand Makhlouf les a accompagnés à l'aéroport, pour un voyage en Algérie. Elle explique avoir gardé des liens avec Amar Ramdani "tout 2015". Elle précise qu'elle a dut "aller le voir en prison une ou deux fois en 2016-2017". Assesseur à l'ex-gendarme à la barre : le début de vos ennuis c'est le 4 février 2015. Vous êtes suspendue le 5 février. Vous serez placée en garde à vue en mars et vous aurez un avocat dans le cadre de ces auditions. Ramdani vous appelle avec 19 lignes. On vous interroge, on vous demande si vous n'avez pas trouvé bizarre qu'il ait toutes ces lignes ? Emmanuelle C. : J'ai eu 3 numéros de téléphone à lui. Il a dû m'appeler 15 fois en masqué. Assesseur : J'ai noté 53 consultations au traitements des antécédents judiciaires, 94 consultations pour les permis de conduire.. (Il en cite beaucoup) Emmanuelle C. : j'ai cherché ses points de permis, c'est illégal, les autres je l'ai fait à titre personnel Assesseur : vous avez fait passer un courrier dans une chaussure en détention à destination d'Amar Ramdani ? Emmanuelle C. oui c'était un courrier de soutien L'assesseur : Ca fait pas très gendarme dans l'âme.. Emmanuelle C. : rester un être humain, une femme, avoir des émotions. Je sais pas si vous vous rendez compte. Pour moi c'était pire qu'un film de Spielberg, c'était une autre dimension ce qu'il m'arrivait. Assesseur : vous avez dit que c'était un surveillant qui vous a conseillé de faire ça - oui Me Maktouf : Madame, ça ne vous a pas échappé que beaucoup de femmes sont partie faire le Djihad. Dans ce procès une femme brille par son absence, c'est Hayat Boumedienne. - les gens qui ont commis ces attentats, et ceux qui les ont aidés, n'ont clairement aucune connaissance de leur religion. Moi je ne connais pas cette Hayat. Me Maktouf : Vous avez suivi une conférence d'un radicalisé dans une mosquée, ça nous interpelle. Le recteur de cette mosquée radicalisée a dit : Dieu nous donnera un autre endroit pour prier. Saviez-vous que cette mosquée était radicalisée ? Emmanuelle C. : J'étais gendarme à Cergy, je n'allais pas aller à la mosquée à côté. J'ai compris qu'il fallait que je sois discrète. j'ai toujours bien travaillé, Respecté les valeurs républicaines. J'allais dans cette mosquée écouter des prêches. Ca va pas chercher plus loin que ça. J'ai arrêté d'y mettre les pieds en 2013, avec 3 enfants ça court partout. Je ne savais pas que le recteur ou d'autres étaient radicalisés, ça n'est pas passé sur TF1 ou sur d'autres chaînes d'infos. Me Metzker : vous étiez en couple avec Ramdani... Emmanuelle C. (ex de Ramdani et ex gendarme) : Non. Ca peut faire plaisir aux journalistes mais non. On était engagés en rien. On était amis avant tout. Moi c'est vrai j'espérais plus, lui je ne sais pas. Me Szwarc : quelle était votre tenue quand vous quittiez le travail ? Emmanuelle C. : j'allais chercher mes enfants en tenue, ensuite je mettais des jeans, jogging, jupes.. Me Szwarc : On vous a vu en Djellaba. - Personne ne m'a vu en djellaba, des journalistes ont cru peut-être. Les seules fois où j'ai pu mettre ce type de vêtements c'est quand j'ai été à la mosquée peut-être Me Szwarc précise avoir posé la question de la tenue "car il y a des éléments dans le dossier" Me Szwarc ajoute que ses questions au témoin sont aussi en lien "avec la radicalisation de Monsieur Ramdani" Emmanuelle C. intervient: Sauf qu'il n'est pas radicalisé ! Emmanuelle C. affirme qu'elle est "féministe dans l'âme". "Je porte ce que je veux. Vous voyez mes seins, vous voyez mes mollets (elle est en jupe et pull près du corps). Si j'ai envie de twerker là je le fais". Me Szwarc demande à l'ex d'Amar Ramdani si pour elle c'est un manipulateur. - Non manipulateur non. Si je dois lui trouver un défaut c'est que c'est un homme à femme, un homme qui plait aux femmes et je pense qu'il en a profité souvent, c'est tout ce que je peux lui reprocher. Sur son voyage en Algérie avec Amar Ramdani : On a visité la Kabylie, c'est très joli, ça ressemble