Pas que, et c’est tout à leur honneur : la GPA touche tous les couples stériles (hétérosexuels y compris), et en temps qu’êtres humains raisonnables, nous devrions tous nous y opposer.
Quand on lit cet extrait d’un article du Monde, on peut voir à quel point cette démarche est folle et égoïste, et on y joue même les apprentis-sorciers :
« Le gouvernement se refusant à reconnaître de manière automatique les effets des contrats de GPA passés à l’étranger, il laisse de fait la justice trancher les dossiers au cas par cas. Quitte à créer des situations paradoxales. « Nos filles n’ont toujours pas de certificat de nationalité française, mais elles ont une carte d’identité et un passeport français », relate, non sans ironie, Jean-Noël, 35 ans, en couple avec Yannick, 39 ans, tous deux coiffeurs en Picardie. Leurs jumelles sont nées au Canada en avril 2016. Chacun est le père biologique de l’une d’elles, qui sont en revanche issues du même don d’ovocyte. Jean-Noël et Yannick, qui apparaissent tous les deux sur l’acte de naissance, ont fait le choix de ne pas connaître les liens de sang qui les unissent à leurs filles, considérant qu’ils ont deux enfants, sans distinction.
S’ils faisaient un test ADN, ils pourraient chacun être reconnu en tant que père d’une de leurs deux filles – celle avec qui ils ont un lien de sang. « Hors de question, s’insurge Jean-Noël.J’ai la chance d’avoir deux enfants, je ne vois pas pourquoi je n’en reconnaîtrais qu’un. Ce n’est pas le lien biologique qui fait qu’un enfant devient le vôtre, ce sont l’amour et les valeurs que vous lui donnez. »
Malgré cette absence de filiation, les deux hommes ne rencontrent pas de difficultés majeures dans leur quotidien. Leurs filles sont inscrites à la sécurité sociale – après avoir refait le dossier plusieurs fois – et auprès de la caisse d’allocation familiale. Mais ils savent que rien n’est acquis. « Par exemple, nous sommes partis cet hiver en vacances en Espagne tous les quatre. On a failli ne pas pouvoir monter à bord de l’avion, car l’aéroport nous a demandé le livret de famille. Or, nos filles n’y apparaissent pas. Nous étions pourtant en règle puisqu’elles ont des passeports. Finalement, après négociations, un responsable nous a dit que “c’était bon pour cette fois-ci” », raconte Jean-Noël, encore incrédule.
« Une épée de Damoclès au-dessus de la tête »
Cet incident leur rappelle qu’ils ont une« épée de Damoclès au-dessus de la tête ». « Comment ça se passera pour l’inscription à l’école ? Est-ce que leurs papiers seront renouvelés ? En cas d’opération médicale suite à un accident, qui prend la décision ? Si on meurt tous les deux, que deviendront-elles ? Si l’un de nous deux meurt, on ne pourra récupérer que notre enfant biologique, que deviendra l’autre ? Et pour hériter, devront-elles payer des droits de succession ? », énumère Jean-Noël ».
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