au Roussillon. Je vois très bien où vous voulez en venir. Si votre question c'est de savoir si j'ai vu des personnes de sa famille qui étaient radicalisées, la réponse est non. Interrogée sur sa connaissance de Charlie Hebdo et des caricatures, Emmanuelle C. indique qu'elle connaissait le journal par son père qui achetait aussi le Canard enchaîné. Emmanuelle C. : Vu comment j'ai été salie par le Canard Enchaîné, il (son père) ne l'a plus acheté depuis ! AG : Vous vérifiez sur le taj les infractions de Ramdani en janvier 2014, c'est ça ? - oui L'AG : en janvier 2015, vous regardez aussi le fichier des personnes recherchées car vous n'avez pas de nouvelles.. Pour quelle raison vérifiez-vous s'il n'a pas commis de novelles infractions ? Emmanuelle C. : Je suis curieuse. Je suis femme et en plus gendarme, j'ai la double casquette de la curiosité. AG : Vous avez dit que le seul défaut de Ramdani était de trop plaire aux femmes, si vous consultez souvent le fichier des infractions c'est que vous le soupçonnez d'en avoir d'autres... Me Pugliesi, avocate de Ramdani au témoin : avez-vous fait état de votre religion pendant votre service, aviez-vous une tenue ostentatoire ? Au travail, des gens savaient que vous étiez convertie ? - Non personne n'était au courant. (Elle explique que pour elle, la religion est de l'ordre du privé.) Me Saint-Palais, autre conseil d'Amar Ramdani : vous avez illégalement consulté les fichiers. Ramdani vous a-t-il demandé des actes en votre qualité de gendarme ? Emmanuelle C. : Oui une fois, pour son permis de conduire. C'est tout. Me Saint-Palais: Ramdani avait-il une complaisance avec ce qu'il s'est passé en janvier 2015 ? Emmanuelle C. : Je connais personne qui avait une complaisance envers ce qu'il s'est passé.
  17. @yourself91, belle idée, tu reviendras nous dire ce que tu en as pensé ? Je lis : J'adore cet auteur. Son premier livre, c'était "Ma Reine", là ce n'est que son deuxième titre. Toujours aussi poétique, simple, une plume tellement délicate. Vous voulez rêver, vous évader, respirer, retomber en enfance, sourire béatement, rire même ? Lisez Jean-Baptiste Andréa.
  18. Emmanuelle C. ex- gendarme qui était la petite-amie d'amar Ramdani. Elle a été radiée depuis. je suis là parce que j'ai connu un des accusés. Je l'ai connu (Amar Ramdani) en 2013, un ancien collègue à moi me l'a présenté. J'étais célibataire depuis un moment, c'était un bel homme. Il m'a recontactée (Ramdani) , on s'est vus. C'était quelqu'un de très drôle, sur qui je pouvais compter si j'avais un problème. J'ai rien à voir avec cette histoire, je préfère répondre à vos questions. je vais répondre à toutes vos questions. J’étais gendarme à l’époque, j’étais formatrice. Je formais d’autres gendarmes. J'avais le grade d'adjudant et j’étais inscrite pour passer adjudant-chef. Prsdt : vous avez été même décorée de la médaille, vous avez des résultats très satisfaisants. Ramdani n'habitait pas chez vous.. Vous étiez logée au fort de la gendarmerie de Rosny ? Emmanuelle C. ex-gendarme : il n'habitait pas chez moi mais il venait Le couple se voyait bcp en 2013 et 2014. Elle dit qu'elle avait "toute confiance en lui". Emmanuelle C. précise avoir tout dit à son chef quand elle a appris le placement en garde à vue d'Amar Ramdani. Elle a été elle même placée en garde à vue. Perquisition au fort de Rosny. Le président à Emmanuelle C.(ex-gendarme): la perquisition chez vous au fort de la gendarmerie de Rosny va faire apparaître que vous êtes de religion musulmane que vous vous êtes convertie à cette religion. On trouve chez vous un tapis de prière, un Coran. Emmanuelle C. (ex-gendarme et ex de Ramdani) précise qu'elle s'était convertie en 2011, avant sa rencontre avec Amar Ramdani Le président : vous alliez à la mosquée, vous appreniez l'arabe. Vous dites que vous êtes sunnite. Emmanuelle C. (ex-gendarme et ex de Ramdani): Je me suis convertie à l'islam. Je faisais passer le travail avant tout, j'étais dans un profond malêtre. J'ai fait mon cheminement, sur Internet. Je me suis dit que c'était peut-être que c'était vers ça qu'il fallait que je me tourne. J'ai pris rendez-vous à la mosquée, j'ai acheté un Coran... Ca m'a apaisé. Emmanuelle C. (ex-gendarme et ex de Ramdani) explique qu'elle était avant catholique. Le président : on vous pose des questions sur le djihad Emmanuelle C. (ex-gendarme et ex de Ramdani): Je me suis jamais intéressée au djihad. Le président à Emmanuelle C. (ex-gendarme et ex de Ramdani):vous avez expliquez ce qu'était le djihad (il lit ce qu'elle a dit aux enquêteurs) Emmanuelle C. précise : je ne m'étais jamais documentée sur le Djihad. Le président à Emmanuelle C. (ex-gendarme et ex de Ramdani): Vous avez dit aux enquêteurs que vous n'étiez pas concernée par le djihad parce que vous étiez une femme. Le président à Emmanuelle C. (ex-gendarme et ex de Ramdani): le Djihad en Syrie non mais vous dites que vous n'êtes pas opposée à quitter la France pour vivre dans un pays musulman en lien avec vos propres idées. A partir du moment où on n'a plus envie de vivre dans un pays où ça ne convient pas. Il y a des pays: le Maroc, l'Algérie... Je vois pas.. de toute façon on est presque accusé là; Je comprends pas. Emmanuelle C. (ex-gendarme et ex de Ramdani): J'étais pas prête à partir, j'avais mon travail, mes enfants... On me pose des questions orientées auxquelles je dois répondre. On vous demande répondre à des choses auxquelles vous ne pensez pas spontanément. Je fais de mal à personne. J'ai toujours essayer de faire que le bien autour de moi. Ca s'est peut-être retournée contre moi. Je suis peut-être un peu naïve. Emmanuelle C. (ex-gendarme et ex de Ramdani) indique qu'elle avait des sentiments pour Amar Ramdani, c'est ce qu'elle a dit aux enquêteurs pendant sa garde à vue. "Je ne m'en suis pas cachée" Le président: Tout le monde parlait de ces événements en janvier. Vous vous souvenez avoir parlé de Charlie Hebdo avec lui. Emmanuelle C. (ex-gendarme et ex de Ramdani) : oui je pense. Tout le monde en parlait H24. C'était effarant. On en a parlé le jour de l'assassinat de la policière municipale. On me disait de faire attention du fait de mon statut de gendarme. Le jour de l'Hyper Cacher, il (Ramdani) avait la voix éteinte. Il me dit: "'u vois le gars à la télé, et ben je le connais. Il m'a dit qu'il avait été en prison avec lui à Villepinte. Ramdani, je le trouvais trop parfait pour être si parfait. Un jour on a longé la maison d'arrêt de Villepinte. J'ai dit que j'y avait emmené un mineur en 2012. Il me dit j'y étais aussi. Le président : pour vous ça pose problème que Ramdani a fait de la prison Emmanuelle C. (ex-gendarme et ex de Ramdani) : J'ai rencontré Ramdani via un collègue de travail, pour moi il ne pouvait pas avoir d'antécédents. Je ne fréquente pas ces gens là. La seule chose que ça a changé dans notre relation c'est que j'ai été regarder ses antécédents judiciaire. Ensuite il me raconte tout. Il était soulagé de me le dire. Je pense qu'on n'avait pas de secrets. J'avais connu la personne avant de connaître le passé judiciaire. Je vois quelqu'un de bien (elle parle d'Amar Ramdani). Il avait déjà payé sa dette à la société. Le président : le 9 janvier, tout le monde sait que Coulibaly est l'auteur des faits. Le 10, Ramdani vient vous en parler Emmanuelle C. (ex-gendarme et ex de Ramdani) : je ne réfléchis pas comme une amie mais comme un flic. Je veux savoir quel est le lien. Je lui ai dit (à Ramdani) que s'il avait rien à se reprocher, c'était pas la peine d'aller voir les forces de l'ordre. Si elles avaient besoin de l'entendre, elles viendraient le chercher. S'il n'était mêlé à rien il n'y avait pas de raison qu'il soit inquiété. Moi il m'a dit qu'il a travaillé avec Coulibaly à Villepinte. On se constitue prisonnier quand on a quelque chose à se reprocher. Le président : Farid Benyettou a été voir les enquêteurs en disant qu'il n'avait rien à voir là-dedans mais qu'il connaissait des gens..
  19. Me Saint-Palais : Quand vous comprenez que celui que vous avez fréquenté (Coulibaly) est impliqué dans une affaire de cette gravité, vous vous dites : "il faut que je cache tout de suite ce qui pourrait me lier à lui" Ramdani : c'est exactement ça. Me Saint Palais rappelle que Ramdani a vu Coulibaly pour la dernière fois le 6-01-15, qu'il a cassé sa puce le 9 après l'attentat à l'Hyper Cacher. Me Saint Palais à Amar Ramdani : si vous vous étiez douté de ce que Coulibaly allait faire le 9 janvier à l'Hyper Cacher, vous auriez attendu le 9 janvier pour casser la puce de votre téléphone, vous le voyou que vous êtes ? Me Saint-Palais interroge son client sur le taser sur lequel l'ADN de Saïd Makhlouf a été retrouvé (l'ADN a été retrouvé sur la lanière). Ramdani pense qu'il y a eu un transfert après un serrage de mains. Ramdani dit n'avoir jamais vu ce taser. Me Saint-Palais à Amar Ramdani : on vous reproche d'être intervenu dans la recherche et la fourniture des armes. Ca c'est l'accusation, on en sait pas beaucoup plus. Avant qu'elles ne soient publiées dans la presse, les aviez-vous vues ? Ramdani : Jamais. Me Saint-Palais : Avez-vous touché ces armes? Ramdani : Jamais Me Saint-Palais : Ces armes sont passées par Mr Claude Hermant et ont fini dans les mains de Coulibaly. Vous avez vu Mr Hermant ? Amar Ramdani : Jamais. Me Saint-Palais : Rappelons que Mr Claude Hermant n'est pas poursuivi...Avez-vous passé un accord sur les armes avec Mr Coulibaly ? Est-ce que vos venues à Roubaix étaient liées à une histoire d’armes ? Amar Ramdani : Jamais, c'était seulement des stupéfiants Me Saint-Palais: avez-vous joué le rôle d'intermédiaire pour ces armes ? Amar Ramdani : jamais de la vie
  20. AG : vous nous avez dit que vous ne vouliez pas mettre en cause des personnes qui ne s'étaient pas auto-incriminées. Ramdani : oui c'est ça AG : donc si Said Makhlouf n'avait pas écrit une lettre vous nous auriez menti ? Ramdani : non j'aurais pas dit. Ramdani raconte comment les policiers sont venus le chercher en janvier 2015 mais dans le cadre de l'affaire de stups en Espagne après une usurpation d'identité. Lui pensait qu'on venait le chercher après les attentats car il connaissait Coulibaly. Ramdani précise avoir alors dit aux policiers qu'il connaissait Coulibaly. Ces derniers lui auraient indiqué qu'il serait en conséquence très certainement entendu dans cet autre dossier. Me Saint-Palais, avocat d'Amar Ramdani interroge maintenant son client. Il parle de la buanderie de la prison fréquentée par Amar Ramdani et Amedy Coulibaly et où les deux hommes se sont rencontrés. Me Saint-Palais rappelle que dans un rapport, les surveillants évoquent le comportement de Coulibaly en détention, et indiquent qu'il avait un "comportement exemplaire" Amar Ramdani: Coulibaly a même eu une lettre du directeur. Me Saint-Palais : sur votre degré d'intimité... Ramdani: Coulibaly c'était comme un frère, (si j'avais su) je l'aurais jamais laissé faire ça. Me Saint-Palais : Coulibaly c'est votre meilleur ami ? Ramdani Non c'est un ami (Coulibaly), mais pas mon meilleur ami. J'ai des amis ça fait 20 ans qu'on se connait, c'est pas pareil. Me Saint-Palais : en garde à vue, vous connaissez le dossier ? Ramdani : bien sûr que non Me Saint-Palais : lors de votre 1ere audition le 9 mars 2015 vous dites avoir vu Dolly (Coulibaly) le 6 janvier et lui avoir remis 4 billets de 50 euros. Ramdani : oui Me Saint-Palais : 2e audition, vous dites que vous l'avez accompagné pour vendre la Mercedes à Claye souilly. 3e audition, vous évoquez le procès de Coulibaly de 2013 où vous êtes allé Ramdani : ou je dis moi même aux enquêteurs y être allé Ramdani explique être allé au procès de Coulibaly pour plusieurs raisons : J'ai ramené 50 euros, pour que son avocat puisse lui acheter à manger. Parenthèse :"ce qu'on mange en bas c'est catastrophique". Et aussi ca me fait aussi plaisir de le voir. Me Saint-Palais à Ramdani : le rapport de surveillance du 18 novembre 2013 à ce procès ne dit rien de votre comportement à l'audience. On dit aujourd'hui qu'il y a des signes d'amitié fait en direction de Coulibaly. C'est aujourd'hui un élément suspect et à charge. Ramdani indique avoir fait un signe de la main à son ami Coulibaly. Il précise qu'au départ il ne l'avait pas trouvé dans le box parce qu'il est "petit, noir et à cause de la lumière,il faisait sombre". "C'est lui qui m'a vu en 1er et m'a salué, j'ai répondu"
  21. L'avocat général parle d'un procès où s'est rendu Amar Ramdani. Il a été contrôlé à la sortie de la salle d'audience. il est resté dans la salle de 14h10 à 16h. Ramdani : ce jour-là, je discutais avec des étudiantes en journalisme, il y en a une qui était vraiment pas mal, peut-être que le temps est passé plus vite. Prsdt : Vous n'avez jamais remarqué que Coulibaly était radicalisé ni dur, ni radicalisé. Ramdani : ce mec là; pendant le ramadan, il faisait des gateaux tous les jours, il en envoyait à toute son aile. L'avocat général évoque des témoins qui ont dit que Coulibaly traitait les gens de Kouffars, qu'il ne serait pas la main aux kouffars, qu'il forçait ses soeurs à porter le voile... Ramdani: ca me surprend, mais si c'est en procédure c'est que c'est acté. Amar Ramdani détaille maintenant les escroqueries qu'il faisait à l'époque. Il explique qu'il faisait des crédits à la consommation, qu'il alimentait un compte. Ramdani : il y a un truc frustrant dans le box, les policiers ils viennent dire des trucs à la barre ou en visio et nous on peut rien dire. L'avocat général : Allez-y je vous donne la parole, au lieu de disserter ! L'avocat général précise que les achats de véhicules, faits par Amar Ramdani et son cousin Saïd Malkhlouf ne sont pas faits sous les mêmes noms. L'avocat général revient sur les déplacements d'Amar Ramdani dans le Nord. Vous avez rencontré Mr Fares le 8 novembre Ramdani : non, on a fait la tournée des garages L'AG : le 26 novembre aussi on a des trajets vers le Nord. Ramdani :C'est pour les garages AG : Le 20 décembre 2014 ? Ramdani : Je suis en région parisienne, à Pantin. L'AG: Makhlouf va tout seul dans le Nord, pourquoi vous ne l'accompagnez pas cette fois ? Ramdani : J'avais pas envie, y'a pas de raison particulière AG : Vous entrez en procédure quand on retrouve votre empreinte sur un billet de 50 euros dans une liasse de 200 euros au domicile de Gentilly (appartement conspiratif de Coulibaly). (La fameuse dette de 200 euros). Ramdani : c'était après une réparation de véhicule. Coulibaly lui avait prêté 200 euros dit Ramdani, il lui aurait rendu le 6 janvier 2015 selon ses dires. AG : le 1er décembre, vous voyez Coulibaly, vous avez 2000 euros en poche, pourquoi vous ne le remboursez pas tout de suite ? Amar Ramdani comme ça, y'a pas de raison particulière. L'avocat parle d'un autre jour où Ramdani avait 500 euros en poche et où il n'a toujours pas remboursé Coulibaly.
  22. L'avocat général fait référence à des événements impliquant Coulibaly par le passé, des courses-poursuites, des balles qui fusent. Ramdani : C'est choquant, rocambolesque. Ramdani évoque des faits "bien pires" selon lui que ce qu'a fait Amedy Coulibaly (avant les attentats) . Il raconte avec plein de détails les assassinats sordides de deux détenus qui étaient avec eux en détention. AG : et de Belkacem, il vous en a parlé ? Ramdani: il m'a dit qu'il fallait faire évader un mec de prison pour des faits de 95. En 95 on avait 14 ans. AG : Coulibaly vous a parlé de ses relations avec Djamel Beghal ? - Non jamais. AG : vous dites que le terrorisme est répulsif pour vous, pourtant vous fréquentez des personnes en lien avec le terrorisme ou radicalisée. C'est pas si répulsif pour vous ? Ramdani : il a été condamné pour une association de malfaiteurs terroristes. Je suis moi même dans une affaire de terrorisme. AG : Vous n'êtes pas condamné ! Ramdani : C'est tout comme. En prison il ne faut pas que les personnes parlent avec moi
  23. L'avocat général évoque le dossier espagnol, raison pour laquelle Ramdani a été interpellé d'abord en 2015 après une usurpation d'identité. AG : cette identité a du être usurpée par quelqu'un qui vous connaissez.. Ramdani : Non c'est quelqu'un que je connaissais pas du tout. AG : Il vous a dit quoi Coulibaly de sa vie en prison ? Ramdani : Coulibaly ma dit qu'il avait grandi à Grigny, qu'il avait 9 soeurs, Il m'a parlé de ses incarcérations, ses histoires d'argent, l'histoire de Mr Prevost... Coulibaly racontait pas ses histoires de braquages ou d'incarcération pour glorifier ou se donner de l'importance.
  24. Me Senyk, avocate de la partie civile: vous avez été entendu à 14 reprises dans ce dossier, sur ces 200 euros (de dette à Coulibaly), vous dites avoir vu Coulibaly le 5 janvier, vous dites qu'il devait aussi récupérer 50 000 euros, à deux jours des attentats. Vous voyez à 2 reprises Coulibaly le 6 janvier à 14 h dans un taxiphone puis plus tard à Gentilly, vous dites que vous avez alors oublié les 200 euros, vous dites que c'est pour ça que vous êtes repartis chez vous avec lui à Garges-les-Gonesses. Puis vous dites que les 200 euros n'ont pas été demandés le 6 janvier mais le 5 janvier 2015. C'est pas un détail, les 200 euros dans ce dossier, c'est pas un détail ! C'est le 5 ou le 6 ? Plus vous multipliez les rendez-vous avec Coulibaly, plus les oublis de cette somme semble curieuse", par deux fois vous oubliez l'argent alors que vous avez rendez-vous avec lui. Ramdani : au final vous me mettez un doute. Il en est ressorti quoi de l'audition ? Le 5 ou le 6 janvier 2015 ? Me Senyk : monsieur c'est moi qui vous pose des questions. Ramdani : Je ne comprends pas vos questions. Me Senyk : vous êtes le seul à cette audience à avoir une relation d'amitié forte avec Amedy Coulibaly, les autres le craignent, certains l'évitent. Il vous fait la cuisine, vous apporte des sacs. Puisque Coulibaly est votre "frère", vous le dites ne garde à vue, pourquoi vous ne le contactez pas le 7, le 8 et le 9 janvier ? Ramdani : on ne s'appelle pas tous les jours, je l'avais vu le 6. Je vois ce que vous voulez insinuer. Non ce n'est pas parce que j'étais au courant de ce qu'il allait faire. Me Senyk : il y a eu des attentats le 7, 8, 9 et vous n'appelez pas votre "copain", votre "frère" pour discuter de ce qu'il se passe en France ? Amar Ramdani : vous avez mon téléphonie, regardez si 'j'ai appelé tous mes amis les 7, 8 et 9 et vous verrez que non ! (Chez les prostituées) Ca dure pas 3 heures, ça dure 10 min. On n'est pas allé là-bas pour les prostituées de base . On est allé là-bas pour autre chose (de l'herbe) et en même temps comme Makhlouf est un petit cochon, il en a profité". Me Senyk : on n'a pas d'éléments pour vérifier qu'au cours des déplacements vous êtes resté dans la voiture. Vous ne sortez jamais de la voiture ? Amar Ramdani : je ne vis pas dans ma voiture. Regardez là madame, je suis avec vous. Me Maktouf ,avocat de la partie civile à l'accusé : vous avez dit que Coulibaly pratiquait une religion de manière positive, vous avez dit que Mr Coulibaly a évoqué qu'il voulait "se barrer faire sa hijra". Vous n'êtes pas sûr qu'il a utilisé le terme Hijra.. Ramdani:On était (avec Coulibaly) aux Galeries Lafayette, pourquoi c'est venu je me souviens plus. Il faisait gris, j'ai dit 't'as vu le climat ?' Il a fini en disant qu'il voulait se barrer que les gens lui cassaient la tête, qu'ils lui devaient de l'argent.. Me Maktouf : dans la religion musulmane on ne doit pas avoir de dette et vice versa. Expliquez moi pourquoi Coulibaly pensait d'abord à vous pour les dettes ? Ramdani : Je sais pas s'il a pensé à moi ou à d'autres d'abord. Moi je pense qu'il vient pour passer du temps avec moi et pour les 200 euros. Moi les 200 euros, je m'en tape. Me Cechman, avocate de la partie civile : Vous nous avez indiqué qu'il y avait quelque chose de répulsif pour vous, c'est le terrorisme. Dans votre enfance les exactions du GIA vous ont touché c'est ça ? Amar Ramdani : Oui Me Cechman : Vous savez que Coulibaly tombe pour des faits de terrorisme. En tout état de cause vous êtes proche de lui, c'est votre 'poto', votre "frère", c'est contradictoire.. Ramdani : Je catalogue pas les gens, je les mets pas dans les cases. Quand Coulibaly m'a parlé du dossier terrorisme (de 2010) il m'a dit qu'il n'avait rien à voir avec ça. On a discuté, je l'ai cru. Avant le 9 janvier 2015 c'était Dolly et rien que Dolly (surnom de Coulibaly) Me Cechman : Le 8 janvier 2015, Coulibaly n'était pas antisémite et le 9 à minuit, poum ! il le devient. Arrêtez monsieur ! Me Sarah Aristide, avocate de la famille de Clarissa Jean-Philippe s'adresse à Amar Ramdani. Elle revient sur la buanderie en maison d'arrêt où plusieurs détenus se sont rencontrés parmi lesquels Amedy Coulibaly et Amar Ramdani. Me Aristide rappelle que certains ont parlé de "secte" de cette buanderie. Me Aristide: Mr Coulibaly en détention à Villepinte, comment vous le voyez ? Amar Ramdani :c'est un mec peace, intelligent, religieux c'est pas un terroriste ni un islamiste ! Me Aristide sur le transfert d'Adn de Saïd Makhouf sur la lanière du taser d'Amedy Coulibaly : Il ne vous a pas fallu un peu de temps pour adapter une version des choses ? Pour trouver une explication à tout ça ? Une version plus cohérente avec les moyens matériels et techniques ? Monsieur vous êtes intelligent... Amar Ramdani : bas dis-donc faut arrêter avec les flatteries aujourd'hui, je vais finir par le croire ! (Depuis le début de l'interrogatoire d'Amar Ramdani ce jour, plusieurs de ses interlocuteurs, dont plusieurs avocats de la partie civile, ont souligné son intelligence.) Me Barré, avocate de la partie civile : Vous utilisez 31 lignes, pourquoi Coulibaly est sur les lignes d'escroqueries et par sur les lignes générales ? Mr Makhlouf est sur les lignes générales... Amar Ramdani : Non lui aussi il est sur un téléphone dédié. En fait ils (Coulibaly et Makhlouf) ne sont pas sur les téléphones des escroqueries mais sur les téléphones des gens qui sont pas nets nets à 100%. Me Szwarc, avocate de la partie civile: après les attentats, la France était sous le choc, dans l'émotion Amar Ramdani : oui bien sûr Me Szwarc, avocate de la partie civle : vous dites en garde à vue 'pour moi la religion n'est pas une explication, c'est une excuse' Amar Ramdani c'est dans le contexte de la garde à vue, j'étais à cran, une cocotte-minute.
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